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Pong Musical : Pink Floyd – Relics

Ouah, Riverside !! Moi aussi j'aime cette voix ; pas de vibrato, seulement la note juste qui se prolonge, pas d'effets pour cacher une légère approximation. En fait tu as des sons simples, tu entends chaque musicien clairement, pas d'empilement d'instruments, des mélodies accrocheuses, des morceaux bien construits, on ne s'ennuie pas.Tiens, si j'étais pas un brin écolo responsable de mon empreinte carbone j'irais bien faire de la 2X2 voies, le régulateur à 110, avec l'autoradio à un volume tel que tu es une boule de musique qui se déplace dans la nuit....

Et puis, arrivé à la dernière note je laisserais un peu de silence pour redescendre un peu, et alors mes neurones seraient prêts à recevoir avec l'attention et le respect requis, ben oui devant la création artistique, et ici c'est de l'art, aucun doute là-dessus, on doit faire l’effort d'écouter les oreilles grandes ouvertes et reconnaissantes du bonheur offert par des musiciens qui se sont décarcassés pour offrir une création aboutie, polie, dans le sens polir un objet, pas être poli comme avoir une bonne éducation, je précise pour que vous ne soyez pas perdus dans mon explication un peu alambiquée, je le reconnais... bref cet album mérite qu'on soit respectueux et attentif quand on se le met entre les oreilles, là où sont produites les endorphines, …. et moi je pourrais conduire comme cela jusqu'en Pologne, mais c'est pas possible, à partir de chez moi la seule 2X2 file vers l'ouest, pas vers l'est, tant pis je ferrais comme si...

Je crois, non, je suis certain, qu'on peut mettre Riverside au niveau des groupe déjà sélectionnés par le gars qui furvente dans sa tête comme Opeth ou Ayreon par exemple. La référence à Steven Wilson est aussi évidente. C'est vous dire s'il y a du niveau. Du niveau, mais surtout du plaisir à entendre la pureté de la voix et des sons, la complexité, malgré une apparence de simpliciré, la complexité donc des compositions.

Si je devais mettre une note, je mettrais bien 6 sur 6. Oui, je sais, habituellement on note sur 5. Et pourquoi donc ? Moi je trouve que la base 6 (6,12,18,24,...) est aussi jolie que la base 5 (5,10,15,20,...).

Bon, un peu d 'explications sur mon choix Ponguesque : Le titre « Under The Pillow », le nom du morceau, pas la musique, est direct allé percuter la case où il y avait écrit « A Pillow Of Winds »... Puis le son du clavier a confirmé mon choix : dès la première note, un son que Richard Wright aurait pu choisir, idem à 1mn 20. Donc c'était décidé, ce serait Pink Floyd, mais il y a-t-il encore quelque chose à découvrir pour des personnes aussi cultivées que le Furventesque ex-chevelu ? «  The Dark Side... », « Meddle », « Wish You... » ?

Intermède « Souvenirs, Souvenirs » : Je me souviens de la sortie de « Wish You Were Here », assis par terre en rond autour d'un tourne disque, la rallonge qui part du garage, et Baloo (oui, il était un peu rond...pas tant que ça en fait...) qui pose le disque tant attendu... Une écoute, deux écoutes...Avant cet après midi, devant le garage assis sur les graviers, il y avait bien une pelouse mais la rallonge était trop courte..., bref, avant cet après midi j'étais vierge de cet album, de ces nappes de synthé, du thème au clavier Moogesque ou Moogien, c'est comme vous voulez, des guitares aux sonorités venues directement du paradis, c'était l'été, la musique entrait doucement en moi, c'était bon... Fin de l'Intermède.

Alors je me suis dis, Jnb mon ami, quel est l'album que peu de personnes connaissent parce qu'à cause de sombres péripéties judiciaires il a été en vente peu de temps ? En plus avec au moins deux pochettes différentes ? Que personne n'avait dans ses vinyles, sauf au moins un copain qui m'avait permis de le casseter (Alain certainement...) ? Un album que j'ai écouté et réécouté en faisant mes leçons, ce qui explique mes résultats au lycée peut-être.... C'est une Compil des premiers albums, avec des inédits ou face B de 45 tours, sortie pour faire attendre car l'enregistrement de « Meddle » trainait trop en longueur pour la maison de disque qui avait envie de continuer à gagner de l'argent, mais retirée de la vente pour des raisons qui me restent obscures (by clouds....évidemment, ah ah ah).

Ça commence avec «Arnold Layne », court morceau bien sympa, mais sans grande particularités.

Ce qui n'est pas le cas d' « Interstellar Overdrive ». Long morceau, ou les collages de guitares construisent des couches qui dialoguent avec des couches de clavier, une basse qui avance, se retire, puis revient, une batterie qui n'est pas utilisée pour un rythme uniquement, mais le plus souvent pour être un instrument, ça ressemble à de longues impros, la direction est commune, mais chacun suit son chemin. Ce qui, à y réfléchir, est une histoire condensée des cinq musiciens de Pink Floyd. Il n'y a que le mixage qui soit insupportable. Pas la répartition des instruments, ce qui était fréquent à cette époque, mais la fin du morceau me donne la nausée à chaque fois. Physiquement.

Suit « See Emily Play ». Une des mélodies qui me met le plus de bonne humeur. Je ne sais pas exactement pourquoi, mais c'est un morceau que j'ai aimé dès la première écoute et dont je ne me suis jamais lassé.

« Remember A Day », avec ses descentes de Toms, ses parties de piano, ses glissandos de guitares qui créent une atmosphère étrange, ses voix, est un morceau que je n'ai jamais entendu à la radio. Ce qui ne signifie pas grand chose parce que parmi les morceaux que j'aime, il y en a beaucoup qui restent rarissimes sur les ondes. Mais c'est un morceau complexe qui mérite d'être porté par les amis du gars qui furvente, slamine, etc .

« Paintbox » est une petite chanson encore une fois bien agréable, écrite dans les années 66/67... Quand on compare avec les chansons françaises de l'époque...

« Julia Dream » est une autre illustration du fossé qui nous séparait alors...

« Careful With That Axe, Eugène » est la version studio, assez plate en fait, non carrément plate comparée à la version live parue sur Ummagumma » qui, elle, file réellement des frissons. Il faut absolument écouter la version d'Ummagumma, la tension qui monte, l’explosion, le relâchement puis enfin l'apaisement.... Je crois que mon père, en entendant ce morceau joué à fond sur ma chaîne Dual, a définitivement été convaincu que je ne connaissais rien à la musique, qui comme tout un chacun le sait, commence avec Verchuren et se termine avec Yvette Horner... je comprends son point de vue...

« Cirrus Minor » s'ouvre sur des chants d'oiseaux, des guitares, une voix traînante, un orgue typiquement Richard Wrightesque, morceau envoûtant, calme, apaisé avant les guitares saturées, le traitement rock plus classique de « The Nile Song ».

« Biding My Time », je ne connaissais pas avant de retrouver, grâce aux logiciels chers à l'homme qui a les cheveux dans le vent, l'album dont je vous cause aujourd'hui. Je ne l'avais pas enregistré. Il faut dire qu'à cette époque, une K7 C90, c'est à dire de 90 minutes, permettait d'enregistrer deux albums pour le prix d'un demi album. Donc si tu avais toujours soif de musique comme moi, il était rentable de copier sur C90. Mais une C90 c'est deux faces de 45 minutes, et Relics par exemple faisait 49 minutes. Donc il fallait sacrifier un morceau au moins, et assez long.... Tu pouvais aussi acheter des C120 , deux fois une heure, dans ce cas pas de problème, mais c'était plus cher, et surtout les C120 avaient la fâcheuse habitude de voir leur bande s'enrouler, se coincer, se froisser, se casser, et alors direction la poubelle avec une grosse colère parce qu'il fallait retourner chez le type qui t'avait prêté l'album, luis demander de te prêter à nouveau, parfois il l'avait échangé avec un mec que tu ne connaissais pas, bref des trucs à te compliquer la vie. Alors vive la C90 !! Mais il fallait sacrifier... Bien sûr tu pouvais enregistrer le morceau en trop sur l'autre face. Mais alors il ne te restait que 40 minutes pour un autre album ! Mais surtout j'avais des principes : un album par face !! Bref, « Biding My Time », commence très Jazz cool pour se terminer dans un truc plus Blues Rock. Très bon morceau. Dommage qu'il ait été obligé de passer à la trappe et rejoindre le cimetière des morceaux sacrifiés à cause des K7 trop courtes..... Je sais pas si les K7 existent toujours, mais les dernières que j'ai achetées, étaient des C90 + 4... C'était déjà mieux...

Le dernier morceau, « Bike », est un morceau de Syd Barret, expérimentation sonore qui le caractérise assez bien en fait.

Si vous lui laissez sa chance en l'écoutant plusieurs fois, je suis certain que « Relics » va se faire une petite place en vous et vous enrichira de morceaux, de sonorités, de mixages d'une époque qui a participé à la grande aventure de la musique qu'on aime, Oh Yeah !!

Bonne écoute.

Pong Musical : Jorma Kaukonen – Quah (1974)

27 août 2020

Cette fois ci j'ai flairé l'arnaque, le piège posé discrètement pour que je sombre dedans... Il faut dire qu'il me connaît bien, Mr plein de Vent dans la tête. M'a déjà fait le coup avec Quadrophenia : il m'a avoué qu'il avait sciemment posé le mot Opéra dans son texte, et qu'alors en le voyant je ne pourrais que partir sur Quadrophenia... Bon, ok, il avait raison.

Alors le coup du canadien parti à LA, de la guitare acoustique , le premier titre qui se nomme My Old Man, référence claire à Old Man qui ouvre la seconde face d'un certain album nommé « Harvest » . Normalement mon cerveau, qui tourne avec en tâche de fond la Discographie du Grand Neil, aurait dû naturellement sortir un des nombreux albums du Loner pour Ponguer. Ah Ah, je passe à côté du piège.

Mac DeMarco est une fréquentation bien agréable. Cela va bien avec une soirée d'un été ensoleillé, une bière fraîche à la main alors que la brise vient doucement me caresser. C'est frais, léger, bien réalisé. Le désaccordage de la guitare sur Sister, par contre, m'a un peu agacé. Les sons de synthé aussi, parfois. Mais dans l'ensemble une belle découverte. Allez, encore un nouvel ami.

Pourquoi ce Ping m'a entrainé vers Quah de Jorma Kaukonen ? La guitare acoustique peut-être, mais la couverture de l'album m'a fait associer les deux albums, bien que pas dans le même style, ni dans la même tonalité (bien jaunasse pour Kaukonen...). Les mystères des neurones qui se connectent un peu n'importe comment...

Bon. Mr Kaukonen. Je l'ai rencontré à l'écoute de « Burgers » de « Hot Tuna », excellent album avec un Papa John Creach survolté au violon. Hot Tuna c'est Jorma Kaukonen et Jack Casady, guitariste et bassiste de Jefferson Airplane qui s'échappent pour voler de leurs propres ailes. Toujours en activité, les deux ont dévoué leur vie au Blues, mêlant compo de Kaukonen et reprises des pionniers du genre. L'association guitare acoustique et basse électrique, bien que pas très courante, fonctionne très bien, mais il faut dire que Mr Jack est une pointure.

Le premier Album, connu comme celui au verre de bière brisé, référence une chute de verre ou de bouteille provenant de la salle pendant l'enregistrement Live, est un album acoustique (avec la basse électrique, OK, mais ça reste quand même de l'acoustique dans l'âme. On pourrait en discuter des heures, mais je sais que j'ai raison. Enfin je crois. Suis pas sûr, mais quand même...), bref, après le premier album en 1970, plutôt acoustique donc, les suivants de Hot Tuna sont beaucoup plus électriques, voire incandescents, jusqu’au magnifique « Double Dose », Live très énergique qu'il faut écouter sans retenue. La suite deviendra plus acoustique, mais toujours avec des incartades vers l'électrique, si bien que leurs concerts précisent souvent Acoustic Hot Tuna ou Electric Hot Tuna afin de savoir quel face de Hot Tuna on va aller voir.

Mais revenons à Mr Jorma : Quah est son premier album solo. Album qu'il a choisi acoustique, habillé de cordes soyeuses. Produit par son pote Jack, les guitares sont superbes et l'équilibre entre voix, guitares, cordes frise la perfection. Moi je suis amoureux de Jorma, de son phrasé, de la façon unique qu'il a de tordre les mots de sa voix reconnaissable entre mille. Pour attaquer très fort, on commence avec Genesis, morceau joué avec un Picking classique et des cordes pour habiller cette petite perle. Genre de morceau qui donne des frissons de bonheur. C'est une jolie déclaration d'amour, mais comme c'est du Blues, cet amour ne semble pas si bien partagé que ça... On enchaîne avec « I'll Be Allright », morceau du révérent Gary Davis, preuve que Jorma, qui doit avoir assez de morceaux persos en réserve, tient aussi à jouer les bons morceaux des autres. « Song For The North Star » prouve encore que les cordes soutiennent avec beaucoup de bonheur la guitare. Je ne suis pas certain que je les aie entendues lors de mes premières écoutes, trop aborbé par cette guitare qui sonne si légèrement. « I'll Let You Know Before I Leave » est un petit instrumental à deux guitares qui met de bonne humeur. « Flying Clouds » met les cordes plus en avant, mais maintenant on est habitué à la combinaison Guitare/Cordes. Un cor pointe même son nez de temps en temps. « Another Man Done Gone » vient terminer la face A du Vinyle. Une reprise qui sent bon le Blues classique, avec des guitares qui pleurent le Blues comme seul les grands peuvent le faire. Après avoir retourné la galette, on repart avec le révérent Gary Davis pour « I Am The Light Of This World ». Arrivé à ce stade de l'album on ne fait même plus attention à la technique des petits doigts de Jorma. Sûr que si il chante autant de Gospels c'est parce qu'il a dû passer un pacte avec le diable pour jouer aussi bien... Ce n'est pas « Police Dog Blues » qui me fera changer d'avis. Les notes arrivent de partout, il y a même des harmoniques qui viennent se glisser dans le morceau, ceux qui aiment la guitare vont adorer ce morceaux. Quoique les autres aussi pourraient bien l'aimer. Arrive « Blue Prélude », et on se dit qu'il a dû se passer quelque chose... Bon, c'est un truc un peu étrange : deux morceaux sont chantés par Tom Hobson, guitariste et chanteur ami de Kaukonen qui a l'origine du projet aurait dû avoir une face pour lui : une face pour Jorma, une face pour Tom : c'est beau l'amitié. Sauf que les maisons de disques respectives des deux copains ne l'étaient pas, elles.... Reste deux morceaux du gars Tom. Longtemps ces deux morceaux m'ont agacé, la voix de Tom étant trop plate à mon goût, alors je me suis concentré sur les guitares pour attendre le dernier morceau. « Hamar Promenade » commence avec une guitare qui introduit un riff bien sympa, puis la voix, toujours aussi particulière, arrive, un peu de cordes, quelques passages bien sympa avec des guitares qui jouent entrelacées, ça ressemble à des danseurs de tango, collés l'un à l'autre, se déplaçant en tournoyant, avec des changements de figures, le morceau se déroule en réjouissant les oreilles du mélomane qui dort plus ou moins profondément en vous. 4 minutes et quarante deux secondes qui passent très très vite. C'est très malin d'avoir posé ce morceau à la fin de l'album... Quand le bras se lève, que la pointe diamant quitte son sillon, que le plateau ralentit progressivement pour enfin s'arrêter, on se dit qu'on s'en reprendrait bien un petit coup.. De quoi ? Ben de « Quah » évidemment !!

J'ai vu sur le site de « Hot Tuna » un T-Shirt qui m'a beaucoup plu : une simple phrase qui dit «  If you don't know Jorma, you don't know Jack » ; Désormais vous ne pourrez plus dire que vous ne connaissez pas Jorma.... Bonne écoute.

Pong-Pong Musical : Neil Young – Tonight's The Night / Pendragon – Not Of This World

Alors le jeunot, un peu fatigué, un peu surpris par les balles qui reviennent, propulsées à toute vitesse par le vieux joueur devant lui, plus très très mobile, mais toujours sur la trajectoire, comme si, quelque part au fin fond de son cerveau rouillé quelques neurones se souvenaient de trajectoires semblables.... et le jeunot se dit je vais lui envoyer deux balles à la suite, Ping Ping, ça va le déstabiliser complètement le vieux ! Alors aujourd'hui je me vois dans l'obligation de répondre par un Pong Pong, mais c'est vrai que ça m 'a déstabilisé... Obligé de réfléchir à deux Pongs en même temps !! Et en plus le second avec 200 mots seulement... Bon, ça on verra...

Katatonia : musicalement, l'image qui m'est venue est celle d'une armée disparue réapparaissant au fond d'un cratère, pleine de force sereine, d'énergie tranquille, remontant le pente pour renaître, victorieuse, tout autour du sommet, levant les bras et criant sa volonté de vivre aux nuages noirs et aux dieux qui les surplombent, s'ils existent. On sent qu'il y a eu de la douleur, de la mort, des combats pour arriver ici. J'ai particulièrement aimé la (fausse) simplicité de « Decima ». « Residual » et « Serac » sont évidemment à ranger du côté des morceaux à écouter de nombreuses fois pour commencer à en sentir toute la richesse. Mais il n'y a rien à dire : chaque morceau est excellent. Merci pour la découverte, pour le voyage.Le travail sur le son est très agréable, équilibré, ni trop,ni trop peu.

À la lecture du Ping sur Katatonia, une lumière s'est allumée à la vue du mot mélancolie : je connais un spécialiste, et un album plus que les autres, et un morceau plus que les autres !! Donc, pour changer, je vais vous parler d'un morceau. Ce qui risque d'être perturbant c 'est que le nom du morceau est aussi le titre de l'album. Et que pour simplifier le tout, ce titre est le premier morceau de l'album. Mais aussi le dernier. Ce qui est une petite habitude chez Neil Young. Album « Rust Never Sleeps » : le morceau « My My, Hey Hey » acoustique voit ses paroles légèrement modifiées et son titre devenir « Hey Hey, My My » en version électrique. Sur l'album « Freedom », l'hymne « Keep On Rockin' In The Free World » clôt l'album en version électrique, mais le débutait en version acoustique. Quelles sont les meilleures versions ? Euh... ça fait plusieurs décennies que j'essaie de trancher ce dilemme, mais sans y arriver.

Si Katatonia c'est de la noirceur travaillée, Neil Young c'est de la noirceur brute. Et si Katatonia c'est de la noirceur sublimée et créatrice, Neil Young c'est de la noirceur destructrice....Ce qui nous amène à la question : quelle est la meilleure musique ? Travaillée ou brute ? Beatles ou Stones ? Ou Pink Floyd ? Le premier qui a la réponse peut sortir par la porte située juste derrière lui parce qu'il n'a rien compris, et donc il doit tout recommencer à la case Départ. Case où nous nous trouvons tous d'ailleurs...

Donc « Tonight's The Night », album N° 2 de la Ditch Trilogy, trilogie du fossé, ou du caniveau, c'est selon, enregistré avant « On The Beach » mais sorti après, cet album par un Neil Young au bord de l’abîme, totalement dépendant à divers produits qui rendent son cerveau embrumé et qui aggravent encore la dépression qui le grignote reflète bien son état d'alors. Après le lumineux, gentil et unanimement salué « Harvest », le Loner veut imposer à sa maison de disque un suicide commercial avec cet album où les morceaux ont été enregistrés en une ou deux prises (et ça se sent...), aux antipodes de ce qu'elle attend pour un nouveau jackpot. Ce ne sera pas le jackpot, mais un disque honnête, témoin d'un homme proche de la rupture, c'est à dire un disque où on trouve du bon et du moins bon, je vous laisse juge de choisir les morceaux que vous rangez dans la première catégorie et ceux qui iront dans la seconde boite.

Mais le morceau « Tonight's The Night » est un classique. Morceau dédié à Bruce Berry, ami et roadie, mort d'une overdose. Tout comme Danny Whitten, guitariste de Crazy Horse, devenu incapable d'assurer son rôle dans le groupe, sans compter quelques « emprunts » de guitares pour se payer son produit, que Neil Young renvoya dédaigneusement avec un billet de 50 dollars pour solde de tout compte, billet qu'il s'empressa de convertir en poudre responsable de son overdose... On imagine la culpabilité... Sur la pochette intérieure du vinyle, on voit une photo du groupe sur scène, Nils Lofgren à la guitare appelé à la rescousse, chaque membre du groupe a son nom écrit de la main de Neil Young sous lui, comme toujours, et le nom de Danny Whitten écrit à la place vide qu'il aurait dû occuper... Aussi sombre que la pochette et le malaise qu'elle procure.

« Tonight's The Night » c'est un riff de basse et des paroles simples, un couplet parlant de Bruce Berry, un couplet du coup de fil annonçant sa mort, qui se répètent plusieurs fois (c'est différent selon les versions, soyez pas impatients...), le titre du morceau repris seul, à deux, en choeur, de très nombreuses fois sur la basse, et un solo de piano sur la première version, puis avec les années un solo de guitare rageur vient remplacer le piano.... bref rien n'est fixé. Sur l'album éponyme, la version qui clôt l'album commence un peu n'importe comment, on sent que rien n'est calé, ça met un petit moment à jouer ensemble... Mais il y a la guitare de Nils Lofgren, idem dans la version enregistrée live au Roxy sortie dans la série des Archives. Le morceau commence souvent par un appel du piano sur quelques notes, mais peu aussi commencer avec les mêmes notes à la guitare...

Sans avoir la prétention d'être exhaustif, ni d'être objectif, voici une petite liste des albums dans lesquels on retrouve ce morceau : Tonight's The Night : 1975- Ça ne tient qu'à un fil, mais les deux versions sont un choc pour qui ne connait pas ce morceau. Roxy : Tonight's The Night Live : Live enregistré juste après l'enregistrement de l'album. Un grand merci à Nils Lofgren... Live Rust : 1979-Tempo plus rapide, choeurs plus précis, 4'20 : « Go Bruce » Bluenote Café : 1988-Live avec une section de cuivre (!!!), version de 19 minutes30, tempo obsédant de la charley, fausse fin, j'adore cette version. Vers 15'30, j’entends « Go Bruce », mais c'est peut-être « For Bruce »... Weld : 1991-Vers la 4ème et 6ème minute on entend clairement Neil dire « For Bruce » avant une fin apocalyptique à rallonge qui verra les cordes de Old Black détruites (autre spécialité du Garçon...) Road Rock Vol 1 : 2000- Tempo plus lent, chœurs féminins, plus sage, plus correct.

Voilà pour le premier Pong. Maintenant le second (en 200 mots, enfin si je peux...)

Alors, quand j'ai vu le second Ping arriver, je suis allé écouter, et une fois de plus j'ai bien aimé: la référence à Ange est un beau compliment, et qui n'a pas vu le gars Christian Décamps sur scène n'a jamais vu un chanteur habité par les textes qu'il interprète. C'est du théâtre de haut niveau. Il me fait penser à Ian Anderson, le chanteur/flûtiste/guitariste de Jethro Tull.

Et puis je me suis intéressé à la Lèode, instrument inconnu qui a un nom qui appelle au voyage. Le principe semble assez proche de celui du Chapman Stick (coucou Mr Tony Levin ) . Et en cherchant des infos sur Lazuli je suis tombé sur une affiche d'un concert prévu « Chez Claudette », et sur l'affiche il y avait le nom de PENDRAGON !! Un groupe auquel je n'avais pas pensé depuis longtemps. Depuis bien trop longtemps. Alors je suis allé chercher « Not Of This World », album qui commence avec un gros son de synthé, une guitare Pink Floydienne, et un son bien travaillé. Tout l'album est du même calibre : ça flirte entre la pop et le progressif. Mais, surtout, il y a Paintbox en version acoustique...

Pong musical : Peter Gabriel – Ovo : The Millenium Show

Il a raison le gars au furvent plein la tête : si la finalité de la musique est de vous emmener en voyage (et ça l'est certainement), alors le voyage proposé par le Hidden Orchestra est un bien beau périple.

Ça sent effectivement la forêt avec tous ces oiseaux qui pépient, qui volent autour de toi, on les entend, on les voit, on pourrait presque les toucher tant ils sont présents. Il y a aussi des traversées de ruisseaux, les batteries dessinent le paysage, tantôt dense, tantôt plus aéré, on sent la chaleur, la moiteur ambiante.

Pour ma part j'étais en Amazonie, là où personne n'a jamais mis les pieds, la forêt primaire, papillons de couleurs, oiseaux éclatants, mille paires d'yeux qui t'épient, cachées dans les arbres, j'ai grimpé des pentes abruptes, m'accrochant aux troncs recouverts d'une toison épaisse et humide, j'ai traversé des clairières sous un soleil éclaboussant de lumières irisées, j'ai descendu des fleuves immenses, pleins d'une eau boueuse et de poissons qui n'attendaient que le moment où mes doigts chercheraient la fraîcheur pour me déguster les phalanges, j'ai aussi couru par moments, poursuivi par des félins noirs et gracieux.... 

…..bref, en ces temps de restrictions de déplacement, j'ai niqué le Covid en voyageant bien plus que si j'avais pris trois avions, trente six bus déglingués, et quatre bateaux/barques rouillés prêts à sombrer.... En conclusion : jolie découverte. J'ai beaucoup aimé les deux batteries, tout le travail sur le Son (voir plus loin), la structure des morceaux qui est parfaite. Et quelques autres petites choses.

En musique il y a les notes, et puis il y a quelque chose qui titille toujours l'oreille du musicien : le Son. Sa texture, sa forme, sa vie propre, ses évolutions. Pourquoi écouter, jusqu'à l'obsession parfois, le même artiste, le même album si ce n'est pour le Son ?

Il y a un musicien qui est très fort dans ce domaine. Toujours plus ou moins entouré par les mêmes copains : l'immense arachnéen bassiste spécialiste du Chapman Stick, j'ai nommé Mr Tony Levin himself, avec à ses côtés le discret architecte de la guitare, David Rhodes, à la batterie Manu Katché ou Ged Lynch, styles différents, efficacité comparable et aux claviers David Sancious.
Ces musiciens là ne vous proposent pas de solo virtuose pour vous montrer à quel point ils sont forts et rapides. Non. Chaque note est au service du morceau, juste placée là où elle doit se situer dans le cosmos. Avec le Son qui va le mieux à ce moment précis. Quand les morceaux sont construits comme ça par le Maître du Jeu, il n'y a rien à rajouter.

Bon, vous avez reconnu Mr Peter Gabriel, (c'était facile, c'était dans le titre). Qui aime aussi bien le son le plus torturé par tout plein d'effets que la flûte en bois à deux trous jouée par trois type au fin fond d'un désert quelconque, mais bon, c'est un de ces trois type qu'il ira chercher pour l'emmener en tournée mondiale devant des fans conquis d'avance et en attente de la première note du concert pour sentir les poils du bras qui se dressent, je le sais, j'ai fait trois fois l'expérience, et à chaque fois le phénomène se produit...

Peter Gabriel était là dans la période la plus créatrice de Genesis, et puis il s'en est allé pour construire une discographie qui mérite le respect. Ce n'est pas du pur rock, c'est pas du progressif, c’est pas de la pop, mais c'est toujours beau et efficace. Petite coquetterie du monsieur : ses quatre premiers album n'ont pas de nom... Les trois suivant sont So, Us et Up. Économe le garçon... Ovo est un projet pour l'inauguration du Dôme Du Millenaire de Londres.

Pourquoi ai-je choisi OVO pour ce Pong ? Allez écouter The Man Who Loved The Earth/The Hand That Sold Shadows et vous comprendrez... (S'il est avare de lettres pour les noms des albums, il ne l'est pas pour les titres de morceaux.)

OVO, donc, commence par l'aube, le soleil se lève, gros son de basse continue, je crois que je pourrais écouter une seule note en basse continue comme ça pendant des heures, claviers aux sonorités mixées/malaxées, des cordes, une voix ouatée, une flûte vient annoncer le lever du jour, des basses qui deviennent encore plus basses et c'est parti pour un voyage dans le Son : on va rencontrer plein d'instruments, plein d'atmosphères, plein de pureté musicale, bref que des bonnes choses génératrices de litres et de litres d'endorphines diverses et pas avariées, pour se terminer par un long morceau d'une efficacité plus que certaine, plus que redoutable, une efficacité qui vous fait vivre ces dernières notes de cordes avec un immense regret : le regret que ce soit déjà terminé. Mais pendant votre voyage vous allez découvrir quelques perles et pépites. Make Tomorrow, le dernier morceau, est au niveau du Chef d'Oeuvre, mais auparavant il y a de très belles découvertes à faire. Bonne écoute.

Ah, j'allais oublier : pendant mon tour en Amazonie, contrairement au Gars Plein De Furvent Dans La Tête, j'ai gardé mon pantalon et ma chemise. Trop de bébêtes étranges qui piquent et après ça gratte salement. Pas l'endroit où gambader tout nu...

Pong Musical : The Who – Quadrophenia

Bon, quelques précisions sur ce Ping-Pong Musical : c'est extrêmement facile, mais c'est pas facile du tout... Comment ça je suis pas clair ? Mais il faut être patient un peu... Je m'explique : c'est facile parce qu'à l'écoute d'Ayreon, dont je vais vous parler bientôt, une foultitude, si si ça se dit, une foultidude , donc, d' associations possibles se sont mises en place. Mais là où c'est difficile, c'est qu'il faut n'en choisir qu'une... Et ça, ça veut dire que je ne vais pas pouvoir vous parler de tous les albums qui sont venus dans ma petite cervelle. Enfin, ils y étaient déjà auparavant, c'est plutôt qu'ils ont refait leur apparition.

Et ça c'est un mystère : tout à coup un son, un instrument, un accord, un coup de caisse claire, et c'est tout un morceau, voire un album, qui t'obsède à nouveau; parfois c'est difficile de retrouver le morceau, c'est ce qui m'est arrivé avec « Yes – Going For The One », j'ai peiné pour retrouver ces trois petites notes de guitare cachées par Opeth... Mais là pas du tout, le lien était évident...

Mais parlons plutôt d' « Ayreon – The Theory Of Everything » : Et bien c'est pas un batard le batave !! Ouaip, je sais, c'est facile... L'océan pour commencer, une basse au médiator, et puis la simplicité : voix (et quelle voix)/guitare acoustique, et puis l'arrivée d'une voix féminine (et quelle voix) et le piège se referme !! La flûte à la Jethro Tull, et puis un bon vieux synthé analogique, et à partir de là ça vient de partout, instruments, voix, ambiances, styles, sonorités... tout frôle la perfection.

Et le gars qui a du Furvent plein la tête a sacrément raison: ça s'écoute d'une traite. Il FAUT l'écouter d'une traite. D'ailleurs je ne vois pas trop où on pourrait avoir envie d'arrêter... Le problème, c'est qu'arrivé au terme de ce voyage on a forcément envie de refaire le chemin. Personnellement je l'ai fait au moins une fois chaque soir depuis le Ping du 15 juin. Et souvent deux fois parce que c'est pas facile de résister...

Bon, cette fois ci l'accouchement a été très facile : le Pong est arrivé aussi vite qu'un prématuré de 6 mois ½... Quand j'ai lu le mot Opéra Rock, euh...deux mots en fait, bref Opéra Rock a allumé une petite lumière en moi. Et puis je me suis installé, casque sur la tête, et histoire de laisser toute la place à la musique, rien à l'intérieur : le vide total, neurones au repos, quoiqu'un peu frétillants, prêts à bondir, à mettre en route la machine à endorphines. Et à la troisième seconde je savais quel serait le sujet de ce Pong : « The Who – Quadrophénia  ».

En général, quand vous associez Opéra Rock et les Who, un réflexe Pavlovien des personnes de ma génération provoque la réponse : « Tommy ». M'ouais... et bien Tommy m'a déçu. Pas l'album, avec d'excellents morceaux, mais j'ai commis l'erreur d'aller voir le film sorti en 1975, avec des invités comme Clapton, Tina Turner, Elton John... Je ne me souviens même plus si on entendait de la musique : c'était une histoire faiblarde qui ressemblait à du grand guignol... Non, pour moi « Tommy » n'arrive pas à la cheville, bon, ok, au genou, de « Quadrophénia ».

« Quadrophénia » c'est un déferlement : ça commence par l'Océan, les principaux thèmes sont évoqués et puis : un déferlement de batterie, déroulements de toms, crashs de cymbales, une basse très musicale, une voix puissante, et une guitare qui découpe le tout avec des accords/coups de scalpels. Et puis des cordes, des nappes de synthé, des cuivres, des choeurs.... Le batteur, c'est Keith Moon, grand destructeur de sets de batterie, jeu unique, c'est lui le déferleur en chef, mais, quand tu écoutes bien, il laisse toujours la place aux trois autres, en fait il remplit les espaces vides.. Mort de ses excès à 32 ans. Bassiste nommé John Entwistle, jeu très harmonique, c'est quasiment lui qui se charge de la mélodie. Roger Daltrey : voix puissante, claire. Beau gosse, roi du lancé/rattrapé de micro. Et Pete Townsend : guitariste/ compositeur, roi de l'accord/coup de fouet, lui aussi destructeur de guitare en fin de concert, bondissant devant ses amplis, un peu agité le gars, mais capable de te sortir des parties acoustiques dignes de Jimmy Page.

« Quadrophenia » c'est aussi un excellent son : on est en 1973, rien à voir avec les sons fluets de « Tommy » quatre ans plus tôt. La musique a pris de l'ampleur. Même si c'est acide, coupant, sec, c'est aussi chaleureux, moelleux, équilibré. Autant dans « Tommy » tu as encore quatre musiciens côte à côte, là tu as un objet, un ensemble. Avant tu avais les ingrédients, là tu as le gâteau... La pochette du vinyle était superbe, photos en noir et blanc, trés jolies, avec un livret énorme, qualité du carton et du papier bien supérieure à la moyenne. Bon album, vraiment, à écouter en entier pour pouvoir arriver au « Love Reign O'er Me » final, monstrueux, libérateur...

Si cet album vous laisse de marbre, il ne vous reste plus qu'à aller consulter pour un trouble de la perception ou une absence d'émotion révélant une personnalité psychotique... Enfin c'est mon humble avis. Bonne écoute.

Pong Musical : Yes – Going For The One

Bon, les, non, LA Règle du Ping Pong Musical est d'associer . Là j'ai eu du mal. J'ai découvert Opeth, et j'ai vraiment adoré, j'y ai retrouvé plein d'influences surprenantes, ou plutôt plein d'associations sont arrivées dans mes neurones musicaux : pour les parties vocales et les chœurs j'y ai entendu CSN&Y, les arpèges m'ont parlé de Genesis jeune, des guitares m'ont fait penser que le Six Degrees de Dream Theater... était un excellent album.

Ça c'est pour les plus faciles. Mais aux environs d'une minute et cinquante secondes de Cups Of Eternity, loin derrière, tout au fond du mixage j'ai entendu trois notes de guitare, bends ou autre technique, mais j'étais certain de retrouver la même sonorité dans un autre morceau. Persuadé de retrouver rapidement le morceau de Genesis : Supper's Ready dans Foxtrot , je me suis retrouvé un brin à côté de la plaque. C'était pas ça. Pink Floyd ? Dans Echoes on retrouve des corbeaux, là ça fait plutôt penser à la mouette... Bref pour trouver mon association j'allais galérer...

J'ai passé plusieurs jours avec cette énigme en tête. J'ai pensé à Kansas, à Rush, et à plein d'autres. Juste un petit peu agacé... Et puis je sais pas comment la solution m'est apparue, descendant du ciel sur un nuage tiré par dix-sept licornes chevauchées par des goblins (clin d'oeil). Non, je déconne, ça s'est passé plus simplement : la solution était dans Going For The One, de Yes, un des meilleurs groupes de progressif dans les années 70 !!!

Huitième album de Yes, juste après une autre pépite qu'est Relayer, avec The Gates Of Delirium, (long) morceau époustouflant à l'intérieur duquel on retrouve une partie qui se nomme « Soon », petite merveille à écouter, réécouter, et plus encore si affinités, Going For The One commence avec Going The One : les vocaux s’entremêlent, la guitare tricote bien, la basse est présente et les claviers vont et viennent. C'est du Yes, pas de doute, plus pêchu que d'habitude, mais c'est du Yes, peut-être un peu plus abordable. Avec Turn Of The Century on se calme tout de suite avec une intro Voix/Guitare acoustique, puis la basse et les claviers vont faire un petit lit moelleux, et quand tu crois que c'est terminé le piano arrive calmement, fait monter la tension, et on repart pour un tour entre vocaux et guitare typiquement dans le style de Steve Howe et une fin toute douce. Parralels débute lui avec les grandes orgues, et tous les instruments se font une petite chevauchée, voix de Jon Anderson idem. Fin de la première face du vinyle.

On repart avec Wonderous Stories, morceau où on peut visiter les empilements de canons de voix, technique particulièrement maîtrisée par Anderson et Chris Squire, Bassiste de haut niveau. Et on arrive à la pièce maîtresse de l'album, un morceau emblématique de Yes : Awaken. 15 minutes 30 de bonheur.

Le piano attaque une intro où Wakeman montre qu'il n'est pas simplement un Merlin l'enchanteur au longs cheveux blonds . Chant, puis guitare et on rentre dans le thème : on dirait que les voix empilent des couches de mélodies pendant que les instruments soutiennent le tout. Et puis au bout de 6 mns 30 on débouche dans une vaste plaine ou une flûte appelle. Les claviers tentent une approche, construisent à leur tout des couches, les chœurs sont en arrière plan, des percus et une harpe donnent la direction , la voix s'élance, la guitare suit, le clavier vient donner encore plus de puissance, et miracle, vers 13 mns 20 on peut entendre les notes de guitare responsables de cette association Opeth/Yes que je trouve très pertinente. Enfin, sans parti pris de ma part... Encore un peu de promenade et le voyage s'achève . J'espère que vous vous êtes bien promenés et que le paysage était joli.

Le cerveau peut jouer des tours, enfin le mien me joue des tours. Quand mes yeux se sont posés sur le Ark – Ark du Gars qui a des mots en plein furvent, et bien mon cerveau a tilté Talk Talk. Bon, j'ai des circonstances atténuantes, non ? Outre la répétition, il y a quand même dans les huit lettres de Talk Talk quatre que l'on retrouve dans Ark Ark. Et je vous parle même pas de leur place.

Mais le sujet de ce Pong n'est pas mon cerveau. Quoique ce soit très intéressant. Enfin à mon avis...

Ark : c'est vrai que les musiciens en ont sous le pied. La partie batterie/percus du premier morceau te cueille à froid, le refrain du second t'emporte, le type de morceau qui a tout pour devenir un hymne, avec le troisième morceau tu as déjà visité assez de paysages musicaux pour ravir tes oreilles... C'est à la fois joli et puissant. Merci pour la découverte.

Donc : Talk Talk. Un leader/chanteur habité, accroché à son micro, lunettes noires, le regard rivé à ses chaussures, aucune présence scénique, mais le chant te prend au fond des tripes, là où se cachent les pires sensations douloureuses de ta vie, toutes les fois où tu as été seul, rejeté et humilié. Pas un adepte du deux couplets, un refrain, un couplet, solo ou pont, refrain, bonsoir madame, 3 minutes pour la radio. Non non, le gars Mark Hollis, décédé il y a peu, est un adepte du Son, de la Note Exacte au Bon Endroit, du Silence, de la Basse Qui Ouvre Les Portes Du Fond De Ton Ventre (voir un peu plus haut), de la Batterie Pas Binaire.

Talk Talk, en trois albums, est passé d'une pop originale à une musique minimale, flirtant avec le jazz, un sabordage commercial très efficace. J'ai découvert le groupe un samedi soir de 1984 grâce à un concert diffusé dans « Les enfants du Rock », émission présentée par Antoine de Caunes. Un batteur, deux percussionnistes, deux claviers, un guitariste, un bassiste et le chanteur. Beaucoup de monde sur scène, une composition très épurée , chaque son à sa place, tout est au service de l'émotion que met Mark Hollis dans chaque morceau. L'interprétation de « Renée », la plainte, la douleur qui sort du chant me déchirent à chaque fois. « Tomorrow Started » n'est pas loin derrière... Je suppose que l'album «It's My Life» sera trop marqué pop pour certains, que « Spirit Of Eden » sera trop minimaliste pour d'autres, alors je vais parler de « Colour Of Spring », album de la transition.

Ça commence par une batterie, puis quelques notes de basse, accords de piano, chant, puis nappes de synthés, petites notes de guitare, chœurs d'enfants, contrebasse. J'aime bien l'écouter au casque, il y a toujours des petits collages musicaux, cachés ça et là, bien agréables à découvrir. Puis vient « I Don't Believe You » : tempo lent, voix hypnotique, économie de moyens, mais terriblement efficace. Ensuite un morceau construit autour d'un ostinato de 8 notes de piano nommé « Life's What You Make It », peut-être le plus classique dans sa construction. Ce qui n'est pas le cas de « April 5th », tout dans la retenue, le minimum d'effets pour le maximum d'efficacité. Arrivé au milieu de l'album, « Living In An Another World » tombe à pic pour ceux qui ont besoin d'un peu de rythme pour s'agiter les neurones, avec une partie d'harmonica bien sympa. « Give It Up », j'aime particulièrement les claviers genre Hammond qui remplissent l'oreille de bonheur. « Chameleon Day » : 3'20. La durée idéale pour la radio FM. Mais là il n'y avait aucune chance que ça passe. Pourtant c'est bourré d'émotion. Mais il faut choisir à qui tu fais écouter, c'est pas d'un abord des plus faciles. L'album se termine par « Time It's Time » avec des chœurs d'adultes dont les parties s’empilent les unes sur les autres pour laisser la place à une flûte qui va doucement clore ces 45 minutes de voyage chez Mark Hollis. Pour moi, c'est un très bon album. À vous de vous faire votre propre opinion. Que je suis bien curieux de connaître.

En réponse à Ping musical : Toto – Mindfield

La pochette : c'est vrai que de ce côté là Toto avait fait fort. Un objet qui se déplie encore et encore... Bon album, dans le Top 3 de Toto, c'est certain, mais le Top 1 c'est à coup sûr « Kingdom Of Desire ». Un album qui débute par un « Gypsy Train » lancé à fond les manettes et qui se clôt avec un instrumental ahurissant nommé « Jack To The Bone », rempli de très bons morceaux, avec des guitares plus Rock que d'habitude.

Bon, mais je ne suis pas là pour parler de Toto...

Donc le but de ce Ping-Pong c'est de faire des associations. Alors si tu me parles de pochette, moi je pense à celle du Led Zeppelin III. Bon, en Cd je sais pas, mais la pochette du vinyle s'ouvrait, comme beaucoup d'autres albums, pour laisser place à des créations visuelles, photos, titres des morceaux ou paroles et plus si affinités, mais la partie gauche de cet album-ci comportait un disque cartonné à l’intérieur, qui, en tournant, faisait apparaître des dessins et photos dans les onze cercles troués, dont pas deux de la même taille, pourquoi faire simple quand on peu faire compliqué...
De quoi passer des heures à regarder en passant des heures à écouter. Écouter ? C'est pour ça qu'on est là, non ? Alors c'est parti :

Çà commence fort avec « Immigrant song » : un rythme qui pulse, la voix très très haut perchée de Robert Plant qui redonne un peu d'énergie en plus, bien qu'on soit pas dans le besoin de ce côté-là. On enchaîne « Friends » avec des cordes aux sonorités qui préludent à celles qui seront reprises plus tard avec « Kashmir » dans « Physical Graffiti ». Une petite transition avec un synthé pour relier les deux morceaux, et on se retrouve déjà dans « Celebration Day », des guitares et une basse entremêlées. Le temps passe vite. Et là on arrive à un Blues avec une petite guitare très gentille....mais ça ne va pas durer : « Since I've Been Loving You ». Grand morceau. Un de mes préférés. Léger et lourd comme le Blues. On termine la première face du vinyle tranquillement avec « Out On The Tiles », juste le temps de se remettre de « Since I've Been Loving You » qu'il faut se relever pour changer la galette de côté.

Guitares acoustiques pour introduire « Gallows Pole », voix de Plant toujours magique, arrivée de mandolines, basse qui gronde, batterie qui suit. Là encore ça pulse, c'est imparable : vous bougez ce que vous voulez, ou juste ce que vous pouvez, mais vous êtes obligés de bouger sur ce titre, pas possible autrement. Une petite douceur avec « Tangerine » : début à la douze cordes, ça sent le slow langoureux … On reste dans le domaine acoustique tranquille avec « That's The Way » . Suit « Bron-Y-Aur Stomp » : on est loin du cliché Led Zep groupe de Hard et de Heavy. Non mon gars, Led Zep c'est beaucoup de morceaux acoustiques où l'on voit qu'on est en présence de sacrés musicos. On termine l'album avec une bizarrerie nommée « Hats Off To Roy Harper » : une slide acoustique avec Plant qui passe sa voix dans des boites à effet qui lui collent un vibrato (ou alors c'est lui tout seul??) venu du fond de la cave. Et c'est déjà fini...

Au total ? Pas de tube méga super connu à la « Stairway To Heaven » ou « Kashmir », juste un très bon album, avec différentes atmosphères. Et c'est ça qu'on aime, non ?

...mais ça va mieux. Enfin un peu mieux. Tout a commencé avec un discours du ministre de l'intérieur, juste après celui du président. Il avait l'air un peu fatigué le coco. Il se retrouvait avec toute une liste d'interdictions. Et aussi de recommandations. Et c'est là que j'ai été agacé.

Bon pour être tout à fait honnête c'était plutôt de la colère, enfin c'est ce que disent mes proches : « Mais pourquoi tu te mets en colère ?? ». Moi je ressentais plutôt ça comme un gros agacement, mais il faut bien croire ceux qui vous entourent.

La dernière fois que j'ai ressenti un tel agacement j'étais encore en activité. C'est la règle des Cinq B qui m'avait fait disjoncter. Mon supérieur (?) hiérarchique nous avait donné ça très fier de lui en réunion. Un petit carré plastifié avec la règle des cinq B : le Bon patient, le Bon médicament, la Bonne voie d'administration et le ou la.... Et ben voilà, j'ai oublié. Quel super moyen mnémotechnique !!! La Bonne chambre, le Bon étage, le Bon hôpital, la Bonne heure, la Bonne humeur, le Bon appétit !!! Si tu veux je peux t'en trouver des tonnes de Bon !! Comme si le moyen pour se rappeler était d'enfiler des B.... J'avais pris des ciseaux et découpé toutes les cartes plastifiées des cinq B que j'avais pu trouver. Mes collègues m'ont demandé pourquoi je me fâchais, tout en reconnaissant l'ineptie de cette règle. Je crois qu'elle venait de la Haute Autorité à la Santé. C'est dire le niveau...

Mais revenons à mon ministre de l'intérieur. Qui a parlé de « distanciation sociale »... Je me suis dit : « il est fatigué, il est ému, il a mangé un truc pas frais, il s 'est choppé un PV pour avoir garé sa twingo sur un passage clouté. Ah non, ça c’est pas possible, d'une parce qu'il est ministre et qu'il n'a donc pas une twingo, et de deux il est ministre de l'intérieur, alors tu parles s'il est bien placé pour se le faire sauter son PV... ». Mais non, il l'a redit. Une fois, deux fois, plus je sais pas parce que je n'étais plus devant la télé...

Distanciation sociale donc... Dictionnaire : en gros ils disent « distance que l'on met entre soi et la réalité » . Point. Utilisé par les acteurs au théâtre. Le terme « distanciation sociale » est utilisé en sociologie pour parler de la distance que l'on met entre les classes sociales.

Et c'est tout !! Alors je veux bien qu'il mette de la distance entre lui et la situation merdique qu'il a à gérer, et là il peut parler de distanciation, mais pas pour parler de la distance physique entre deux personnes.

Et dès le lendemain j'ai entendu parler partout de distanciation sociale... Et ça continue. C'est rentré dans le langage commun. Et à chaque fois ça m'agace. Un petit peu moins, c'est vrai, mais quand même toujours un petit peu.

Faut que je mette de la distance avec tout ça. Alors je m'arrête là.

Ah oui, une dernière chose : il existe même maintenant une fiche Wikipédia sur la distanciation sociale. Créée juste après le discours sus-cité... Comme quoi les conneries se propagent encore plus vite que les virus.. Bon, ce coup là je m'arrête.

Salut Mr Bridouz !

Ouah.....Rush....Quel coup bas...

Au cours des années, on est parfois assez fier de certaines découvertes, de groupes plutôt confidentiels que l'on apprécie particulièrement... Et puis il y a les groupes à côté desquels on est complètement passé. Rush, donc.

En allant farfouiller aux tréfonds de ma mémoire, je crois me souvenir du nom du groupe, peut-être de quelques critiques lues dans Best ou Rock & Folk, mais je ne me souviens pas d'avoir vu un album chez mon disquaire préféré de l'époque. Pas plus que de disque chez un copain. Sinon tu penses bien que je l'aurais emprunté pour le mettre sur une K7 (C90, un album par face, avec un album un peu long il fallait parfois enlever un morceau pour que ça tienne. Toujours mieux, enfin moins pire, que de couper un morceau.).

Et puis il y a aussi les albums que tout le monde croit connaître, et que tout le monde déteste. Ou alors apprécie, mais sans le dire.

Moi j'aime « Hystéria » de Def Leppard.

Ça pue les années 80, enfin la production des années 80. Si vous aimez le Roots, Gibson branchée direct sur un Marshall avec les lampes chauffées à blanc, Crunch ou pas, ici c'est pas le genre. On se fout de la guitare et de l'ampli : il n'y a que des tonnes de pédales pour te donner des effets spatiaux/écho/flangerisés. C'est comme si tu jouais dans un tube métallique qui tournait sur lui même au fond d'une grotte.... Pareil pour le chant ou la batterie.

Mais c'est efficace. Des riffs sympas, du rythme, des choeurs un peu partout, des morceaux accrocheurs, ça donne la pêche, tout le monde peut écouter, bref c'était taillé pour passer sur la FM. Les paroles ne prétendent pas parler de concepts philosophiques. On parle beaucoup (mal) des filles... Il y a aussi des slows, morceaux plutôt dispensables en l'occurence. Et puis il y a des morceaux comme « Put Some Sugar On Me », « Excitable », « Rocket », « Run Riot », « Armageddon it », « Don't Shoot Shotgun », qui peuvent simplement vous faire du bien. Bref il faut passer les plages une après l'autre, garder ce qu'on aime, jeter le reste. Le morceau « Hystéria » par exemple.

Je parle pas de l'histoire de cet album : le batteur qui perd un bras suite à un accident, il faut attendre qu'il sorte de dépression, qu'on lui peaufine un set électronique pour lui permettre de rejouer, un premier producteur qui jette l'éponge, un second itou, retour du premier, tiens, il y a déjà quatre années qui sont passées depuis le précédent qui s’appelait « Pyromania ». Ah ben si, je viens d'en parler un peu...

Bref, Def Leppard c'est comme le Nutella : un peu trop gras, un peu trop sucré, mais c'est très bon quand on en mange un peu. Et tu as raison Mr Bridouz : ça passe très bien au volant d'une Sierra ou d'une Mondéo. Ça marche aussi avec une 307 ou une Mégane.