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J’ai assisté il y a quelques jours à mon premier meeting politique en me rendant dans une petite salle de 200 personnes (plus que ça en réalité et il faisait bien trop chaud…) pour aller écouter les idées du NPA, plus par curiosité que réelle conviction politique. Cette réunion publique m’a donné envie de coucher sur papier (numérique) les choses qui me passent par la tête en ce moment au sujet de la politique. J’en rigolerai peut-être dans quelques années dans mon costume bien taillé à 7000 balles mais au moins ça me permettra de me rappeler et de voir l’évolution.

Premier meeting

45 000 fois le mot capitalisme 1 chant de l’international deux questions du public comprenant “moi je fais partie”

Le discours m’a globalement plu. Sortir du capitalisme à outrance, replacer l’humain dans la société sont des thèmes que j’approuve mais, là où j’ai été étonné c’est sur le fait que le parti revendique sa non-volonté de gouverner. Le parti est alors simplement un outil pour être médiatisé. Sur ce point je ne peux que les applaudir car cela rejoint l’idée que je me fais du pouvoir, du politicien carriériste… D’ailleurs je trouve ça génial d’avoir un mec qui assume pleinement son je-m’en-foutisme du pouvoir suprême. Certains penseront qu’il manque assurément de carrure, d’autres qu’il n’est pas assez qualifié. Personnellement je le trouve humain et c’est déjà ça.

Je n’exclus pas l’idée daller voir d’autres mouvances, formes d’idées notamment du côté de l’extrême-droite car j’éprouve un besoin viscéral de comprendre comment on peut en arriver à ce point, comment on peut soutenir des idées bancales de la sorte et qu’on puisse admirer à ce point une personne. (Qui visiblement n’éprouvera jamais rien pour vous si ce n’est de la haine si vous la contredite un peu trop. Où alors elle ne vous aimera pas, voudra rompre toute forme de liens avec vous mais acceptera volontiers vos coups de pouce financiers, vos cookies maisons qui viendront l’engraisser. )

Les interventions étaient très enrichissantes, notamment celles d’une personne d’origine kurde venant parler d’un problème trop vaguement traité et débattu et d’un migrant venant témoigner de son quotidien dans un pays se disant ouvert et accueillant. Et le discours bien que dénonçant le gros méchant capitaliste fut également parsemé d’espoir, d’une forme de lutte pour et non cette mode de toujours être contre. Ça fait du bien de se dire qu’il n’y a pas que la tristesse dans ce monde.

Le débat qui fît suite aux prises de parole fut relativement court de part la chaleur insupportable qui régnait alors dans la salle et, du fait également que le candidat (porte-parole serait d’ailleurs un terme plus approprié) devait rentrer chez lui directement après. Il fut court oui, mais je fus frappé par les quelques interventions :

  • Sur trois prises de paroles, deux ont débuté par “ Moi j’appartiens au mouvement xxx”.

Pourquoi ce besoin primaire de revendiquer son appartenance à un clan et de façon indirecte marquer une différence avec les autres ?

Clivage omniprésent

Cette dernière phrase m’amène donc sur LE sujet de ces dernières années et bien plus encore LE sujet phare de cette campagne : Le clivage

En regardant ces hommes et femmes en costume, bien propres sur eux parler, envoyant leurs lieutenants(sacré terme) dans les différents puits d’exposition médiatique je m’aperçois qu’il n’est pas question d’unir un peuple, de rassembler les humains par delà leurs différences. Non, au contraire il faut se forger un groupe d’irréductibles, aller taper sur l’autre et ses différences pour mieux montrer qu’il n’est pas normal, différent voir même étranger. Il faut marquer sa différence et stigmatiser le camp d’en face, l’accuser de tous les mots.

Il n’y a plus de volonté de rassembler tous les Français, et c’est bien dommage. Le débat en est alors réduit à un affrontement, des lions dans l’arène de battant pour un bout de chair fraîche qui gravera leur nom dans les livres d’histoire.

Complot et Peur

Ces différents clivages ont d’ailleurs une propriété magique, celle de faire naître dans l’autre une forme de complot venant nous briser. Complots qui, d’ailleurs, servent d’alibis pour s’excuser d’affaires douteuses.

Cette fixation sur les complots résulte d’un mécanisme malheureusement humain : La peur Aujourd’hui on a peur de l’autre,de celui qui ne nous ressemble pas totalement. Et lorsqu’on ne maîtrise plus quelque-chose on invoque le saint complot pour dissimuler nos erreurs et la peur d’assumer nos actes.

On a peur de l’autre, de l’étranger alors on se replie dans le nationalisme, il faut tout quitter, revenir au franc, instaurer de nouveau un service militaire car le monde va mal, la jeunesse est la dérive et devient de plus en plus incivile.

Quand on voit la merde qui s’annonce pour la Grande-Bretagne et son départ de l’Europe on a de quoi rire. La sortie bien qu’acter pourra prendre des années et vu les sommes allouées par l’Europe il est même possible qu’au final ce ne soit pas une sortie complète de l’Europe…

Défiance

De mon côté, comme beaucoup je pense, j’ai atteint le point de non-retour avec la classe politique. Je n’y ai jamais été vraiment attaché mais là, on peut dire que la fracture est nette et sans bavure. Prenons les éléments dans l’ordre, premièrement le népotisme omniprésent qui en ce moment est un sujet à la mode. Embaucher ses enfants pour de petits boulots d’été ne me pose absolument aucun problème, j’en ai moi-même profité en travaillant en tant qu’Agent du Service Hospitalier pour faire le ménage dans un bloc opératoire un été et dans une maison de retraite un autre été. Faire profiter ses enfants de ses relations pour obtenir des petits boulots c’est humain, il ne faut bien sûr pas abuser du système et ne pas embaucher toute sa famille, pendant une dizaine d’année… Là où j’y vois un problème c’est quand clairement il est prouvé que les temps de travail se superposent à des cursus universitaires, activités parallèles empéchant clairement de faire le travail.

Défiance envers le politique et sa proximité avec la vie réelle. Ici ce sont les élus et politiciens à l’envergure nationale dont je parle, je vois plus de relations avec les mairies, départements même si ce n’est pas parfait. Bref il y a un choc des réalités.

Si je prends l’exemple de Mr Fillon et son passage dans un EHPAD. J’y vois un choc, lui ne parle que de dette, d’argent et d’idéologie. Débat d’idéologie, je l’invite à venir travailler une journée dans une structure de santé, il comprendra que ce n’est pas qu’une question d’idéologie, qu’il y a des personnes de droite et de gauche dans la santé et pourtant malgré leurs différends idéologiques elles en arrivent à la même conclusion, ça craint à mort. On arrive dans une société dirigée par des hommes et des femmes capables de vouloir amputer l’offre de santé publique, pour tous, se voulant égalitaire, fraternitaire pour réduire une dette globale.

En fait ce qui ressort de cette réflexion à l’instant T c’est qu’un vote utile, un vote véridique c’est un vote pour ce que l’on pense vraiment, un vote qui sort des tripes et pour lequel on est prêt à débattre, entendre l’autre tout en apportant son point de vue. Alors la prochaine fois que vous rencontrez quelqu’un dénigrant la différence, la part en nous qui fait que nous sommes humains, arrêtez-vous essayer de discuter, sans violence, calmement et peut-être qui sait qu’une étincelle d’humanisme tapi dans l’ombre grandissante de la peur commencera à produire quelque-chose…

Votez bien ce que vous voulez mais, voulez-le vraiment, vraiment. Et si vous ne votez pas non plus, voulez-le vraiment.