Des mots en plein Furvent

Un blog libre et venteux, à publication sporadique

Les yeux à peine ouverts il était déjà debout, charentaises aux pieds, dévalant lentement les escaliers bien trop abrupts de sa petite maison. Il procédait toujours de la même façon; il mettait l'eau à bouillir dans la casserole, ouvrait la porte d'entrée pour récupérer le journal sur le pas, refermait la porte et posait le journal sur la table. Ensuite il ouvrait à nouveau la porte, s'avançait d'un pas décidé sur le seuil, s'étirait, sortait sa bilout et toute en exerçant une rotation du bassin de 82 degrés il admirait la réaction du choc thermique.

Une fois cela fait, il entrait à nouveau dans la maison, se servait un café, ouvrait son journal à la page “Obsèques et recouvrements financiers”. Il avançait prêt de l'âtre, y mettait quelques bonnes buches et allumait le tout avant de se lever fébrilement pour aller dans le jardin.

Notre ami, que le bas-peuple appelait depuis toujours Mich', habitait une petite maison à la campagne, en bordure d'un lac, un endroit calme pour y finir ses jours, loin du tumulte de la vie urbaine, des klaxons et des injures. Une grande carcasse d'un mètre quatre-vingt-douze, à la barbe blanche comme la neige et aux cheveux argentés. Mich' avait été cueuilleur-fraiseur, il aidait à la cueillette dans les champs le matin puis l'après-midi allait tourner et fraiser. Sur la fin, ces collègues se rendirent compte qu'une chose clochait chez notre gars Mich', il se mettait à tourner et fraiser les légumes et cueillir les fraiseurs. Je ne vous fais pas de dessins, il y eut un petit accident, et figurez-vous que ce n'est même pas avec les légumes. Trois phalanges et un oeil en moins plus tard Mich' se voyait gracieusement offrir une retraite quelque peu anticipée. Lui, n'y comprenait rien... Une retraite ? À 55 ans se disait-il, cela fait un peu tôt. Mais le monde change si rapidement qu'il se fit une raison et accepta sa généreuse pension. Une pension ? Quel travail ?

Il s'avère que Mich' pouvait sembler perdre la boule, comme on disait au bistro du village, l'accent en moins pour faute de caractères impossibles à retranscrire sur le papier, la richesse de la langue française...
Certes, il lui arrivait d'oublier, de confondre, de déformer, de créer même, mais il en était convaincu: des gens passaient dans son jardin la nuit, les preuves étaient là.

Il avait beau le répéter à qui voulait bien l'écouter (qui écoute vraiment un fou ?), il en parlait régulièrement, surtout lors des assemblées du village entre les sujets importants tels le feu d'artifice et la prochaine fête de la bière.

Cela faisait quelques semaines déjà qu'il avait remarqué le truc. Le matin en poursuivant sa routine il allait se dégourdir les gambettes dans son jardin, passait devant le saule pleureur qui avait vu les chagrins d'amour de ses enfants, son chagrin à lui lorsque sa femme partit au ciel, ou sous terre il ne savait plus trop bien. Il se dirigeait ensuite vers le potager et là, dans cette terre dénuée de verdure, dans ce parc d'attraction géant pour vers de terre il remarquait régulièrement des empreintes.

Du 45, à coup sûr cela devait être un géant, un troll.

Mich' avait beau avoir essayé de piéger le monstre du jardin (il avait déjà réussi à en piéger un une fois, un petit gremlin poilu portant le doux sobriquet de kiki, on lui avait dit que ce n'était pas un monstre. Pauvres fous). Armure sur les épaules, il avançait dans le jardin et y posait pièges à loup (pauvre kiki), des caméras infrarouges ainsi que des cordes au sol reliées à des clochettes. Il ne pouvait pas le louper, il en était persuadé.
Or il s'avérait qu'il n'y arriva jamais, à attraper ce démon, des mois durant il redoubla d'intelligence, mais rien n'y fit.

Alors il changea de stratégie, revêtit cette fois-ci son long manteau, vissa sa gapette sur sa tête, retrouva sa vieille pipe datant de son service militaire puis il se mit à enquêter. Son petit calepin ne le quittait plus, certains disaient qu'il avait inventé une nouvelle langue tant il était strictement impossible d'identifier le moindre caractère inscrit dessus.

Il remarqua d'abord la direction des pas, toujours la même. Il prit une motte de terre dans sa main gauche et, tout en l'effritant, leva les yeux vers la girouette. NORD ! Un Yeti allant se faire dorer la pilule au sud avant de retourner dans le grand froid.

Des semaines passèrent, Mich' fouilla les terres au nord de sa maison, là où le vent le portait. Des jours durant il retournait la terre, sondait les bruissements dans la forêt. Rien.

Mich' était perdu, épuisé, lessivé, un soir alors qu'il ruminait dans son lit, il vit son grand-père apparaitre en face de lui.

  • Salut petit pote, quoi d'neuf ?
  • Oh rien de bien folichon pépé le boiteux, je chasse un monstre en ce moment, une bête qui saccage mon potager, mais je n'y comprends rien, il vient du Nord et je ne retrouve aucune trace de lui là-bas
  • Oh mon pauvre Mich', l'erreur est grande, forte en toi. Seul le vent peut t'apporter la réponse

Mich' était pantois, il ne comprenait rien au charabia de pépé et ce dernier, alors qu'il entamait sa phase de disparition, une technique compliquée à maitriser tant il faut être précis et méticuleux pour ne pas rester bloquer entre deux plans, lâchât dans un murmure à peine audible.

  • Wikipedia mon garçon, Wikipé...

Il attrapa rapidement son smartphone, se rendit sur Wikipedia et, après une sieste à mi-parcours, se rendit enfin compte de son erreur. Une girouette indique l'origine cardinale et non la direction. C'était donc le sud qu'il fallait explorer.

Il partit immédiatement vers le sud, vers le lac, sans se rendre compte que le sens du vent n'avait rien à voir avec son histoire d'empreintes...

  • Salut.
  • Salut.
  • Bon, ben salut.
  • Ouaip, salut.

Et encore une fois, scotché au fauteuil par ce pong, ce revers ravageur, franc de la raquette (ou de l’oreille). Dommage qu’il n’y est pas de caméra installée sur l’ordinateur de jnb, car je suis pratiquement sûr qu’il a placé un petit effet dans son revers de clic ou clic de revers comme vous le voulez en envoyant ce Dave Matthews Band dans les câbles venteux.

Dave Matthews, je suis absolument certain d’avoir vu le nom, assez régulièrement même, mais aucune écoute de ma part, absolument aucune, certainement. Encore une erreur, finalement ce ping-pong permet de rattraper ses erreurs.

Quoi qu’il en soit j’ai bien évidemment adoré ce live. On sent que le groupe s’éclate sur scène, et ce ne sont pas des rigolos les gars. Ça joue vraiment plus que bien, mention spécial au bassiste qui effectivement amène ce petit décalage jazzy. La basse d’ailleurs, plus le temps passe et plus je prends plaisir à l’écouter, vraiment l’écouter.

Two Steps est un classique, et rien que pour voir l’image de Boyd Tinsley cela vaut le coup. Et puis allez également écouter la version album, ça change et c’est intéressant aussi.

Dans la voix, les rythmes, je retrouve parfois des similarités avec John Butler et son Trio (qui est aussi un Band mais à trois). Et puis ce Loner là, un peu le Jésus canadien de jnb, capable de te pondre des morceaux comme Cortez the Killer, même en berline sur les bords de Loire je me vois en Mustang dans le désert. Le chapeau et les santiags en moins.

Outre la puissance du jeu des musiciens, il faut noter le timbre de voix de Mr Matthews, il y a un petit quelque chose quand même. Un truc qui te fait passer dans une autre dimension. Le concert démarre fort, Don’t drink the water est un morceau puissant, sentant bon la bière, le bourbon et la viande bien grillée du Swingin’ Steaks. Presque trois heures de délices, d’une musique pouvant aussi bien se savourer à tête reposée, casque sur les oreilles, ou encore en essayant de ranger ce foutu garage bien trop en bordel.

Et mon ping part de cela, et en plus de ça il se ramifie avec d’autres écrits du pong, bref c’est parti.

Eddie Vedder donc avec l’album Into the Wild, je triche un peu car il ne s’agit pas d’un album à proprement parler, mais plutôt de la bande son du film éponyme, un très beau film d’ailleurs. Mr Vedder est également connu pour être le leader du groupe Pearl Jam, pionnier du grunge et groupe de rock bien doué. Il est d’ailleurs venu le moment de signaler que ce groupe a participé au vingt et unième album du Loner et que Mr Vedder a également enregistré quelques collaborations avec Mr Young. La boucle est bouclée, bonne écoute.

Finalement j’ai encore envie de vous parler de cette bande son. Lorsque j’ai découvert ces morceaux je n’avais pas vu le film, c’était un mois de mars 2011, dix ans déjà. Je participais à l’époque à un groupe monté par un prof de mon école de musique en vue de s’éclater à plusieurs et de faire une petite représentation lors de la fête de la musique. Il nous avait proposé un des morceaux du film, Long Night, le morceau était envoutant, mais je crois que le souvenir que j’ai de l’interprétation qui l’était encore plus. En fermant les yeux j’entends à nouveau la voix de Nour accompagnant le piano, la guitare aérienne, la basse sobre, enveloppant le tout d’une bien belle des façons.

Un très beau souvenir, un très beau plaisir.

Mais revenons à cette bande son, le premier morceau pose les bases, un guitare folk typique et une voix, la voix d’Eddie Vedder. Et l’album nous emmène dans ces vastes contrées nord-américaines, celles qu’on aime voir, sentir. Sans aucun humain pour déranger la nature, sans interaction parasitaire venant ruiner cette plénitude qui ne demande qu’à rester tranquille. Il y a parfois des morceaux un peu plus énervés comme Far Behind, mais globalement nous sommes sur de la douceur, sans pour autant masquer une certaine mélancolie sous-jacente.

Si jamais vous n’en avez pas assez après l’écoute (et pourquoi pas regarder le film) d’Into the Wild, je vous conseille l’excellent live au Benaroya Hall de 2003. Le groupe réinterprétant ses titres de l’époque en version acoustique, plus folk que rock.

Bonne écoute.

https://musicbrainz.org/release/cee9024e-80fd-3347-9fd9-118de3775de5

Sting, c'est quand même un gars qui n'a rien pour lui. Il est beau-gosse, a une voix bien comme il faut, a fait partie d'un groupe qui a cartonné (et qui était plus que bon, il faut le noter. Car cartonner ne veut pas forcément dire être bon. Bon dans le sens musicalement bon, pas commercialement bon.), a une carrière solo plus qu'honorable, a tout de même tourné dans Quadrophenia, Dune et Kaamelott, et en plus il sait jouer de la basse, pas n'être qu'un simple bassiste non, jouer de la basse. Rien que ça. Peut-on dire qu'il a raté sa vie ? Je le pense...

Pochette mythique pour ce Bring on the Night (Live), Je la revoie très bien se distinguer parmi les nombreux disques que possède mon géniteur. Et quand il nous laissait choisir un album pour le repas du soir, je ne sais pourquoi nous ne choisissions jamais cet album, lui préférant à coup sûr Supernatural de Santana.

Savoir s'entourer, pour produire de l'émotion musicale est un talent, un don pour certain. Je pense notamment à Steven Wilson (Porcupine Tree, n'est-ce pas un sacré rassemblement de bons musiciens ?), mais surtout à Michael League avec son label et surtout ce Snarky Puppy qui, il y a de cela quelques années, est venu ébranler mon monde musical pour rebattre les cartes et ouvrir des lignes d'horizons jusqu'ici masquer par la saturation des guitares et la double-pédale à outrance.

Avec ce Bring on the Night, Sting montre qu'il sait digérer les styles, faire se côtoyer des grands noms tout en leur laissant de la place, un terrain d'expression pour former un groupe, un vrai bon groupe.

Le bonhomme est tout de même capable de te produire des hits magnifiquement calibrés pour faire un succès commercial tout en proposant également des morceaux aux structures plus complexes, aux passages venant ravir tout amateur de notes. Un sacré bonhomme de la musique, naissons-nous tous égaux sur cette terre ?

Dans ce subtil mélange de mots, s'entrecroisant pour former des phrases, des émotions, un pong, j'ai remarqué le mot vibrato. Je suis relativement déçu, car je voulais balancer un bon Céline Dion, tant pis.

Plus sérieusement, je suis plutôt d'accord avec jnb, le vibrato gache souvent, ruine parfois. SAUF ...

Vous vous attendiez vraiment à un avis tranché, net et précis, finement simple ? En tant qu'adepte de la secte des oui-mais et membre honorifique par intermittence du culte de la virgule, je ne pouvais m'arrêter à cela. D'ailleurs il ne faut jamais s'arrêter, plus de mal à repartir par la suite. Il faut se lever les fesses, ou faire bouger ses jambes.

Donc le vibrato, oui parlons-en du vibrato. Si c'est pour faire tenir une note bancale pendant quelques secondes de plus afin de créer de un subterfuge d'émotion alors non, il faut bannir le vibrato. Si c'est une technique pour essayer de surchanter, d'aller au-delà de ses capacités, l'intention est louable, mais c'est encore non. En revanche si c'est dans une démarche où la voix est véritablement intégrée comme instrument, faisant partie du tout et non venant se poser dessus pour faire joli, car il faut une voix, alors là oui. Et qui sont les grands artisans de cette mouvance (dont beaucoup ici-bas en France, dirait que ce n'est pas de la musique.) ?

Je change de sujet, mais je connais un gars qui a horreur des lives, je connais une fille aussi qui n'aime pas trop ça. Alors oui c'est sûr qu'un live si c'est pour entendre Indochine te refaire à l'identique ses trucs avec un simple “ÇA VA TOUJOURS LE STADE DE FRANCE ????” de temps en temps, oui effectivement ça ne sert à rien (tout comme les albums studios dans ce cas de figure bien précis). En revanche, lorsque l'essence même de la musique réside dans la cohésion d'un groupe, dans la magie d'un collectif alors un live n'est plus une simple reproduction d'un album.

Mais avant de vous livrer ce ping, je me permets de vous mettre en appétit avec ces chants. Le Trio Joubran ayant sorti un morceau avec Alireza Ghorbani, un musicien iranien, je vous laisse savourer ce somptueux mélange de modernité, d'héritage culturel, de transmission.

Alireza Ghorani & Le Trio Joubran

La larme à l'oeil, le pavillon aux aguets j'aurai pu proposer le live de Dhafer Youssef au festival Jazz sous les Pommiers, mais cela aurait été un peu trop facile il faut bien se l'avouer.

Alors quoi de mieux qu'un bon live par un bon power trio tout droit venu du Canada. De surcroît il faut préciser que le live en question est un bootleg, adoubé par le groupe tant il est phénoménal.

Mansfield, Massachussetts. Au soir du vingt-trois juin 1997, le groupe se présente face à la foule pour une date de la tournée Test For Echo. Le public est prêt pour presque trois heures de magnificence musicale. Le groupe n'est peut-être plus à son apogée pour les fans de la première heure, mais il n'en demeure pas une pointure du rock, trop souvent méconnu.

Les trois compères vont venir chatouiller les oreilles des mélomanes avec leurs mélodies imparables, les cymbales sublimement placée d'un feu Neil Peart, la voix reconnaissable de Geddy Lee, son jeu de basse, et la guitare inclassable d'Alex Lifeson.

J'aime toujours ces petites variations dans les morceaux que proposent les groupes en live, j'aime également entendre la joie incommensurable du public, se prenant au à chanter.

Le combo Dreamline/Limelight me fout la patate à chaque fois, je crois que ces deux morceaux font partie de mon top pour partir au boulot, seul le long de la Loire, admirant les reflets du soleils levant sur le coteau et sur la belle endormie. Il m'arrive aussi de regarder la route, je vous le promets.

Driven me berce toujours autant, ma tête ondulant de gauche à droite (ou de droite à gauche ?).

Red Barchetta immortalise le rock prog des années 80, on pense que ce rock-là est simple, mais la réalité est bien différente. Et pourtant, ça passe facilement, y compris pour les non-amoureux du progressif.

Closer to the Heart me fait penser à Led Zepp, à chaque fois.

Et puis on y trouve pêle-mêle un morceau de vingt minutes, des morceaux sentant bon le Hard-Rock/Métal, un instrumental absolument dantesque, huit minutes de batterie.

YYZ referme la prestation sur une explosion, ça va à cent à l'heure, ça bifurque, repique, zig-zag, accélère, ralentit, braque, part en marche arrière, et on ne voit pas passer les quatre minutes

Un incontournable à n'en pas douter pour tout amoureux de rock qui se respecte.

Bonne écoute

https://musicbrainz.org/release/53bf833c-9066-41a0-a85c-1a89183d1a7e

1er janvier: Des voitures incendiées, des feux d'artifices ratés, des humains alcoolisés. Et au beau milieu de ça Jean-Mi, qui se demande pourquoi il devait comme chaque année se farcir le premier repas de l'année, avec un mal de crâne, chez sa belle-mère. Déjà vingt ans qu'il mangeait tous les ans du pain de poisson, une pintade trop cuite et une buche d'une semaine... Putain d'année qui commence.

14 février: Jean-Mi est stressé. Le Buffalo Grill est réservé pour 19h45, il a enfilé sa plus belle chemisette, s'est fait une belle moustache à la José B, il s'est même mis du Drakkar Noir (échantillon subtilement mis dans la poche au Mammouth d'Avrainville). Il est prêt le Jean-Mi, prêt à en mettre pleins les yeux à la Mauricette. Prêt à lui faire la cour, pour lui prouver son amour. Seul souci, Mauricette n'est pas à la maison ce soir. Elle n'a d'ailleurs pas, et ça Jean-Mi ne l'a pas remarqué, fait de lessive ni passer l'aspirateur aujourd'hui. Alors il attend, dans le salon, il s'offre un petit verre et se replace la raie au milieu du crâne.

15 février: Jean-Mi se réveille à 15h, un mal de crâne digne d'un mauvais pain de poisson lui explose la tronche. Il remarque devant lui un post-it. Mauricette est partie, Jean-Mi est désemparé. Comment vais-je faire pour aller au boulot demain sans slip repassé moi ?

22 février: l'A320 fait son premier vol d'essai au-dessus de Toulouse, les riverains sont émerveillés par cette prouesse de l'homme. La terre elle, continue de pleurer, un peu plus fort chaque jour.

30 mars: Foutue soirée, il n'y a vraiment pas de justice dans ce monde. Jean-Mi avait enfin décidé de se reprendre en main, il avait commencé à courir un jour sur deux, entrepris d'apprendre à cuisiner pour éviter de s'enfiler des cordons-bleus tous les jours avec une variation hebdomadaire nouilles/riz. Ouais, Jean-Mi était sur la bonne voie. Pour la première fois depuis le départ de Mauricette il avait décidé d'aller se confronter au monde dans une soirée organisée par un collègue de boulot. Il était arrivé un peu en avance, chemisette fraichement achetée, bouteille sous le bras. À cette soirée il avait rencontré Émilie, une jeune cadre dans la finance dont il avait tout de suite su qu'elle était faite pour lui. Il faut dire qu'elle ressemblait à s'y méprendre à Mauricette, y compris dans les passions et l'expertise de la table à repasser. Il n'eut malheureusement pas le temps d'appliquer ses techniques de dragues fraîchement apprises dans un bouquin, la belle avait disparu au bras d'un plus jeune, en polo.

6 mai: Jean-Marie, alias l'enflure borgne, continue ses discours nauséabonds. La petite Marine, majeure depuis moins d'un an (et encartée FN depuis moins d'un an), acquiesce bêtement tout en ayant un peu honte quand même. Une honte qui disparaitra assez rapidement.

8 juin: Trente-huit ans après la parution de son roman, deux ans se sont écoulés depuis l'histoire. La novlangue était une vision prémonitoire.

** 21 juin:** Notre gars arpente les rues, se laissant happer par la douceur de vivre un jour de fête de la musique, merci Jack ! Il s'arrête pour tantôt savourer un bon rock, tantôt une chorale. Qu'il fait bon vivre dans ce doux pays. Cela lui amène un peu de gaieté, lui qui a mal démarré l'année.

6 juillet: Life

3 août: Sujet du tout premier pong musical de jnb.

10 août: Il fait chaud, très chaud. Jean-Mi se décide à partir à la mer. Faut bien se faire plaisir de temps en temps. Alors notre ami démarre sa ZX, et part. La route est un plaisir, du monde mais ça roule relativement bien tout de même. Il s'allonge sur le sol, savoure le dernier Marc Levy. En poche le bouquin, faut pas non plus trop engraisser la vache à lait. Jean-Mi déballe l'alu de son sandwich jambon-mayo, un délice. Et, alors que tout allait bien, sa journée vira au cauchemar. Il revit Mauricette, au bras d'un beau jeune homme, et décida alors de rebrousser chemin. Hors la ZX se plaisait bien sous les embruns et refusa de démarrer. Deux heures plus tard, la dépanneuse arriva et Jean-Mi commença son long périple du retour entre attente au téléphone, voiture de loc' défaillante et train annulé. Jean-Mi eu juste le temps de s'écrouler vingt minutes sur le canapé avant de devoir partir au boulot. Quelle journée !!!

13 septembre: L'insatiable Jean-Marie remet le couvert, un détail dira on au vu de son pédigrée aussi charger qu'une 405 (voiture de l'année) sur le chemin de la Grande Motte en plein mois de juillet.

15 octobre: À l'époque il avait une chevelure magnifique, et il sortait son deuxième album, Surfing with the Alien,

24 octobre: Jean-Mi est au bout du rouleau. Décidément ne pas travailler avec un slip bien repassé est vraiment inconfortable au possible. Alors il fait de son mieux, ses patrons en ont assez et le remercie.

20 novembre: Premier lancement réussi de la fusée Arianne 2, on me dit que la terre pleure toujours.

3 décembre: Une bien belle année pour notre gars, il faut dorénavant penser à se relever. La raie toujours impeccablement placée au milieu du crâne, Jean-Mi part pointer à l'ANPE, un changement de vie s'impose pour pouvoir tourner la page. On lui propose beaucoup de choses, seul un faible nombre retiennent son attention. Il lui faudra quelques jours avant de pouvoir poser sa réflexion. Et c'est ainsi qu'il se rasa le crâne, laissa tout en plan pour aller se réfugier dans les montagnes, avec pour seul ami un canif. Nul n'eut plus jamais de nouvelles de lui, on dit que parfois il se laisse voir, furtivement entre deux pins. On dit qu'il a perdu la tête suite à cette sombre année 1987, alors si jamais vous le croisez, rappelez-vous son histoire. Rappelez-vous qu'un homme sans slip court à la déchéance.

15 décembre: début des travaux du tunnel sous la Manche. Dicton d'une vieille dame : “On est peut-être pas les plus intelligents, mais on est toujours pas plus con que les Anglais.”

Que ce soit du petit gimmick à la guitare dès le début de l'album, du I know what I like and I like what I know  ou encore du solo de Firth of Fifth, de l'incroyable The Battle of Epping Forest, l'album Selling England by the Pound est un petit bijou, tout comme Foxtrot d'ailleurs. Et vu les gaillards derrières les instruments ce n'est pas étonnant.

Comme le dit jnb, il est intéressant de s'intéresser à l'évolution technologique entre ces deux albums. La qualité du son, de sa restitution est tout de même incroyable. On sent bien qu'à l'époque ça bougeait plus que vite.

Genesis est une pierre angulaire du rock, un monument ayant inspiré beaucoup de rejetons, d'autres groupes. Alors le choix est une nouvelle fois difficile. Pourquoi ne pas partir alors sur un homme et non un groupe ?

Quand je pense à Genesis je pense à Peter Gabriel, désolé mais Phil Collins c'est Tarzan et Another Day in Paradize en musique en 4°. Quand je pense à Gabriel, je pense à un grand malade, un artiste pour sur. Je pense à quelqu'un de complexe, pétri de talent et qui sait s'entourer pour créer de magnifiques morceaux.

Alors ce sera Frank Zappa. Un autre magicien savant s'entourer, mais quel Zappa ? Mmmh, vous avez pris un jour de repos ? Ça risque d'être long vu la discographie du monsieur. Et je dois faire un aveu, ce ping est également une découverte pour moi.

Il y a plus de dix ans j'avais écouté l'album Hot Rats, conseillé dans un bouquin sur l'histoire du Rock ou les meilleurs albums par années je ne sais plus. En tout cas il était rangé sur le meuble tv à côté des synthés, mais ça vous en avez sûrement rien à faire. Je n'avais pas accroché, en même temps je n'accrochais qu'aux groupes beuglants, il fallait de la violence, de la violence et de la violence. Et entre ces couches de saturations des groupes comme Dream Theater, Porcupine Tree, Pain of Salvation, Ark venaient me rappeler que la musique c'était aussi un art, un vecteur d'émotions hors-paire.

J'ai donc entrepris l'écoute de quelques albums du moustachu et, ce fut une claque. J'ai d'abord commencé avec Zut Allure, un album plus rock que les autres. Puis j'ai glissé vers The Grand Wazoo, avec ces cuivres à gogo et ces parties partant dans tous les sens, un grand album à n'en pas douter. Il y eut aussi Apostroph' et enfin Over-Nite Sensation.

L'album s'ouvre avec Camarillo Brillo, une parfaite synthèse bridouzienne de l'Amérique avec un grand A. Un morceau me faisant instantanément penser à un film où le mec s'appelle Forest, Forest GUMP. La construction est classique, efficace et plus je tends l'oreille, plus je suis fasciné par ces cuivres, ces accompagnements sur le deuxième refrain. Je n'arrive pas à comprendre le génie derrière cela. Comment peut-on avoir ces idées. Dans tous les cas, le morceau est brillant, donne la banane lorsque tu pars au boulot, longeant la Loire et ces pécheurs (Salut Jéjé !).

Avec I'm the Slime on a même le droit à Tina et les Ikettes qui, entre deux trois uppercuts d'Ike, viennent pousser la chansonnette. Il parait d'ailleurs que ce dernier trouvait ça merdique, au point de refuser que sa femme et les Ikettes soient créditées sur l'album. Un pamphlet contre les médias de masse, sur du funk groovy, qui te fait remuer l'arrière-train machinalement.

Dirty Love nous emmène dans des contrées un peu salaces, avec un son de clavier comme les aime Stevie Wonder, et de la guitare dantesque avec un usage de la wah wah impeccablement exécutée.

Fifty/Fifty possède un défaut, le chant de Ricky Lancelotti, j'ai beau me concentrer je ne vois aucune musicalité là-dedans. En revanche, si on arrive à occulter la voix la musique est, quant à elle, un pur délice. Un jeu de batterie génial, une basse qui te rappelle que cet instrument n'est pas là pour faire de la figuration, un George Duke qui se déchaîne derrière son clavier, et même un beau solo de crin-crin électrique.

Zomby Woof entame le trio gagnant de l'album, ça groove sévère, tout en comportant des éléments free-jazz, demandant des écoutes successives pour en savourer toute l'ingéniosité. Encore une fois, la guitare est excellente. Le début du morceau devait être un sacré défi à jouer, et en live ça devait être un régal, pouvant être accéléré, ralentit à l'excès pour chauffer l'auditoire.

Dinah-Moe Humm est de nouveau une belle chanson salace sur un fond musical guilleret. On sent que les musiciens ne sont pas des débutants. Ça joue plus que bien, c'est carré, précis, y compris lorsque ça part dans tous les sens. Montana

Montana est le dernier morceau, une histoire de cow-boy voulant aller élever du fil dentaire dans le Montana. Des paroles bien Zappaïennes, portées par une composition musicale toute en progression. Commençant tranquillement, envoûtant l'auditeur avec les cuivres, un petit clavier discret et une basse donnant le ton. La guitare vient nous délivrer un p***in de solo après deux minutes. M. Zappa n'est pas n'importe qui tout de même. Et après cela les choeurs partent dans les aiguës, les cuivres s'emballent et le morceau se finit en apothéose.

Frank Zappa me replonge dans cette effervescence musicale des années 60-70, une frénésie sentant bon la liberté, l'expérimentation et le plaisir de jouer. Une production musicale ne demandant qu'à être sur scène et jouer, jouer, et encore jouer. La demi-heure de l'album passe à une vitesse folle et un seul choix s'offre à nous lorsque l'écoute est terminée, relancer la machine pour un second tour.

Si vous n'avez pas apprécié l'aventure, j'ai bien peur de ne rien pouvoir faire pour vous. Il vous reste bien ce sulfureux, et rebelle, Michel Sardou. Mais autant vous prévenir tout de suite, ça risque d'être bien pâle à côté de Frank Zappa. En plus Sardou n'a pas de moustache.

Bonne écoute.

https://musicbrainz.org/release/c9d40e99-57ec-42ae-9818-125914d0ddf6

Il fallait la voir pour comprendre cette beauté simple. Une coccinelle remontant une feuille dans un plant de courgette, gravissant cette infime étendue verte qui, pour sa réalité, était un véritable périple.

Ses sens en alertes, elle explorait le vaste monde d'un matin de juin. Une de ces heures où le soleil commence à se lever, où l'on ressent encore cette fraîcheur caractéristique, appelant la chaleur de l'été.

Dans la nature il fallait être un chasser ou alors se faire discret et explorer le monde en douceur. C'était un peu comme une forêt sombre, chaque chasseur étant caché derrière son arbre, vivant sa vie sans trop faire de bruits, histoire de ne pas se faire remarquer et attirer la foudre. En revanche dès qu'une proie daignait sortir le bout de son nez, il n'y avait nulle sommation, le coup était rapide, instinctif, sans autre issue qu'une mort certaine.

Elle ressentit brusquement un infime frémissement dans l'air et, grâce à la rapidité de son système nerveux, elle n'eut même pas le temps de penser, ses ailes se déployèrent et elle parti, en faisant des zigzags aériens dont seuls les insectes ont le secret, afin d'explorer une nouvelle contrée.
Quelques millièmes de secondes après la botte de Jérome s'écrasa sur le sol encore humide du potager, laissant pour l'espace de quelques heures, une empreinte ferme sur ce lopin de terre.

Jérome aimait aller dans son potager le matin, humant cette fraîcheur de juin, les effluves d'odeurs venant lui chatouiller les narines. Il aimait prendre le temps, seul avec la terre, de bichonner ses légumes. Non pas qu'il puisse nourrir un régiment avec sa production non, notre homme était passé à autre chose. Il essayait, à son maigre niveau, de respecter la terre et de cultiver simplement. Joliment aimait-il à dire.

Ce ne fut pas toujours ainsi, au début il suivit le mouvement, motocultant comme un dératé, semant de la graine industrielle en veux-tu en voilà, il balançait des pesticides et des engrais à la pelle. La mode, à cette époque, c'était la productivité, à tout prix, quitte à faire du mal au sol, à se faire du mal à soi.

Il avait changé, était-ce parce que le monde allait mal et essayait globalement de changer lui aussi ? Était-ce par une pensée égologique, se disant que les autres faisaient bien ce qu'ils voulaient mais que plus jamais lui ne suivrait cette mouvance malsaine ? Il ne s'attardait que rarement sur les raisons du changement, préférant se concentrer sur les actions plutôt que la réflexion.

Cette dernière affirmation est d'ailleurs erronée car, travailler respectueusement la terre demandait de la réflexion. De l'observation dans un premier temps puis de l'analyse pour au final en tirer des conclusions et des potentiels axes d'amélioration.

En bannissant le motoculteur Jérome avait repris la fourche, pendant un temps du moins, car son dos le rappela vite à l'ordre, et les souvenirs camptocormiques des vieux du village aussi. De plus il eut vent des méfaits de ces pratiques, retourner la terre cassait son écosystème. En brisant les différentes strates du sol il réduisait à néant le travail acharné de ses esclaves naturels, les vers de terre. Il en profitait également pour remonter à la surface les graines des mauvaises herbes et se voyait rapidement envahi par ses colons verts sans foi ni loi.

Il acheta donc un drôle d'engin, une grelinette. Les actions d'un simple ameublissement couplé avec une aération des strates avaient eu des effets bénéfiques pour son potager. Les mauvaises herbes étaient plus facilement déracinables et il y en avait significativement moins. Ce sol aéré était également plus intelligent dans l'utilisation de l'eau et les légumes le remerciait pour ce cadeau.

Le secret, se plaisait-il à penser, résidait dans le fait d'être déjà bien câblé dans sa tête pour pouvoir prendre soin de son bout de terre. Il fallait réussir à accepter les échecs, pouvoir se réjouir des petites victoires, affronter le temps et ses méandres.

L'eau étant un élément essentiel, sacré même, il fallait également l'utiliser à bon escient. Jérome avait donc installé des pots en terre cuite, enfoui au sol entre ces légumes. L'objectif était de pouvoir offrir à la terre une absorption lente, par capillarité, un apport régulier, en douceur. Cela permettait également aux insectes de venir s'y noyer et ainsi aux oiseaux de venir se délecter de ces offrandes et d'une eau fraîche, plutôt que de venir picorer les légumes gorgés d'eau.

Il avait également laissé deux bandes aux extrémités de son potager, sur la longueur. Deux bandes qui accueillaient de la végétation, des fleurs sauvages. L'année suivante ces bandes seraient utilisées pour la culture et une partie de l'actuel potager servirait à accueillir cette flore sauvage. Les insectes aimaient venir s'y réfugier, observant à l'abri des regards le monde extérieur. Cela permettait également de les garder à distance des cultures, simplement, naturellement.

Jérome était fier, car son potager était le reflet de ses valeurs, de ses convictions. Et pour une première année de potager raisonné, les résultats étaient encourageants.

Il observa alors le soleil se lever, venant caresser de ses rayons les feuilles d'aubergines, les fleurs de tomates. Notre ami respira profondément, accroupi au milieu de cette jungle verte. Il avait de la chance, il le savait, et c'est pourquoi il en profitait et aurait un plaisir certain à offrir les surplus de légumes aux autres.

C'est la tête dans les nuages que nous quittons Jérome, d'ailleurs ce dernier n'aura certainement pas remarqué qu'alors qu'il prenait soin du sol, soin de l'environnement, la coccinelle était revenue visiter ses courgettes. Cette dernière ayant compris que l'homme n'était pas un danger, qu'il veillait sur elle, un allié dans cette forêt sombre.

C'était toujours accompagné d'une douce mélopée que notre ami Pat-surnoms rentrait chez lui après une dure journée de travail/glande. En général il se plaisait à écouter ces musiciens aux cheveux longs, jadis, du moins pour la plupart, car dorénavant les crânes étaient quelques peu clairsemés, tous comme les rangs d'ailleurs, le poids de l'âge, la roue du temps...

Il arriva donc devant chez lui et rencontra la-do dièse-ré-fa-ré-do dièse-fa.

...

Aurais-je oublié de vous préciser que, pour ne pas compromettre l'existence des protagonistes, la direction des services sec...la direction de son service m'a gentiment demandé, sans aucune violence ou coups dans les parties avec un fouet en crin de cheval, de remplacer ces prénoms par ce que je voulais, tant que ce n'est pas des prénoms. Et vu que l'homme à la cagoule m'ayant poliment demandé ce service avait un accent chantant, je me suis dit qu'il serait sympa, pour lui rendre hommage en quelque sorte, de remplacer les prénoms par des notes. Les pistes sont brouillées, du moins je crois, j'espère, et tout d'un coup je ne suis plus sûr de rien.

Et pourquoi ne pas protéger Pat' alors ? Il est trop tard j'en ai bien peur ...

...

la-do dièse-ré-fa-ré-do dièse-fa était une jeune femme tombée trop tôt dans le monde de la police surnaturelle. C'était d'ailleurs le mot juste vu de la situation, une telle intelligence dans la police, surnaturelle. Elle en était encore qu'au début de sa carrière et pourtant sa vie avait complètement basculé ce soir où elle tomba sur Pat'.

Marcher dans les rues désertiques d'un mois glacial de janvier avait quelque chose d'envoutant. Se sentir seul et puissant, foulant le pavé de toute sa détermination, après une journée plan-plan, commencer son deuxième service, celui qu'on tait pour ne pas éveiller les craintes du monde, de la masse grouillante, laissant le soleil réchauffer sa solitude d'homme. Pat' rencontrait pour la première fois cette étrange personne, au nom sentant bon l'intervention divine.

  • Bonjours, vous êtes bien M. Pat ?
  • Oh là ma ptite dame, je vous arrête tout de suite, Auxerre-Sochaux va bientôt commencer, il paraît même que Guy Roux a fait une nouvelle pub pour Cristaline, un peu osé de ce que j'en ai entendu. Je ne veux pas rater ça alors désolé mais pas ce soir.
  • M., sans vous manquer de respect, je suis envoyé par mi-la_la dièse_si-ré-la_la dièse_si-ré, je crains que vous n'ayez le choix que de m'accompagner.
  • Rhoooo, ils peuvent pas me laisser tranquille une soirée, ils commencent à me courir ces cravateux de mes deux. C'est où ?

L avait annoncé la couleur, direction le lac des trois tringles. D'ailleurs il est utile, hypothétiquement, pour l'histoire de préciser que notre ami Pat' connaissait bien ce lac, son nom venant de l'affaire ayant défrayé la chronique en 1987. Trois corps retrouvés empalés sur une tringle à rideau, flottant au beau milieu du lac. C'était Robert qui avait alerté les enquêteurs, ayant d'abord cru à un ours, il avait vissé sa gapette sur son crâne, et fait feu de tout bois avec son fusil. Il s'avéra que ce n'était pas un ours, bien naturellement. La chasse à l'ours ce n'est que pour les montagnards, les gens de la plaine doivent se contenter des faisans élevés dans le seul but que de se faire exploser la tronche par des moustachus aux fusils bien trop bruyants.

Bref, une fois arrivé, ils ouvrirent l'enveloppe cachetée que M. Y avait remis à L. Le lac paraissait étrange ces derniers temps, une fine pellicule gluante s'était formée à la surface, puis de la mousse commençait à apparaitre un peu partout sur la ligne d'eau et alors que les deux comparses finissaient de lire le document, ils furent pris à la gorge par une odeur des plus insoutenables.

Heureusement que Pat' s'écomonisait discrètement en journée, du moins il le pensait, ce qui lui permettait de réagir avec rapidité une fois la nuit tombée. Il se pinça le nez, de la main gauche, une prouesse pour un gaucher contrarié s'il vous plaît, couru vers l'étang et plongea sa main restante dans l'étrange mixture qu'était devenu ce vieux trou d'eau. Il en ressortit quelque chose ressemblant à de la compote.

L quant à elle, était reparti fouiller le coffre de la camionnette, arrivant avec une mallette près de Pat' elle lui demanda s'il avait déjà une idée sur la nature de ce phénomène.

  • Doucement, doucement, je n'ai pas eu le temps de prendre le gouter au boulot, trop de corps aujourd'hui, comment veux-tu que je sois opérationnel aussi rapidement.

Tout en gloutonnant son chocobn goût fraise Pat' observait L installer son petit atelier de biologiste. C'était fou ce que la technologie pouvait faire maintenant, des fioles pliables en passant par des micro-stations d'analyse bactérienne en kit, Pat' était un peu largué tant c'était devenu facile. Il fut un temps ou l'analyse reposait bien plus sur l'instinct que sur la science. Il était d'ailleurs courant à l'époque de se planter complètement car, l'instinct n'est pas chose innée pour l'homme. Le flair, ça sent rarement très bon, ça pue même, un peu comme cette mixture que Pat' tenait dans les mains d'ailleurs.

Le verdict tombât rapidement, du C3H8NO5P encore une sombre histoire de déjection industrielle agroalimentaire. La police surnaturelle avait pour but de surveiller les éléments dérogeant aux lois de la nature et à son bon fonctionnement. Et oui mes petits pères, le surnaturel c'est beau dans les bouquins, en vraie c'est moche, et ça pue bien trop souvent. C'est souvent causé par l'humain d'ailleurs.

Avec cette sombre histoire de pandémie mondiale les grosses cylindrées du monde industriel avaient perdu beaucoup d'argent, du moins c'est ce qu'ils martelaient dans les médias. Il fallait donc, car il le faut, enclencher la deuxième et produire encore plus vite et plus rentable pour s'en mettre pleins les poches. Il était courant alors d'avoir recours à des produits bien nocifs, tuant les mangeurs de culture et les mauvaises herbes.

Ces gars-là ne reculaient devant rien, et puisque les contrôles, autrefois prévus et anticipés, était devenus impromptus il fallait toujours avoir une solution rapide pour faire disparaitre les preuves du méfait. Le plus souvent l'homme ne se cassait pas trop la tête et envoyai toute la merde dans des étendus d'eau, dans les nappes phréatiques ou encore là ou tout un chacun détourne le regard, n'osant affronter la réalité. Puis l'entreprise ressortait du placard son équipe (brain-washée) de green-washing et s'ensuivait un matraquage éco-responsable, proactivement tourner vers le respect de la terre et toutes ces conneries. Et le lambda, trop occupé à survivre dans cet étrange monde n'y voyait que du feu, achetant sans vouloir se méfier, s'en pouvoir affronter la réalité.

Ainsi tournait le monde, et Pat' n'en était que plus dépité à chaque nouvelle intervention surnaturelle. Alors, lorsqu'il rentra chez lui, une fois la paperasse administrative laissée à L, il alla se faire un lait-fraise, enleva délicatement ses chaussettes, appuya sur play et laissa One Hour By The Concrete Lake venir chatoyer ses oreilles.

Il repensait à ce tueur fou du potager, lui au moins il faisait ça de façon propre, la résilience on appelait celà de nos jours. Pas de C3H8NO5P non, du bon compost humain, certainement bourré de perturbateurs endocriniens et de malbouffe sur-traitée, qui permettait aux légumes de poussés librement...

Et encore un coup magistral de la part du mec possédant un établi à roulette. Quand tu sors la carte Beatles il y a deux écoles. Les bien-sûr que oui, bien évidemment et les c'est de la merde. Cette dichotomie est d'une profonde tristesse, comme toutes les séparations binaires en sommes, simplistes et bien trop réductrices pour pleinement représenter la réalité.

Avec ces deux albums, j'ai retrouvé avec plaisir beaucoup de morceaux connus, mais aussi des moins connus et ce fut un plaisir. J'aime le groupe, je n'en écoute presque jamais (sauf au boulot pour faire bouger les vieux) mais c'est toujours un délice lorsque je tombe dessus, me repassant l'album deux fois histoire de sucer l'os jusqu'à la moelle.

Il y a de tout comme le dit si bien M. jnb, tu peux te laisser bercer par les mélodies, te plonger dans les arrangements absolument dingues, et bien plus. La puissance créative de ces quatre bonhommes est assez dingue quand on se penche sur l'oeuvre qu'est la discographie du groupe.

Choisir une réponse fut une nouvelle fois ardue. Il y avait bien les albums colorés de Baroness mais, je n'étais pas complètement convaincu par ce choix.

En creusant un peu je me suis rendu compte que peu importe le morceau des Beatles, cela me faisait du bien, me donnait le sourire. Et lorsque la musique te rend heureux c'est le jackpot.

Les neurones en ébullitions, une idée jaillit alors dans mon esprit. Il y a bien un groupe qui me fait penser en tout point aux Beatles, un groupe qui me surprit tant sa musique offre plusieurs grilles de lecture. Cela fait relativement peu de temps que j'écoute ce groupe, tout juste un an je crois, je me revois partant au boulot, seul sur la route, seul partout, en profitant alors pour prendre des chemins de traverses, s'arrêter pour regarder la Loire, putain que c'est beau un lever de soleil sur l'eau alors que le monde est confiné, une certaine tranquillité, sérénité. Donc ouais ça doit faire tout juste un an, et c'est déjà pas mal.

C'est donc avec grand plaisir que je propose l'album Act IV: Rebirth in Reprise du groupe The Dear Hunter. Et comme monsieur trois lettres m'avait pondu deux albums sur un pong, je lui offre un choix, un dilemme peut-être pour ce boulimique auditif. Ou peut-être est-ce alors une évidence, que les cartes sont déjà dévoilées, que les jeux sont faits.

Car The Dear Hunter avec cet album sorti en 2015 continue une oeuvre débutée en 2006, se poursuivant même en 2016 avec un Act V. Il est alors intéressant de remarquer l'évolution du son, l'évolution du chant (et ça part de loin…), cependant la qualité d'écriture est presque irréprochable, sur tous les albums.

Comme avec les quatre garçons dans le (fur)vent, la musique du cher chasseur me rend joyeux, me donne la banane à chaque fois. Peut-être est-ce dû au fait que j'ai l'impression d'écouter une histoire, un conte mise en musique. Et c'est évidemment le cas si on prend l'histoire racontée dans sa globalité sur les cinq albums. La musique renforce la narration et le chant vient sublimer la musique, tout est en place pour produire un album d'exception.

Le mélange choeur et instruments à vent embarque l'auditeur dès les premières secondes, je suis toujours admiratif de l'écriture de telles parties. On ressent une parfaite synthèse de l'histoire musical occidentale.

Avec The Old Haunt les codes de la musique pop sont respectés, le morceau pourrait très bien passer sur les ondes (est-ce encore un truc ça, un objectif ? en 2021 ?) et pourtant les variations de rythmes, les alternations rythmiques entre guitares et voix en font quelque chose de bien plus sophistiqué qu'en apparence. At the end of the earth possède sûrement une des plus belles parties vocales de l'album, forte en émotion et avec des choeurs absolument magnifiques.

Il en va de même pour le reste de l'album, un vrai plaisir, total même tant la musique et la narration ne font qu'un.

Bonne écoute.

Ah oui et si cela intéresse quelqu'un, le groupe a également pondu un album intitulé The Color Spectrum, morceaux issues d'une collection d'EP, une représentation expérimentale des couleurs. On y retrouve e l'électro, du rock, hard aussi, de la pop, et encore d'autres variations. Attention cependant l'album dure deux heures et demie et tout n'est pas d'un niveau égal. En revanche si cela vous intéresse de découvrir les expérimentations de Casez Crescenzo alors foncez, il y aura certainement de quoi contenter vos oreilles.

https://musicbrainz.org/release/df96e4ee-ee90-49ad-89c2-3352bf6fb204

« Bon Patrick, je sais bien que la retraite approche à grands pas, mais là faut que tu t'y mettes un peu. Le match d'hier était une purge, la faute à l'arbitre assurément, point. Alors on s'y met et à 16h30 on débauche d'accord. Je veux pas encore faire des heurs supp' jusqu'à 17h13. »

Le monde des médecins légistes était abrupte, dur et hostile. Patrick le savait que trop bien, lui qui avait fait sa carrière ici, un dinosaure dans le service, qu'on surnommait affectueusement Pat'folle et parfois Pat'molle.

Tout dépendait de l'état de Patrick, si sa jambe le lançait et provoquait ainsi une démarche atypique (sûrement dû aux longues heures de danse country et french cancan avec Marie-Louise, la vendeuse de colliers ésotériques sur le marché, et accessoirement une très, trop bonne amie.) alors c'était le premier et, bien souvent, lorsque'il se pensait déjà à la retraite alors c'était le deuxième. La conjugaison de l'un et de l'autre n'était pas impossible et alors Patrick se transformait en Pat'ravay, un modèle de fonctionnaire à l'ancienne comme on en fait plus, un véritable dieu de la glandouille, doté d'un instinct rare en matière d'esquive de tâches.

Notre ami renvoya donc le corps de notre défunt Raphael et attendit le prochain, feuilletant son catalogue de voyages du CA. Son esprit était déjà sous les cocotiers. Alors qu'il reluquait le postérieur peu vêtu d'une mannequine spécialisée dans les catalogues de voyages (Il devait certainement y avoir une formation spécifique pour cela) un corps arriva.

Patrick ressentit de suite une soudaine envie de pot-au-feu, d'une bonne bouffe entre amis autour d'une bonne bouteille (assurément un Saint-Nicolas ou un Champigny, la crème de la crème) conclue par la traditionnelle partie de Dr Maboule, on ne se refait pas. Cette subite envie n'était pas arrivée dans un coin de son cerveau par hasard, mais cela notre ami ne le savait pas encore.

Alors qu'il récupérait le dossier de la victime, tournant les feuillets avec délicatesse, ses mains gantées étant de véritables machines à tuer pour ces fines feuilles de papiers, une vraie boucherie si on ne faisait pas réellement attention, il fût pris d'un vertige.

« C'est quoi ce bordel nomdidiou !? » s'écria Patrick à la lecture du dossier. Le policier, interrompu en plein ménage nasal, ricana nerveusement et dit que la victime était la toute première d'un nouveau genre, celle d'un tueur mystico-écolo.

L'homme gisant sur la table s'appelait Martin, 27 ans, un jeune débrouillard et aimé de tous, ayant eu le malheur de faire de l'autostop sur la voie communale 28 entre Chatouin-le-pres et Dramart-en-rate. Martin avait entrepris, il y a deux mois de cela, un voyage initiatique à la découverte de notre ruralité, explorant les méandres champêtres et prêtant ses mains et sa force contre le gîte et le couvert. Voyager simplement, se reconnecter avec les gens, les vrais, avait toujours été un motto pour Martin. Peut-être était-ce cette naïveté innocente qui lui avait couté la vie. Car un beau matin, sur cette route communale toute cabossée par les allers-retours des tracteurs, il avait rencontré un homme, quand bien même on puisse encore le.nommer ainsi.

« Et c'est la seule victime pour l'instant ? » demanda Patrick au policier.

« Ah ben ça non Pat', je pense que tu as toute une récolte qui arrive, trois rangs de 27 ans, deux pieds de quinquas, un composte de sénior et de petits plants d'adolescents »

« Putain mais qu'est-ce que tu racontes là, tu passes bien trop de temps chez Gamm Vert toi »

« Pat', je pense qu'il serait judicieux que tu essaies d'activer les quelques neurones présents dans ton cerveau, on parle ici d'une récolte de victime, sur une terre argileuse en plus alors notre gars n'est pas un amateur. Pat', ces victimes proviennent d'un potager... »

Subitement, le cerveau de Patrick se mit en ébullition, tel un Sherlock Holmes, tout prenait sens et il comprenait maintenant. Il avait affaire à un meurtre, un parmi tant d'autres. L'oeuvre d'un type dérangé, qui prenait les personnes en stop pour, semblerait-il de part sa brève observation du corps, leur assenait un bon coup de pelle sur la tête pour ensuite les enterrer dans son potager. Un grand malade, un de plus.

Patrick se rappela de cette sordide affaire du tueur à linge, épinglé par un voisin un peu trop voyeur alors qu'il étendait sans complexe sa victime sur le fil à linge après l'avoir bien repassé et aplatit, sans oublier le lavage à haute température pour tuer les germes et la lingette anti-décoloration histoire que la peau de la victime ne soit pas altérée par les teintures de ses vêtements. Une sombre histoire qui avait donné lieu à une course poursuite mémorable où les policiers partirent à la poursuite du tueur fou, ce dernier prenant soin de brouiller les pistes en positionnant des pastilles d'adoucissants sur des chemins erronés et tendaient des pièges mortellement glissants à nos deux valeureux soldats de la loi en aspergeant le sol de son mélange (non-breveté) de soude et lessives. Une glissade vous cassait un membre, la soude finissait le travail...

« Memento, homo, quia pulvis es, et in pulverem reverteris » souffla Patrick alors qu'il retroussait ses manches. Il inspira un bon coup, remercia ses parents de l'avoir obligé à choisir latin au collège, jura que plus jamais il n'achèterait de produits bios puis entama sa danse de scalpel, sa dernière danse.

J'imagine la tête du grand-père en entendant les bruits émanant de la chambre/mausolée de M. jnb, un choc entre deux mondes, deux visions des choses. Bien que le grand-père et les gars de King Crimson ne doivent pas avoir une différence d'âge bien élevée, il y a un gouffre qui les séparent. Bon finalement en allant jeter un rapide coup d'oeil sur Wikipedia, je vois que l'ami Fripp est né en 46, il y a finalement un faussé entre nos deux hommes, une guerre même.

C'est marrant quand même quand tu y penses. Deux personnes naissant le même jour, peuvent avoir des vies complètement différentes, avec une course effrénée de retard/avance sur l'autre. C'est tout de même drôle de se dire que pendant que des gars s'amusent à découper des bandes pour coller, littéralement, des sons, essayant de repousser les limites de la création tu as, dans notre magnifique pays(age), un mec qui te pond une chanson comme Vanina, que Michel Sardou est déjà là ... le ver est déjà dans la pomme.

Effectivement les gars de King Crimson sont des magiciens, agençant des choses impossiblement conjugales pour, une fois le sort récité avec une certaine liberté sur.l'interprétation des codes, accouchent d'une oeuvre magnifique.

On peut y retrouver des plans floydiens (easy money) pour enchainer avec un morceau comme the talkin drum où l'on oscille entre l'orient, la musique des Balkans et le planant de l'époque. Bluffant.

Pour envoyer un bon ping à mon compatriote je suis reparti à l'âge où ses cheveux poussaient, les miens aussi d'ailleurs. Puis ils ont été coupés, et maintenant ils repoussent enfin. Bref l'âge où débute ce chamboulement hormonal en tout un chacun, l'âge où tu enfourches ton fidèle destrier motorisé pour te rendre à la médiathèque. Tiens, elle est de retour celle-là.

Effectivement, en y repensant cette médiathèque fut un éveil musical incroyable, et l'album du jour a déjà été évoqué brièvement dans un ping précédant. Où plutôt sa forme originelle car aujourd'hui ce qui nous intéresse c'est le remastering qui en a été fait.

Nous sommes donc avec Pain of Salvation et l'album culte qu'est Remedy Lane. Je me rappelle encore sortir la galette du blister plastique, l'insérer dans mon walkman provenant de la Redoute, avec coques échangeables, et ouais...

L'album est la quintessence du style à l'époque, un bijou de créativité, une oeuvre culte pour les amateurs du genre mais, il souffrait des poncifs des productions de l'époque dans l'équilibrage des instruments. J'ai toujours trouvé que les cymbales étaient trop aigües, que le mix général l'était également, que la voix si magnifique de Daniel Gildenlöw était parfois étouffée. Cela n'enlève rien au fait que l'album est incontestablement brillant d'ailleurs. Le monsieur a du entendre cela et, en 2016 sort à nouveau l'album dans une version remixée ainsi qu'une version live (avec le line-up de 2016 et donc plus aucuns membres présents sur l'album de 2002 hormis M. Gildenlöw.)

Dès les premières notes je repartis presque quinze ans en arrière, tout en redécouvrant des lignes de basses dont je n'avais aucune idée jusque là, en redécouvrant une oeuvre encore plus vivante, plus moderne sûrement.

Le premier morceau met en jambe l'auditeur, cela s'annonce lourd. La suite (Ending theme) introduit l'histoire, dépose des thèmes qui seront repris tout au long de l'album.

L'album démarre vraiment avec le troisième morceau Fandango, je me rappelle encore la première écoute, j'avais eu du mal à l'époque à faire jongler mon cerveau avec ce rythme singulier, à assembler les différents instruments pour en comprendre le tout.

A Trace of Blood se voit lui aussi embellit par ce remix, la ligne de basse à partir des trente secondes est magnifique, me faisant penser instinctivement à Rush. Et puis cette guitare, envoutante, te parlant avec des notes comme seuls les grands musiciens savent le faire.

Après cette débauche d'énergie, reposons nous un peu avec This Heart of Mine (I Pledge), sublime ballade ou les arpèges et la voix haut perchée se marient à ravir. Il faut en profiter car cette incursion dans la lumière retombe vite avec Undertow, le morceau suivant, sombre au possible, triste à en crever.

Et là, nous arrivons sur le morceau que je préfère, depuis le début et toujours aujourd'hui. Je crois d'ailleurs que si un classement sur l'ensemble de mes écoutes devait être fait, il y occuperait assurément le top 3, facilement.

Oh, j'en oubliais également Chain Sling, lui aussi dans mon top 3, ça fait quand même beaucoup pour un seul groupe, seul un certain Dream Theater avec Blind Faith pourrait truster le haut du classement. J'exagère sûrement, car on pourrait y ajouter beaucoup d'autres titres.

Dryad of The Woods est un instrumental, c'est beau et subliment travailler et cette montée en puissance sur la fin vous fait frissonner à chaque fois, si ce n'est pas le cas je ne peux pus rien pour vous, repartez donc vous sardouiller les oreilles, si tenté que ces organes puissent vous servir à écouter de la musique.

Waking Every God est peut-être la pièce la moins forte de l'album, morceau plus classique, non sans talents et bons moments.

Second Love est un superbe slow, pourquoi ne passons nous pas cela dans les booms, ça emballerait avec classe non ?

Beyond the Pale termine cet oeuvre et comme toujours avec Pain of Salvation nous avons le droit à une pièce assez longue pour refermer l'album, le remix rend le morceau encore plus péchu. Quand les lignes de basses sont mis en valeurs, les albums prennent une autre tournure, instrument de l'ombre trop souvent méprisé. Les thèmes des différents morceaux sont repris et parachève l'histoire de cet album, la créativité du groupe est vraiment parfaitement résumée dans ce morceau. Quinze ans après, écrivant ces lignes sur mon pc, je suis encore en train de balancer ma tête comme une gugusse, et plisser les yeux lorsqu'un bon phrasé musical vient te chatouiller les poils. (Ça vous arrive aussi à vous ?).

Quand un groupe est grand, qu'un album est à la fois une oeuvre musicale mais aussi sentimentale, constructive, que le casque sur vos oreilles est beaucoup plus juste avec les sons que vos oreillettes intras achetées 10 euros chez Super U, le plaisir est tel qu'il n'y a pas de mots, hormis ceux plus haut et, surtout, le plaisir de réécouter encore et encore.

Bonne écoute.

https://musicbrainz.org/release/728657d9-48cf-4bf0-9c9d-5a2532d24488