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from jnb

Pong Musical-King Crimson – Lark's Tongues In Aspic

Arrivée du Ping. J'écoute.

Tout d'abord je perçois une tristesse, on peut même dire une immense  douleur, et j'imagine que c'est peut-être lié à la perte du lieu où plongent les racines d'un peuple. Pourtant ça ne me procure pas beaucoup d'émotions. J'ai l'impression d'entendre une musique atemporelle. Une musique qui aurait pû être jouée il y a plusieurs siècles. La voix semble raconter une histoire terrible. Si on enlève la contrebasse qui, elle, apporte de la modernité, et si je ferme les yeux, je suis dans une maison construite en pisé où la chaleur est étouffante, et où ça sent un peu l'odeur des chèvres, et surtout celle du bouc, qui sont dans l'appentis à droite en sortant. Ça fait un peu cliché, je sais, mais mes neurones font ce qu'ils peuvent.

Je connais cette odeur, mes grands parents élevaient des chèvres, et à part les murs en pisé c'était pareil. Le bouc et les chèvres embaument l'air de la même façon, qu'on soit dans la plaine Thouarsaise ou dans la plaine Syrienne, qu'on soit au vingtième siècle (je sais, actuellement c'est le vingt et unième, mais les chèvres chez mes grands parents c'était au vingtième ) ou qu'on soit au moyen âge. Et quand le troupeau se déplace pour rejoindre le pré, il balise pareillement le chemin avec des petites billes rondes, tel un petit Poucet du règne animal... Il y a des choses qui ne changent pas. Ni l'odeur des chèvres, ni leur transit intestinal.

Et, pour moi, cette musique non plus n'a pas changé. Et ne changera pas. Mais je reconnais que cette flûte et cette guitare sommaire à deux cordes, accompagnées de ces percussions, viennent parfois faire résonner des brins d'ADN, je reconnais aussi que des chromosomes se mettent à vibrer au fin fond de mes cellules. Oui, ça je le reconnais. Ainsi que des moments de grâce musicale, oui, c'est vrai, mais globalement je vibre peu avec cette musique. Trop vieille, trop archaïque pour moi. Elle me bouscule par sa longue histoire d'immobilité. J'apprécie pourtant le solo de percussions ou le solo de contrebasse, j'apprécie le son de la flûte, celui des deux flûtes jouées ensemble.

Mais peut-être y a t'il trop de douleurs dans ces deux concerts, peut-être que dans les pensées qui me traversent à ce moment là j'associe cette musique à la guerre, aux migrations forcées, à la mort, à des choses qui me bousculent trop, peut-être que je préfère détourner le regard, et mes oreilles aussi, de cette réalité...

Bon, tout ce que j'en dit n'est que le reflet de mes pensées confuses, cela n'a rien à voir avec la vérité, c'est juste une impression toute personnelle...

C'est en réfléchissant à cette musique qui me bousculait que mes promenades cognitives m'ont emmené vers un album qui m'avait lui aussi bousculé à l'époque où je côtoyais encore le doux fumet d'un troupeau caprin. Une époque où je découvrais les guitares saturées, les batteries binaires, les chants suraigus de chanteurs à la virilité moulée dans des pantalons brillants. Mais une époque où j'aimais être bousculé. D'ailleurs, en général, j'aime toujours être bousculé. Musicalement j'entends....

Le décor : j'ai 14 ans ½, un 103 Peugeot beige, siège biplace, les cheveux qui poussent, c'est l'été, il fait chaud, je suis chaud, j'ai un pote qui s'appelle Eddie et surtout qui a un frère plus âgé qui bosse à la SNCF, et donc un salaire qui lui permet d'acheter beaucoup d'albums, on passe des journées à écouter ces albums, et moi je découvre quatre albums qui vont m'éveiller à des mondes nouveaux, qui vont élargir mon horizon musical. Et dans ces albums il y a « Lark's Tongues In Aspic » de King Crimson.

Ça commence par des percussions, des notes de Marimba qui s’entremêlent, des sons étranges, indéfinissables. Et puis l'arrivée du violon avant une explosion guitare, batterie, basse, à nouveau violon, et retour du groupe avant ce qui ressemble à une longue impro débridée, suivi d'un moment d'apaisement avec un violon solitaire, tout en douceur. Long passage tout en retenue avant le retour d'un court thème final. Le morceau qui suit, basse-guitare-voix, avec quelques ornements au violon, bien que d'un abord plus classique, est musicalement très complexe. Pour terminer la première face du LP, longue intro qui, quand j'y repense, a sans doute beaucoup interrogé mon père à propos de ma santé mentale..., on pense se diriger ensuite vers un morceau avec couplets-refrains, mais c'est plus compliqué que cela. À écouter, donc...

Seconde face : on reprend les mêmes ingrédients que sur la première face, et là encore, surprises à tous les étages. Dans cet album on ne peut pas écouter et se dire que les prochaines mesures vont être comme ci, ou comme ça.. Non, elles sont toujours différentes de ce à quoi on s'attend. La structure, les sons, les gammes, : tout est traité sous un angle progressif/impro par des musiciens très inventifs.

Je vous rappelle juste que c'est un album sorti en 1973 que vous écoutez. C'est à dire avant le numérique. Le copier/coller se faisait avec des bandes magnétiques, des ciseaux et du scotch... J'imagine même pas le travail qu'un tel album représente au niveau conception et production des morceaux.

Après 46 minutes d'une musique qu'on ne danse pas, qu'on ne chante pas, qu'on ne fredonne pas, une musique qu'on écoute en essayant de savourer chaque ingrédient inséré dans ce festin musical, bref après 46 minutes le bras parcours les dernier tours de ce sillon infernal, se relève avec un petit « clac » caractéristique du vinyle qui se termine, et comme l'a dit quelqu'un à propos de la musique de Mozart, le silence qui suit est encore de la musique de King Crimson... Il faut alors un petit, ou un long, moment pour retourner à nos occupations. En général on n’enchaîne pas tout de suite avec un autre album, on est rempli de musique pour un certain temps...

Bonne écoute.

 
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from Des mots en plein Furvent

Raphael s'était rapidement habitué à sa nouvelle vie, et pourtant au début il n'y croyait pas. Il faut dire que notre gars vouait un véritable culte à son travail, pire que ça même, son lieu de travail. Responsable d'un import/export de serviettes micro-fibres, Raphael n'était pas peu fière d'accueillir les futurs clients ainsi que les collaborateurs dans son bureau où trônait toute l'étendu de sa magnifique vie professionnel, de son succès.

Les trophées de la meilleure cadence d'exportation de micro-fibres type 2 (en excluant bien sûr les fameuses type 2-bis) pour les années 2017 et 2018 étaient placés de façon équidistante sur son gros bureau, un portait de Marie Kondo en face de son fauteuil, lui rappelant chaque jour que l'ordre, la discipline et la science du rangement étaient les fondations d'une oeuvre solide, d'une vie sereine. Il manquait bien ici la médaille de la confrérie des adorateurs de l'essuie-tout mais, en 2016, notre ami s'était emporté lors d'une soirée un peu trop arrosée et avait tweeté que les marques distributeurs valaient amplement les grands de ce monde, Spontex et L'Éléphant en tête. Une sombre histoire dans le monde de l'essuyage, qui jamais ne lui pardonna cet affront.

Raphael connaissait les moindres recoins de son entrepôt, toutes ces serviettes méticuleusement classées, indexées, pouvant être expédiées dans la seconde, littéralement. C'était une beauté à voir une fois dans sa vie selon lui.

Alors lorsque la nouvelle du confinement tomba, notre homme fut choqué d'apprendre qu'il était non-essentiel à la Nation. Et pourtant, qu'adviendrait-il d'un pays, d'une nation, d'un peuple s'il n'avait pas de serviettes micro-fibres, petits bijoux de polyvalence nettoyante. C'est donc contrarié que Raphael rentra chez lui ce soir-là, son ordinateur professionnel sous le bras et ses classeurs de couleurs différentes rangé par dégradé de couleurs dans son carton. Dans la précipitation il en avait même oublié d'emporter avec lui son poster et ses trophées, le début de la fin sans doute.

Le voilà donc chez lui, premier jour de confinement, 7h24 (toujours un peu en avance le gars Raphael) devant son ordinateur, le café et les paillettes framboises/mûres déjà avalées, le repas de ce midi fait et celui du soir aussi, faut pas déconner non plus, la vie est assez courte pour qu'on s'emmerde à prendre le temps de cuisiner. Merci Marie, Merci aux Croustibattes. Nous sommes lundi, et dans la tête de Raphael c'est déjà l'effervescence. Le lundi c'est la réunion de stratégie, celle ou son esprit entrepreneurial brille, où sa vision globale du marché de la micro-fibre en fait frémir plus d'un. Sauf que les minutes défilent et hormis l'antivirus lui disant que sa base virale truc-chouette a bien été mise à jour, personne ne lui parle. Personne n'est connecté d'ailleurs.

Notre homme le savait depuis longtemps, ses collègues n'étaient pas réellement intéressés par leur boulot, la micro-fibre n'étant qu'un moyen comme un autre de ramener du fric à la maison. Putain qu'il détestait tous ces cons. Lorsqu'il appela la hiérarchie, oui parce que voyez-vous, notre ami n'était qu'un simple franchisé, tomber dedans un peu par hasard, abordé un samedi après-midi chez Action au rayon serviettes (naturellement) par le numéro 2 mondial de la micro-fibre, un certain Jean-Charles Gratt (Origine nordique), on lui répondit gentiment que le marché de la micro-fibre était en standby pour le moment, les imports/exports étant gérés par des algorythmes et des robots, nul besoin de changer ce qui marchait déjà plus que bien.

Lorsque l'assistant artificiel, dont Raphael n'avait sans nul doute relevé la réelle identité, eut terminé son discours et raccroché sans même une formule de politesse (foutu technologie impolie), notre homme eut un trou noir et revint à lui lorsque son antivirus refit surface pour le prévenir que sa foutue base virale vps avait été mise à jour.

Il se rappela qu'à la fin de la conversation, son interlocuteur avait annoncé que les salariés continueraient à ếtre payé pendant toute la durée du confinement. Raphael se retrouvait donc chez lui, sans avoir à travailler, en étant payé.

Cela ne lui était jamais arrivé et il décida que, puisque le monde de la micro-fibre l'avait trahi, il allait se lâcher, vivre. Tout en se débarrassant de sa cravatte et de son pantalon bien trop moulé (le monde de la micro-fibre est avant tout une histoire de paquet), il appuya sur le bouton play de son poste radio/cassette, vieille antiquité de son adolescence, qu'il n'avait pris la peine de jeter pour s'offrir un poste flambant neuf. Il avait totalement oublié, en entendant les premières notes du morceau, qu'étant ados il adorait par-dessus tout la bonne vieille musique française. Un bon Sardou, disait-il à l'époque, ça te regonfle ta France et tu as la barre toute la journée.

Libéré, il voguait paisiblement (traduction de l'auteur: en slip/marcel) sur une vie douce et voluptueuse, le changement était radical, sûrement dût par ce discours de son supérieur hiérarchique (qui, ce dernier, avait déjà évolué et gérait dorénavant l'import/export, la fabrication à bas coût, et la vente à emporter de PQ, non micro-fibre pour le moment.), discours libérateur, une délivrance pour notre homme qui se redécouvrait au fil des jours.

Un an plus tard, Raphael avait disparu des radars, parti un bon matin avec un sac à dos, une paire de santiags et un atlas michelin 1979 sur les routes de France. Partir à l'aventure, nettoyer son passé et vivre enfin.

Il fut retrouvé dans un sous-bois des mois plus tard, un hérisson dans la bouche et un post-it jaune sur le front : “Marie, t'es qu'une c****“

Encore une victime de cette belle année 2020, trop de pression, pas assez d'exutoire. Mieux vaut serviette gardé, que liberté radicalisée.

Bonsoir.

 
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from Des mots en plein Furvent

L'homme aux trois lettres m'a quelque peu mis dans une profonde m**de avec son album sorti du fin fond d'un département où deux rivières se côtoient sans jamais se voir.

Encore un bon album bien entendu, singulier même tant il surprend. La voix de Tony Hymas est surprenante, difficile à appréhender au début puis, au fil des minutes, la magie opère. L'instru est bien travaillé, mélangeant subtilement la tradition des peuples amérindiens et les codes de notre époque. Une bien belle écoute.

Il fallait alors trouver quelque chose à renvoyer aux oreilles du vieux jnb, toujours plus avides de sons, en pleine fringale musicale.

Bon, bon, bon. Mon pépère, là, il va falloir réfléchir. J'ai bien un sublime album de cor de chasse où les gars jouent aussi bien qu'ils sont torchés. Un bijou de musicalité, venant te chatouiller les oreilles comme aucune autre forme de musique(?) peut le faire. J'ai également un bel album sans aucun son (bon c'est vrai, je ne l'ai pas mais, cela existe et le groupe avait à l'origine produit cela pour le balancer sur les plateformes de streaming afin de récolter de l'argent. Écouter du silence en boucle, ça rapporte de nos jours.)

Et, puisqu'on est dans la musique non occidentale, je ne peux m'empêcher de partir vers l'Orient. Étant encore dans une phase de découverte je n'ai que peu de cordes à mon arc mais, je vais quand même tenter d'offrir l'album Quieter Than Silence de Mehdi Aminian & Mohamad Zatari.

Que puis je dire de plus, à part s'installer confortablement, fermer les yeux et se laisser happer par ce petit rien que nous n'avons pas, nous les érudits occidentaux, dans notre conception musicale.

https://www.youtube.com/embed/tlJJZrriAVI

Et en bonus ce live (avec un santoor) : https://www.youtube.com/embed/Jg78tc5bWas

Bonne(s) écoute(s).

 
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from jnb

Rebond du Pong : Tony Hillerman.

J'ai oublié... !!! Et puis j'ai hésité ...

J'ai hésité parce que mon Pong sur Oyaté était terminé, le point final était posé. Et point final ça veut dire que c'est la fin... The End autrement dit. Autant dans la famille on s'amuse avec la virgule, autant on respecte le point. Et encore plus le point final. Alors faire un rebond ? C'est pas dans les règles ça... Quoiqu'il n'y ait pas vraiment de règles dans ce jeu de Ping Pong. Juste quelques conventions. Je me suis dit : «  Holà !! Ça peut être la porte ouverte à plein de dérives ce truc là. Tu rajoutes un rebond, puis un rebond au rebond, et encore et encore... et tu te retrouves avec un roman alors que tu étais juste parti pour une petite précision. Importante, certes, mais juste une petite précision... »

Et tout ça parce que j'avais oublié... Alors qu’évidemment Oyaté est LA bande son des romans de Tony Hillerman. Je me demande encore comment j'ai fait pour ne pas y penser dans mon Pong.... Les enquêtes de Joe Leaphorn et de Jim Chee se déroulent dans la région des four corners, dans ces paysages mêmes associés à Mastodon par Mister Ping. Des polars qui en apprennent beaucoup sur les cultures Navajo et Hopi. Par lequel commencer ? La trilogie Joe Leaphorn ? Ou celle qui suit : la trilogie Jim Chee ? Ou le septième roman, celui qui voit les deux policiers se rencontrer et travailler ensemble et qui s'appelle « Porteurs de peau » ? C'est comme on veut, mais moi j'ai un faible pour le dernier. Sans doute parce que c'est le premier que j'ai lu...

Bonne lecture.

 
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from Des mots en plein Furvent

Jeudi matin, 9h, un café avalé, un feu brûlant lentement dans l'insert, amenant sa douce chaleur dans le foyer.

Je crois bien que deux mois ont dû s'écouler depuis ma dernière écoute d'un morceau de Dhafer Youssef, bien trop long comme séparation. Pourquoi se priver aussi longtemps des bonnes choses ?

En avant donc, avec Dance Of The Invisible Dervishes, live enregistré au Festival International de Carthage (dispo sur youtube).

Les frissons sont présents dès les premières secondes (non, pas les toutes premières, rien de bien intéressant dans le timbre de voix de la présentatrice, quoique, finalement, peut-être bien.). Et ce départ contrebasse-piano-batterie, venant envellopé la voix, la libérer de son fardeau pour aller explorer les vibrations de ce monde. Putain que ça me fait trembler de partout.

Et puis, après presque une demi-heure de plaisir arrive Sura (après 27 minutes).

Il y a des moments où tu te surprends, où des larmes coulent, peut-être depuis quelques minutes déjà, sans que tu les remarques quand, sans prévenir, ton corps frémit. Ton toi-intérieur t'informe qu'il réagit, qu'il vit, absorbant ces vibrations, décryptant leur résonnance en toi, libérant des ondes, des oscillations touchant quelque-chose en toi.

Il est intéressant de noter que lors des précédentes écoutes, je n'avais pas souvenirs de la puissance de ce morceau. Le bon son au bon moment je crois.

Le morceau parle du blasphème, kafartu, de la croyance en autre chose que Dieu.

Kafarteur je suis alors, assurément. Fermement croyant en la puissance des notes, des vibrations provoquant cette douce poésie, métamorphe, capable de traduire toutes les émotions, tous les maux, tous les plaisirs.

La musique orientale a ce côté poétique, cette puissance de transport d'émotions, d'histoire que la musique occidentale n'a jamais vraiment eu, beaucoup moins libre cette dernière, codifié à l'extrème. Peut-être est-ce dû à la possibilité de jouer avec les quarts de tons, peut-être est-ce possible que cet infime écart, absent naturellement dans la musique occidentale, puisse être la clé. Les émotions sont sûrement bien trop complexes, denses, pour se limite à une représentation ton/demi-ton, une représentation binaire finalement.

Il y a toujours des moments marquants dans la vie d'un mélomane, ces vibrations évocatrices venant se greffer dans ton cerveau pour te modeler, te construire ou déconstruire tes doutes, tes peines, tes questionnements.

Il y eut Dream Theater, Buckethead, Porcupine Tree, et maintenant Dhafer Youssef.

EDIT 21/02/2021: Et ce qu'il y a de bien, c'est que toutes les versions disponibles sur le net sont différentes, toutes te fillent la chair de poule. J'y retourne, avec un paquet de mouchoirs.

 
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from jnb

Pong Musical – Tony Hymas – Oyaté

Bon. Mastodon ?

Mais quelle idée de s'appeler Mastodon ? Parce que moi ça me fait penser à l’ancêtre de l'éléphant laineux ou du mammouth. Pas le truc léger quoi. Plutôt le genre Humer de la préhistoire. Pas le genre à faire le tour de la hutte quand il en rencontre une. Plutôt le style à rentrer par la porte en l'élargissant un peu vu que les hommes préhistoriques faisaient des portes à leur taille, et pas à celle des Mastodons. Et une fois dans la hutte, comme y'avait pas de porte au fond de la hutte pour éviter les courants d'air à chaque fois que quelqu'un sort pour...bref vous voyez ce que je veux dire, les wc intérieurs n'étaient pas encore inventés, donc vu qu'il n'y avait pas de portes au fond de la hutte le Mastodon s'en faisait une pour sortir, parfois même il sortait avec le toit en paille sur la tête, ce qu'il trouvait fort agréable quand il y avait du soleil l'été.

Et comme l'homme préhistorique était du genre vindicatif il a exterminé tous les Mastodons et les Mammouths, n'épargnant que les éléphants parce qu'eux étaient bien élevés et faisaient le tour des huttes. C'est profondément injuste me direz-vous, oui je vous l'accorde, mais comment le préhistoric-man aurait-il pu savoir qu'il construisait une hutte sur une piste ancestralement utilisée par les pachydermes pour leurs transhumances ? C'est un peu comme si on construisait un chalet pour l'été au milieu de l'autoroute... C'est un peu exagéré ensuite de te fâcher parce qu'un 38 tonnes te l'a transformé en petit bois pour allumer l'insert...

Mastodon donc. Dans mon petit cerveau d'homme à peine post-préhistorique j'entendais déjà des guitares saturées jouant en étant accordées trois tons en dessous du mi habituel, une batterie qui aurait remplacé sa caisse claire par un tom basse et qui enfilerait les quadrubles croches à la grosse caisse, une basse sur une corde et deux cases, et une voix ressemblant aux Orques du Seigneur des Anneaux... Tout ça à cause se cette erreur dans le choix du nom du groupe et de l'avertissement du gars à la queue de cheval sous sa casquette noire et blanche. Attention, qu'il a dit' ça beugle un peu...

Et bien pas tant que ça !!! Et quand ça le fait, c'est bien amené, bien entouré de moments musicaux inventifs, légers. C'est indéniablement un album métal de son époque, mais avec des arpèges acoustiques (intro de The Last Baron), de sonorités seventies (intro de The Czar, guitare de Oblivion à 4 mn 05, coucou David Gilmour...), des ruptures dans la composition, bref les moments qui beuglent sont à leur place. Bref j'ai beaucoup côtoyé le Mastodon, et je trouve ça bien plus varié et subtil que ce que me suggérait leur nom.

Je vois bien le furventesque apprécier cet album en traversant les paysages sans fin et bien plus que désertiques de l'Utah et de l'Arizona pour aller manger un soir au Swinging Steack à Mexican Hat. Et se mettre au fond des rétines le paysage de la Forest Gump Hill. D'ailleurs, si au détour des vingt-cinq bornes de piste caillouteuse de la Valley of the Gods un Mastodon côtoyait une butte rouge, et bien il serait à sa place tant ces lieux semblent être là depuis la nuit des temps. Et même depuis la journée d'avant...

Et dans cette bulle hors du temps où le Mastodon squattait les oreilles du chevelu, entre les miennes résonnait un album on ne peut plus adapté nommé Oyaté de Tony Hymas. Un omni (objet musical non identifié) trouvé à la bibliothèque de Moncoutant. Double album hommage à la culture et la musique des peuples premiers nord-américains. Ça commence avec un feu qui crépite, une chouette dans la nuit, des tambours, un torrent qui s'écoule, la guitare de Jeff Beck, John Trudell qui récite ses textes, et la suite, qui côtoie le Jazz, utilise aussi bien une flûte, un tambour ou une formation de cordes, la suite, donc, m'a emmené dans des vallées paisibles, des plaines immenses, des forets de séquoias géants, des montagnes enneigées, en canoë sur des lacs scintillants, sur un paisible mustang traversant des paysages ocres et désertiques entre mésas et buttes, mais aussi au cœur de combats, de massacres... Tous ces voyages, je les ai faits quinze ans avant d'être à la localisation précise évoquée dans son denier Ping par le fan de Mastodon, et je les ai refaits en direct live en même temps que lui, lui associant ce qu'il voyait avec Crack The Skye, moi en habillant mes visions d'Oyaté...

Pour revenir à Oyaté, c'est le bon album à écouter devant des flammes (allumées avec le petit bois du chalet construit sur l'autoroute...) dévorant des bûches un après-midi pluvieux en feuilletant un bon livre ou, plus moderne, en scrollant des images de ces endroits magiques, l'Amérique aux paysages immenses, celle que l'on aime, celle où l'on croise des Mustangs d'acier...

Bonne écoute...

 
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from Des mots en plein Furvent

Bon ce Steve Hillage, bien rock, bien planant et bien technique également. Encore un régal pour les oreilles.

The Dervish Riff m'a scotché et le reste de ce Live Herald m'a emporté. Ce son rock marque tellement de part ses caractéristiques temporelles. On est tout de suite immergé dans cette époque folle ou l'innovation va de paire avec l'expérimentation.

En lisant ce pong de l'homme à trois lettres et à la jambe raide j'ai tout de suite accroché au souvenir ancré, à la simple note renvoyant à toute une histoire et c'est cela que je vais tenter d'exprimer ici.

Avec Crack the Sky je découvre Mastodon, les albums précédents sont un poil trop violemment insipide pour moi mais, celui-ci, au que celui-ci me procure toujours les mêmes frissons en bas de l'échine. (au milieu ainsi qu'en haut, on en parle que trop rarement mais, il est tout à fait plausible de pouvoir frissonner de la T9 ou encore de la C8. Plus haut c'est une autre histoire, un autre frisson, plus à même d'être provoqué par la vue d'un Pennywise par exemple.)

Donc nous sommes ici sur un souvenir ayant une localisation précise, 36° 29' 2.0334" N, 117° 7' 57.3285" W, précise lorsque l'on ne se trompe pas dans ses souvenirs et l'association du lieu, 37° 0' 15.283" N 110° 10' 24.523" W donc, gâcher la surprise du voyage serait un sacrilège, je vous laisse le soin d'aller admirer la vue.

Un souvenir, ancré/encré, une expérience unique ne pouvant être revécue, altérée, et c'est en ça qu'elle est belle cette expérience, ce cadeau. Une machine à souvenirs bien trop nombreux pour se les remémorer à 100% mais qui, de temps en temps, se rappellent à toi par la musique, la mélodie d'une voix, d'un instrument.

Je m'y revois encore, assis avec un café de 800000cl à ma gauche, probablement une casquette noir et blanche, une soeur à ma droite, un père devant moi et la beauté brute tout autour, une beauté hors du commun, ne semblant même pas terrienne et pourtant. Je revois ce long périple ou, comme un con, tu pourrais te dire que ce n'est que la même chose tout du long, qu'il y en a partout et qu'il faut être sacrément con pour apprécier ce truc. Peut-être mon bon connard, peut-être mais, en te calant Oblivion dans les oreilles le spectacle, déjà grandiose, prend une autre dimension. Si ton esprit s'ouvre aux sons, à la vue, alors tu pars, tu flottes dans cette bulle spatio-temporel qu'est ce siège de Chrysler Voyager. (validation requise par le patriarche, sûr qu'il y avait quatre roues et douze milles porte-goblets.)

Après nous être évadés pendant concept variable minutes, revenons à ce Crack the Sky. Attention monsieur jnb ça beugle un peu, j'insiste sur le un peu, sinon le gars me ressort sa carte joker Opeth – Blackwater Park et le p/o/i/ng est plié. Jeu, set, et match jnb, merci bonsoir, à vous les studios (et les français c'est les meilleurs d'abord).

Donc ouais, revenons à cet album qui, décidément, ne sera jamais abordé dans ce ping. Notez messieurs, mesdames que la virgule est un art, ici partagé entre un père et son fils, ce besoin de ne jamais clore, toujours aller plus loin, pourquoi, parce que (jeu, set et matche).

Donc ouais bis, Crack the Sky est un très bon album, hypnotique et terriblement jouissif pour qui aime un tantinet la complexité musicale. The Czar est un bijou, se propulsant dans vos muscles à partir de 4mn10, ne chercher pas à résister, votre tête oscille et tout va bien. Pour clôturer l'album le groupe pond un morceau de treize minutes, The Last Baron, là encore une synthèse des genres parfaitement maitrisée.

Bon voyage.

Ohhh ! Et puis si vous êtes toujours là, alors vous pouvez également pencher une oreille sur le morceau The Valley de Leprous, histoire de boucler la boucle.

https://musicbrainz.org/release/06cf81b5-0a37-4ea8-b1f3-8df03708a24c

 
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from jnb

Pong Musical – Steve Hillage – Live Herald

J'en ai mis du temps avant de répondre au dernier Ping... Il faut dire que pendant tout le mois de décembre j'ai un peu été débordé par un album par jour à écouter. Difficile de reprendre ma respiration... Mais ça y est, c'est bon. Alors parlons de Big Scenic Nowhere.

Moi ça m'a fait penser à un album Live de Tangerine Dream qui s'appelle « Encore ». Les premières voix auraient pu été chantées par un Pink Floyd jeune, l'arrivée de la basse est hypnotique, la batterie lourde et précise, la guitare est grasse juste ce qu'il faut... c'est vrai que Big Scenic Nowhere est hypnotique, c'est vrai que j'ai vu le gars De Gilead, penché en avant pour lutter contre ce qu'il ne sait pas être un Furvent, mais qui en n'est pour autant pas moins redoutable à affronter pour qui veut suivre ce Sentier du Rayon qui le tire encore et encore vers son futur, ouais, c'est vrai que c'est La musique qui accompagne Roland dans sa quête. Certain. Le Gars Aux Cheveux Magiques a encore une fois tapé dans le mille. Comme souvent.

Ou à moins que ce soit une association suggérée par le fourbe... Quand ton cerveau a le malheur d'associer une musique avec une image, une situation, une émotion, pour le meilleur ou pour le pire cette association est scellée pour ton éternité à toi, pauvre humain, semble-t-il. Le Sikaflex à côté c'est de la colle blanche en pot pour classe de maternelle... Quarante ans plus tard, quelques notes de Boogie jouées par une Telecaster traversant un marshall, et tu ressens derrière l'estomac les serrement de tes premiers amours, quelques notes de flûte te ramènent dans une chambre enfumée, lové dans une poire (?), et des synthés du Tangerine Dream évoqué dans le Ping précédent te renvoient à....

….bon, là il faut être honnête, si un de mes enfants lit le passage qui va suivre, il risque d'être traumatisé... Parce qu'on imagine tous être le fruit d'une conception, comment dire, enfin bref, les parents n'ont pas de sexualité, c'est bien connu. Enfin si, mais les autres parents, pas les miens. C'est sans doute pour ça qu'a été inventée la théorie de l'immaculée conception. Pour ça et pour d'autres choses, peut-être, je ne suis pas spécialiste de religion. Pas plus que spécialiste de quoi que ce soit, d'ailleurs, juste curieux de tout. Mais pas de la sexualité de mes parents. Ce qui m'amène à proposer à ma progéniture de ne pas lire le prochain paragraphe. De directement passer au suivant. Ou, si la tentation risque d'être trop grande de carrément fermer cette page, de détruire l'écran de l'ordi ou du téléphone, d'exploser la box à coups de marteau, de masse, de pierre (le minéral, pas un copain qui par malheur s’appellerait Pierre, avec un p majuscule), de faire vœu de chasteté numérique, bref la tentation est un poison, c'est bien connu... Mais rendez-vous plus loin si vous voulez...

...donc les synthés de Tangerine Dream, dans le Live qui s'appelle Encore, quel curieux hasard dont je prends conscience pour la première fois en écrivant ces lignes, sacré travail de Psychanalyse à faire bien évidemment, bref ces synthés me renvoient à un sentiment de plénitude, un relâchement, une zénitude, comme seuls on en connaît après une séance de jambes en l'air particulièrement longue, épuisante et satisfaisante. Quoi ? C'est tout ? Rien de plus ? Pas de noms ? Pas de détails ? Pas d'images, de positions évoquées, décrites ? Ben non, désolé, c'est une partie intime de ma vie, des souvenirs que je tiens bien au chaud en moi, des moments privés vécus dans ma chambre où la tapisserie psychédélique orange des années soixante dix se mariait bien avec mes posters...

...coucou les enfants, vous revoilà ? J'en suis ravi.

Mais parlons plutôt de Live Herald. J'avais acheté le 23 décembre 77 et beaucoup aimé l'album studio qui le précède, « Motivation Radio ». Alors quand l'occasion s'est présentée le 13 mars 78 de faire Poitiers – Limoges à 5 dans une 4L pour aller voir Steve Hillage, et bien je ne l'ai pas ratée. Je ne me souviens plus si j'ai acheté Live Herald avant de le voir en concert ou après. En tout cas c'est exactement ce concert que j'ai vu. Ça commence fort avec cette descente de guitare, ce petit moment planant avant d'attaquer le riff bien Rock de « Salmon Song ». Vous n'aurez  pas longtemps à attendre pour vous évader tranquillement avec la guitare et les synthés qui vous tisseront un petit tapis douillet sur lequel vous pourrez vous allonger pour aller faire un petit tour... Petit le tour, parce qu'il faudra vite revenir pour goûter à nouveau de cette guitare à l'accent Rock Le second morceau commence calme, avant l'arrivée d'un combat de Moog contre guitare avec une batterie et une basse qui font bien leur boulot pour mettre en valeur cet affrontement, cette association de moments planants et de moments rock. Le troisième morceau « Castle In The Clouds » introduit en douceur le « Hurdy Gurdy Man » piqué à Donovan, la guitare se lance dans un très bon solo, avant que le morceau n'aille titiller le public, le poussant à remuer un peu et battre des mains, la suite n'est qu'une montée infernale de la guitare, du rythme, avant une explosion finale.

Bon, je vais pas vous décrire chaque morceau... Sachez seulement que c'est de la guitare Rock, mais pas seulement, qu'il y a des moments avec des synthés et séquenceurs bien planants, mais pas seulement, que ça tire même un peu sur le progressif, mais pas seulement. L'utilisation de nombreuses pédales d'effets, de bande pré-enregistrées, l'attention apportée au son, à l'équilibre, la qualité des musiciens, dont, cocorico, un français à la guitare rythmique, Christian Boulé, et, cocorico à nouveau, Miquette Giraudy au triturage des claviers et séquenceurs, en font un disque intemporel, bref c'est de la très bonne musique.

Petit message pour les puristes. Les trois premières face du Vinyle étaient enregistrées Live, la quatrième face était constituée de quatre morceaux studios. La ré-édition CD ne concerne que la partie Live. Les quatre morceaux studio se trouvent sur le CD « Open ».

En ce qui concerne Big Scenic Nowhere, ça restera attaché à la traversée du désert du Pistoléro, comme Tangerine Dream est attaché à.... eh, vous croyiez que j'allais vous le dire ? Secret je vous ai dit....

Bonne écoute.

 
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from jnb

Panique !!!!

Oh oui, panique !!! Pas comme Widespread Panic, excellent groupe aussi célèbre à l'Est de Brest que méconnu à l'Ouest. Par contre à Brest même, là j'avoue que je sais pas... Free Somehow, Earth To America et Dirty Side Down... Entre autres. Si ça c'est pas des bons albums, alors je m'engage à me faire l'intégrale de Dick Rivers sur une semaine... C'est vous dire si je suis téméraire... Mais je ne prends aucun risque en fait.

Bref panique parce que ce matin, comme chaque matin depuis le début du mois, je cours chercher mon pain quotidien, ma nourriture du jour, et là un rapide (c'est bien là le problème) coup d’œil me suffit pour me dire : « Ah.... », ce qui en fait est la traduction rapide de « Merde, l'a pas eu le temps de s'y coller le Coco, C'est toujours la proposition de Rage Against The Machine... Bon ben je vais me refaire un thé et je reviendrai plus tard. » Et je suis revenu, plusieurs fois jusqu'à la découverte de la faille temporelle : le 15 décembre était à la fois le J-10 et le J-9 !!! Deux propositions la même date, mais pas le même J. Alors en ce moment même j'ai les Winery Dogs dans les oreilles avant d'aller voir Haken...

Voilà, c'est tout ce que j'avais à dire pour aujourd'hui.

 
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