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from jnb

Salut Mr Bridouz !

Ouah.....Rush....Quel coup bas...

Au cours des années, on est parfois assez fier de certaines découvertes, de groupes plutôt confidentiels que l'on apprécie particulièrement... Et puis il y a les groupes à côté desquels on est complètement passé. Rush, donc.

En allant farfouiller aux tréfonds de ma mémoire, je crois me souvenir du nom du groupe, peut-être de quelques critiques lues dans Best ou Rock & Folk, mais je ne me souviens pas d'avoir vu un album chez mon disquaire préféré de l'époque. Pas plus que de disque chez un copain. Sinon tu penses bien que je l'aurais emprunté pour le mettre sur une K7 (C90, un album par face, avec un album un peu long il fallait parfois enlever un morceau pour que ça tienne. Toujours mieux, enfin moins pire, que de couper un morceau.).

Et puis il y a aussi les albums que tout le monde croit connaître, et que tout le monde déteste. Ou alors apprécie, mais sans le dire.

Moi j'aime « Hystéria » de Def Leppard.

Ça pue les années 80, enfin la production des années 80. Si vous aimez le Roots, Gibson branchée direct sur un Marshall avec les lampes chauffées à blanc, Crunch ou pas, ici c'est pas le genre. On se fout de la guitare et de l'ampli : il n'y a que des tonnes de pédales pour te donner des effets spatiaux/écho/flangerisés. C'est comme si tu jouais dans un tube métallique qui tournait sur lui même au fond d'une grotte.... Pareil pour le chant ou la batterie.

Mais c'est efficace. Des riffs sympas, du rythme, des choeurs un peu partout, des morceaux accrocheurs, ça donne la pêche, tout le monde peut écouter, bref c'était taillé pour passer sur la FM. Les paroles ne prétendent pas parler de concepts philosophiques. On parle beaucoup (mal) des filles... Il y a aussi des slows, morceaux plutôt dispensables en l'occurence. Et puis il y a des morceaux comme « Put Some Sugar On Me », « Excitable », « Rocket », « Run Riot », « Armageddon it », « Don't Shoot Shotgun », qui peuvent simplement vous faire du bien. Bref il faut passer les plages une après l'autre, garder ce qu'on aime, jeter le reste. Le morceau « Hystéria » par exemple.

Je parle pas de l'histoire de cet album : le batteur qui perd un bras suite à un accident, il faut attendre qu'il sorte de dépression, qu'on lui peaufine un set électronique pour lui permettre de rejouer, un premier producteur qui jette l'éponge, un second itou, retour du premier, tiens, il y a déjà quatre années qui sont passées depuis le précédent qui s’appelait « Pyromania ». Ah ben si, je viens d'en parler un peu...

Bref, Def Leppard c'est comme le Nutella : un peu trop gras, un peu trop sucré, mais c'est très bon quand on en mange un peu. Et tu as raison Mr Bridouz : ça passe très bien au volant d'une Sierra ou d'une Mondéo. Ça marche aussi avec une 307 ou une Mégane.

 
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from Des mots en plein Furvent

Aujourd'hui on essaie un nouveau genre de billets. Le but est simple : écouter un album, écrire son ressenti puis la personne lisant le billet peut écouter cet album et partir sur un album similaire, laisser divaguer son esprit pour écouter quelquechose de ressemblant pour à son tour écrire.

Je commence donc aujourd'hui avec l'album Roll the Bones du groupe canadiens Rush.

Rush - Roll the Bones

Sorti en 1991, l'album arrive après ce que beaucoup considéreront comme l'age d'or du groupe avec des albums comme 2112, A Farewell to Kings ou encore Hemisphere.

Premier ressenti, c'est du rock de haute qualité, du rock purée dure comme la cassette de la Ford Sierra, puis de la Mondeo. Un album qui s'écoute plus que bien, du rock où l'on hoche la tête machinalement, où les riffs de guitares nous font sortir des : Oh oui !.

Le premier titre, Dreamline, nous emporte des les premières notes. Ça groove sévère pour nous emporter par la suite sur un refrain entrainant. On est dans le bain direct. Ça joue bien.

Les titres s’enchaînent, taillés pour de la grande écoute à première vue. Car c'est bien là où réside le génie de ce trio, en tendant l'oreille on remarque des rythmiques travaillées, des riffs léchés où viennent se poser de petites variations. Ghost of Chances me fait penser à du bon rock blues où l'on hume ce mélange d'odeurs de bières, cafés et cigarettes avec même, pour les plus courageux, un soupcon de sueur. Oui, Rush est un sacré groupe. Ayant évolué avec l'âge sans pour autant délaisser cette profondeur d'esprit dans leurs compositions.

Neurotica est taillé pour la radio avec son savant mélange de pop et de rock, les chœurs finiront d’envoûter l'auditeur déjà conquis depuis longtemps. Le rock progressif du trio est perfusé d'influences multiples, on descellera ici ou là des pointes de reggae ou des larmes de funk. Where's my Thing est un morceau instrumental de haute volée, ça fait remuer sur son siège avec ces lignes de basses et le synthé est amené avec parcimonie, avec finesse.

Un album que je recommande, une bonne introduction dans l'univers musical de Rush.

#Musique #Rock #Prog

 
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from Des mots en plein Furvent

En écoute : Steven Wilson – Personal Shopper

Un jour de repos comme les autres, enfin pas tout à fait.

Le réveil déjà, bien trop tôt alors qu'il n'y a pas l'obligation de se rendre au travail. Un café, deux cafés et le train. Le paysage défile, l'esprit est ailleurs, vagabonde vers des pensées pas forcément sympathiques.

La musique, toujours, vient adoucir ces moments. Un peu de rock progressif pour partir, essayer tout du moins, ailleurs.

Des centaines de kilomètres sur les rails, bercé par l'avancement du train. La vie, elle, avance également. Un long trajet pour quoi ? Pour un signal d'alerte, un appel aux secours d'un Homme. L'envie de ne plus y être, le besoin de se détruire pour se soulager. Toujours dur de penser que cela peut être vécu.

Un long trajet donc, où l'on se dit qu'on aurait pu, que l'on a pas fait, enfin, pas complètement. Et en même temps, tendre la main dans le vide est un exercice compliqué, s'il n'y a pas d'accroche en face, que faire ? Essayer de tendre la main un peu plus loin ? Chercher ce petit coin où l’agrippement est possible ?

Parfois l'endroit est caché, impossible d'accès, bloqué par un cerveau en proie au lâcher-prise.

Enfin cela c'est ce qui me passe à l'esprit alors que la belle campagne du Val de Loire laisse place à des paysages plus au Sud.

Sur le trajet un bouquin et de la musique m'accompagnent, comme souvent. Une histoire d'humains luttant dans un monde impersonnel, dicté par la finance et la bien-pensance. Un monde où tout un chacun pense pouvoir jouer un rôle majeur sur le grand échiquier mondial, où comme souvent l'Homme est pris dans une trame sous-jacente, sans se rendre compte qu'il est au final bien plus esclave du monde que pleinement libéré du poids de la société. ( Les Machines Fantômes d'Olivier Paquet).

Avec cela Leprous accompagne mes oreilles avec leur dernier album intitulé Pitfall, réflexions sur les problèmes psychiques d'un de leur membre. Un album magnifique, complexe et envoûtant. Les émotions y sont très perceptibles et c'est un régal d'un point de vue composition.

Les mots et les sons reflètent l'état actuel des choses, ouais.

Une fois arrivé sur place, déjà la ville. Le bruit constant, le béton envahissant, impersonnel, inhibiteur de vie. Les affichages, les publicités dans tous les sens. À chaque coin de rue la confrontation. Je me dis qu'il y a matière à s'y perdre, matière à se haire, s'oublier tant ce mode de vie prône la compétition, la frustration au détriment d'un épanouissement simple et individualisé (≠ individualiste).

Une machine pouvant broyer la moindre faille, venir s'y loger et petit à petit gratter le tour, s'infiltrer au plus profond de l'être pour venir dégrader lentement un psychisme déjà fragile. La plupart des gens n'y verront rien, vivant tranquillement sans prêter attention aux autres, ceux que la ville dévorent à petit feu.

Et puis tu y es, tu y rentres. Ça sent l'hôpital, impersonnel, malheureuse vétusté du service public. En revanche ça sent le soin, la présence de personnes vouant la majeure partie de leur temps à panser les blessures, les découvrir et essayer de soigner les maux de l'âme. On t’emmène à la chambre, la personne est là. Dans cette pièce dépouillée de toute tentation, la personne est là.

Son enveloppe physique tout du moins, son psychisme est encore ailleurs, récupérant de cet élan excessif, désespéré, cet appel à l'aide après tant d'année d'une lente et destructrice combustion.

On parle de tout, de rien. Le sujet de ma présence plane au-dessus de nous sans souhaiter être mentionné. Les démons aiment se tapisser dans l'ombre, omniscients et silencieux.

Les paroles vont et viennent, de-ci de-là on note des mots-clés, des phrases lancées inconsciemment, peut-être, l'air de rien, et qui pourtant en disent long. Des sourires forcées, un mélange de pudeur et de gène envahissent la conversation.

En façade il parait bien, en bonne forme. Une fois le premier voile tombé, le dialogue et la confiance installés, les apparences sont comme souvent trompeuses. Non il n'est pas bien, la forme ce n'est pas ça non-plus. J'ai tendance à penser que sous l’effet des divers médicaments les mots ne sortent jamais par hasard, bien que parfois pouvant avoir l'air d'être inappropriés au sein de la conversation. Au contraire, le filtre habituellement mis en place dysfonctionne. Perturbé, il laisse passer des mots, ceux qu'il ne laisserait jamais passer en temps normal.

Quelques semaines, de longs jours pour amorcer un processus de reconstruction. En partant je lui souhaite de prendre soin de lui, il me répond qu'il n'a pas besoin, car il y a des professionnels pour ça. Je lui souris et lui répond qu'ils sont, nous sommes aussi, là effectivement mais qu'il faut aussi qu'il y soit lui, bien présent, prêt à accepter cette aide qu'il a si souvent refusé. Une larme coule lentement le long de ma joue alors que je quitte l'endroit.

Je pars, en me disant que ce n'est pas gagné. Il y a cependant de l'espoir, je crois, j'espère, je le souhaite .

On t'aime mon pote.

#Journal #Réflexion

 
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from Des mots en plein Furvent

Maintenant que le blog tourne avec writefreely il me fallait aller voir du côté de chez emacs s'il était possible d'intégrer la chose dans l'éditeur. Et bien sûr cela est possible et c'est, comme souvent, un plaisir à utiliser.

Writefreely est assez simple à prendre en main une fois l'installation faite. On crée un nom d'utilisateur, on définit un mot de passe et voilà le plus gros est fait. Il suffit par la suite d'écrire. L'éditeur est minimaliste, permet tout de même de sauvegarder des brouillons, programmer des publications futures et c'est tout. La syntaxe utilisée par writefreely est le markdown, syntaxe simple et bien répendue. Il est également possible d'avoir des tags avec # devant, pratique pour organiser des thématiques. Les billets sont publiés rapidement et il est également possible de les épingler pour ainsi les transformer en pages.

Donc nous avons ici un outil d'écriture plus que simple, intuitif et agréable, il ne reste plus qu'à compliquer la chose en utilisant emacs.

Il s'avère finalement qu'il n'est pas bien compliqué, modulo le fait de configurer emacs, d'utiliser le paquet writefreely.el, voilà à quoi cela ressemble dans la configuration générale d'emacs.

(use-package writefreely
  :after org
  :ensure t
  :config (load-library "writefreely-auth-token.el.gpg"))

Le fichier writefreely-auth-token.el.gpg contient le jeton d'accès à mon compte.

(setq writefreely-auth-token "00000000-0000-0000-0000-000000000000")

Ce dernier est récupérable en utilisant la commande suivante.

curl "https://write.as/api/auth/login" \
  -H "Content-Type: application/json" \
  -X POST \
  -d '{"alias": "user", "pass": "12345"}'

Ensuite c'est de l'écriture, pure et simple, en utilisant ce beau langage qu'est org mode, et puis un coup de M-x writefreely-publish-org-update et le tour est joué.

#Emacs #Blog #Outils

 
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from Des mots en plein Furvent

Billet faisant partie de la série #LaMémoireDesAutres

Grandes et fortes sont les émotions que l'on peut ressentir en travaillant avec un public malade de la mémoire. Il faut parfois savoir se protéger pour ne pas se faire plus de mal que de bien, mais dévoiler ses émotions est, selon les situations, plus que bénéfique pour le résident.

On commence par l'accueillir, prendre connaissance de son histoire de vie, de son passé, souvent lourd. On se laisse quelques jours pour que les deux parties s'apprivoisent.
En tant que soignant on observe, on analyse, on tire des trajectoires hypothétiques dans tous les recoins de notre cerveau.

Une fois ce moment passé, il est temps de rentrer dans le vif du sujet, l'équipe met des choses, des petites choses, en place. Le matin les soins d'hygiène se déroule à 99 % de la même façon, une cohésion partagée par l'équipe.
On répète souvent les mêmes choses, à des moments bien précis.
Tous les soirs le résident ferme ses volets, va dans la salle de bain pour se mettre en pyjama et est libre par la suite de se coucher ou non. Tous les soirs ce rituel est là, tous les soirs il permet à la personne malade de la mémoire de se repérer.

À chaque repas il lui est proposé de l'aide pour couper sa viande, à chaque repas il lui est rappelé son prénom, son nom, afin qu'il se reconnaisse encore et toujours, à chaque repas il reproduit les mêmes gestes, les habitudes sont là et le soignant doit modeler son prendre-soin autour de ce socle que lui offre les capacités résiduelles du résident.

Petit à petit le résident s'ouvre, il y aura toujours des hauts et des bas, mais globalement il s'ouvre et surprend.

Les discussions deviennent un peu plus poussées, les éléments perdus resurgissent parfois, il faut alors mettre ce petit trésor de côté pour le couver, le travailler et l’amener, si possible, à maturité.

La personne vit un peu plus, sort, parle, s'habille, mange seule. Les échanges sont parfois d'une drôlerie impressionnante et c'est cela le travail du soignant. Travailler autour de la personne, avec la personne, prendre soin et non soigner (car celà est impossible), respecter les envies/refus de la personne pour qu'elle puisse vivre dignement. Et surtout, semer perpétuellement des petites choses, des petits riens, qui, sait-on jamais, avec le temps pourraient bien donner de grands résultats.

#AideSoignant #EHPAD #LaMémoireDesAutres

 
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