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from Des mots en plein Furvent

Billet faisant partie de la série #LaMémoireDesAutres

Parfois il faut avoir des idées un peu folles pour travailler avec des personnes malades de la mémoire, de démences. Leurs repères en sont perturbés et la façon de les aborder peut paraître parfois étrange et dénoué de toute logique alors qu'il y a bien souvent un sens.

Il faut souvent savoir manipuler la réalité, s'adapter à la leur – la seule qui compte – et avancer doucement pour que le trouble ne fasse pas plus de mal que de bien, un équilibre instable, un effet papillon.

Alors une idée a germé au sein de l'équipe, une idée un peu folle, semblant même complètement irréelle. C'est ainsi que le Macumba est né.

Le Macumba est le bar de l'unité, et quand je vous dis bar je vous dis bien bar, avec tout ce qui va avec. Ainsi nous avons une pancarte avec le nom du bar, un comptoir, des tabourets, une carte des boissons et des plats et, pour les plus téméraires, de la fausse monnaie.

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Le plus compliqué dans une aventure comme celle-ci n'est pas de l'annoncer et l'utiliser avec les résidents. Leur monde est tellement déformé qu'ils n'y voient aucun problème à ce que le barman vienne tout juste de les aider à se laver et s'habiller pour ensuite aller leur payer un coup. Là où la pilule est plus dure à avaler c'est pour les familles. La maladie emporte leur proche peu à peu et il est difficile d'accepter que la personne évolue alors dans une trajectoire de vie totalement différente de ce qu'elle était il y a encore quelques années.

Alors il faut montrer, expliquer, que derrière ce geste qu'ils ne comprennent pas il y a des soignants qui ont pensé la chose et que l'objectif premier est de procurer du plaisir, et des moments de détentes aux résidents. Des sourires, des rires et des routines qui viendront offrir un point d'ancrage à ce cerveau malade, un repère pour avancer, ou du moins ne pas tomber trop vite. Cela peut paraître insignifiant et pourtant, à force de répéter tous les jours :

Viens au Macumba pour le petit-déjeuner, il y a tous ce qu'il faut.

Les effets sont là et le résident viendra tous les matins s'accouder au comptoir pour prendre son petit-déjeuner. À pousser la chose il passera même derrière le bar pour se resservir, servir les autres, vivre.

Le bar permet également de maintenir leur autonomie dans l'alimentation. Des tartines sont à disposition au comptoir toute la journée. La personne marche, les prend au passage, puis reprend la route en mangeant. Des verres d'eau, sirop, jus sont également à disposition. Il faut bien comprendre que les repas dans l'unité sont anarchiques. Obliger une personne à s'asseoir avec les autres, attendre le service, manger avec des couverts, j'appelle cela de la maltraitance.

La personne démente – ce n'est pas une généralité, certaines aiment manger à table – n'en a que faire des règles de société qu'elle devait sûrement appliquer avant. Alors un repas dans l'unité c'est un bonheur anarchique donc. Il y a des gens à table mangeant avec des couverts, des personnes mangeant avant tout le monde, le repas servit d'un coup, des gens mangeant à plusieurs tables, au bar, en marchant, avec les mains.

Et au beau milieu de cela, il y a le Macumba, le bar fictif, le phare accueillant les résidents pour le petit-dej, pour un petit verre (la carte a plusieurs choix, dont la sélection du jour qui en général marche pas mal du tout). L'endroit où les personnes se rencontrent, oubliant l'espace d'un instant leur solitude commune.

C'est fou de voir comment une chose banale peut s'avérer géniale. Les résidents accrochent, des échanges bourgeonnent, se développent, et il y a même J. qui s'empare subitement du pichet pour se servir et demander aux autres s'ils veulent également un coup. Vous vous rendez compte ? Une personne qui, s'il était seul chez lui, ne se laverait pas, ne changerait pas de vêtement, ne pourrait même pas se faire à manger. Et là il dépasse son enveloppe pour s'ouvrir au autre dans un bref moment.

Le Macumba est lancé.

Et si jamais l'envie vous prend de monter le vôtre, ce n'est pas bien difficile et c'est une aventure folle.

#AideSoignant #EHPAD #LaMémoireDesAutres

 
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from jnb

Le cerveau peut jouer des tours, enfin le mien me joue des tours. Quand mes yeux se sont posés sur le Ark – Ark du Gars qui a des mots en plein furvent, et bien mon cerveau a tilté Talk Talk. Bon, j'ai des circonstances atténuantes, non ? Outre la répétition, il y a quand même dans les huit lettres de Talk Talk quatre que l'on retrouve dans Ark Ark. Et je vous parle même pas de leur place.

Mais le sujet de ce Pong n'est pas mon cerveau. Quoique ce soit très intéressant. Enfin à mon avis...

Ark : c'est vrai que les musiciens en ont sous le pied. La partie batterie/percus du premier morceau te cueille à froid, le refrain du second t'emporte, le type de morceau qui a tout pour devenir un hymne, avec le troisième morceau tu as déjà visité assez de paysages musicaux pour ravir tes oreilles... C'est à la fois joli et puissant. Merci pour la découverte.

Donc : Talk Talk. Un leader/chanteur habité, accroché à son micro, lunettes noires, le regard rivé à ses chaussures, aucune présence scénique, mais le chant te prend au fond des tripes, là où se cachent les pires sensations douloureuses de ta vie, toutes les fois où tu as été seul, rejeté et humilié. Pas un adepte du deux couplets, un refrain, un couplet, solo ou pont, refrain, bonsoir madame, 3 minutes pour la radio. Non non, le gars Mark Hollis, décédé il y a peu, est un adepte du Son, de la Note Exacte au Bon Endroit, du Silence, de la Basse Qui Ouvre Les Portes Du Fond De Ton Ventre (voir un peu plus haut), de la Batterie Pas Binaire.

Talk Talk, en trois albums, est passé d'une pop originale à une musique minimale, flirtant avec le jazz, un sabordage commercial très efficace. J'ai découvert le groupe un samedi soir de 1984 grâce à un concert diffusé dans « Les enfants du Rock », émission présentée par Antoine de Caunes. Un batteur, deux percussionnistes, deux claviers, un guitariste, un bassiste et le chanteur. Beaucoup de monde sur scène, une composition très épurée , chaque son à sa place, tout est au service de l'émotion que met Mark Hollis dans chaque morceau. L'interprétation de « Renée », la plainte, la douleur qui sort du chant me déchirent à chaque fois. « Tomorrow Started » n'est pas loin derrière... Je suppose que l'album «It's My Life» sera trop marqué pop pour certains, que « Spirit Of Eden » sera trop minimaliste pour d'autres, alors je vais parler de « Colour Of Spring », album de la transition.

Ça commence par une batterie, puis quelques notes de basse, accords de piano, chant, puis nappes de synthés, petites notes de guitare, chœurs d'enfants, contrebasse. J'aime bien l'écouter au casque, il y a toujours des petits collages musicaux, cachés ça et là, bien agréables à découvrir. Puis vient « I Don't Believe You » : tempo lent, voix hypnotique, économie de moyens, mais terriblement efficace. Ensuite un morceau construit autour d'un ostinato de 8 notes de piano nommé « Life's What You Make It », peut-être le plus classique dans sa construction. Ce qui n'est pas le cas de « April 5th », tout dans la retenue, le minimum d'effets pour le maximum d'efficacité. Arrivé au milieu de l'album, « Living In An Another World » tombe à pic pour ceux qui ont besoin d'un peu de rythme pour s'agiter les neurones, avec une partie d'harmonica bien sympa. « Give It Up », j'aime particulièrement les claviers genre Hammond qui remplissent l'oreille de bonheur. « Chameleon Day » : 3'20. La durée idéale pour la radio FM. Mais là il n'y avait aucune chance que ça passe. Pourtant c'est bourré d'émotion. Mais il faut choisir à qui tu fais écouter, c'est pas d'un abord des plus faciles. L'album se termine par « Time It's Time » avec des chœurs d'adultes dont les parties s’empilent les unes sur les autres pour laisser la place à une flûte qui va doucement clore ces 45 minutes de voyage chez Mark Hollis. Pour moi, c'est un très bon album. À vous de vous faire votre propre opinion. Que je suis bien curieux de connaître.

 
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from Des mots en plein Furvent

À ouais Led Zepp, grande écoute. Tu sens bien à l'écoute toutes les influences venant parfumer leur musique. En avance sur leur temps ? Certainement.

Pour ma part je repars dans mes années scooter, fendant la bise à 50km/h sur mon fidèle destrier – une sacrée bête – pour me rendre à la médiathèque la plus proche. Ça c'était avant l’avènement d'Internet à très grande vitesse, j'étais encore jeune et à 60ko/s le téléchargement était une épreuve. En fait non, j'en entends déjà un me dire que lui c'était Napster et StreamRipper avec le vieux modem 56k, ses bruits étranges, oui monsieur je vous entends.

Une fois mon brushing refait après avoir enlevé le casque je pénètre dans la médiathèque. J'aimais bien cet endroit, même si en bon ado ça n'a pas duré longtemps. Fouiner tout en sachant qu'il n'était possible d'emprunter que 5 CD par semaine, il fallait faire un choix, tout une époque le choix.

Bref aujourd'hui c'est Ark avec l'album Ark, faut pas trop se fouler. Je ne m'épancherai pas sur la pochette, absolument moche.

Ark c'est avant tout un chanteur et des musiciens talentueux, des gars oeuvrant dans le hard rock, voulant créer et expérimenter des choses nouvelles.

l'album éponyme voit le jour en 2000, sept titres où les cocos prouvent qu'ils connaissent leur sujets. Les compositions sont léchées, on y retrouve un mélange équilibré de diverses influences. Chacun a son moment pour s'exprimer et lorsque l'on tend l'oreille, on remarque que la batterie n'est pas forcément l'élement rythmique central du morceau, la marque des grands.

On est dans le bain de suite, ces cymbales viennent avertir nos oreilles qu'elles s'apprêtent à écouter une fusion de rock prog, salsa jazz, le tout saupoudré d'une bonne dose de saturation.

Les sons sont magnifiquement travaillés, j'adore tout particulièrement le son de guitare. C'est violent tout en étant subtil. D'un point de vue composition c'est là-encore au top. La technicité en ravira certains et les refrains entraînants finiront d'emballer les autres.

Des morceaux comme The Hunchback of Notre-Dame ou encore When the Winds Blow touchent immédiatement l'auditeur. Le premier avec son côté prog/hyspanisant et l'autre par sa franchise et son refrain entrainant à souhait.

Du tout bon je vous dis. Un intemporel, sentant bon son époque tout en étant terriblement moderne et singulier aujourd'hui.

À l'époque scooter/cheveux long/insousciance c'était une réelle découverte qui allait, je pense, orienté mon chemin musical.
Du bien gras, bien saturé, des voix criées, hurlées, beuglées : Oui; mais s'il n'y a pas une petite touche d'ingéniosité, de folie, un petit progressif, singulier dans le morceau je passerai sans doute à côté. Bien sûr il y a des exceptions...

#Prog #Rock #Fusion

 
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from jnb

En réponse à Ping musical : Toto – Mindfield

La pochette : c'est vrai que de ce côté là Toto avait fait fort. Un objet qui se déplie encore et encore... Bon album, dans le Top 3 de Toto, c'est certain, mais le Top 1 c'est à coup sûr « Kingdom Of Desire ». Un album qui débute par un « Gypsy Train » lancé à fond les manettes et qui se clôt avec un instrumental ahurissant nommé « Jack To The Bone », rempli de très bons morceaux, avec des guitares plus Rock que d'habitude.

Bon, mais je ne suis pas là pour parler de Toto...

Donc le but de ce Ping-Pong c'est de faire des associations. Alors si tu me parles de pochette, moi je pense à celle du Led Zeppelin III. Bon, en Cd je sais pas, mais la pochette du vinyle s'ouvrait, comme beaucoup d'autres albums, pour laisser place à des créations visuelles, photos, titres des morceaux ou paroles et plus si affinités, mais la partie gauche de cet album-ci comportait un disque cartonné à l’intérieur, qui, en tournant, faisait apparaître des dessins et photos dans les onze cercles troués, dont pas deux de la même taille, pourquoi faire simple quand on peu faire compliqué...
De quoi passer des heures à regarder en passant des heures à écouter. Écouter ? C'est pour ça qu'on est là, non ? Alors c'est parti :

Çà commence fort avec « Immigrant song » : un rythme qui pulse, la voix très très haut perchée de Robert Plant qui redonne un peu d'énergie en plus, bien qu'on soit pas dans le besoin de ce côté-là. On enchaîne « Friends » avec des cordes aux sonorités qui préludent à celles qui seront reprises plus tard avec « Kashmir » dans « Physical Graffiti ». Une petite transition avec un synthé pour relier les deux morceaux, et on se retrouve déjà dans « Celebration Day », des guitares et une basse entremêlées. Le temps passe vite. Et là on arrive à un Blues avec une petite guitare très gentille....mais ça ne va pas durer : « Since I've Been Loving You ». Grand morceau. Un de mes préférés. Léger et lourd comme le Blues. On termine la première face du vinyle tranquillement avec « Out On The Tiles », juste le temps de se remettre de « Since I've Been Loving You » qu'il faut se relever pour changer la galette de côté.

Guitares acoustiques pour introduire « Gallows Pole », voix de Plant toujours magique, arrivée de mandolines, basse qui gronde, batterie qui suit. Là encore ça pulse, c'est imparable : vous bougez ce que vous voulez, ou juste ce que vous pouvez, mais vous êtes obligés de bouger sur ce titre, pas possible autrement. Une petite douceur avec « Tangerine » : début à la douze cordes, ça sent le slow langoureux … On reste dans le domaine acoustique tranquille avec « That's The Way » . Suit « Bron-Y-Aur Stomp » : on est loin du cliché Led Zep groupe de Hard et de Heavy. Non mon gars, Led Zep c'est beaucoup de morceaux acoustiques où l'on voit qu'on est en présence de sacrés musicos. On termine l'album avec une bizarrerie nommée « Hats Off To Roy Harper » : une slide acoustique avec Plant qui passe sa voix dans des boites à effet qui lui collent un vibrato (ou alors c'est lui tout seul??) venu du fond de la cave. Et c'est déjà fini...

Au total ? Pas de tube méga super connu à la « Stairway To Heaven » ou « Kashmir », juste un très bon album, avec différentes atmosphères. Et c'est ça qu'on aime, non ?

 
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from Des mots en plein Furvent

En réponse à Pong musical : Def Leppard – Hysteria

Ouais Def Leppard, je me rappelle de la pochette (Cover Paradize ne semble plus être en ligne d'ailleurs…). J'ai toujours été impressionné par leur look, sacré style. Je crois que ça m'avait un peu freiné il y a quelques années car putain que c'est bon. Ça transpire les 80s mais c'est de la bonne transpi.

Il faut que je vous raconte une histoire d'ailleurs. Lorsque j'étais petit il y avait un jeu avant de passer à table le soir. La musique est sacrée à la maison et je pense que s'il avait pu laisser tourner la chaîne hi-fi la nuit mon père l'aurait fait cependant ma mère devait avoir posé des limites pour ce grand enfant.

Bref il y avait un jeu, avec mon frère puis ma soeur nous avions le droit d'aller prendre un cd et de le passer pour le repas, mon père devait alors deviner l'artiste et l'album. Et en général il en profitait pour te placer la date de sortie, les titres, le nom des musiciens et la couleur du slip du producteur, à fond dedans je vous dis.

Bref (bis) étant petits nous choisissions souvent des albums avec de belles pochettes et je me rappelle toujours de l'album Mindfield de Toto, magnifique pochette s'ouvrant sur un livret encore plus génial.

Toto, c'est du bon, toujours taillé pour la FM mais lorsqu'on tend l'oreille on découvre un p****n de groupe.

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Je crois que je n'avais jamais réécouté Mindfield depuis ces repas, hormis l'album Falling in Between (2006), je n'avais pas pris le temps d'écouter pleinement le groupe.

Avec Mindfields on retrouve Bobby Kimball et son énergie vocale. Il se laisse désirer en laissant sa place sur le premier titre pour venir en force sur le second (Mysterious Ways).

L'alchimie entre Mike Porcaro (basse) et Steve Lukather (guitare) est saisissante, on prend plaisir à se perdre entre les lignes de basse épurées et les petites fioritures guitaristes.. On hoche la tête, Toto fait du très bon Toto. Selfish est d'une efficacité sans nom, tout y est et j'imagine qu'en concert cela devait être un pur plaisir.

Les morceaux passent avec grand plaisir jusqu'à Caught in the Balance. J'avais complètement oublié ce morceau culte. Le combo synthé/guitare nous met dans le bain directement, ça va envoyé dur.

L'album se conclut avec Better World, triptyque tendant vers le prog où les musiciens continuent de prouver qu'ils maîtrisent leur art. C'est bien là où reside le talent des grands artistes. On se dit qu'avec Africa, Hold the Line ou Rosanna le groupe n'est fait que pour de la musique calibrée, propre, nette. Alors qu'il y a chez ces gars là une maitrise de la composition, un grain de folie.

L'écoute partait d'une pointe de nostalgie, des souvenirs d'enfants toujours présents, pour – comme souvent- terminer avec une écoute plus que satisfaisante.

#Musique #Rock

 
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from jnb

...mais ça va mieux. Enfin un peu mieux. Tout a commencé avec un discours du ministre de l'intérieur, juste après celui du président. Il avait l'air un peu fatigué le coco. Il se retrouvait avec toute une liste d'interdictions. Et aussi de recommandations. Et c'est là que j'ai été agacé.

Bon pour être tout à fait honnête c'était plutôt de la colère, enfin c'est ce que disent mes proches : « Mais pourquoi tu te mets en colère ?? ». Moi je ressentais plutôt ça comme un gros agacement, mais il faut bien croire ceux qui vous entourent.

La dernière fois que j'ai ressenti un tel agacement j'étais encore en activité. C'est la règle des Cinq B qui m'avait fait disjoncter. Mon supérieur (?) hiérarchique nous avait donné ça très fier de lui en réunion. Un petit carré plastifié avec la règle des cinq B : le Bon patient, le Bon médicament, la Bonne voie d'administration et le ou la.... Et ben voilà, j'ai oublié. Quel super moyen mnémotechnique !!! La Bonne chambre, le Bon étage, le Bon hôpital, la Bonne heure, la Bonne humeur, le Bon appétit !!! Si tu veux je peux t'en trouver des tonnes de Bon !! Comme si le moyen pour se rappeler était d'enfiler des B.... J'avais pris des ciseaux et découpé toutes les cartes plastifiées des cinq B que j'avais pu trouver. Mes collègues m'ont demandé pourquoi je me fâchais, tout en reconnaissant l'ineptie de cette règle. Je crois qu'elle venait de la Haute Autorité à la Santé. C'est dire le niveau...

Mais revenons à mon ministre de l'intérieur. Qui a parlé de « distanciation sociale »... Je me suis dit : « il est fatigué, il est ému, il a mangé un truc pas frais, il s 'est choppé un PV pour avoir garé sa twingo sur un passage clouté. Ah non, ça c’est pas possible, d'une parce qu'il est ministre et qu'il n'a donc pas une twingo, et de deux il est ministre de l'intérieur, alors tu parles s'il est bien placé pour se le faire sauter son PV... ». Mais non, il l'a redit. Une fois, deux fois, plus je sais pas parce que je n'étais plus devant la télé...

Distanciation sociale donc... Dictionnaire : en gros ils disent « distance que l'on met entre soi et la réalité » . Point. Utilisé par les acteurs au théâtre. Le terme « distanciation sociale » est utilisé en sociologie pour parler de la distance que l'on met entre les classes sociales.

Et c'est tout !! Alors je veux bien qu'il mette de la distance entre lui et la situation merdique qu'il a à gérer, et là il peut parler de distanciation, mais pas pour parler de la distance physique entre deux personnes.

Et dès le lendemain j'ai entendu parler partout de distanciation sociale... Et ça continue. C'est rentré dans le langage commun. Et à chaque fois ça m'agace. Un petit peu moins, c'est vrai, mais quand même toujours un petit peu.

Faut que je mette de la distance avec tout ça. Alors je m'arrête là.

Ah oui, une dernière chose : il existe même maintenant une fiche Wikipédia sur la distanciation sociale. Créée juste après le discours sus-cité... Comme quoi les conneries se propagent encore plus vite que les virus.. Bon, ce coup là je m'arrête.

 
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from jnb

Salut Mr Bridouz !

Ouah.....Rush....Quel coup bas...

Au cours des années, on est parfois assez fier de certaines découvertes, de groupes plutôt confidentiels que l'on apprécie particulièrement... Et puis il y a les groupes à côté desquels on est complètement passé. Rush, donc.

En allant farfouiller aux tréfonds de ma mémoire, je crois me souvenir du nom du groupe, peut-être de quelques critiques lues dans Best ou Rock & Folk, mais je ne me souviens pas d'avoir vu un album chez mon disquaire préféré de l'époque. Pas plus que de disque chez un copain. Sinon tu penses bien que je l'aurais emprunté pour le mettre sur une K7 (C90, un album par face, avec un album un peu long il fallait parfois enlever un morceau pour que ça tienne. Toujours mieux, enfin moins pire, que de couper un morceau.).

Et puis il y a aussi les albums que tout le monde croit connaître, et que tout le monde déteste. Ou alors apprécie, mais sans le dire.

Moi j'aime « Hystéria » de Def Leppard.

Ça pue les années 80, enfin la production des années 80. Si vous aimez le Roots, Gibson branchée direct sur un Marshall avec les lampes chauffées à blanc, Crunch ou pas, ici c'est pas le genre. On se fout de la guitare et de l'ampli : il n'y a que des tonnes de pédales pour te donner des effets spatiaux/écho/flangerisés. C'est comme si tu jouais dans un tube métallique qui tournait sur lui même au fond d'une grotte.... Pareil pour le chant ou la batterie.

Mais c'est efficace. Des riffs sympas, du rythme, des choeurs un peu partout, des morceaux accrocheurs, ça donne la pêche, tout le monde peut écouter, bref c'était taillé pour passer sur la FM. Les paroles ne prétendent pas parler de concepts philosophiques. On parle beaucoup (mal) des filles... Il y a aussi des slows, morceaux plutôt dispensables en l'occurence. Et puis il y a des morceaux comme « Put Some Sugar On Me », « Excitable », « Rocket », « Run Riot », « Armageddon it », « Don't Shoot Shotgun », qui peuvent simplement vous faire du bien. Bref il faut passer les plages une après l'autre, garder ce qu'on aime, jeter le reste. Le morceau « Hystéria » par exemple.

Je parle pas de l'histoire de cet album : le batteur qui perd un bras suite à un accident, il faut attendre qu'il sorte de dépression, qu'on lui peaufine un set électronique pour lui permettre de rejouer, un premier producteur qui jette l'éponge, un second itou, retour du premier, tiens, il y a déjà quatre années qui sont passées depuis le précédent qui s’appelait « Pyromania ». Ah ben si, je viens d'en parler un peu...

Bref, Def Leppard c'est comme le Nutella : un peu trop gras, un peu trop sucré, mais c'est très bon quand on en mange un peu. Et tu as raison Mr Bridouz : ça passe très bien au volant d'une Sierra ou d'une Mondéo. Ça marche aussi avec une 307 ou une Mégane.

 
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from Des mots en plein Furvent

Aujourd'hui on essaie un nouveau genre de billets. Le but est simple : écouter un album, écrire son ressenti puis la personne lisant le billet peut écouter cet album et partir sur un album similaire, laisser divaguer son esprit pour écouter quelquechose de ressemblant pour à son tour écrire.

Je commence donc aujourd'hui avec l'album Roll the Bones du groupe canadiens Rush.

Rush - Roll the Bones

Sorti en 1991, l'album arrive après ce que beaucoup considéreront comme l'age d'or du groupe avec des albums comme 2112, A Farewell to Kings ou encore Hemisphere.

Premier ressenti, c'est du rock de haute qualité, du rock purée dure comme la cassette de la Ford Sierra, puis de la Mondeo. Un album qui s'écoute plus que bien, du rock où l'on hoche la tête machinalement, où les riffs de guitares nous font sortir des : Oh oui !.

Le premier titre, Dreamline, nous emporte des les premières notes. Ça groove sévère pour nous emporter par la suite sur un refrain entrainant. On est dans le bain direct. Ça joue bien.

Les titres s’enchaînent, taillés pour de la grande écoute à première vue. Car c'est bien là où réside le génie de ce trio, en tendant l'oreille on remarque des rythmiques travaillées, des riffs léchés où viennent se poser de petites variations. Ghost of Chances me fait penser à du bon rock blues où l'on hume ce mélange d'odeurs de bières, cafés et cigarettes avec même, pour les plus courageux, un soupcon de sueur. Oui, Rush est un sacré groupe. Ayant évolué avec l'âge sans pour autant délaisser cette profondeur d'esprit dans leurs compositions.

Neurotica est taillé pour la radio avec son savant mélange de pop et de rock, les chœurs finiront d’envoûter l'auditeur déjà conquis depuis longtemps. Le rock progressif du trio est perfusé d'influences multiples, on descellera ici ou là des pointes de reggae ou des larmes de funk. Where's my Thing est un morceau instrumental de haute volée, ça fait remuer sur son siège avec ces lignes de basses et le synthé est amené avec parcimonie, avec finesse.

Un album que je recommande, une bonne introduction dans l'univers musical de Rush.

#Musique #Rock #Prog

 
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from Des mots en plein Furvent

En écoute : Steven Wilson – Personal Shopper

Un jour de repos comme les autres, enfin pas tout à fait.

Le réveil déjà, bien trop tôt alors qu'il n'y a pas l'obligation de se rendre au travail. Un café, deux cafés et le train. Le paysage défile, l'esprit est ailleurs, vagabonde vers des pensées pas forcément sympathiques.

La musique, toujours, vient adoucir ces moments. Un peu de rock progressif pour partir, essayer tout du moins, ailleurs.

Des centaines de kilomètres sur les rails, bercé par l'avancement du train. La vie, elle, avance également. Un long trajet pour quoi ? Pour un signal d'alerte, un appel aux secours d'un Homme. L'envie de ne plus y être, le besoin de se détruire pour se soulager. Toujours dur de penser que cela peut être vécu.

Un long trajet donc, où l'on se dit qu'on aurait pu, que l'on a pas fait, enfin, pas complètement. Et en même temps, tendre la main dans le vide est un exercice compliqué, s'il n'y a pas d'accroche en face, que faire ? Essayer de tendre la main un peu plus loin ? Chercher ce petit coin où l’agrippement est possible ?

Parfois l'endroit est caché, impossible d'accès, bloqué par un cerveau en proie au lâcher-prise.

Enfin cela c'est ce qui me passe à l'esprit alors que la belle campagne du Val de Loire laisse place à des paysages plus au Sud.

Sur le trajet un bouquin et de la musique m'accompagnent, comme souvent. Une histoire d'humains luttant dans un monde impersonnel, dicté par la finance et la bien-pensance. Un monde où tout un chacun pense pouvoir jouer un rôle majeur sur le grand échiquier mondial, où comme souvent l'Homme est pris dans une trame sous-jacente, sans se rendre compte qu'il est au final bien plus esclave du monde que pleinement libéré du poids de la société. ( Les Machines Fantômes d'Olivier Paquet).

Avec cela Leprous accompagne mes oreilles avec leur dernier album intitulé Pitfall, réflexions sur les problèmes psychiques d'un de leur membre. Un album magnifique, complexe et envoûtant. Les émotions y sont très perceptibles et c'est un régal d'un point de vue composition.

Les mots et les sons reflètent l'état actuel des choses, ouais.

Une fois arrivé sur place, déjà la ville. Le bruit constant, le béton envahissant, impersonnel, inhibiteur de vie. Les affichages, les publicités dans tous les sens. À chaque coin de rue la confrontation. Je me dis qu'il y a matière à s'y perdre, matière à se haire, s'oublier tant ce mode de vie prône la compétition, la frustration au détriment d'un épanouissement simple et individualisé (≠ individualiste).

Une machine pouvant broyer la moindre faille, venir s'y loger et petit à petit gratter le tour, s'infiltrer au plus profond de l'être pour venir dégrader lentement un psychisme déjà fragile. La plupart des gens n'y verront rien, vivant tranquillement sans prêter attention aux autres, ceux que la ville dévorent à petit feu.

Et puis tu y es, tu y rentres. Ça sent l'hôpital, impersonnel, malheureuse vétusté du service public. En revanche ça sent le soin, la présence de personnes vouant la majeure partie de leur temps à panser les blessures, les découvrir et essayer de soigner les maux de l'âme. On t’emmène à la chambre, la personne est là. Dans cette pièce dépouillée de toute tentation, la personne est là.

Son enveloppe physique tout du moins, son psychisme est encore ailleurs, récupérant de cet élan excessif, désespéré, cet appel à l'aide après tant d'année d'une lente et destructrice combustion.

On parle de tout, de rien. Le sujet de ma présence plane au-dessus de nous sans souhaiter être mentionné. Les démons aiment se tapisser dans l'ombre, omniscients et silencieux.

Les paroles vont et viennent, de-ci de-là on note des mots-clés, des phrases lancées inconsciemment, peut-être, l'air de rien, et qui pourtant en disent long. Des sourires forcées, un mélange de pudeur et de gène envahissent la conversation.

En façade il parait bien, en bonne forme. Une fois le premier voile tombé, le dialogue et la confiance installés, les apparences sont comme souvent trompeuses. Non il n'est pas bien, la forme ce n'est pas ça non-plus. J'ai tendance à penser que sous l’effet des divers médicaments les mots ne sortent jamais par hasard, bien que parfois pouvant avoir l'air d'être inappropriés au sein de la conversation. Au contraire, le filtre habituellement mis en place dysfonctionne. Perturbé, il laisse passer des mots, ceux qu'il ne laisserait jamais passer en temps normal.

Quelques semaines, de longs jours pour amorcer un processus de reconstruction. En partant je lui souhaite de prendre soin de lui, il me répond qu'il n'a pas besoin, car il y a des professionnels pour ça. Je lui souris et lui répond qu'ils sont, nous sommes aussi, là effectivement mais qu'il faut aussi qu'il y soit lui, bien présent, prêt à accepter cette aide qu'il a si souvent refusé. Une larme coule lentement le long de ma joue alors que je quitte l'endroit.

Je pars, en me disant que ce n'est pas gagné. Il y a cependant de l'espoir, je crois, j'espère, je le souhaite .

On t'aime mon pote.

#Journal #Réflexion

 
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