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from jnb

Pong-Pong Musical : Neil Young – Tonight's The Night / Pendragon – Not Of This World

Alors le jeunot, un peu fatigué, un peu surpris par les balles qui reviennent, propulsées à toute vitesse par le vieux joueur devant lui, plus très très mobile, mais toujours sur la trajectoire, comme si, quelque part au fin fond de son cerveau rouillé quelques neurones se souvenaient de trajectoires semblables.... et le jeunot se dit je vais lui envoyer deux balles à la suite, Ping Ping, ça va le déstabiliser complètement le vieux ! Alors aujourd'hui je me vois dans l'obligation de répondre par un Pong Pong, mais c'est vrai que ça m 'a déstabilisé... Obligé de réfléchir à deux Pongs en même temps !! Et en plus le second avec 200 mots seulement... Bon, ça on verra...

Katatonia : musicalement, l'image qui m'est venue est celle d'une armée disparue réapparaissant au fond d'un cratère, pleine de force sereine, d'énergie tranquille, remontant le pente pour renaître, victorieuse, tout autour du sommet, levant les bras et criant sa volonté de vivre aux nuages noirs et aux dieux qui les surplombent, s'ils existent. On sent qu'il y a eu de la douleur, de la mort, des combats pour arriver ici. J'ai particulièrement aimé la (fausse) simplicité de « Decima ». « Residual » et « Serac » sont évidemment à ranger du côté des morceaux à écouter de nombreuses fois pour commencer à en sentir toute la richesse. Mais il n'y a rien à dire : chaque morceau est excellent. Merci pour la découverte, pour le voyage.Le travail sur le son est très agréable, équilibré, ni trop,ni trop peu.

À la lecture du Ping sur Katatonia, une lumière s'est allumée à la vue du mot mélancolie : je connais un spécialiste, et un album plus que les autres, et un morceau plus que les autres !! Donc, pour changer, je vais vous parler d'un morceau. Ce qui risque d'être perturbant c 'est que le nom du morceau est aussi le titre de l'album. Et que pour simplifier le tout, ce titre est le premier morceau de l'album. Mais aussi le dernier. Ce qui est une petite habitude chez Neil Young. Album « Rust Never Sleeps » : le morceau « My My, Hey Hey » acoustique voit ses paroles légèrement modifiées et son titre devenir « Hey Hey, My My » en version électrique. Sur l'album « Freedom », l'hymne « Keep On Rockin' In The Free World » clôt l'album en version électrique, mais le débutait en version acoustique. Quelles sont les meilleures versions ? Euh... ça fait plusieurs décennies que j'essaie de trancher ce dilemme, mais sans y arriver.

Si Katatonia c'est de la noirceur travaillée, Neil Young c'est de la noirceur brute. Et si Katatonia c'est de la noirceur sublimée et créatrice, Neil Young c'est de la noirceur destructrice....Ce qui nous amène à la question : quelle est la meilleure musique ? Travaillée ou brute ? Beatles ou Stones ? Ou Pink Floyd ? Le premier qui a la réponse peut sortir par la porte située juste derrière lui parce qu'il n'a rien compris, et donc il doit tout recommencer à la case Départ. Case où nous nous trouvons tous d'ailleurs...

Donc « Tonight's The Night », album N° 2 de la Ditch Trilogy, trilogie du fossé, ou du caniveau, c'est selon, enregistré avant « On The Beach » mais sorti après, cet album par un Neil Young au bord de l’abîme, totalement dépendant à divers produits qui rendent son cerveau embrumé et qui aggravent encore la dépression qui le grignote reflète bien son état d'alors. Après le lumineux, gentil et unanimement salué « Harvest », le Loner veut imposer à sa maison de disque un suicide commercial avec cet album où les morceaux ont été enregistrés en une ou deux prises (et ça se sent...), aux antipodes de ce qu'elle attend pour un nouveau jackpot. Ce ne sera pas le jackpot, mais un disque honnête, témoin d'un homme proche de la rupture, c'est à dire un disque où on trouve du bon et du moins bon, je vous laisse juge de choisir les morceaux que vous rangez dans la première catégorie et ceux qui iront dans la seconde boite.

Mais le morceau « Tonight's The Night » est un classique. Morceau dédié à Bruce Berry, ami et roadie, mort d'une overdose. Tout comme Danny Whitten, guitariste de Crazy Horse, devenu incapable d'assurer son rôle dans le groupe, sans compter quelques « emprunts » de guitares pour se payer son produit, que Neil Young renvoya dédaigneusement avec un billet de 50 dollars pour solde de tout compte, billet qu'il s'empressa de convertir en poudre responsable de son overdose... On imagine la culpabilité... Sur la pochette intérieure du vinyle, on voit une photo du groupe sur scène, Nils Lofgren à la guitare appelé à la rescousse, chaque membre du groupe a son nom écrit de la main de Neil Young sous lui, comme toujours, et le nom de Danny Whitten écrit à la place vide qu'il aurait dû occuper... Aussi sombre que la pochette et le malaise qu'elle procure.

« Tonight's The Night » c'est un riff de basse et des paroles simples, un couplet parlant de Bruce Berry, un couplet du coup de fil annonçant sa mort, qui se répètent plusieurs fois (c'est différent selon les versions, soyez pas impatients...), le titre du morceau repris seul, à deux, en choeur, de très nombreuses fois sur la basse, et un solo de piano sur la première version, puis avec les années un solo de guitare rageur vient remplacer le piano.... bref rien n'est fixé. Sur l'album éponyme, la version qui clôt l'album commence un peu n'importe comment, on sent que rien n'est calé, ça met un petit moment à jouer ensemble... Mais il y a la guitare de Nils Lofgren, idem dans la version enregistrée live au Roxy sortie dans la série des Archives. Le morceau commence souvent par un appel du piano sur quelques notes, mais peu aussi commencer avec les mêmes notes à la guitare...

Sans avoir la prétention d'être exhaustif, ni d'être objectif, voici une petite liste des albums dans lesquels on retrouve ce morceau : Tonight's The Night : 1975- Ça ne tient qu'à un fil, mais les deux versions sont un choc pour qui ne connait pas ce morceau. Roxy : Tonight's The Night Live : Live enregistré juste après l'enregistrement de l'album. Un grand merci à Nils Lofgren... Live Rust : 1979-Tempo plus rapide, choeurs plus précis, 4'20 : « Go Bruce » Bluenote Café : 1988-Live avec une section de cuivre (!!!), version de 19 minutes30, tempo obsédant de la charley, fausse fin, j'adore cette version. Vers 15'30, j’entends « Go Bruce », mais c'est peut-être « For Bruce »... Weld : 1991-Vers la 4ème et 6ème minute on entend clairement Neil dire « For Bruce » avant une fin apocalyptique à rallonge qui verra les cordes de Old Black détruites (autre spécialité du Garçon...) Road Rock Vol 1 : 2000- Tempo plus lent, chœurs féminins, plus sage, plus correct.

Voilà pour le premier Pong. Maintenant le second (en 200 mots, enfin si je peux...)

Alors, quand j'ai vu le second Ping arriver, je suis allé écouter, et une fois de plus j'ai bien aimé: la référence à Ange est un beau compliment, et qui n'a pas vu le gars Christian Décamps sur scène n'a jamais vu un chanteur habité par les textes qu'il interprète. C'est du théâtre de haut niveau. Il me fait penser à Ian Anderson, le chanteur/flûtiste/guitariste de Jethro Tull.

Et puis je me suis intéressé à la Lèode, instrument inconnu qui a un nom qui appelle au voyage. Le principe semble assez proche de celui du Chapman Stick (coucou Mr Tony Levin ) . Et en cherchant des infos sur Lazuli je suis tombé sur une affiche d'un concert prévu « Chez Claudette », et sur l'affiche il y avait le nom de PENDRAGON !! Un groupe auquel je n'avais pas pensé depuis longtemps. Depuis bien trop longtemps. Alors je suis allé chercher « Not Of This World », album qui commence avec un gros son de synthé, une guitare Pink Floydienne, et un son bien travaillé. Tout l'album est du même calibre : ça flirte entre la pop et le progressif. Mais, surtout, il y a Paintbox en version acoustique...

 
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from Des mots en plein Furvent

Quoi ? un deuxième ping sans pong ? Et bien ouais, pourquoi pas. Et en plus il faudra que cela soit bref ( 200 caractères maximum )

En plus de cela c'est un ping francophone messieurs, dames. Un ping express sur un groupe et un album que j'ai découvert cette semaine.

Lazuli n'en est pas à son coup d'essai et choses rare, à souligner donc, le chant est dans la langue d'Ange. En plus du chant le groupe ne possède pas de bassiste et préfère avoir un instrument inconnu : la Léode.

Je vous laisse aller voir ce que c'est, je trouve cela génial.

Nous sommes donc ici dans un rock plutôt calme et poétique, tout en sachant se montrer menaçant quand il faut. Les morceaux s'enchainent naturellement, preuve d'une grande qualité d'écriture. L'équilibre des instruments est parfaitement trouvé et on sent que le groupe joue d'un seul corps. C'est harmonieux et chaleureux.

Délicate et envoutante, la musique de Lazuli prouve que la scène francophone a de belles pépites. Et au vue des quelques lives disponibles sur le web, ça donne envie d'aller les voir.

#Rock #Prog

 
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from Des mots en plein Furvent

Une nouvelle fois ce fut un régal pour les oreilles. Peter Gabriel sait effectivement plus que bien s'entourer. Chaque musicien/chanteur est à sa place, mêlant son art dans un savoureux mélange harmonique. La production est au top, comme toujours.

L'album est un melting-pot d'influences allant de Pink Floyd en passant par la musique celtique (coucou Ayreon). J'y retrouve également des phrasés Wilsonien par moment. Et la voix de M. Gabriel, quelle voix mes enfants. ( Allez écouter Make Tomorrow ou, sur d'autres albums, The Book of Love et Red Rain ).

Il y avait donc de quoi faire pour en tirer un ping alléchant. Et pourtant j'ai pas mal gambergé (et en écrivant ces lignes cela continue). Que mettre en avant ? La richesse musicale ? La qualité du son ? L'expérimentation s'émancipant des genres musicaux ?

Et puis merde il faut bien se lancer, alors ce sera la voix. Car effectivement sur Make Tomorrow les premières résonances d'un Peter en forme m'ont fait frémir, vibrer l'échine. À chaque fois, la même sensation, celle d'un son provenant directement de l'âme. Venant perforer toutes les carapaces, se frayant un chemin au plus profond de l'être.

Un grand, à n'en pas douter.

Ce qui nous amène donc à mon ping du jour. On est ici dans du métal, la saturation est bien présente, mais comme toujours j'aime à écouter des groupes amenant un petit surplus. Nous sommes donc ici avec un groupe dont la musique a su évoluée et atteindre un tournant plus progressif avec cet album.

Avec The Fall of Hearts, Katatonia continue son bonhomme de chemin dans un métal sombre et dépressif porté par la voix de Jonas Renkse. En revanche, le groupe vogue ici vers un terrain progressif qui n'est pas sans me déplaire.

La cohérence est de mise, le groupe travaille les ambiances et les textures sonores pour en faire ressortir l'émotion. La mélancolie peut revêtir bien des formes.

Le groupe en est d'ailleurs le spécialiste. Travailler cette facette de l'être humain, la torturer, l'analyser, la rendre plus amère ou bien plus heureuse. Il y a de quoi faire et la musique qui en ressort est d'une rare intensité.

L'album s'ouvre sur un magnifique arpèges/voix supporté par une batterie discrète. Déjà la magie opère, puis une minute plus tard la musique s'énerve, les potards sont tournés et c'est parti pour 6 minutes. Le groupe frappe fort d'entrée avec des riffs léchés, on retrouve d'ailleurs des élements de post-rock avec ces longs riffs monotonales (monotonones ? monotoniques ?).

Le deuxième morceau continue de travailler cette mélancolie, un clavier vient se greffer pour apporter une couleur différente. Viens par la suite Old Heart Falls, morceau que je trouve sublime, magnifiquement composé. J'y retrouve ici cette sensation capillaire vécue avec Peter Gabriel.

L'album déroule ainsi sa palette de tristesse, tous les morceaux abordent une nuance, le tout bien mis en valeur par un chant plus narratif que traditionnel. Le coeur de l'album possède un duo de merveilles d'écriture que sont Residual et Serac. On y retrouve l'essence même du groupe, un travail soigné sur l'atmosphère des titres, le tout avec une composition moins conventionnelle et des claviers venant soutenir cette nouvelle facette du groupe. Le travail fait sur les lignes de basse doit être souligné, tout en sobriété elles renforcent cette désolation ambiante.

Last Song Before the Fade a ce petit côté pop qui passe tout seul, le morceau défile à une vitesse folle. Ce qui contraste avec le suivant où on calme les guitares et laisse place au clavier et ses nappes envoutantes (Je ne sais pourquoi mais, j'y entends des sons d'indiens d'Amérique du Nord).

Wide Awake in Quietus vient refermer l'album avec une douceur certaine, toujours sublimée par ce clavier fort intéressant pour l'apport à la construction des textures du morceau.

Le groupe arrive à conjuguer toutes ces influences, ingurgiter son passé pour produire un album d'une très grande qualité. Et bien que leur thème principal soit la tristesse, la mélancolie on ressort de l'écoute heureux d'avoir pu s'évader ainsi. Car là est la force de leur musique, laisser divaguer le cerveau de l'auditeur dans les méandres des ténèbres, explorer divers territoire, s'imprégner de la noirceur pour rejaillir vers la lumière (Alléluia mes bien chers frères).

Et pour les avides de noirceurs, je conseille également l'album Kocytean, court car simplement un regroupement de face-B, mais terriblement efficace et représentatif du talent du groupe.

#métal #prog #atmosphérique

 
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from jnb

Pong musical : Peter Gabriel – Ovo : The Millenium Show

Il a raison le gars au furvent plein la tête : si la finalité de la musique est de vous emmener en voyage (et ça l'est certainement), alors le voyage proposé par le Hidden Orchestra est un bien beau périple.

Ça sent effectivement la forêt avec tous ces oiseaux qui pépient, qui volent autour de toi, on les entend, on les voit, on pourrait presque les toucher tant ils sont présents. Il y a aussi des traversées de ruisseaux, les batteries dessinent le paysage, tantôt dense, tantôt plus aéré, on sent la chaleur, la moiteur ambiante.

Pour ma part j'étais en Amazonie, là où personne n'a jamais mis les pieds, la forêt primaire, papillons de couleurs, oiseaux éclatants, mille paires d'yeux qui t'épient, cachées dans les arbres, j'ai grimpé des pentes abruptes, m'accrochant aux troncs recouverts d'une toison épaisse et humide, j'ai traversé des clairières sous un soleil éclaboussant de lumières irisées, j'ai descendu des fleuves immenses, pleins d'une eau boueuse et de poissons qui n'attendaient que le moment où mes doigts chercheraient la fraîcheur pour me déguster les phalanges, j'ai aussi couru par moments, poursuivi par des félins noirs et gracieux.... 

…..bref, en ces temps de restrictions de déplacement, j'ai niqué le Covid en voyageant bien plus que si j'avais pris trois avions, trente six bus déglingués, et quatre bateaux/barques rouillés prêts à sombrer.... En conclusion : jolie découverte. J'ai beaucoup aimé les deux batteries, tout le travail sur le Son (voir plus loin), la structure des morceaux qui est parfaite. Et quelques autres petites choses.

En musique il y a les notes, et puis il y a quelque chose qui titille toujours l'oreille du musicien : le Son. Sa texture, sa forme, sa vie propre, ses évolutions. Pourquoi écouter, jusqu'à l'obsession parfois, le même artiste, le même album si ce n'est pour le Son ?

Il y a un musicien qui est très fort dans ce domaine. Toujours plus ou moins entouré par les mêmes copains : l'immense arachnéen bassiste spécialiste du Chapman Stick, j'ai nommé Mr Tony Levin himself, avec à ses côtés le discret architecte de la guitare, David Rhodes, à la batterie Manu Katché ou Ged Lynch, styles différents, efficacité comparable et aux claviers David Sancious.
Ces musiciens là ne vous proposent pas de solo virtuose pour vous montrer à quel point ils sont forts et rapides. Non. Chaque note est au service du morceau, juste placée là où elle doit se situer dans le cosmos. Avec le Son qui va le mieux à ce moment précis. Quand les morceaux sont construits comme ça par le Maître du Jeu, il n'y a rien à rajouter.

Bon, vous avez reconnu Mr Peter Gabriel, (c'était facile, c'était dans le titre). Qui aime aussi bien le son le plus torturé par tout plein d'effets que la flûte en bois à deux trous jouée par trois type au fin fond d'un désert quelconque, mais bon, c'est un de ces trois type qu'il ira chercher pour l'emmener en tournée mondiale devant des fans conquis d'avance et en attente de la première note du concert pour sentir les poils du bras qui se dressent, je le sais, j'ai fait trois fois l'expérience, et à chaque fois le phénomène se produit...

Peter Gabriel était là dans la période la plus créatrice de Genesis, et puis il s'en est allé pour construire une discographie qui mérite le respect. Ce n'est pas du pur rock, c'est pas du progressif, c’est pas de la pop, mais c'est toujours beau et efficace. Petite coquetterie du monsieur : ses quatre premiers album n'ont pas de nom... Les trois suivant sont So, Us et Up. Économe le garçon... Ovo est un projet pour l'inauguration du Dôme Du Millenaire de Londres.

Pourquoi ai-je choisi OVO pour ce Pong ? Allez écouter The Man Who Loved The Earth/The Hand That Sold Shadows et vous comprendrez... (S'il est avare de lettres pour les noms des albums, il ne l'est pas pour les titres de morceaux.)

OVO, donc, commence par l'aube, le soleil se lève, gros son de basse continue, je crois que je pourrais écouter une seule note en basse continue comme ça pendant des heures, claviers aux sonorités mixées/malaxées, des cordes, une voix ouatée, une flûte vient annoncer le lever du jour, des basses qui deviennent encore plus basses et c'est parti pour un voyage dans le Son : on va rencontrer plein d'instruments, plein d'atmosphères, plein de pureté musicale, bref que des bonnes choses génératrices de litres et de litres d'endorphines diverses et pas avariées, pour se terminer par un long morceau d'une efficacité plus que certaine, plus que redoutable, une efficacité qui vous fait vivre ces dernières notes de cordes avec un immense regret : le regret que ce soit déjà terminé. Mais pendant votre voyage vous allez découvrir quelques perles et pépites. Make Tomorrow, le dernier morceau, est au niveau du Chef d'Oeuvre, mais auparavant il y a de très belles découvertes à faire. Bonne écoute.

Ah, j'allais oublier : pendant mon tour en Amazonie, contrairement au Gars Plein De Furvent Dans La Tête, j'ai gardé mon pantalon et ma chemise. Trop de bébêtes étranges qui piquent et après ça gratte salement. Pas l'endroit où gambader tout nu...

 
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from Des mots en plein Furvent

Toujours un régal de découvrir les pongs du vieux chevelu, un plaisir auditif à chaque écoute. Il faut dire que le gars en connaît un rayon niveau rock.

Une encyclopédie, avec des pages déchirées encore vierges, pouvant vous sortir tout un tas d'infos sur un album, un groupe, un morceau.

La musique est une religion, la seule, l'unique même. Elle s'apprécie en prenant le temps de déplier les couches d'écritures superposées par les groupes. Elle s'appréhende et s'adapte différemment selon l'endroit et le moment de l'écoute. Métamorphe, elle évolue même avec le temps, sachant révéler ses secrets, ses joyaux à quiconque souhaite les découvrir.

Avec Quadrophenia The Who signe un album d'une grande richesse, doté d'une qualité sonore ahurissante pour l'époque. Un grand plaisir auditif, une nouvelle fois.

Le groupe enchaîne et, après Tommy et Who's Next, propose une nouvelle fois quelque-chose de fort. L'écriture de Townshend est magistrale et ses trois comparses lui rendent bien, se donnant au maximum et faisant ainsi état de tout leur talent.

Dès les premières secondes on est happé dans l'univers de l'album, les vagues au loin annoncent un périple musicale riche et conceptuel. The Real Me ammorce l'album à fond la caisse, on est dans le rock, le vrai. De l'énergie, du groove.

Et que dire de l'ultime morceau, Love, Reign O'er Me, avec sa palette émotionnelle complète, son orchestration magistrale et la voix, quelle voix, de Daltrey. Le voyage se termine, le chemin fut parcouru avec plaisir, une nouvelle fois.

Il fallait donc trouver une réponse à ce pong, facile car dès les premières secondes de l'album (0:57) exactement avec l'arrivée des cuivres de Entwistle la réponse était là, évidente pour mon petit cerveau : Beep Box de Snarky Puppy.

Alors quoi ? J'allais proposer à l'écoute un album du groupe ? Non, bien trop facile et puis le vieux les connaît déjà par coeur. Alors j'ai réécouté une nouvelle fois Beep Box et là l'idée a germé, l'association parait limpide alors c'est parti.

Aujourd'hui je propose comme ping musical un album live :
Live at Attenborough Centre for the Creative Arts par Hidden Orchestra.

Au revoir le rock et bonjour au jazz, trip-hop. Le groupe tourne autour du multi-instrumentiste, compositeur et producteur Joe Acheson et possède la caractéristique d'avoir deux batteurs en live.

Le groupe évolue dans un style particulier, un mélange de trip-hop, jazz, sonorités ethniques et musique progressive. Le tout est magnifié par un rapport à la nature qui me touche énormément.

En écoutant ces morceaux je me vois me balader nu en foret, dans un champ de blé, esquissant des sourires alors que les épis me chatouillent les ********. Je m'emporte.

Le groupe développe donc un style propre, léger, subtile, comme une légère brise venant délicatement nous envelopper. On peut ressentir des émotions comme la tristesse, la colère parfois mais, le plus souvent, l'émerveillement, la naïveté et la joie sont celles qui transpirent le plus dans ces morceaux.

L'album live est intéressant, car il fait le tour de leur discographie et dès les premières secondes nous sommes envoûtés par ces pépiements, le ton est menaçant et l'arrivée des cuivres vient éclaircir ce ciel bien trop sombre au regard de ce que je viens de dire plus tôt. Hypnotiques ces lignes de cuivres, un piano se pose délicatement dessus, libre comme l'air, frais.

Dust me fait instinctivement penser au thème des films de James Bond, Stone me renvoie à Berry Weight. Wingbeats doit certainement être un de mes morceaux préférés, tout style confondu. Je trouve l'écriture d'une fluidité rare, d'une beauté onirique absolument sublime. La construction du morceau est magistrale, nous emmenant dans un voyage, survolant les plaines, les forets, les rivières, les villes.

Spoken a un petit côté arabisant qui n'est pas sans me déplaire, et Antiphon amorce la fermeture du bal avec cette fois une petite virée asiatique.

Un gros pari donc, car le style musical n'est que peu connu pour le vieux à trois lettres, et deux jambes, enfin oui et non, bref le vieux quoi. J'espère le secouer un petit peu, le pousser en dehors de sa zone de confort, faire se connecter les synapses, il n'y a pas d'âge pour découvrir de nouvelles choses.

 
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from jnb

Pong Musical : The Who – Quadrophenia

Bon, quelques précisions sur ce Ping-Pong Musical : c'est extrêmement facile, mais c'est pas facile du tout... Comment ça je suis pas clair ? Mais il faut être patient un peu... Je m'explique : c'est facile parce qu'à l'écoute d'Ayreon, dont je vais vous parler bientôt, une foultitude, si si ça se dit, une foultidude , donc, d' associations possibles se sont mises en place. Mais là où c'est difficile, c'est qu'il faut n'en choisir qu'une... Et ça, ça veut dire que je ne vais pas pouvoir vous parler de tous les albums qui sont venus dans ma petite cervelle. Enfin, ils y étaient déjà auparavant, c'est plutôt qu'ils ont refait leur apparition.

Et ça c'est un mystère : tout à coup un son, un instrument, un accord, un coup de caisse claire, et c'est tout un morceau, voire un album, qui t'obsède à nouveau; parfois c'est difficile de retrouver le morceau, c'est ce qui m'est arrivé avec « Yes – Going For The One », j'ai peiné pour retrouver ces trois petites notes de guitare cachées par Opeth... Mais là pas du tout, le lien était évident...

Mais parlons plutôt d' « Ayreon – The Theory Of Everything » : Et bien c'est pas un batard le batave !! Ouaip, je sais, c'est facile... L'océan pour commencer, une basse au médiator, et puis la simplicité : voix (et quelle voix)/guitare acoustique, et puis l'arrivée d'une voix féminine (et quelle voix) et le piège se referme !! La flûte à la Jethro Tull, et puis un bon vieux synthé analogique, et à partir de là ça vient de partout, instruments, voix, ambiances, styles, sonorités... tout frôle la perfection.

Et le gars qui a du Furvent plein la tête a sacrément raison: ça s'écoute d'une traite. Il FAUT l'écouter d'une traite. D'ailleurs je ne vois pas trop où on pourrait avoir envie d'arrêter... Le problème, c'est qu'arrivé au terme de ce voyage on a forcément envie de refaire le chemin. Personnellement je l'ai fait au moins une fois chaque soir depuis le Ping du 15 juin. Et souvent deux fois parce que c'est pas facile de résister...

Bon, cette fois ci l'accouchement a été très facile : le Pong est arrivé aussi vite qu'un prématuré de 6 mois ½... Quand j'ai lu le mot Opéra Rock, euh...deux mots en fait, bref Opéra Rock a allumé une petite lumière en moi. Et puis je me suis installé, casque sur la tête, et histoire de laisser toute la place à la musique, rien à l'intérieur : le vide total, neurones au repos, quoiqu'un peu frétillants, prêts à bondir, à mettre en route la machine à endorphines. Et à la troisième seconde je savais quel serait le sujet de ce Pong : « The Who – Quadrophénia  ».

En général, quand vous associez Opéra Rock et les Who, un réflexe Pavlovien des personnes de ma génération provoque la réponse : « Tommy ». M'ouais... et bien Tommy m'a déçu. Pas l'album, avec d'excellents morceaux, mais j'ai commis l'erreur d'aller voir le film sorti en 1975, avec des invités comme Clapton, Tina Turner, Elton John... Je ne me souviens même plus si on entendait de la musique : c'était une histoire faiblarde qui ressemblait à du grand guignol... Non, pour moi « Tommy » n'arrive pas à la cheville, bon, ok, au genou, de « Quadrophénia ».

« Quadrophénia » c'est un déferlement : ça commence par l'Océan, les principaux thèmes sont évoqués et puis : un déferlement de batterie, déroulements de toms, crashs de cymbales, une basse très musicale, une voix puissante, et une guitare qui découpe le tout avec des accords/coups de scalpels. Et puis des cordes, des nappes de synthé, des cuivres, des choeurs.... Le batteur, c'est Keith Moon, grand destructeur de sets de batterie, jeu unique, c'est lui le déferleur en chef, mais, quand tu écoutes bien, il laisse toujours la place aux trois autres, en fait il remplit les espaces vides.. Mort de ses excès à 32 ans. Bassiste nommé John Entwistle, jeu très harmonique, c'est quasiment lui qui se charge de la mélodie. Roger Daltrey : voix puissante, claire. Beau gosse, roi du lancé/rattrapé de micro. Et Pete Townsend : guitariste/ compositeur, roi de l'accord/coup de fouet, lui aussi destructeur de guitare en fin de concert, bondissant devant ses amplis, un peu agité le gars, mais capable de te sortir des parties acoustiques dignes de Jimmy Page.

« Quadrophenia » c'est aussi un excellent son : on est en 1973, rien à voir avec les sons fluets de « Tommy » quatre ans plus tôt. La musique a pris de l'ampleur. Même si c'est acide, coupant, sec, c'est aussi chaleureux, moelleux, équilibré. Autant dans « Tommy » tu as encore quatre musiciens côte à côte, là tu as un objet, un ensemble. Avant tu avais les ingrédients, là tu as le gâteau... La pochette du vinyle était superbe, photos en noir et blanc, trés jolies, avec un livret énorme, qualité du carton et du papier bien supérieure à la moyenne. Bon album, vraiment, à écouter en entier pour pouvoir arriver au « Love Reign O'er Me » final, monstrueux, libérateur...

Si cet album vous laisse de marbre, il ne vous reste plus qu'à aller consulter pour un trouble de la perception ou une absence d'émotion révélant une personnalité psychotique... Enfin c'est mon humble avis. Bonne écoute.

 
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from Des mots en plein Furvent

Bon, ça commence à se corser cette palabre musicale. Fort heureusement la règle est modulable et il est possible de s'amuser avec. Le but sous-jacent étant, par extension, de faire (re)découvrir des pépites musicales.

Alors j'ai tendu une deux oreilles attentives à ce Yes – Going for the one. Album magnifique, le morceau Awaken est un joyau d'orfevrerie créative. Ça joue, ça innove et on comprend (avec toute la discographie de Yes) au combien ce groupe est à la base de tant d'autres.

En écoutant l'album j'ai entendu du Steven Wilson (Porcupine Tree – Heartattack in a Lay by, allez savoir pourquoi) pas mal, du Haken aussi, un peu de The Flower Kings. On retrouve également le groupe cité comme influence majeure chez Dream Theater. Il y a également pas mal de points communs avec Led Zepp ou Rush, et pourtant en tendant un peu l'oreille. (ou en montant le son, de préférence) on remarque les différences caractérisant ces groupes. Et puis ça m'a rappelé un album d'Ayreon: The Theory of Everything.

Ayreon c'est encore une fois une découverte par la médiathèque. J'avais, a l'époque, été attiré par le fait qu'il y avait des parties vocales assurées par James Labries sur l'album The Human Equation. Il m'aura fallu quelques écoutes pour rentrer dans l'album, je pense que cela était notamment dû au fait que je n'avais pas l'habitude d'entendre autant de voix féminines... La jeunesse...

Ayreon est en grande partie l'oeuvre d'Arjen Anthony Lucassen, touche-à-tout Néerlandais trouvant son plaisir dans la compisition et l'écriture de concept album teintés de Science-Fiction, avec toujours un goût prononcé pour l'Opera-Rock. En fouillant la discographie du groupe je suis tombé sur des pépites (Into The Electric Castle est à écouter absolument), et puis j'ai suivi les sorties.

The Theory of Everything sort en 2013 et reprend ce qui fait la force d'Ayreon avec une parfaite maitrise dans le mélange des genres. Une synthèse de l'oeuvre du gars Lucassen.

Comme tout bon concept album (et tout album d'ailleurs) il faut écouter le tout d'un seul trait, le réécouter, s'en imprégner pour essayer de comprendre, de se persuader de ce qu' voulu faire le groupe. N'écouter qu'une poignée de morceaux n'a pas de sens, le streaming pousse cependant à cette pratique démoniaque.

Découpé en quatres parties majeures et tout un tas de pseudo-morceaux, l'écoute passe à une vitesse ahurissante. Synthés et grosses guitares viennent s'entrechoquer pour porter une narration complexe. De plus, l'ajout d'instruments celtiques n'est pas sans me déplaire. Cela ammène une profondeur à l'ensemble. Dès l'album lancé on embarque pour un voyage, les premières secondes du morceau The Theory of Everything Pt I me font tout de suite penser à Jethro Tull. Les thèmes s'entremêlent, se coupent, se croisent sans oublier de varier par moments. Les influences sont multiples, digérées à la perfection pour en sortir un album dense.

En épluchant les musiciens présents sur l'album quel ne fut pas ma surprise de voir qu'un certain Rick Wakeman était présent sur quelques titres. Finalement ce Ping n'est pas si mal que ça. Et avec un Jordan Rudess, un Keith Emerson ainsi qu'un certain Steve Hackett j'espère que le paternel va apprécier la découverte.

Bonne écoute !

#Rock #Métal #Prog

 
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from jnb

Pong Musical : Yes – Going For The One

Bon, les, non, LA Règle du Ping Pong Musical est d'associer . Là j'ai eu du mal. J'ai découvert Opeth, et j'ai vraiment adoré, j'y ai retrouvé plein d'influences surprenantes, ou plutôt plein d'associations sont arrivées dans mes neurones musicaux : pour les parties vocales et les chœurs j'y ai entendu CSN&Y, les arpèges m'ont parlé de Genesis jeune, des guitares m'ont fait penser que le Six Degrees de Dream Theater... était un excellent album.

Ça c'est pour les plus faciles. Mais aux environs d'une minute et cinquante secondes de Cups Of Eternity, loin derrière, tout au fond du mixage j'ai entendu trois notes de guitare, bends ou autre technique, mais j'étais certain de retrouver la même sonorité dans un autre morceau. Persuadé de retrouver rapidement le morceau de Genesis : Supper's Ready dans Foxtrot , je me suis retrouvé un brin à côté de la plaque. C'était pas ça. Pink Floyd ? Dans Echoes on retrouve des corbeaux, là ça fait plutôt penser à la mouette... Bref pour trouver mon association j'allais galérer...

J'ai passé plusieurs jours avec cette énigme en tête. J'ai pensé à Kansas, à Rush, et à plein d'autres. Juste un petit peu agacé... Et puis je sais pas comment la solution m'est apparue, descendant du ciel sur un nuage tiré par dix-sept licornes chevauchées par des goblins (clin d'oeil). Non, je déconne, ça s'est passé plus simplement : la solution était dans Going For The One, de Yes, un des meilleurs groupes de progressif dans les années 70 !!!

Huitième album de Yes, juste après une autre pépite qu'est Relayer, avec The Gates Of Delirium, (long) morceau époustouflant à l'intérieur duquel on retrouve une partie qui se nomme « Soon », petite merveille à écouter, réécouter, et plus encore si affinités, Going For The One commence avec Going The One : les vocaux s’entremêlent, la guitare tricote bien, la basse est présente et les claviers vont et viennent. C'est du Yes, pas de doute, plus pêchu que d'habitude, mais c'est du Yes, peut-être un peu plus abordable. Avec Turn Of The Century on se calme tout de suite avec une intro Voix/Guitare acoustique, puis la basse et les claviers vont faire un petit lit moelleux, et quand tu crois que c'est terminé le piano arrive calmement, fait monter la tension, et on repart pour un tour entre vocaux et guitare typiquement dans le style de Steve Howe et une fin toute douce. Parralels débute lui avec les grandes orgues, et tous les instruments se font une petite chevauchée, voix de Jon Anderson idem. Fin de la première face du vinyle.

On repart avec Wonderous Stories, morceau où on peut visiter les empilements de canons de voix, technique particulièrement maîtrisée par Anderson et Chris Squire, Bassiste de haut niveau. Et on arrive à la pièce maîtresse de l'album, un morceau emblématique de Yes : Awaken. 15 minutes 30 de bonheur.

Le piano attaque une intro où Wakeman montre qu'il n'est pas simplement un Merlin l'enchanteur au longs cheveux blonds . Chant, puis guitare et on rentre dans le thème : on dirait que les voix empilent des couches de mélodies pendant que les instruments soutiennent le tout. Et puis au bout de 6 mns 30 on débouche dans une vaste plaine ou une flûte appelle. Les claviers tentent une approche, construisent à leur tout des couches, les chœurs sont en arrière plan, des percus et une harpe donnent la direction , la voix s'élance, la guitare suit, le clavier vient donner encore plus de puissance, et miracle, vers 13 mns 20 on peut entendre les notes de guitare responsables de cette association Opeth/Yes que je trouve très pertinente. Enfin, sans parti pris de ma part... Encore un peu de promenade et le voyage s'achève . J'espère que vous vous êtes bien promenés et que le paysage était joli.

 
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from Des mots en plein Furvent

Ce billet fut écrit en écoutant Calligla's Horse – The Tempest

Chaude journée hier, lourde même. La pluie s'est fait attendre toute l'après-midi. Un air chaud et humide venant te faire transpirer juste ce qu'il faut, une simple goutte coulant le long du dos.

20h, le vent se lève, Sud-ouest, les bruissements se font entendre au loin. C'est drôle tout de même cette atmosphère particulière qu'à un orage arrivant. Tu le ressens dans l'air, les arbres te le disent et le vent se forme, tourbillonne et vient te caresser les guiboles. Il arrive.

Le fond de l'air se rafraichit, et tout d'un coup ça tombe. De la bonne pluie, directe, franche. Le clapotis de l'eau heurtant le tuffeau produit ce son apaisant tant apprécié. En tendant l'oreille tu peux même entendre les lignes électriques commencer à frétiller.

Là sur la terrasse, tu fixes le ciel. Des nuances de bleu apparaissent, le gris vient s'y mêler et au milieu, sporadiquement, les éclairs emplissent le ciel. Des traits de lumière puis un bruit.
Les lignes ne sont jamais les même, rarement droites d'ailleurs, libres et anarchiques. Elles se baladent dans le ciel, annonçant le chaos.

Une fois l'orage passé, tu le regardes au loin, entendant le tonnerre s'en aller gronder plus loin. Le vent a tourné, Sud Sud-est, étrange.

Et puis tu le sens, cette odeur si particulière... Pétrichor.

#Journal

 
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Le cerveau peut jouer des tours, enfin le mien me joue des tours. Quand mes yeux se sont posés sur le Ark – Ark du Gars qui a des mots en plein furvent, et bien mon cerveau a tilté Talk Talk. Bon, j'ai des circonstances atténuantes, non ? Outre la répétition, il y a quand même dans les huit lettres de Talk Talk quatre que l'on retrouve dans Ark Ark. Et je vous parle même pas de leur place.

Mais le sujet de ce Pong n'est pas mon cerveau. Quoique ce soit très intéressant. Enfin à mon avis...

Ark : c'est vrai que les musiciens en ont sous le pied. La partie batterie/percus du premier morceau te cueille à froid, le refrain du second t'emporte, le type de morceau qui a tout pour devenir un hymne, avec le troisième morceau tu as déjà visité assez de paysages musicaux pour ravir tes oreilles... C'est à la fois joli et puissant. Merci pour la découverte.

Donc : Talk Talk. Un leader/chanteur habité, accroché à son micro, lunettes noires, le regard rivé à ses chaussures, aucune présence scénique, mais le chant te prend au fond des tripes, là où se cachent les pires sensations douloureuses de ta vie, toutes les fois où tu as été seul, rejeté et humilié. Pas un adepte du deux couplets, un refrain, un couplet, solo ou pont, refrain, bonsoir madame, 3 minutes pour la radio. Non non, le gars Mark Hollis, décédé il y a peu, est un adepte du Son, de la Note Exacte au Bon Endroit, du Silence, de la Basse Qui Ouvre Les Portes Du Fond De Ton Ventre (voir un peu plus haut), de la Batterie Pas Binaire.

Talk Talk, en trois albums, est passé d'une pop originale à une musique minimale, flirtant avec le jazz, un sabordage commercial très efficace. J'ai découvert le groupe un samedi soir de 1984 grâce à un concert diffusé dans « Les enfants du Rock », émission présentée par Antoine de Caunes. Un batteur, deux percussionnistes, deux claviers, un guitariste, un bassiste et le chanteur. Beaucoup de monde sur scène, une composition très épurée , chaque son à sa place, tout est au service de l'émotion que met Mark Hollis dans chaque morceau. L'interprétation de « Renée », la plainte, la douleur qui sort du chant me déchirent à chaque fois. « Tomorrow Started » n'est pas loin derrière... Je suppose que l'album «It's My Life» sera trop marqué pop pour certains, que « Spirit Of Eden » sera trop minimaliste pour d'autres, alors je vais parler de « Colour Of Spring », album de la transition.

Ça commence par une batterie, puis quelques notes de basse, accords de piano, chant, puis nappes de synthés, petites notes de guitare, chœurs d'enfants, contrebasse. J'aime bien l'écouter au casque, il y a toujours des petits collages musicaux, cachés ça et là, bien agréables à découvrir. Puis vient « I Don't Believe You » : tempo lent, voix hypnotique, économie de moyens, mais terriblement efficace. Ensuite un morceau construit autour d'un ostinato de 8 notes de piano nommé « Life's What You Make It », peut-être le plus classique dans sa construction. Ce qui n'est pas le cas de « April 5th », tout dans la retenue, le minimum d'effets pour le maximum d'efficacité. Arrivé au milieu de l'album, « Living In An Another World » tombe à pic pour ceux qui ont besoin d'un peu de rythme pour s'agiter les neurones, avec une partie d'harmonica bien sympa. « Give It Up », j'aime particulièrement les claviers genre Hammond qui remplissent l'oreille de bonheur. « Chameleon Day » : 3'20. La durée idéale pour la radio FM. Mais là il n'y avait aucune chance que ça passe. Pourtant c'est bourré d'émotion. Mais il faut choisir à qui tu fais écouter, c'est pas d'un abord des plus faciles. L'album se termine par « Time It's Time » avec des chœurs d'adultes dont les parties s’empilent les unes sur les autres pour laisser la place à une flûte qui va doucement clore ces 45 minutes de voyage chez Mark Hollis. Pour moi, c'est un très bon album. À vous de vous faire votre propre opinion. Que je suis bien curieux de connaître.

 
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