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from Des mots en plein Furvent

Le gars jnb sort les classiques, sans pour autant tomber dans l'album que tout le monde connaît. Non monsieur, c'est que le gars jnb quand il te parle d'un groupe, il te parle d'un groupe. Les albums, tous les albums, il les connaît. Le repas que le bassiste a mangé avant la naissance de son fils, il le connaît (peut-il te sortir l'aport calorique, j'en suis presque sûr.)

Paintbox m'a instantanément fait penser à Yes, ça sent bon le space rock. Et c'est vrai que la comparaison avec notre musique franchouillarde de l'époque fait mal à notre patriotisme. Rika Zaraï, Johnny Halliday, Richard Anthony, Joe Dassin ont dessiné le top 50 français en cette année 1969, De l'autre côte de l'Atlantique c'est Marvin Gaye, The Beattles, The Rollibg Stones ou encore Diana Ross. Tu rajoutes Fleetwood Mac, Stevie Wonder, Johnny Cash (le seul vrai Johnny qui soit) ou encore des groupes peu connus comme The Who ou David Bowie et ça a tout de suite une autre gueule. 1969 c'est aussi la création d'Ange, comme quoi la France avait encore l'envie d'avoir envie (ouais…).

Bon n'empêche qu'à chaque fois il arrive à me coller le jnb. Comment veux-tu tirer quelque-chose parmi la multitude de références que font jaillir un groupe de ce calibre, il peut pas me sortir des petits groupes sans prétentions non, il tape dans le lourd, le légendaire.

Si tu me parles de Pink Floyd je pense automatiquement à de l'innovation en matière d'enregistrement (La qualité du son sur The Dark Side of The Moon, putain pour l'époque les gars avaient fait un travail de malade.), de l'expérimentation musicale repoussant les limites conventionnelles de l'époque. Tu ranges ça à côté de groupes comme Yes, Jethro Tull ou Genesis et tu as déjà de quoi te faire de bonnes soirées de plaisirs auditifs.

La musique est avant tout une affaire d'humains, les ombres derrières la beauté jaillissant d'un savant mélange d'instruments, de sonorités, de gammes. Du génie à n'en pas douter. Si on reste sur ce crédeau la logique voudrait que je sorte un bon Dream Theater des familles. Mais là encore, qu'il y a-t-il à découvrir dans ce groupe ô combien important dans ma culture musicale. Non, il faut un nouvelle fois se retrousser les manches et aller chercher plus loin. En revanche si vous ne connaissez pas le groupe, je vous conseille Images and Words et Six Degrees of Inner Turbulence.

Tiens, ça faisait longtemps que je vous avais pas parlé de la médiathèque de mon adolescence, dans ce beau bâtiment il y avait là-encore un album qui allait me marquer : Remedy Lane de Pain of Salvation.

Quatrième orfèvre d'un groupe suédois ayant fait une arrivée fracassante à la fin des années 90. Nous avons ici un concept-album, comme presque à chaque fois, traversant le spectre musical pour venir secouer de la créativité, allumer le feu (re ouais…) magnifique qu'est la transcendance. Rien est à jeter dans cet album, le tout est cohérent solide et on a plaisir à y revenir pour en savourer les subtilités. Un délice.

Un morceau comme Part of the Machine : Inside sur l'album One Hour by the Concrete Lake résume parfaitement l'état du métal progressif de l'époque. Des frissons à chaque fois que je lance l'album.

Je suis presque sûr que monsieur jnb fut en contact auditif, aussi bref soit-il, avec cet album dans sa vie. Je peux même vous assurer que cela était avec Winamp, c'est vous dire l'époque.

Alors choisir cet album, ô combien magnifique soit-il eu été un peu trop simple. Autant s'éloigner de ce métal progressif que j'affectionne tant pour partir explorer des contrées musicales plus vastes. Je vais ainsi vous parler de l'album Panther, le dernier en date du groupe. Sortie à la fin du mois d'aôut de cette année toute particulière.

L'album commence avec Accelerator, un rythme improbablement oppréssant se propage dans mes oreilles, le combo batterie/guitare déstabilise, le clavier vient t'écraser dans ton fauteuil (si tu es assis, autrement tu tombes et il est déjà trop tard). Le phrasé est groovy, empli d'une verve incandescante. Et puis ne serait-ce pas des bols tibetins au loin ? Le groupe frappe fort d'entrée de jeu.

Unfuture est lent et crade. Ça sent le sud, les vapeurs d'alcool se mélangeant à la cigarette. Daniel Gildenlöw emporte le tout de sa voix reconnaissable entre milles. Véritable pierre angulaire de l'album, les instruments viendront se greffer autour, s'articuler.

Restless Boy est encore une fois un modèle niveau rythmique, Léo Margarit (cocorico) est un batteur hors-norme. La mélancolie emporte tout sur son passage et ce morceau, en quelques écoutes, s'est frayé un chemin dans ma mémoire. Il correspond parfaitement à une traversée de la Loire en allant au boulot à 6 h du mat', une contemplation des champs, des oiseaux venant picorer le sol ou encore d'un dimanche soir au coin du feu avec le chat sur les genoux.

Les nappes de synthés et l'utilisation singulière de la guitare amène un aspect mécanique, froid et implacable. Les effets sur la voix sont amenés avec parcimonie, renforçant le côté émotionnel du morceau. En toile de fond la basse fait son travaille, douce et tout en rondeur elle berce l'auditeur. Un très gros coup de coeur.

Wait est d'une efficacité painofsalvationesque. On y retrouve les ingrédients préférés du groupe avec une montée lente et progressive, des refrains entraînant et un sens de la mélodie toute particulière. Dès les premières notes, le frisson est là, l'utilisation du vocodeur sur la voix est intrigante à la première écoute et puis cela est au final une bien belle idée, apportant ce détachement collant aux paroles. La guitare acoustique finira de vous conquérir j'en suis sûr. Au casque le travail sur les voix est encore une fois à souligner, décidement.

Keen To A Fault est encore une fois un savant mélange entre sonorités éléctroniques et éléctriques. J'y ressens beaucoup de Peter Gabriel sur le début du morceau. La batterie est une nouvelle fois monstrueuse, tout y est millimétré et pour autant elle ne parait pas étouffée par le reste.

Fur est un interlude, rien de plus, rien de moins.

Panther mélange habillement rythmes tribales, phrasés rapés et bonnes grosses guitares faisant juste ce qu'il faut pour rendre le tout violent. Et puis une cassure, soudaine. Un changement de ton pour repartir sur encore quelque-chose de nouveau. En live ce morceau s'annonce déja comme un classique.

Species s'impregne par les plus beaux groupes de rock des années 60-70. Ça sonne simple et efficace. On retrouve le Pain of Salvation purement rock qu'on avait sur les deux albums Road Salt.

Icon vient clôturer l'album du haut de ses 13 minutes. Une première présentation des différents thèmes musicaux nous plonge entre deux eaux. D'un côté la douceur du piano, délicatement joué. De l'autre un son de guitare sombre et perturbant. Et puis l'éclat de lumière, l'insouscience de la jeunesse sur un arpège aéré.

Panther est un album absolument passionnant pour les fans du groupe, il aborde encore une nouvelle facette musicale, allant toujours aussi loin dans l'exploration et l'expérimentation sans pour autant délaisser le gout de la mélodie et de l'émotion. Certains seront laissés de côté, d'autres en ressortiront une nouvelle fois admiratifs. Et pour ceux qui ne connaissent pas encore le groupe, cet album est une bonne porte d'entrée. Il brille par sa qualité d'écriture, son leader charismatique articulant les morceaux autour de sa voix incroyable.

 
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from jnb

Pong Musical : Pink Floyd – Relics

Ouah, Riverside !! Moi aussi j'aime cette voix ; pas de vibrato, seulement la note juste qui se prolonge, pas d'effets pour cacher une légère approximation. En fait tu as des sons simples, tu entends chaque musicien clairement, pas d'empilement d'instruments, des mélodies accrocheuses, des morceaux bien construits, on ne s'ennuie pas.Tiens, si j'étais pas un brin écolo responsable de mon empreinte carbone j'irais bien faire de la 2X2 voies, le régulateur à 110, avec l'autoradio à un volume tel que tu es une boule de musique qui se déplace dans la nuit....

Et puis, arrivé à la dernière note je laisserais un peu de silence pour redescendre un peu, et alors mes neurones seraient prêts à recevoir avec l'attention et le respect requis, ben oui devant la création artistique, et ici c'est de l'art, aucun doute là-dessus, on doit faire l’effort d'écouter les oreilles grandes ouvertes et reconnaissantes du bonheur offert par des musiciens qui se sont décarcassés pour offrir une création aboutie, polie, dans le sens polir un objet, pas être poli comme avoir une bonne éducation, je précise pour que vous ne soyez pas perdus dans mon explication un peu alambiquée, je le reconnais... bref cet album mérite qu'on soit respectueux et attentif quand on se le met entre les oreilles, là où sont produites les endorphines, …. et moi je pourrais conduire comme cela jusqu'en Pologne, mais c'est pas possible, à partir de chez moi la seule 2X2 file vers l'ouest, pas vers l'est, tant pis je ferrais comme si...

Je crois, non, je suis certain, qu'on peut mettre Riverside au niveau des groupe déjà sélectionnés par le gars qui furvente dans sa tête comme Opeth ou Ayreon par exemple. La référence à Steven Wilson est aussi évidente. C'est vous dire s'il y a du niveau. Du niveau, mais surtout du plaisir à entendre la pureté de la voix et des sons, la complexité, malgré une apparence de simpliciré, la complexité donc des compositions.

Si je devais mettre une note, je mettrais bien 6 sur 6. Oui, je sais, habituellement on note sur 5. Et pourquoi donc ? Moi je trouve que la base 6 (6,12,18,24,...) est aussi jolie que la base 5 (5,10,15,20,...).

Bon, un peu d 'explications sur mon choix Ponguesque : Le titre « Under The Pillow », le nom du morceau, pas la musique, est direct allé percuter la case où il y avait écrit « A Pillow Of Winds »... Puis le son du clavier a confirmé mon choix : dès la première note, un son que Richard Wright aurait pu choisir, idem à 1mn 20. Donc c'était décidé, ce serait Pink Floyd, mais il y a-t-il encore quelque chose à découvrir pour des personnes aussi cultivées que le Furventesque ex-chevelu ? «  The Dark Side... », « Meddle », « Wish You... » ?

Intermède « Souvenirs, Souvenirs » : Je me souviens de la sortie de « Wish You Were Here », assis par terre en rond autour d'un tourne disque, la rallonge qui part du garage, et Baloo (oui, il était un peu rond...pas tant que ça en fait...) qui pose le disque tant attendu... Une écoute, deux écoutes...Avant cet après midi, devant le garage assis sur les graviers, il y avait bien une pelouse mais la rallonge était trop courte..., bref, avant cet après midi j'étais vierge de cet album, de ces nappes de synthé, du thème au clavier Moogesque ou Moogien, c'est comme vous voulez, des guitares aux sonorités venues directement du paradis, c'était l'été, la musique entrait doucement en moi, c'était bon... Fin de l'Intermède.

Alors je me suis dis, Jnb mon ami, quel est l'album que peu de personnes connaissent parce qu'à cause de sombres péripéties judiciaires il a été en vente peu de temps ? En plus avec au moins deux pochettes différentes ? Que personne n'avait dans ses vinyles, sauf au moins un copain qui m'avait permis de le casseter (Alain certainement...) ? Un album que j'ai écouté et réécouté en faisant mes leçons, ce qui explique mes résultats au lycée peut-être.... C'est une Compil des premiers albums, avec des inédits ou face B de 45 tours, sortie pour faire attendre car l'enregistrement de « Meddle » trainait trop en longueur pour la maison de disque qui avait envie de continuer à gagner de l'argent, mais retirée de la vente pour des raisons qui me restent obscures (by clouds....évidemment, ah ah ah).

Ça commence avec «Arnold Layne », court morceau bien sympa, mais sans grande particularités.

Ce qui n'est pas le cas d' « Interstellar Overdrive ». Long morceau, ou les collages de guitares construisent des couches qui dialoguent avec des couches de clavier, une basse qui avance, se retire, puis revient, une batterie qui n'est pas utilisée pour un rythme uniquement, mais le plus souvent pour être un instrument, ça ressemble à de longues impros, la direction est commune, mais chacun suit son chemin. Ce qui, à y réfléchir, est une histoire condensée des cinq musiciens de Pink Floyd. Il n'y a que le mixage qui soit insupportable. Pas la répartition des instruments, ce qui était fréquent à cette époque, mais la fin du morceau me donne la nausée à chaque fois. Physiquement.

Suit « See Emily Play ». Une des mélodies qui me met le plus de bonne humeur. Je ne sais pas exactement pourquoi, mais c'est un morceau que j'ai aimé dès la première écoute et dont je ne me suis jamais lassé.

« Remember A Day », avec ses descentes de Toms, ses parties de piano, ses glissandos de guitares qui créent une atmosphère étrange, ses voix, est un morceau que je n'ai jamais entendu à la radio. Ce qui ne signifie pas grand chose parce que parmi les morceaux que j'aime, il y en a beaucoup qui restent rarissimes sur les ondes. Mais c'est un morceau complexe qui mérite d'être porté par les amis du gars qui furvente, slamine, etc .

« Paintbox » est une petite chanson encore une fois bien agréable, écrite dans les années 66/67... Quand on compare avec les chansons françaises de l'époque...

« Julia Dream » est une autre illustration du fossé qui nous séparait alors...

« Careful With That Axe, Eugène » est la version studio, assez plate en fait, non carrément plate comparée à la version live parue sur Ummagumma » qui, elle, file réellement des frissons. Il faut absolument écouter la version d'Ummagumma, la tension qui monte, l’explosion, le relâchement puis enfin l'apaisement.... Je crois que mon père, en entendant ce morceau joué à fond sur ma chaîne Dual, a définitivement été convaincu que je ne connaissais rien à la musique, qui comme tout un chacun le sait, commence avec Verchuren et se termine avec Yvette Horner... je comprends son point de vue...

« Cirrus Minor » s'ouvre sur des chants d'oiseaux, des guitares, une voix traînante, un orgue typiquement Richard Wrightesque, morceau envoûtant, calme, apaisé avant les guitares saturées, le traitement rock plus classique de « The Nile Song ».

« Biding My Time », je ne connaissais pas avant de retrouver, grâce aux logiciels chers à l'homme qui a les cheveux dans le vent, l'album dont je vous cause aujourd'hui. Je ne l'avais pas enregistré. Il faut dire qu'à cette époque, une K7 C90, c'est à dire de 90 minutes, permettait d'enregistrer deux albums pour le prix d'un demi album. Donc si tu avais toujours soif de musique comme moi, il était rentable de copier sur C90. Mais une C90 c'est deux faces de 45 minutes, et Relics par exemple faisait 49 minutes. Donc il fallait sacrifier un morceau au moins, et assez long.... Tu pouvais aussi acheter des C120 , deux fois une heure, dans ce cas pas de problème, mais c'était plus cher, et surtout les C120 avaient la fâcheuse habitude de voir leur bande s'enrouler, se coincer, se froisser, se casser, et alors direction la poubelle avec une grosse colère parce qu'il fallait retourner chez le type qui t'avait prêté l'album, luis demander de te prêter à nouveau, parfois il l'avait échangé avec un mec que tu ne connaissais pas, bref des trucs à te compliquer la vie. Alors vive la C90 !! Mais il fallait sacrifier... Bien sûr tu pouvais enregistrer le morceau en trop sur l'autre face. Mais alors il ne te restait que 40 minutes pour un autre album ! Mais surtout j'avais des principes : un album par face !! Bref, « Biding My Time », commence très Jazz cool pour se terminer dans un truc plus Blues Rock. Très bon morceau. Dommage qu'il ait été obligé de passer à la trappe et rejoindre le cimetière des morceaux sacrifiés à cause des K7 trop courtes..... Je sais pas si les K7 existent toujours, mais les dernières que j'ai achetées, étaient des C90 + 4... C'était déjà mieux...

Le dernier morceau, « Bike », est un morceau de Syd Barret, expérimentation sonore qui le caractérise assez bien en fait.

Si vous lui laissez sa chance en l'écoutant plusieurs fois, je suis certain que « Relics » va se faire une petite place en vous et vous enrichira de morceaux, de sonorités, de mixages d'une époque qui a participé à la grande aventure de la musique qu'on aime, Oh Yeah !!

Bonne écoute.

 
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from Des mots en plein Furvent

Forcément le Quah, toujours ce fameux Ka (bien souvent mal orthographié) d'ailleurs.

Le monsieur Jorma j'en ai déjà entendu parler, notamment avec Hot Tuna, groupe à écouter délicieusement lorsque les feuilles, rougies par le temps, tombent des arbres. Délicatement emportées par un furvent naissant.

Encore une fois je fus conquis par cette écoute. Du blues, du vrai, celui que j'aime. Sans artifices, surenchères de solos – parfois inutilement placés – et de voix sentant l'Amérique testostéronée. Non ici c'est du vrai, du pur, le gars Jorma compose ses morceaux avec passion et touche le coeur sans détours.

Ça sent bon l'herbe fraîchement coupée, le feu de bois faisant virevolter les odeurs de viandes grillées. C'est du bon je vous dis. Comme le dit le monsieur à trois lettres, le gars Jorma sait jouer, à ce niveau là ce n'est même plus cela, c'est de l'art. La délicatesse du jeu est magnifique, les accélérations, variations de volumes, choix de techniques sont sublimement amenés. On est ici sur un très, très, très bon guitariste.

Les morceaux s'enchaînent et je ne vois pas le temps passer. Le blues a cela de shamanique : il amène joie et tristesse séparément, les mélange, les extrait pour ensuite les ré-assembler. On sent que le coeur des hommes n'est pas aussi dichotomique que cela.

Bon c'est pas tout mais le gars jnb m'a encore donné du fil à retordre. Que choisir ? Ma première intuition partait sur Donavon Frankenreiter, un Australien faisant de la folk teintée de surf. Ça met la banane, assurément.

Ouais mais quand même la voix du gars Jorma, effectivement ça dégage quelque chose, ça travaille les mots d'une façon bien singulière. Et puis il y a ce savoureux mélange aigre-doux de bonheur et désespoir. Alors ? Alors ?

Alors ce sera Riverside avec l'album Love, Fear and the Time Machine. J'ai fait la connaissance du groupe il y a maintenant presque quinze ans. Pour l'anecdote l'internet chez les parents était encore en 512k, il fallait passer par un logiciel wanadoo pour se connecter, ou alors bidouiller le modem/routeur mais ça… À l'époque il y avait le majestueux emule (qui vient de recevoir une mise à jour après des années de silence). C'était l'époque ou Last.FM était encore plus que chouette avec son lecteur/radio permettant d'écouter des artistes similaires. L'époque où la bzse virale d'Avast te faisait bien sentir qu'elle s'était mise à jour comle une grznde. C'était aussi l'époque de la découverte de Morow, radio internet de musique progressive, navigant encore à l'heure actuelle sur les sentiers sinueux d'un web pollué par la centralisation et la normalisation.

Riverside donc, groupe polonais arrivé sur la scène rock/métal prog avec l'album Out of Myself, c'était saturé et calme à la fois, avec une voix envoûtante. Et puis le groupe a grandi et en 2015 nous offre la pépite Love, Fear and the Time Machine.

Je ne saurais l'expliquer mais j'affectionne tout particulièrement les débuts de phrasés du chanteur. Mariusz Duda a vraiment quelque chose, et il l'a bien compris puisque qu'il joue davantage avec sa voix que sur les premiers albums du groupe. On ressent la passion pour la musique dans sa voix et cela vient faire vibrer quelque chose en moi.

Jnb parlait de gospel, je vous renvoie alors vers le morceau éponyme de l'album Shrine of New Generation Slaves, l'album précédent. Une entrée en matière plus que plaisante.

Arrivé en 2003 sur la scène prog, le groupe fascine dès son premier album, avec un métal prog typique de l'Europe de l'Est, enchaînant les montées et les solos. En revanche le groupe pousse un peu plus la machine que les autres et on arrive souvent à un niveau de montée tel que l'explosion se fait ressentir, les guitares sont incisives et la voix quant à elle s'énerve un peu plus.

Grosse étoile du métal prog du vingt-et-unième siècle, Riverside amorce alors ce tournant plus calme dès 2013. Je crois qu'on appelle cela de la sagesse. Le groupe fait redescendre la saturation et travaille sur un son plus global, envoûtant.

L'album démarre sur la délicate combinaison d'une nappe de synthé et la voix suave de Duda, une guitare légèrement saturée vient se greffer au mélange déjà magnifique. Le soleil se lève doucement, l'odeur de café emplit mes narines alors que je contemple les champs et au loin, le bruissement des arbres, délicatement bercés par un Zéfirine tout en légèreté.

Under the Pillow m'envoie directement chez nos amis de la bannière étoilée, ça sent la bière chaude, la clope et ce qu'il faut de sueur.

#Addicted vient distiller sa touche de pop sagement dosée. Le morceau est un petit délice, la voix est encore une fois magnifique, oscillant entre mélancolie, tristesse, semblant même contemplative par moment. Un instrument à part entière.

Saturate Me et son riff d'intro rappelle les grands noms du prog moderne, c'est beau, tout en retenu et terriblement efficace.

Discard your Fear fascine avec ses lignes de basses absolument somptueuses, un trésor à découvrir et redécouvrir. Duda sonne ici comme Åkerfeldt d'Opeth.

Towards the Blue Horizon me fait instinctivement penser à un grand monsieur du prog, Steven Wilson. Le morceau se forme tout au long des 8 minutes. On sent la montée en puissance s'échafauder tranquillement pour nous offrir un final basé sur un riff de guitare où la structure vient se lover autour, s'adapter à la morphologie rigide du riff.

Le voyage se referme avec Found. Morceau taillé pour un plus large public, instinctivement il me fait penser à Behind Blue Eyes interprété par The Who, allez savoir pourquoi.

Avec cet album, Riverside s'épanouit pleinement, libère ses ailes et part dans des contrées magnifiques. Après l'écoute, il est possible que vous trouviez le monde un peu moins moche, pendant un moment du moins. Rassurez-vous, cela est tout à fait normal. La musique a fait son effet, et si l'envie vous prend, refaite vous un shoot, ça ne peut que vous faire du bien.

 
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from jnb

Pong Musical : Jorma Kaukonen – Quah (1974)

27 août 2020

Cette fois ci j'ai flairé l'arnaque, le piège posé discrètement pour que je sombre dedans... Il faut dire qu'il me connaît bien, Mr plein de Vent dans la tête. M'a déjà fait le coup avec Quadrophenia : il m'a avoué qu'il avait sciemment posé le mot Opéra dans son texte, et qu'alors en le voyant je ne pourrais que partir sur Quadrophenia... Bon, ok, il avait raison.

Alors le coup du canadien parti à LA, de la guitare acoustique , le premier titre qui se nomme My Old Man, référence claire à Old Man qui ouvre la seconde face d'un certain album nommé « Harvest » . Normalement mon cerveau, qui tourne avec en tâche de fond la Discographie du Grand Neil, aurait dû naturellement sortir un des nombreux albums du Loner pour Ponguer. Ah Ah, je passe à côté du piège.

Mac DeMarco est une fréquentation bien agréable. Cela va bien avec une soirée d'un été ensoleillé, une bière fraîche à la main alors que la brise vient doucement me caresser. C'est frais, léger, bien réalisé. Le désaccordage de la guitare sur Sister, par contre, m'a un peu agacé. Les sons de synthé aussi, parfois. Mais dans l'ensemble une belle découverte. Allez, encore un nouvel ami.

Pourquoi ce Ping m'a entrainé vers Quah de Jorma Kaukonen ? La guitare acoustique peut-être, mais la couverture de l'album m'a fait associer les deux albums, bien que pas dans le même style, ni dans la même tonalité (bien jaunasse pour Kaukonen...). Les mystères des neurones qui se connectent un peu n'importe comment...

Bon. Mr Kaukonen. Je l'ai rencontré à l'écoute de « Burgers » de « Hot Tuna », excellent album avec un Papa John Creach survolté au violon. Hot Tuna c'est Jorma Kaukonen et Jack Casady, guitariste et bassiste de Jefferson Airplane qui s'échappent pour voler de leurs propres ailes. Toujours en activité, les deux ont dévoué leur vie au Blues, mêlant compo de Kaukonen et reprises des pionniers du genre. L'association guitare acoustique et basse électrique, bien que pas très courante, fonctionne très bien, mais il faut dire que Mr Jack est une pointure.

Le premier Album, connu comme celui au verre de bière brisé, référence une chute de verre ou de bouteille provenant de la salle pendant l'enregistrement Live, est un album acoustique (avec la basse électrique, OK, mais ça reste quand même de l'acoustique dans l'âme. On pourrait en discuter des heures, mais je sais que j'ai raison. Enfin je crois. Suis pas sûr, mais quand même...), bref, après le premier album en 1970, plutôt acoustique donc, les suivants de Hot Tuna sont beaucoup plus électriques, voire incandescents, jusqu’au magnifique « Double Dose », Live très énergique qu'il faut écouter sans retenue. La suite deviendra plus acoustique, mais toujours avec des incartades vers l'électrique, si bien que leurs concerts précisent souvent Acoustic Hot Tuna ou Electric Hot Tuna afin de savoir quel face de Hot Tuna on va aller voir.

Mais revenons à Mr Jorma : Quah est son premier album solo. Album qu'il a choisi acoustique, habillé de cordes soyeuses. Produit par son pote Jack, les guitares sont superbes et l'équilibre entre voix, guitares, cordes frise la perfection. Moi je suis amoureux de Jorma, de son phrasé, de la façon unique qu'il a de tordre les mots de sa voix reconnaissable entre mille. Pour attaquer très fort, on commence avec Genesis, morceau joué avec un Picking classique et des cordes pour habiller cette petite perle. Genre de morceau qui donne des frissons de bonheur. C'est une jolie déclaration d'amour, mais comme c'est du Blues, cet amour ne semble pas si bien partagé que ça... On enchaîne avec « I'll Be Allright », morceau du révérent Gary Davis, preuve que Jorma, qui doit avoir assez de morceaux persos en réserve, tient aussi à jouer les bons morceaux des autres. « Song For The North Star » prouve encore que les cordes soutiennent avec beaucoup de bonheur la guitare. Je ne suis pas certain que je les aie entendues lors de mes premières écoutes, trop aborbé par cette guitare qui sonne si légèrement. « I'll Let You Know Before I Leave » est un petit instrumental à deux guitares qui met de bonne humeur. « Flying Clouds » met les cordes plus en avant, mais maintenant on est habitué à la combinaison Guitare/Cordes. Un cor pointe même son nez de temps en temps. « Another Man Done Gone » vient terminer la face A du Vinyle. Une reprise qui sent bon le Blues classique, avec des guitares qui pleurent le Blues comme seul les grands peuvent le faire. Après avoir retourné la galette, on repart avec le révérent Gary Davis pour « I Am The Light Of This World ». Arrivé à ce stade de l'album on ne fait même plus attention à la technique des petits doigts de Jorma. Sûr que si il chante autant de Gospels c'est parce qu'il a dû passer un pacte avec le diable pour jouer aussi bien... Ce n'est pas « Police Dog Blues » qui me fera changer d'avis. Les notes arrivent de partout, il y a même des harmoniques qui viennent se glisser dans le morceau, ceux qui aiment la guitare vont adorer ce morceaux. Quoique les autres aussi pourraient bien l'aimer. Arrive « Blue Prélude », et on se dit qu'il a dû se passer quelque chose... Bon, c'est un truc un peu étrange : deux morceaux sont chantés par Tom Hobson, guitariste et chanteur ami de Kaukonen qui a l'origine du projet aurait dû avoir une face pour lui : une face pour Jorma, une face pour Tom : c'est beau l'amitié. Sauf que les maisons de disques respectives des deux copains ne l'étaient pas, elles.... Reste deux morceaux du gars Tom. Longtemps ces deux morceaux m'ont agacé, la voix de Tom étant trop plate à mon goût, alors je me suis concentré sur les guitares pour attendre le dernier morceau. « Hamar Promenade » commence avec une guitare qui introduit un riff bien sympa, puis la voix, toujours aussi particulière, arrive, un peu de cordes, quelques passages bien sympa avec des guitares qui jouent entrelacées, ça ressemble à des danseurs de tango, collés l'un à l'autre, se déplaçant en tournoyant, avec des changements de figures, le morceau se déroule en réjouissant les oreilles du mélomane qui dort plus ou moins profondément en vous. 4 minutes et quarante deux secondes qui passent très très vite. C'est très malin d'avoir posé ce morceau à la fin de l'album... Quand le bras se lève, que la pointe diamant quitte son sillon, que le plateau ralentit progressivement pour enfin s'arrêter, on se dit qu'on s'en reprendrait bien un petit coup.. De quoi ? Ben de « Quah » évidemment !!

J'ai vu sur le site de « Hot Tuna » un T-Shirt qui m'a beaucoup plu : une simple phrase qui dit «  If you don't know Jorma, you don't know Jack » ; Désormais vous ne pourrez plus dire que vous ne connaissez pas Jorma.... Bonne écoute.

 
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from Des mots en plein Furvent

Présentation

Depuis quelques mois maintenant j'ai adopté Alpine Linux comme distribution Linux.

Il faut dire que la petite bête a de quoi attirer le bidouilleur amateur que je suis :

  • Base légère (Busybox et Musl Libc)
  • Publication de versions stables (Tous les six mois)
  • Une version Rolling Release
  • Un système de paquetage facile à prendre en main
  • Communauté restreinte et conviviale

Et c'est donc tout naturellement que je me suis essayé à utiliser la distribution sur mon Raspberry Pi 3 comme serveur léger.

Rpi

Chose qu'il faut savoir avant toute chose, Alpine fonctionne nativement en mode diskless, en RAM. C'est-à-dire qu'un simple reboot vient réinitialiser toutes vos modifications vu que la partition système est en lecture-seule. Fort heureusement il existe un petit outil maison nommé lbu permettant de sauvegarder vos modifications afin de les restaurer au redémarrage.

Il arrive cependant qu'il soit nécessaire d'avoir une partition permanente pour écrire des données. Car même si lbu permet la sauvegarde il fonctionne en instantané et il faudra alors sauvegarder régulièrement lors d'utilisation d'un serveur web ou d'autres outils (dépôts git, moteur de blog, dns local).

La création d'une partition permanente se fait comme suit :

# Montage de la carte sd en lecture/écriture

mount /media/mmcblk0p1 -o rw,remount
sed -i 's/vfat\ ro,/vfat\ rw,/' /etc/fstab


# Création d'un fichier img contenant notre partition permanente

dd if=/dev/zero of=/media/mmcblk0p1/persist.img bs=1024 count=0 seek=1048576


# Création de la partition, montage

apk add e2fsprogs
mkfs.ext4 /media/mmcblk0p1/persist.img

echo "/media/mmcblk0p1/persist.img /media/persist ext4 rw,relatime,errors=remount-ro 0 0" >> /etc/fstab
mkdir /media/persist 
mount -a

# Création du répertoir racine permanent, montage

mkdir /media/persist/var/lib 
mkdir /media/persist/.work 
echo "overlay /var/lib overlay lowerdir=/var/lib,upperdir=/media/persist/var/lib,workdir=/media/persist/.work 0 0" >> /etc/fstab 
mount -a

# Sauvegarder le montage automatique au démarrage
lbu commit -d 

Ainsi j'ai une partition permanente, montée à /var/lib me permettant de pouvoir avoir sereinement un serveur web fonctionnel. Avec nginx, writefreely et radicale la mémoire vive consommée est de ~350MO.

Le système est plus que léger, stable et est un vrai plaisir à utiliser et administrer.

Bureau

Sur le PC ça tourne du tonnerre également, j'utilise cette fois la branche edge (bleeding rolling truc). Les versions stables (tous les 6 mois) sont sur le Rpi. Là encore tout y est et je prends plaisir à contribuer maigrement en empaquetant des logiciels le plus souvent possible.

On y retrouve tout ce qui fait le charme d'un poste linux pour une utilisation bureau. Cela va du simple gestionnaire de fenêtres aux bureaux complets. De Xorg à Wayland. Tout est là et ça marche plus que bien.

La distribution étant à l'initial prévu pour être légère et servir de base pour images docker, il faut noter que les paquets sont séparés en sous-paquets quand il le faut. Il est ainsi possible de retrouver les suffixes -doc pour les manpages et autres exemples de configuration, -dev pour les fichiers nécessaires au développement ou encore -openrc pour les fichiers d'init.

La distribution s'adresse à un public de niche, aimant bidouiller et se construire un environnement sur mesure. Cependant je note que beaucoup de logiciels/librairies fonctionnent avec musl et cela requiert de moins en moins de patchs de la part des distributions (ces derniers sont inclus en amont).

Avec des cycles de sorties de six mois, la stabilité d'utilisation est de rigueur et pour les aventuriers utilisant edge, à ce jour je n'ai pas eu le moindre souci de casse à noter.

Alpine est une distribution que je prends plaisir à utiliser, cela me donne envie de fouiller un peu plus pour en apprendre davantage sur l'écosystème peuplant mon ordinateur tout en ayant pas à craindre un éventuel pépin majeur lors d'une mise-à-jour.

 
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from Des mots en plein Furvent

Que ce fut long ! Des jours sans une réponse musicale à fournir aux esgourdes de ce vieux jnb. J'ai bien cru qu'il n'en verrait jamais la couleur d'ailleurs.

Je redoutais le moment où il allait me dégainer un Neil Young, car il faut savoir qu'à la maison le monsieur fait quasiment office de deuxième père, au pire de tonton faisant la gueule constamment. Le gars fait partie de la famille tant ses morceaux sont passés à la maison, alors comment essayer de trouver un lien. Tout est lié à ce monsieur, tout.

Je lance l'écoute et ça passe à une vitesse folle. On sent que le gars est dans le vrai, vit sa musique comme il l'entend. Toujours bien entouré d'ailleurs, ça c'est aussi un sacré talent. Et puis à la fin de l'écoute je me dis, allez mon gars Bridouz, tu vas lui sortir un bel album.

  • Crosby avec l'album Croz —–> CSN&Y

Foutu que je suis, car effectivement ce qui me frappe c'est les voix, les harmonies me faisant penser au maître incontesté, M. Crosby. Alors, dans un désespoir grandissant je réécoute une nouvelle fois, puis une autre, et encore une fois histoire de me faire du mal.

Tout est lié je vous dis ! Balancez les femmes et les enfants d'abord, sauvons nos miches tant qu'il est encore temps.

Le monsieur Young est quand même un sacré type, et on reconnaît dans sa musique à la fois tout ce qui fait l'essence du rock à cette époque, ainsi que sa patte bien caractérisée. Et le tout, en restant sur un produit brut, sans artifices.

Je vais donc partir sur cet orfèvre brut, ce non-travail à outrance du son qui caractérise le son Neil Young. Un ampli, une guitare et voilà msieurs,dames. Et en plus de ce côté brut, je rajouterais même le contraire de cette noirceur venant du Nord, j'y placerais un petit rayon de soleil (autodestructeur toujours, on parle d'artistes tout de même).

Le gars DeMarco a trente ans à l'heure où ces lignes sont écrites, six albums au compteur ainsi que deux lives. Pas mal du tout. Mac DeMarco ne se prend pas au sérieux, picole souvent un peu trop avant ses concerts, joue en plein cagnard sans crème solaire, picole encore. Un gars bien sérieux...

Comme souvent quand on creuse ces âmes torturées, on découvre des petits génies. En l'occurrence ici le gars est reconnu pour ces compositions faussement naïves et simplettes, son écriture décalée et pleine de mélancolie et de jeux de mots.

En épluchant un peu plus la vie du gars j'ai découvert qu'il jouait le plus souvent sur une guitare achetée 30 dollars alors qu'il était encore gamin, il possède également quelques autres vieilles guitares et synthés. L'enregistrement se fait sur du vieux matos où il fait la plupart du boulot. Complet et alcoolo je vous dis !

Lorsque je suis tombé sur l'album This Old Dog j'ai eu un peu de mal à la première écoute. Le style sort de mes habitudes d'écoutes, ici on sent que le gars maîtrise son sujet mais que le tout peut paraître bancal. La voix est parfois un peu à côté (consciemment ?), ça peut rappeler un peu le vieux Neil (ahahah et ouais le jnb, j'ai osé).

Et puis j'ai écouté à nouveau l'album. N'ayant pas fermé les volets, l'orage étant passé, un rayon de lumière est venu illuminer mon joli minois. Merci tout là-haut, la clarté est désormais mienne et tout s'explique (parce que tout est lié). Le gars DeMarco est un heureux glandeur, un gars qui sous l'apparence d'en avoir rien à foutre de tout, se fait sa petite vie comme il l'entend, tout en distillant sa poésie à qui la veut. Ce gars est un mec bien.

Les titres s'enchaînent et sa folk décomplexée vient nous bercer, les sons de claviers peuvent perturber, amenant un côté décalé voire glauque aux morceaux (Moonlight On The River), ou sonnant très 70s sur un For The First Time. inlassablement Sur A Wolf Who Wears Sheeps Clothes, l'harmonica nous renvoie à ces légendes que sont Dylan, Springsteen et Young (tout est lié).

On ressort alors de l'écoute avec un sourir jusqu'aux oreilles, Mac DeMarco se moque de tout, joue sa musique avec le coeur. Le gars avance doucement mais sûrement.

Rien ne presse ici-bas, rien ne sert de courir. Puisque tout est lié.

#Folk

 
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from jnb

Pong-Pong Musical : Neil Young – Tonight's The Night / Pendragon – Not Of This World

Alors le jeunot, un peu fatigué, un peu surpris par les balles qui reviennent, propulsées à toute vitesse par le vieux joueur devant lui, plus très très mobile, mais toujours sur la trajectoire, comme si, quelque part au fin fond de son cerveau rouillé quelques neurones se souvenaient de trajectoires semblables.... et le jeunot se dit je vais lui envoyer deux balles à la suite, Ping Ping, ça va le déstabiliser complètement le vieux ! Alors aujourd'hui je me vois dans l'obligation de répondre par un Pong Pong, mais c'est vrai que ça m 'a déstabilisé... Obligé de réfléchir à deux Pongs en même temps !! Et en plus le second avec 200 mots seulement... Bon, ça on verra...

Katatonia : musicalement, l'image qui m'est venue est celle d'une armée disparue réapparaissant au fond d'un cratère, pleine de force sereine, d'énergie tranquille, remontant le pente pour renaître, victorieuse, tout autour du sommet, levant les bras et criant sa volonté de vivre aux nuages noirs et aux dieux qui les surplombent, s'ils existent. On sent qu'il y a eu de la douleur, de la mort, des combats pour arriver ici. J'ai particulièrement aimé la (fausse) simplicité de « Decima ». « Residual » et « Serac » sont évidemment à ranger du côté des morceaux à écouter de nombreuses fois pour commencer à en sentir toute la richesse. Mais il n'y a rien à dire : chaque morceau est excellent. Merci pour la découverte, pour le voyage.Le travail sur le son est très agréable, équilibré, ni trop,ni trop peu.

À la lecture du Ping sur Katatonia, une lumière s'est allumée à la vue du mot mélancolie : je connais un spécialiste, et un album plus que les autres, et un morceau plus que les autres !! Donc, pour changer, je vais vous parler d'un morceau. Ce qui risque d'être perturbant c 'est que le nom du morceau est aussi le titre de l'album. Et que pour simplifier le tout, ce titre est le premier morceau de l'album. Mais aussi le dernier. Ce qui est une petite habitude chez Neil Young. Album « Rust Never Sleeps » : le morceau « My My, Hey Hey » acoustique voit ses paroles légèrement modifiées et son titre devenir « Hey Hey, My My » en version électrique. Sur l'album « Freedom », l'hymne « Keep On Rockin' In The Free World » clôt l'album en version électrique, mais le débutait en version acoustique. Quelles sont les meilleures versions ? Euh... ça fait plusieurs décennies que j'essaie de trancher ce dilemme, mais sans y arriver.

Si Katatonia c'est de la noirceur travaillée, Neil Young c'est de la noirceur brute. Et si Katatonia c'est de la noirceur sublimée et créatrice, Neil Young c'est de la noirceur destructrice....Ce qui nous amène à la question : quelle est la meilleure musique ? Travaillée ou brute ? Beatles ou Stones ? Ou Pink Floyd ? Le premier qui a la réponse peut sortir par la porte située juste derrière lui parce qu'il n'a rien compris, et donc il doit tout recommencer à la case Départ. Case où nous nous trouvons tous d'ailleurs...

Donc « Tonight's The Night », album N° 2 de la Ditch Trilogy, trilogie du fossé, ou du caniveau, c'est selon, enregistré avant « On The Beach » mais sorti après, cet album par un Neil Young au bord de l’abîme, totalement dépendant à divers produits qui rendent son cerveau embrumé et qui aggravent encore la dépression qui le grignote reflète bien son état d'alors. Après le lumineux, gentil et unanimement salué « Harvest », le Loner veut imposer à sa maison de disque un suicide commercial avec cet album où les morceaux ont été enregistrés en une ou deux prises (et ça se sent...), aux antipodes de ce qu'elle attend pour un nouveau jackpot. Ce ne sera pas le jackpot, mais un disque honnête, témoin d'un homme proche de la rupture, c'est à dire un disque où on trouve du bon et du moins bon, je vous laisse juge de choisir les morceaux que vous rangez dans la première catégorie et ceux qui iront dans la seconde boite.

Mais le morceau « Tonight's The Night » est un classique. Morceau dédié à Bruce Berry, ami et roadie, mort d'une overdose. Tout comme Danny Whitten, guitariste de Crazy Horse, devenu incapable d'assurer son rôle dans le groupe, sans compter quelques « emprunts » de guitares pour se payer son produit, que Neil Young renvoya dédaigneusement avec un billet de 50 dollars pour solde de tout compte, billet qu'il s'empressa de convertir en poudre responsable de son overdose... On imagine la culpabilité... Sur la pochette intérieure du vinyle, on voit une photo du groupe sur scène, Nils Lofgren à la guitare appelé à la rescousse, chaque membre du groupe a son nom écrit de la main de Neil Young sous lui, comme toujours, et le nom de Danny Whitten écrit à la place vide qu'il aurait dû occuper... Aussi sombre que la pochette et le malaise qu'elle procure.

« Tonight's The Night » c'est un riff de basse et des paroles simples, un couplet parlant de Bruce Berry, un couplet du coup de fil annonçant sa mort, qui se répètent plusieurs fois (c'est différent selon les versions, soyez pas impatients...), le titre du morceau repris seul, à deux, en choeur, de très nombreuses fois sur la basse, et un solo de piano sur la première version, puis avec les années un solo de guitare rageur vient remplacer le piano.... bref rien n'est fixé. Sur l'album éponyme, la version qui clôt l'album commence un peu n'importe comment, on sent que rien n'est calé, ça met un petit moment à jouer ensemble... Mais il y a la guitare de Nils Lofgren, idem dans la version enregistrée live au Roxy sortie dans la série des Archives. Le morceau commence souvent par un appel du piano sur quelques notes, mais peu aussi commencer avec les mêmes notes à la guitare...

Sans avoir la prétention d'être exhaustif, ni d'être objectif, voici une petite liste des albums dans lesquels on retrouve ce morceau : Tonight's The Night : 1975- Ça ne tient qu'à un fil, mais les deux versions sont un choc pour qui ne connait pas ce morceau. Roxy : Tonight's The Night Live : Live enregistré juste après l'enregistrement de l'album. Un grand merci à Nils Lofgren... Live Rust : 1979-Tempo plus rapide, choeurs plus précis, 4'20 : « Go Bruce » Bluenote Café : 1988-Live avec une section de cuivre (!!!), version de 19 minutes30, tempo obsédant de la charley, fausse fin, j'adore cette version. Vers 15'30, j’entends « Go Bruce », mais c'est peut-être « For Bruce »... Weld : 1991-Vers la 4ème et 6ème minute on entend clairement Neil dire « For Bruce » avant une fin apocalyptique à rallonge qui verra les cordes de Old Black détruites (autre spécialité du Garçon...) Road Rock Vol 1 : 2000- Tempo plus lent, chœurs féminins, plus sage, plus correct.

Voilà pour le premier Pong. Maintenant le second (en 200 mots, enfin si je peux...)

Alors, quand j'ai vu le second Ping arriver, je suis allé écouter, et une fois de plus j'ai bien aimé: la référence à Ange est un beau compliment, et qui n'a pas vu le gars Christian Décamps sur scène n'a jamais vu un chanteur habité par les textes qu'il interprète. C'est du théâtre de haut niveau. Il me fait penser à Ian Anderson, le chanteur/flûtiste/guitariste de Jethro Tull.

Et puis je me suis intéressé à la Lèode, instrument inconnu qui a un nom qui appelle au voyage. Le principe semble assez proche de celui du Chapman Stick (coucou Mr Tony Levin ) . Et en cherchant des infos sur Lazuli je suis tombé sur une affiche d'un concert prévu « Chez Claudette », et sur l'affiche il y avait le nom de PENDRAGON !! Un groupe auquel je n'avais pas pensé depuis longtemps. Depuis bien trop longtemps. Alors je suis allé chercher « Not Of This World », album qui commence avec un gros son de synthé, une guitare Pink Floydienne, et un son bien travaillé. Tout l'album est du même calibre : ça flirte entre la pop et le progressif. Mais, surtout, il y a Paintbox en version acoustique...

 
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from Des mots en plein Furvent

Quoi ? un deuxième ping sans pong ? Et bien ouais, pourquoi pas. Et en plus il faudra que cela soit bref ( 200 caractères maximum )

En plus de cela c'est un ping francophone messieurs, dames. Un ping express sur un groupe et un album que j'ai découvert cette semaine.

Lazuli n'en est pas à son coup d'essai et choses rare, à souligner donc, le chant est dans la langue d'Ange. En plus du chant le groupe ne possède pas de bassiste et préfère avoir un instrument inconnu : la Léode.

Je vous laisse aller voir ce que c'est, je trouve cela génial.

Nous sommes donc ici dans un rock plutôt calme et poétique, tout en sachant se montrer menaçant quand il faut. Les morceaux s'enchainent naturellement, preuve d'une grande qualité d'écriture. L'équilibre des instruments est parfaitement trouvé et on sent que le groupe joue d'un seul corps. C'est harmonieux et chaleureux.

Délicate et envoutante, la musique de Lazuli prouve que la scène francophone a de belles pépites. Et au vue des quelques lives disponibles sur le web, ça donne envie d'aller les voir.

#Rock #Prog

 
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from jnb

Pong musical : Peter Gabriel – Ovo : The Millenium Show

Il a raison le gars au furvent plein la tête : si la finalité de la musique est de vous emmener en voyage (et ça l'est certainement), alors le voyage proposé par le Hidden Orchestra est un bien beau périple.

Ça sent effectivement la forêt avec tous ces oiseaux qui pépient, qui volent autour de toi, on les entend, on les voit, on pourrait presque les toucher tant ils sont présents. Il y a aussi des traversées de ruisseaux, les batteries dessinent le paysage, tantôt dense, tantôt plus aéré, on sent la chaleur, la moiteur ambiante.

Pour ma part j'étais en Amazonie, là où personne n'a jamais mis les pieds, la forêt primaire, papillons de couleurs, oiseaux éclatants, mille paires d'yeux qui t'épient, cachées dans les arbres, j'ai grimpé des pentes abruptes, m'accrochant aux troncs recouverts d'une toison épaisse et humide, j'ai traversé des clairières sous un soleil éclaboussant de lumières irisées, j'ai descendu des fleuves immenses, pleins d'une eau boueuse et de poissons qui n'attendaient que le moment où mes doigts chercheraient la fraîcheur pour me déguster les phalanges, j'ai aussi couru par moments, poursuivi par des félins noirs et gracieux.... 

…..bref, en ces temps de restrictions de déplacement, j'ai niqué le Covid en voyageant bien plus que si j'avais pris trois avions, trente six bus déglingués, et quatre bateaux/barques rouillés prêts à sombrer.... En conclusion : jolie découverte. J'ai beaucoup aimé les deux batteries, tout le travail sur le Son (voir plus loin), la structure des morceaux qui est parfaite. Et quelques autres petites choses.

En musique il y a les notes, et puis il y a quelque chose qui titille toujours l'oreille du musicien : le Son. Sa texture, sa forme, sa vie propre, ses évolutions. Pourquoi écouter, jusqu'à l'obsession parfois, le même artiste, le même album si ce n'est pour le Son ?

Il y a un musicien qui est très fort dans ce domaine. Toujours plus ou moins entouré par les mêmes copains : l'immense arachnéen bassiste spécialiste du Chapman Stick, j'ai nommé Mr Tony Levin himself, avec à ses côtés le discret architecte de la guitare, David Rhodes, à la batterie Manu Katché ou Ged Lynch, styles différents, efficacité comparable et aux claviers David Sancious.
Ces musiciens là ne vous proposent pas de solo virtuose pour vous montrer à quel point ils sont forts et rapides. Non. Chaque note est au service du morceau, juste placée là où elle doit se situer dans le cosmos. Avec le Son qui va le mieux à ce moment précis. Quand les morceaux sont construits comme ça par le Maître du Jeu, il n'y a rien à rajouter.

Bon, vous avez reconnu Mr Peter Gabriel, (c'était facile, c'était dans le titre). Qui aime aussi bien le son le plus torturé par tout plein d'effets que la flûte en bois à deux trous jouée par trois type au fin fond d'un désert quelconque, mais bon, c'est un de ces trois type qu'il ira chercher pour l'emmener en tournée mondiale devant des fans conquis d'avance et en attente de la première note du concert pour sentir les poils du bras qui se dressent, je le sais, j'ai fait trois fois l'expérience, et à chaque fois le phénomène se produit...

Peter Gabriel était là dans la période la plus créatrice de Genesis, et puis il s'en est allé pour construire une discographie qui mérite le respect. Ce n'est pas du pur rock, c'est pas du progressif, c’est pas de la pop, mais c'est toujours beau et efficace. Petite coquetterie du monsieur : ses quatre premiers album n'ont pas de nom... Les trois suivant sont So, Us et Up. Économe le garçon... Ovo est un projet pour l'inauguration du Dôme Du Millenaire de Londres.

Pourquoi ai-je choisi OVO pour ce Pong ? Allez écouter The Man Who Loved The Earth/The Hand That Sold Shadows et vous comprendrez... (S'il est avare de lettres pour les noms des albums, il ne l'est pas pour les titres de morceaux.)

OVO, donc, commence par l'aube, le soleil se lève, gros son de basse continue, je crois que je pourrais écouter une seule note en basse continue comme ça pendant des heures, claviers aux sonorités mixées/malaxées, des cordes, une voix ouatée, une flûte vient annoncer le lever du jour, des basses qui deviennent encore plus basses et c'est parti pour un voyage dans le Son : on va rencontrer plein d'instruments, plein d'atmosphères, plein de pureté musicale, bref que des bonnes choses génératrices de litres et de litres d'endorphines diverses et pas avariées, pour se terminer par un long morceau d'une efficacité plus que certaine, plus que redoutable, une efficacité qui vous fait vivre ces dernières notes de cordes avec un immense regret : le regret que ce soit déjà terminé. Mais pendant votre voyage vous allez découvrir quelques perles et pépites. Make Tomorrow, le dernier morceau, est au niveau du Chef d'Oeuvre, mais auparavant il y a de très belles découvertes à faire. Bonne écoute.

Ah, j'allais oublier : pendant mon tour en Amazonie, contrairement au Gars Plein De Furvent Dans La Tête, j'ai gardé mon pantalon et ma chemise. Trop de bébêtes étranges qui piquent et après ça gratte salement. Pas l'endroit où gambader tout nu...

 
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from jnb

Pong Musical : The Who – Quadrophenia

Bon, quelques précisions sur ce Ping-Pong Musical : c'est extrêmement facile, mais c'est pas facile du tout... Comment ça je suis pas clair ? Mais il faut être patient un peu... Je m'explique : c'est facile parce qu'à l'écoute d'Ayreon, dont je vais vous parler bientôt, une foultitude, si si ça se dit, une foultidude , donc, d' associations possibles se sont mises en place. Mais là où c'est difficile, c'est qu'il faut n'en choisir qu'une... Et ça, ça veut dire que je ne vais pas pouvoir vous parler de tous les albums qui sont venus dans ma petite cervelle. Enfin, ils y étaient déjà auparavant, c'est plutôt qu'ils ont refait leur apparition.

Et ça c'est un mystère : tout à coup un son, un instrument, un accord, un coup de caisse claire, et c'est tout un morceau, voire un album, qui t'obsède à nouveau; parfois c'est difficile de retrouver le morceau, c'est ce qui m'est arrivé avec « Yes – Going For The One », j'ai peiné pour retrouver ces trois petites notes de guitare cachées par Opeth... Mais là pas du tout, le lien était évident...

Mais parlons plutôt d' « Ayreon – The Theory Of Everything » : Et bien c'est pas un batard le batave !! Ouaip, je sais, c'est facile... L'océan pour commencer, une basse au médiator, et puis la simplicité : voix (et quelle voix)/guitare acoustique, et puis l'arrivée d'une voix féminine (et quelle voix) et le piège se referme !! La flûte à la Jethro Tull, et puis un bon vieux synthé analogique, et à partir de là ça vient de partout, instruments, voix, ambiances, styles, sonorités... tout frôle la perfection.

Et le gars qui a du Furvent plein la tête a sacrément raison: ça s'écoute d'une traite. Il FAUT l'écouter d'une traite. D'ailleurs je ne vois pas trop où on pourrait avoir envie d'arrêter... Le problème, c'est qu'arrivé au terme de ce voyage on a forcément envie de refaire le chemin. Personnellement je l'ai fait au moins une fois chaque soir depuis le Ping du 15 juin. Et souvent deux fois parce que c'est pas facile de résister...

Bon, cette fois ci l'accouchement a été très facile : le Pong est arrivé aussi vite qu'un prématuré de 6 mois ½... Quand j'ai lu le mot Opéra Rock, euh...deux mots en fait, bref Opéra Rock a allumé une petite lumière en moi. Et puis je me suis installé, casque sur la tête, et histoire de laisser toute la place à la musique, rien à l'intérieur : le vide total, neurones au repos, quoiqu'un peu frétillants, prêts à bondir, à mettre en route la machine à endorphines. Et à la troisième seconde je savais quel serait le sujet de ce Pong : « The Who – Quadrophénia  ».

En général, quand vous associez Opéra Rock et les Who, un réflexe Pavlovien des personnes de ma génération provoque la réponse : « Tommy ». M'ouais... et bien Tommy m'a déçu. Pas l'album, avec d'excellents morceaux, mais j'ai commis l'erreur d'aller voir le film sorti en 1975, avec des invités comme Clapton, Tina Turner, Elton John... Je ne me souviens même plus si on entendait de la musique : c'était une histoire faiblarde qui ressemblait à du grand guignol... Non, pour moi « Tommy » n'arrive pas à la cheville, bon, ok, au genou, de « Quadrophénia ».

« Quadrophénia » c'est un déferlement : ça commence par l'Océan, les principaux thèmes sont évoqués et puis : un déferlement de batterie, déroulements de toms, crashs de cymbales, une basse très musicale, une voix puissante, et une guitare qui découpe le tout avec des accords/coups de scalpels. Et puis des cordes, des nappes de synthé, des cuivres, des choeurs.... Le batteur, c'est Keith Moon, grand destructeur de sets de batterie, jeu unique, c'est lui le déferleur en chef, mais, quand tu écoutes bien, il laisse toujours la place aux trois autres, en fait il remplit les espaces vides.. Mort de ses excès à 32 ans. Bassiste nommé John Entwistle, jeu très harmonique, c'est quasiment lui qui se charge de la mélodie. Roger Daltrey : voix puissante, claire. Beau gosse, roi du lancé/rattrapé de micro. Et Pete Townsend : guitariste/ compositeur, roi de l'accord/coup de fouet, lui aussi destructeur de guitare en fin de concert, bondissant devant ses amplis, un peu agité le gars, mais capable de te sortir des parties acoustiques dignes de Jimmy Page.

« Quadrophenia » c'est aussi un excellent son : on est en 1973, rien à voir avec les sons fluets de « Tommy » quatre ans plus tôt. La musique a pris de l'ampleur. Même si c'est acide, coupant, sec, c'est aussi chaleureux, moelleux, équilibré. Autant dans « Tommy » tu as encore quatre musiciens côte à côte, là tu as un objet, un ensemble. Avant tu avais les ingrédients, là tu as le gâteau... La pochette du vinyle était superbe, photos en noir et blanc, trés jolies, avec un livret énorme, qualité du carton et du papier bien supérieure à la moyenne. Bon album, vraiment, à écouter en entier pour pouvoir arriver au « Love Reign O'er Me » final, monstrueux, libérateur...

Si cet album vous laisse de marbre, il ne vous reste plus qu'à aller consulter pour un trouble de la perception ou une absence d'émotion révélant une personnalité psychotique... Enfin c'est mon humble avis. Bonne écoute.

 
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