Des mots en plein Furvent

Un blog libre et venteux, à publication sporadique

Le gars jnb sort les classiques, sans pour autant tomber dans l'album que tout le monde connaît. Non monsieur, c'est que le gars jnb quand il te parle d'un groupe, il te parle d'un groupe. Les albums, tous les albums, il les connaît. Le repas que le bassiste a mangé avant la naissance de son fils, il le connaît (peut-il te sortir l'aport calorique, j'en suis presque sûr.)

Paintbox m'a instantanément fait penser à Yes, ça sent bon le space rock. Et c'est vrai que la comparaison avec notre musique franchouillarde de l'époque fait mal à notre patriotisme. Rika Zaraï, Johnny Halliday, Richard Anthony, Joe Dassin ont dessiné le top 50 français en cette année 1969, De l'autre côte de l'Atlantique c'est Marvin Gaye, The Beattles, The Rollibg Stones ou encore Diana Ross. Tu rajoutes Fleetwood Mac, Stevie Wonder, Johnny Cash (le seul vrai Johnny qui soit) ou encore des groupes peu connus comme The Who ou David Bowie et ça a tout de suite une autre gueule. 1969 c'est aussi la création d'Ange, comme quoi la France avait encore l'envie d'avoir envie (ouais…).

Bon n'empêche qu'à chaque fois il arrive à me coller le jnb. Comment veux-tu tirer quelque-chose parmi la multitude de références que font jaillir un groupe de ce calibre, il peut pas me sortir des petits groupes sans prétentions non, il tape dans le lourd, le légendaire.

Si tu me parles de Pink Floyd je pense automatiquement à de l'innovation en matière d'enregistrement (La qualité du son sur The Dark Side of The Moon, putain pour l'époque les gars avaient fait un travail de malade.), de l'expérimentation musicale repoussant les limites conventionnelles de l'époque. Tu ranges ça à côté de groupes comme Yes, Jethro Tull ou Genesis et tu as déjà de quoi te faire de bonnes soirées de plaisirs auditifs.

La musique est avant tout une affaire d'humains, les ombres derrières la beauté jaillissant d'un savant mélange d'instruments, de sonorités, de gammes. Du génie à n'en pas douter. Si on reste sur ce crédeau la logique voudrait que je sorte un bon Dream Theater des familles. Mais là encore, qu'il y a-t-il à découvrir dans ce groupe ô combien important dans ma culture musicale. Non, il faut un nouvelle fois se retrousser les manches et aller chercher plus loin. En revanche si vous ne connaissez pas le groupe, je vous conseille Images and Words et Six Degrees of Inner Turbulence.

Tiens, ça faisait longtemps que je vous avais pas parlé de la médiathèque de mon adolescence, dans ce beau bâtiment il y avait là-encore un album qui allait me marquer : Remedy Lane de Pain of Salvation.

Quatrième orfèvre d'un groupe suédois ayant fait une arrivée fracassante à la fin des années 90. Nous avons ici un concept-album, comme presque à chaque fois, traversant le spectre musical pour venir secouer de la créativité, allumer le feu (re ouais…) magnifique qu'est la transcendance. Rien est à jeter dans cet album, le tout est cohérent solide et on a plaisir à y revenir pour en savourer les subtilités. Un délice.

Un morceau comme Part of the Machine : Inside sur l'album One Hour by the Concrete Lake résume parfaitement l'état du métal progressif de l'époque. Des frissons à chaque fois que je lance l'album.

Je suis presque sûr que monsieur jnb fut en contact auditif, aussi bref soit-il, avec cet album dans sa vie. Je peux même vous assurer que cela était avec Winamp, c'est vous dire l'époque.

Alors choisir cet album, ô combien magnifique soit-il eu été un peu trop simple. Autant s'éloigner de ce métal progressif que j'affectionne tant pour partir explorer des contrées musicales plus vastes. Je vais ainsi vous parler de l'album Panther, le dernier en date du groupe. Sortie à la fin du mois d'aôut de cette année toute particulière.

L'album commence avec Accelerator, un rythme improbablement oppréssant se propage dans mes oreilles, le combo batterie/guitare déstabilise, le clavier vient t'écraser dans ton fauteuil (si tu es assis, autrement tu tombes et il est déjà trop tard). Le phrasé est groovy, empli d'une verve incandescante. Et puis ne serait-ce pas des bols tibetins au loin ? Le groupe frappe fort d'entrée de jeu.

Unfuture est lent et crade. Ça sent le sud, les vapeurs d'alcool se mélangeant à la cigarette. Daniel Gildenlöw emporte le tout de sa voix reconnaissable entre milles. Véritable pierre angulaire de l'album, les instruments viendront se greffer autour, s'articuler.

Restless Boy est encore une fois un modèle niveau rythmique, Léo Margarit (cocorico) est un batteur hors-norme. La mélancolie emporte tout sur son passage et ce morceau, en quelques écoutes, s'est frayé un chemin dans ma mémoire. Il correspond parfaitement à une traversée de la Loire en allant au boulot à 6 h du mat', une contemplation des champs, des oiseaux venant picorer le sol ou encore d'un dimanche soir au coin du feu avec le chat sur les genoux.

Les nappes de synthés et l'utilisation singulière de la guitare amène un aspect mécanique, froid et implacable. Les effets sur la voix sont amenés avec parcimonie, renforçant le côté émotionnel du morceau. En toile de fond la basse fait son travaille, douce et tout en rondeur elle berce l'auditeur. Un très gros coup de coeur.

Wait est d'une efficacité painofsalvationesque. On y retrouve les ingrédients préférés du groupe avec une montée lente et progressive, des refrains entraînant et un sens de la mélodie toute particulière. Dès les premières notes, le frisson est là, l'utilisation du vocodeur sur la voix est intrigante à la première écoute et puis cela est au final une bien belle idée, apportant ce détachement collant aux paroles. La guitare acoustique finira de vous conquérir j'en suis sûr. Au casque le travail sur les voix est encore une fois à souligner, décidement.

Keen To A Fault est encore une fois un savant mélange entre sonorités éléctroniques et éléctriques. J'y ressens beaucoup de Peter Gabriel sur le début du morceau. La batterie est une nouvelle fois monstrueuse, tout y est millimétré et pour autant elle ne parait pas étouffée par le reste.

Fur est un interlude, rien de plus, rien de moins.

Panther mélange habillement rythmes tribales, phrasés rapés et bonnes grosses guitares faisant juste ce qu'il faut pour rendre le tout violent. Et puis une cassure, soudaine. Un changement de ton pour repartir sur encore quelque-chose de nouveau. En live ce morceau s'annonce déja comme un classique.

Species s'impregne par les plus beaux groupes de rock des années 60-70. Ça sonne simple et efficace. On retrouve le Pain of Salvation purement rock qu'on avait sur les deux albums Road Salt.

Icon vient clôturer l'album du haut de ses 13 minutes. Une première présentation des différents thèmes musicaux nous plonge entre deux eaux. D'un côté la douceur du piano, délicatement joué. De l'autre un son de guitare sombre et perturbant. Et puis l'éclat de lumière, l'insouscience de la jeunesse sur un arpège aéré.

Panther est un album absolument passionnant pour les fans du groupe, il aborde encore une nouvelle facette musicale, allant toujours aussi loin dans l'exploration et l'expérimentation sans pour autant délaisser le gout de la mélodie et de l'émotion. Certains seront laissés de côté, d'autres en ressortiront une nouvelle fois admiratifs. Et pour ceux qui ne connaissent pas encore le groupe, cet album est une bonne porte d'entrée. Il brille par sa qualité d'écriture, son leader charismatique articulant les morceaux autour de sa voix incroyable.

Forcément le Quah, toujours ce fameux Ka (bien souvent mal orthographié) d'ailleurs.

Le monsieur Jorma j'en ai déjà entendu parler, notamment avec Hot Tuna, groupe à écouter délicieusement lorsque les feuilles, rougies par le temps, tombent des arbres. Délicatement emportées par un furvent naissant.

Encore une fois je fus conquis par cette écoute. Du blues, du vrai, celui que j'aime. Sans artifices, surenchères de solos – parfois inutilement placés – et de voix sentant l'Amérique testostéronée. Non ici c'est du vrai, du pur, le gars Jorma compose ses morceaux avec passion et touche le coeur sans détours.

Ça sent bon l'herbe fraîchement coupée, le feu de bois faisant virevolter les odeurs de viandes grillées. C'est du bon je vous dis. Comme le dit le monsieur à trois lettres, le gars Jorma sait jouer, à ce niveau là ce n'est même plus cela, c'est de l'art. La délicatesse du jeu est magnifique, les accélérations, variations de volumes, choix de techniques sont sublimement amenés. On est ici sur un très, très, très bon guitariste.

Les morceaux s'enchaînent et je ne vois pas le temps passer. Le blues a cela de shamanique : il amène joie et tristesse séparément, les mélange, les extrait pour ensuite les ré-assembler. On sent que le coeur des hommes n'est pas aussi dichotomique que cela.

Bon c'est pas tout mais le gars jnb m'a encore donné du fil à retordre. Que choisir ? Ma première intuition partait sur Donavon Frankenreiter, un Australien faisant de la folk teintée de surf. Ça met la banane, assurément.

Ouais mais quand même la voix du gars Jorma, effectivement ça dégage quelque chose, ça travaille les mots d'une façon bien singulière. Et puis il y a ce savoureux mélange aigre-doux de bonheur et désespoir. Alors ? Alors ?

Alors ce sera Riverside avec l'album Love, Fear and the Time Machine. J'ai fait la connaissance du groupe il y a maintenant presque quinze ans. Pour l'anecdote l'internet chez les parents était encore en 512k, il fallait passer par un logiciel wanadoo pour se connecter, ou alors bidouiller le modem/routeur mais ça… À l'époque il y avait le majestueux emule (qui vient de recevoir une mise à jour après des années de silence). C'était l'époque ou Last.FM était encore plus que chouette avec son lecteur/radio permettant d'écouter des artistes similaires. L'époque où la bzse virale d'Avast te faisait bien sentir qu'elle s'était mise à jour comle une grznde. C'était aussi l'époque de la découverte de Morow, radio internet de musique progressive, navigant encore à l'heure actuelle sur les sentiers sinueux d'un web pollué par la centralisation et la normalisation.

Riverside donc, groupe polonais arrivé sur la scène rock/métal prog avec l'album Out of Myself, c'était saturé et calme à la fois, avec une voix envoûtante. Et puis le groupe a grandi et en 2015 nous offre la pépite Love, Fear and the Time Machine.

Je ne saurais l'expliquer mais j'affectionne tout particulièrement les débuts de phrasés du chanteur. Mariusz Duda a vraiment quelque chose, et il l'a bien compris puisque qu'il joue davantage avec sa voix que sur les premiers albums du groupe. On ressent la passion pour la musique dans sa voix et cela vient faire vibrer quelque chose en moi.

Jnb parlait de gospel, je vous renvoie alors vers le morceau éponyme de l'album Shrine of New Generation Slaves, l'album précédent. Une entrée en matière plus que plaisante.

Arrivé en 2003 sur la scène prog, le groupe fascine dès son premier album, avec un métal prog typique de l'Europe de l'Est, enchaînant les montées et les solos. En revanche le groupe pousse un peu plus la machine que les autres et on arrive souvent à un niveau de montée tel que l'explosion se fait ressentir, les guitares sont incisives et la voix quant à elle s'énerve un peu plus.

Grosse étoile du métal prog du vingt-et-unième siècle, Riverside amorce alors ce tournant plus calme dès 2013. Je crois qu'on appelle cela de la sagesse. Le groupe fait redescendre la saturation et travaille sur un son plus global, envoûtant.

L'album démarre sur la délicate combinaison d'une nappe de synthé et la voix suave de Duda, une guitare légèrement saturée vient se greffer au mélange déjà magnifique. Le soleil se lève doucement, l'odeur de café emplit mes narines alors que je contemple les champs et au loin, le bruissement des arbres, délicatement bercés par un Zéfirine tout en légèreté.

Under the Pillow m'envoie directement chez nos amis de la bannière étoilée, ça sent la bière chaude, la clope et ce qu'il faut de sueur.

#Addicted vient distiller sa touche de pop sagement dosée. Le morceau est un petit délice, la voix est encore une fois magnifique, oscillant entre mélancolie, tristesse, semblant même contemplative par moment. Un instrument à part entière.

Saturate Me et son riff d'intro rappelle les grands noms du prog moderne, c'est beau, tout en retenu et terriblement efficace.

Discard your Fear fascine avec ses lignes de basses absolument somptueuses, un trésor à découvrir et redécouvrir. Duda sonne ici comme Åkerfeldt d'Opeth.

Towards the Blue Horizon me fait instinctivement penser à un grand monsieur du prog, Steven Wilson. Le morceau se forme tout au long des 8 minutes. On sent la montée en puissance s'échafauder tranquillement pour nous offrir un final basé sur un riff de guitare où la structure vient se lover autour, s'adapter à la morphologie rigide du riff.

Le voyage se referme avec Found. Morceau taillé pour un plus large public, instinctivement il me fait penser à Behind Blue Eyes interprété par The Who, allez savoir pourquoi.

Avec cet album, Riverside s'épanouit pleinement, libère ses ailes et part dans des contrées magnifiques. Après l'écoute, il est possible que vous trouviez le monde un peu moins moche, pendant un moment du moins. Rassurez-vous, cela est tout à fait normal. La musique a fait son effet, et si l'envie vous prend, refaite vous un shoot, ça ne peut que vous faire du bien.

Présentation

Depuis quelques mois maintenant j'ai adopté Alpine Linux comme distribution Linux.

Il faut dire que la petite bête a de quoi attirer le bidouilleur amateur que je suis :

  • Base légère (Busybox et Musl Libc)
  • Publication de versions stables (Tous les six mois)
  • Une version Rolling Release
  • Un système de paquetage facile à prendre en main
  • Communauté restreinte et conviviale

Et c'est donc tout naturellement que je me suis essayé à utiliser la distribution sur mon Raspberry Pi 3 comme serveur léger.

Rpi

Chose qu'il faut savoir avant toute chose, Alpine fonctionne nativement en mode diskless, en RAM. C'est-à-dire qu'un simple reboot vient réinitialiser toutes vos modifications vu que la partition système est en lecture-seule. Fort heureusement il existe un petit outil maison nommé lbu permettant de sauvegarder vos modifications afin de les restaurer au redémarrage.

Il arrive cependant qu'il soit nécessaire d'avoir une partition permanente pour écrire des données. Car même si lbu permet la sauvegarde il fonctionne en instantané et il faudra alors sauvegarder régulièrement lors d'utilisation d'un serveur web ou d'autres outils (dépôts git, moteur de blog, dns local).

La création d'une partition permanente se fait comme suit :

# Montage de la carte sd en lecture/écriture

mount /media/mmcblk0p1 -o rw,remount
sed -i 's/vfat\ ro,/vfat\ rw,/' /etc/fstab


# Création d'un fichier img contenant notre partition permanente

dd if=/dev/zero of=/media/mmcblk0p1/persist.img bs=1024 count=0 seek=1048576


# Création de la partition, montage

apk add e2fsprogs
mkfs.ext4 /media/mmcblk0p1/persist.img

echo "/media/mmcblk0p1/persist.img /media/persist ext4 rw,relatime,errors=remount-ro 0 0" >> /etc/fstab
mkdir /media/persist 
mount -a

# Création du répertoir racine permanent, montage

mkdir /media/persist/var/lib 
mkdir /media/persist/.work 
echo "overlay /var/lib overlay lowerdir=/var/lib,upperdir=/media/persist/var/lib,workdir=/media/persist/.work 0 0" >> /etc/fstab 
mount -a

# Sauvegarder le montage automatique au démarrage
lbu commit -d 

Ainsi j'ai une partition permanente, montée à /var/lib me permettant de pouvoir avoir sereinement un serveur web fonctionnel. Avec nginx, writefreely et radicale la mémoire vive consommée est de ~350MO.

Le système est plus que léger, stable et est un vrai plaisir à utiliser et administrer.

Bureau

Sur le PC ça tourne du tonnerre également, j'utilise cette fois la branche edge (bleeding rolling truc). Les versions stables (tous les 6 mois) sont sur le Rpi. Là encore tout y est et je prends plaisir à contribuer maigrement en empaquetant des logiciels le plus souvent possible.

On y retrouve tout ce qui fait le charme d'un poste linux pour une utilisation bureau. Cela va du simple gestionnaire de fenêtres aux bureaux complets. De Xorg à Wayland. Tout est là et ça marche plus que bien.

La distribution étant à l'initial prévu pour être légère et servir de base pour images docker, il faut noter que les paquets sont séparés en sous-paquets quand il le faut. Il est ainsi possible de retrouver les suffixes -doc pour les manpages et autres exemples de configuration, -dev pour les fichiers nécessaires au développement ou encore -openrc pour les fichiers d'init.

La distribution s'adresse à un public de niche, aimant bidouiller et se construire un environnement sur mesure. Cependant je note que beaucoup de logiciels/librairies fonctionnent avec musl et cela requiert de moins en moins de patchs de la part des distributions (ces derniers sont inclus en amont).

Avec des cycles de sorties de six mois, la stabilité d'utilisation est de rigueur et pour les aventuriers utilisant edge, à ce jour je n'ai pas eu le moindre souci de casse à noter.

Alpine est une distribution que je prends plaisir à utiliser, cela me donne envie de fouiller un peu plus pour en apprendre davantage sur l'écosystème peuplant mon ordinateur tout en ayant pas à craindre un éventuel pépin majeur lors d'une mise-à-jour.

Que ce fut long ! Des jours sans une réponse musicale à fournir aux esgourdes de ce vieux jnb. J'ai bien cru qu'il n'en verrait jamais la couleur d'ailleurs.

Je redoutais le moment où il allait me dégainer un Neil Young, car il faut savoir qu'à la maison le monsieur fait quasiment office de deuxième père, au pire de tonton faisant la gueule constamment. Le gars fait partie de la famille tant ses morceaux sont passés à la maison, alors comment essayer de trouver un lien. Tout est lié à ce monsieur, tout.

Je lance l'écoute et ça passe à une vitesse folle. On sent que le gars est dans le vrai, vit sa musique comme il l'entend. Toujours bien entouré d'ailleurs, ça c'est aussi un sacré talent. Et puis à la fin de l'écoute je me dis, allez mon gars Bridouz, tu vas lui sortir un bel album.

  • Crosby avec l'album Croz —–> CSN&Y

Foutu que je suis, car effectivement ce qui me frappe c'est les voix, les harmonies me faisant penser au maître incontesté, M. Crosby. Alors, dans un désespoir grandissant je réécoute une nouvelle fois, puis une autre, et encore une fois histoire de me faire du mal.

Tout est lié je vous dis ! Balancez les femmes et les enfants d'abord, sauvons nos miches tant qu'il est encore temps.

Le monsieur Young est quand même un sacré type, et on reconnaît dans sa musique à la fois tout ce qui fait l'essence du rock à cette époque, ainsi que sa patte bien caractérisée. Et le tout, en restant sur un produit brut, sans artifices.

Je vais donc partir sur cet orfèvre brut, ce non-travail à outrance du son qui caractérise le son Neil Young. Un ampli, une guitare et voilà msieurs,dames. Et en plus de ce côté brut, je rajouterais même le contraire de cette noirceur venant du Nord, j'y placerais un petit rayon de soleil (autodestructeur toujours, on parle d'artistes tout de même).

Le gars DeMarco a trente ans à l'heure où ces lignes sont écrites, six albums au compteur ainsi que deux lives. Pas mal du tout. Mac DeMarco ne se prend pas au sérieux, picole souvent un peu trop avant ses concerts, joue en plein cagnard sans crème solaire, picole encore. Un gars bien sérieux...

Comme souvent quand on creuse ces âmes torturées, on découvre des petits génies. En l'occurrence ici le gars est reconnu pour ces compositions faussement naïves et simplettes, son écriture décalée et pleine de mélancolie et de jeux de mots.

En épluchant un peu plus la vie du gars j'ai découvert qu'il jouait le plus souvent sur une guitare achetée 30 dollars alors qu'il était encore gamin, il possède également quelques autres vieilles guitares et synthés. L'enregistrement se fait sur du vieux matos où il fait la plupart du boulot. Complet et alcoolo je vous dis !

Lorsque je suis tombé sur l'album This Old Dog j'ai eu un peu de mal à la première écoute. Le style sort de mes habitudes d'écoutes, ici on sent que le gars maîtrise son sujet mais que le tout peut paraître bancal. La voix est parfois un peu à côté (consciemment ?), ça peut rappeler un peu le vieux Neil (ahahah et ouais le jnb, j'ai osé).

Et puis j'ai écouté à nouveau l'album. N'ayant pas fermé les volets, l'orage étant passé, un rayon de lumière est venu illuminer mon joli minois. Merci tout là-haut, la clarté est désormais mienne et tout s'explique (parce que tout est lié). Le gars DeMarco est un heureux glandeur, un gars qui sous l'apparence d'en avoir rien à foutre de tout, se fait sa petite vie comme il l'entend, tout en distillant sa poésie à qui la veut. Ce gars est un mec bien.

Les titres s'enchaînent et sa folk décomplexée vient nous bercer, les sons de claviers peuvent perturber, amenant un côté décalé voire glauque aux morceaux (Moonlight On The River), ou sonnant très 70s sur un For The First Time. inlassablement Sur A Wolf Who Wears Sheeps Clothes, l'harmonica nous renvoie à ces légendes que sont Dylan, Springsteen et Young (tout est lié).

On ressort alors de l'écoute avec un sourir jusqu'aux oreilles, Mac DeMarco se moque de tout, joue sa musique avec le coeur. Le gars avance doucement mais sûrement.

Rien ne presse ici-bas, rien ne sert de courir. Puisque tout est lié.

#Folk

Quoi ? un deuxième ping sans pong ? Et bien ouais, pourquoi pas. Et en plus il faudra que cela soit bref ( 200 caractères maximum )

En plus de cela c'est un ping francophone messieurs, dames. Un ping express sur un groupe et un album que j'ai découvert cette semaine.

Lazuli n'en est pas à son coup d'essai et choses rare, à souligner donc, le chant est dans la langue d'Ange. En plus du chant le groupe ne possède pas de bassiste et préfère avoir un instrument inconnu : la Léode.

Je vous laisse aller voir ce que c'est, je trouve cela génial.

Nous sommes donc ici dans un rock plutôt calme et poétique, tout en sachant se montrer menaçant quand il faut. Les morceaux s'enchainent naturellement, preuve d'une grande qualité d'écriture. L'équilibre des instruments est parfaitement trouvé et on sent que le groupe joue d'un seul corps. C'est harmonieux et chaleureux.

Délicate et envoutante, la musique de Lazuli prouve que la scène francophone a de belles pépites. Et au vue des quelques lives disponibles sur le web, ça donne envie d'aller les voir.

#Rock #Prog

Une nouvelle fois ce fut un régal pour les oreilles. Peter Gabriel sait effectivement plus que bien s'entourer. Chaque musicien/chanteur est à sa place, mêlant son art dans un savoureux mélange harmonique. La production est au top, comme toujours.

L'album est un melting-pot d'influences allant de Pink Floyd en passant par la musique celtique (coucou Ayreon). J'y retrouve également des phrasés Wilsonien par moment. Et la voix de M. Gabriel, quelle voix mes enfants. ( Allez écouter Make Tomorrow ou, sur d'autres albums, The Book of Love et Red Rain ).

Il y avait donc de quoi faire pour en tirer un ping alléchant. Et pourtant j'ai pas mal gambergé (et en écrivant ces lignes cela continue). Que mettre en avant ? La richesse musicale ? La qualité du son ? L'expérimentation s'émancipant des genres musicaux ?

Et puis merde il faut bien se lancer, alors ce sera la voix. Car effectivement sur Make Tomorrow les premières résonances d'un Peter en forme m'ont fait frémir, vibrer l'échine. À chaque fois, la même sensation, celle d'un son provenant directement de l'âme. Venant perforer toutes les carapaces, se frayant un chemin au plus profond de l'être.

Un grand, à n'en pas douter.

Ce qui nous amène donc à mon ping du jour. On est ici dans du métal, la saturation est bien présente, mais comme toujours j'aime à écouter des groupes amenant un petit surplus. Nous sommes donc ici avec un groupe dont la musique a su évoluée et atteindre un tournant plus progressif avec cet album.

Avec The Fall of Hearts, Katatonia continue son bonhomme de chemin dans un métal sombre et dépressif porté par la voix de Jonas Renkse. En revanche, le groupe vogue ici vers un terrain progressif qui n'est pas sans me déplaire.

La cohérence est de mise, le groupe travaille les ambiances et les textures sonores pour en faire ressortir l'émotion. La mélancolie peut revêtir bien des formes.

Le groupe en est d'ailleurs le spécialiste. Travailler cette facette de l'être humain, la torturer, l'analyser, la rendre plus amère ou bien plus heureuse. Il y a de quoi faire et la musique qui en ressort est d'une rare intensité.

L'album s'ouvre sur un magnifique arpèges/voix supporté par une batterie discrète. Déjà la magie opère, puis une minute plus tard la musique s'énerve, les potards sont tournés et c'est parti pour 6 minutes. Le groupe frappe fort d'entrée avec des riffs léchés, on retrouve d'ailleurs des élements de post-rock avec ces longs riffs monotonales (monotonones ? monotoniques ?).

Le deuxième morceau continue de travailler cette mélancolie, un clavier vient se greffer pour apporter une couleur différente. Viens par la suite Old Heart Falls, morceau que je trouve sublime, magnifiquement composé. J'y retrouve ici cette sensation capillaire vécue avec Peter Gabriel.

L'album déroule ainsi sa palette de tristesse, tous les morceaux abordent une nuance, le tout bien mis en valeur par un chant plus narratif que traditionnel. Le coeur de l'album possède un duo de merveilles d'écriture que sont Residual et Serac. On y retrouve l'essence même du groupe, un travail soigné sur l'atmosphère des titres, le tout avec une composition moins conventionnelle et des claviers venant soutenir cette nouvelle facette du groupe. Le travail fait sur les lignes de basse doit être souligné, tout en sobriété elles renforcent cette désolation ambiante.

Last Song Before the Fade a ce petit côté pop qui passe tout seul, le morceau défile à une vitesse folle. Ce qui contraste avec le suivant où on calme les guitares et laisse place au clavier et ses nappes envoutantes (Je ne sais pourquoi mais, j'y entends des sons d'indiens d'Amérique du Nord).

Wide Awake in Quietus vient refermer l'album avec une douceur certaine, toujours sublimée par ce clavier fort intéressant pour l'apport à la construction des textures du morceau.

Le groupe arrive à conjuguer toutes ces influences, ingurgiter son passé pour produire un album d'une très grande qualité. Et bien que leur thème principal soit la tristesse, la mélancolie on ressort de l'écoute heureux d'avoir pu s'évader ainsi. Car là est la force de leur musique, laisser divaguer le cerveau de l'auditeur dans les méandres des ténèbres, explorer divers territoire, s'imprégner de la noirceur pour rejaillir vers la lumière (Alléluia mes bien chers frères).

Et pour les avides de noirceurs, je conseille également l'album Kocytean, court car simplement un regroupement de face-B, mais terriblement efficace et représentatif du talent du groupe.

#métal #prog #atmosphérique

Toujours un régal de découvrir les pongs du vieux chevelu, un plaisir auditif à chaque écoute. Il faut dire que le gars en connaît un rayon niveau rock.

Une encyclopédie, avec des pages déchirées encore vierges, pouvant vous sortir tout un tas d'infos sur un album, un groupe, un morceau.

La musique est une religion, la seule, l'unique même. Elle s'apprécie en prenant le temps de déplier les couches d'écritures superposées par les groupes. Elle s'appréhende et s'adapte différemment selon l'endroit et le moment de l'écoute. Métamorphe, elle évolue même avec le temps, sachant révéler ses secrets, ses joyaux à quiconque souhaite les découvrir.

Avec Quadrophenia The Who signe un album d'une grande richesse, doté d'une qualité sonore ahurissante pour l'époque. Un grand plaisir auditif, une nouvelle fois.

Le groupe enchaîne et, après Tommy et Who's Next, propose une nouvelle fois quelque-chose de fort. L'écriture de Townshend est magistrale et ses trois comparses lui rendent bien, se donnant au maximum et faisant ainsi état de tout leur talent.

Dès les premières secondes on est happé dans l'univers de l'album, les vagues au loin annoncent un périple musicale riche et conceptuel. The Real Me ammorce l'album à fond la caisse, on est dans le rock, le vrai. De l'énergie, du groove.

Et que dire de l'ultime morceau, Love, Reign O'er Me, avec sa palette émotionnelle complète, son orchestration magistrale et la voix, quelle voix, de Daltrey. Le voyage se termine, le chemin fut parcouru avec plaisir, une nouvelle fois.

Il fallait donc trouver une réponse à ce pong, facile car dès les premières secondes de l'album (0:57) exactement avec l'arrivée des cuivres de Entwistle la réponse était là, évidente pour mon petit cerveau : Beep Box de Snarky Puppy.

Alors quoi ? J'allais proposer à l'écoute un album du groupe ? Non, bien trop facile et puis le vieux les connaît déjà par coeur. Alors j'ai réécouté une nouvelle fois Beep Box et là l'idée a germé, l'association parait limpide alors c'est parti.

Aujourd'hui je propose comme ping musical un album live :
Live at Attenborough Centre for the Creative Arts par Hidden Orchestra.

Au revoir le rock et bonjour au jazz, trip-hop. Le groupe tourne autour du multi-instrumentiste, compositeur et producteur Joe Acheson et possède la caractéristique d'avoir deux batteurs en live.

Le groupe évolue dans un style particulier, un mélange de trip-hop, jazz, sonorités ethniques et musique progressive. Le tout est magnifié par un rapport à la nature qui me touche énormément.

En écoutant ces morceaux je me vois me balader nu en foret, dans un champ de blé, esquissant des sourires alors que les épis me chatouillent les ********. Je m'emporte.

Le groupe développe donc un style propre, léger, subtile, comme une légère brise venant délicatement nous envelopper. On peut ressentir des émotions comme la tristesse, la colère parfois mais, le plus souvent, l'émerveillement, la naïveté et la joie sont celles qui transpirent le plus dans ces morceaux.

L'album live est intéressant, car il fait le tour de leur discographie et dès les premières secondes nous sommes envoûtés par ces pépiements, le ton est menaçant et l'arrivée des cuivres vient éclaircir ce ciel bien trop sombre au regard de ce que je viens de dire plus tôt. Hypnotiques ces lignes de cuivres, un piano se pose délicatement dessus, libre comme l'air, frais.

Dust me fait instinctivement penser au thème des films de James Bond, Stone me renvoie à Berry Weight. Wingbeats doit certainement être un de mes morceaux préférés, tout style confondu. Je trouve l'écriture d'une fluidité rare, d'une beauté onirique absolument sublime. La construction du morceau est magistrale, nous emmenant dans un voyage, survolant les plaines, les forets, les rivières, les villes.

Spoken a un petit côté arabisant qui n'est pas sans me déplaire, et Antiphon amorce la fermeture du bal avec cette fois une petite virée asiatique.

Un gros pari donc, car le style musical n'est que peu connu pour le vieux à trois lettres, et deux jambes, enfin oui et non, bref le vieux quoi. J'espère le secouer un petit peu, le pousser en dehors de sa zone de confort, faire se connecter les synapses, il n'y a pas d'âge pour découvrir de nouvelles choses.

Bon, ça commence à se corser cette palabre musicale. Fort heureusement la règle est modulable et il est possible de s'amuser avec. Le but sous-jacent étant, par extension, de faire (re)découvrir des pépites musicales.

Alors j'ai tendu une deux oreilles attentives à ce Yes – Going for the one. Album magnifique, le morceau Awaken est un joyau d'orfevrerie créative. Ça joue, ça innove et on comprend (avec toute la discographie de Yes) au combien ce groupe est à la base de tant d'autres.

En écoutant l'album j'ai entendu du Steven Wilson (Porcupine Tree – Heartattack in a Lay by, allez savoir pourquoi) pas mal, du Haken aussi, un peu de The Flower Kings. On retrouve également le groupe cité comme influence majeure chez Dream Theater. Il y a également pas mal de points communs avec Led Zepp ou Rush, et pourtant en tendant un peu l'oreille. (ou en montant le son, de préférence) on remarque les différences caractérisant ces groupes. Et puis ça m'a rappelé un album d'Ayreon: The Theory of Everything.

Ayreon c'est encore une fois une découverte par la médiathèque. J'avais, a l'époque, été attiré par le fait qu'il y avait des parties vocales assurées par James Labries sur l'album The Human Equation. Il m'aura fallu quelques écoutes pour rentrer dans l'album, je pense que cela était notamment dû au fait que je n'avais pas l'habitude d'entendre autant de voix féminines... La jeunesse...

Ayreon est en grande partie l'oeuvre d'Arjen Anthony Lucassen, touche-à-tout Néerlandais trouvant son plaisir dans la compisition et l'écriture de concept album teintés de Science-Fiction, avec toujours un goût prononcé pour l'Opera-Rock. En fouillant la discographie du groupe je suis tombé sur des pépites (Into The Electric Castle est à écouter absolument), et puis j'ai suivi les sorties.

The Theory of Everything sort en 2013 et reprend ce qui fait la force d'Ayreon avec une parfaite maitrise dans le mélange des genres. Une synthèse de l'oeuvre du gars Lucassen.

Comme tout bon concept album (et tout album d'ailleurs) il faut écouter le tout d'un seul trait, le réécouter, s'en imprégner pour essayer de comprendre, de se persuader de ce qu' voulu faire le groupe. N'écouter qu'une poignée de morceaux n'a pas de sens, le streaming pousse cependant à cette pratique démoniaque.

Découpé en quatres parties majeures et tout un tas de pseudo-morceaux, l'écoute passe à une vitesse ahurissante. Synthés et grosses guitares viennent s'entrechoquer pour porter une narration complexe. De plus, l'ajout d'instruments celtiques n'est pas sans me déplaire. Cela ammène une profondeur à l'ensemble. Dès l'album lancé on embarque pour un voyage, les premières secondes du morceau The Theory of Everything Pt I me font tout de suite penser à Jethro Tull. Les thèmes s'entremêlent, se coupent, se croisent sans oublier de varier par moments. Les influences sont multiples, digérées à la perfection pour en sortir un album dense.

En épluchant les musiciens présents sur l'album quel ne fut pas ma surprise de voir qu'un certain Rick Wakeman était présent sur quelques titres. Finalement ce Ping n'est pas si mal que ça. Et avec un Jordan Rudess, un Keith Emerson ainsi qu'un certain Steve Hackett j'espère que le paternel va apprécier la découverte.

Bonne écoute !

#Rock #Métal #Prog

Ce billet fut écrit en écoutant Calligla's Horse – The Tempest

Chaude journée hier, lourde même. La pluie s'est fait attendre toute l'après-midi. Un air chaud et humide venant te faire transpirer juste ce qu'il faut, une simple goutte coulant le long du dos.

20h, le vent se lève, Sud-ouest, les bruissements se font entendre au loin. C'est drôle tout de même cette atmosphère particulière qu'à un orage arrivant. Tu le ressens dans l'air, les arbres te le disent et le vent se forme, tourbillonne et vient te caresser les guiboles. Il arrive.

Le fond de l'air se rafraichit, et tout d'un coup ça tombe. De la bonne pluie, directe, franche. Le clapotis de l'eau heurtant le tuffeau produit ce son apaisant tant apprécié. En tendant l'oreille tu peux même entendre les lignes électriques commencer à frétiller.

Là sur la terrasse, tu fixes le ciel. Des nuances de bleu apparaissent, le gris vient s'y mêler et au milieu, sporadiquement, les éclairs emplissent le ciel. Des traits de lumière puis un bruit.
Les lignes ne sont jamais les même, rarement droites d'ailleurs, libres et anarchiques. Elles se baladent dans le ciel, annonçant le chaos.

Une fois l'orage passé, tu le regardes au loin, entendant le tonnerre s'en aller gronder plus loin. Le vent a tourné, Sud Sud-est, étrange.

Et puis tu le sens, cette odeur si particulière... Pétrichor.

#Journal

Il m'aura fallu du temps pour écrire ce Ping, non pas que la musique n'était plus présente à la maison mais, il fallait bien choisir l'album.

Talk Talk c'était pour moi un tube et c'est tout, un groupe de pop 80's comme les autres, et comme souvent j'avais tort. Tout est travaillé, rien n'est laissé au hasard. La voix d'Ollis t'envoûte et tu ne vois pas l'album défiler.

Alors il me fallait trouver un album pour la suite et je me suis alors directement dit Opeth. Mark Ollis est parti d'une pop à la mode pour faire évoluer sa musique en une expérience de minimalisme teinté de (free ?)jazz. Un changement radical qui, pour sûr, aura enterré sa carrière radiophonique, quoiqu'avec Such a Shame le gars était tranquille niveau royalties.

Opeth donc, groupe légendaire sur la scène métal mondiale. Ça vient de Suède, c'est chevelu, leur death métal est teinté d'une aura mélodique sans-égale. Des parties acoustiques absolument divines. Même monsieur Steven Wilson a produit un de leur album (Blackwater Park). En 2011 le groupe abandonne le grawl et la sursaturation et évolue vers un rock progressif teinté de 70s et d'un soupçon de jazz.

Bien que le rock façon 70s soit une mode ces temps çi Opeth bouscule son auditoire en proposant un virage à 90°. Les nappes d'orgues viennent ravir les amateurs nostalgiques de rock alors que l'absence de chant hurlé viendra entérré les fans de la première heure, rétissants au changement.

Compliqué alors de choisir un album, les réécoutes se sont enchaînées. Le jnb commençait à s'impatienter. Que de stress. Et finalement mon choix s'est posé sur Pale Communion.

L'introduction nous plonge dans un univers assez sombre, les claviers sont oppressants et on sent qu'au fond de la pièce quelque-chose nous épie sans faire un bruit, observant nos moindres mouvements. Les choeurs arrivent et tout de suite un trais de lumière vient envahir la pièce, la clarté se repend et le charme de la voix d'Akerfeldt vient nous réconforter.

Les amateurs du groupe reconnaîtrons la patte du groupe dans les riffs de guitare, les parties acoustiques (comme le morceau Elysian Woes) sont toujours aussi réussites, Opeth excelle dans ce domaine. Un morceau comme Moon Above, Sun Below montre relativement bien la palette artistique du groupe. Des riffs bien tranchants (avec sur ce titre une petite touche de Riverside) laissant place à de somptueux arpèges et un solo d'une intense virtuosité.

On part ensuite dans un univers bien plus funk avec le titre Goblin. Le clavier est à l'honneur et l'ambiance créée ici fonctionne à merveille. On remue son postérieur sans trop d'effort. Un petit bijou au niveau de la construction rythmique et des variations sur les phrases musicales.

Pour la fin de l'album un orchestre à corde vient se joindre au groupe, la magie opère comme toujours et l'atmosphère qui s'était éclairci depuis le début de l'album retombe maintenant dans cette légère tension, un peu malsaine même.

Pour ceux voulant découvrir le passé du group je vous conseille l'album Blackwater Park et Ghost Reveries, deux bijoux mélant la brutalité du death métal, la complexité de la musique progressive et la douceur des passages acoustiques. Et pour les plus réfractaires aux chant hurlé il y a Damnation, réel précurseur du Opeth d'aujourd'hui.

#Rock #Métal #Prog