La pelle et le vent

En ce moment ma vie se veut campagnarde et tranquille, loin du stress ambiant de la ville. On passe d’un appart à une maison, avec terrain, grange et petites dépendances, et même un potager. On passe d’un logement où nous avons emménagé étudiant pour en sortir salariés voguant alors vers quelque-chose de plus agréable à vivre. Non pas que la ville ne puisse pas être agréable à vivre, cela dépend des personnes. Pour ma part ce n’était plus possible, je n’y voyais plus l’intérêt, le plaisir n’y était plus et la ville commençait doucement à m’oppresser.

Au moment où j’écris ces lignes le vent souffle fort dehors, le pommier résiste et la girouette ne sait plus où donner de la tête.

Premier constat en arrivant dans la maison :
les journées à la campagne paraissent plus longues que celles passées en ville. On a plus le temps de faire des choses, ou alors l’environnement permet de pouvoir s’y consacrer plus tranquillement.

Même d’un point de vue numérique il a fallu changer son mode de vie. Finis le téléchargement à gogo, le streaming instantané en HD d’un film qu’on choisit au dernier moment. Dorénavant il va falloir jouer avec une connexion avoisinant les 130ko/s en téléversement.
C’est à ce moment-là que je redécouvre le fait de choisir ce que l’on va récupérer, ne pas prendre sans réfléchir en se disant qu’on trouvera bien un moment pour écouter/voir/lire le fichier.
Revenir à une vie qui n’est pas dictée (ou presque pas) par cette consommation de/en masse.

J’avais un peu peur pour mon OS en me disant que les MAJ allaient prendre des plombes, mais bien évidemment chez Solus ils savent lire dans l’esprit des utilisateurs et après un mois à la campagne je vois apparaître les MAJ deltas dans leurs dépôts.

Ce changement de vie me refait également découvrir le dehors, me fait lâcher un peu l’informatique pour aller flâner sur la terrasse, bouquiner du vrais papier au soleil, et avoir cette joie d’entretenir un jardin + potager sans outils.
Ce fut également ma première tonte depuis longtemps, la dernière remonte à plus de 15 ans assis entre les jambes de papa sur le tracteur-tondeuse qui lui essayait de se concentrer pour tenter de ratraper mes trajectoires hasardeuses sans que j’y vois quelque-chose. J’avais oublié à quel point de petits riens comme l’odeur d’un jardin fraîchement tondu t’apaisent.

Donc en ce moment j’entreprends régulièrement des road-trips dans les magasins de bricolages des alentours, la dernière fois j’en suis ressorti avec une pelle à la main et un sourire jusqu’aux oreilles. C’est con hein car ce n’est qu’une simple pelle mais c’est ma pelle, une signification d’un changement plus que bienvenu, d’une page qui se tourne pour en écrire une autre.

Plus qu’à voir ce que l’avenir nous réserve, en tout cas pour le moment il y a une binette qui attend mes mains débutante pour désherber le potager qui n’a pas été touché depuis l’emmenagement … C’est déjà un bon début.