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from jnb

Pong Musical – Steve Hillage – Live Herald

J'en ai mis du temps avant de répondre au dernier Ping... Il faut dire que pendant tout le mois de décembre j'ai un peu été débordé par un album par jour à écouter. Difficile de reprendre ma respiration... Mais ça y est, c'est bon. Alors parlons de Big Scenic Nowhere.

Moi ça m'a fait penser à un album Live de Tangerine Dream qui s'appelle « Encore ». Les premières voix auraient pu été chantées par un Pink Floyd jeune, l'arrivée de la basse est hypnotique, la batterie lourde et précise, la guitare est grasse juste ce qu'il faut... c'est vrai que Big Scenic Nowhere est hypnotique, c'est vrai que j'ai vu le gars De Gilead, penché en avant pour lutter contre ce qu'il ne sait pas être un Furvent, mais qui en n'est pour autant pas moins redoutable à affronter pour qui veut suivre ce Sentier du Rayon qui le tire encore et encore vers son futur, ouais, c'est vrai que c'est La musique qui accompagne Roland dans sa quête. Certain. Le Gars Aux Cheveux Magiques a encore une fois tapé dans le mille. Comme souvent.

Ou à moins que ce soit une association suggérée par le fourbe... Quand ton cerveau a le malheur d'associer une musique avec une image, une situation, une émotion, pour le meilleur ou pour le pire cette association est scellée pour ton éternité à toi, pauvre humain, semble-t-il. Le Sikaflex à côté c'est de la colle blanche en pot pour classe de maternelle... Quarante ans plus tard, quelques notes de Boogie jouées par une Telecaster traversant un marshall, et tu ressens derrière l'estomac les serrement de tes premiers amours, quelques notes de flûte te ramènent dans une chambre enfumée, lové dans une poire (?), et des synthés du Tangerine Dream évoqué dans le Ping précédent te renvoient à....

….bon, là il faut être honnête, si un de mes enfants lit le passage qui va suivre, il risque d'être traumatisé... Parce qu'on imagine tous être le fruit d'une conception, comment dire, enfin bref, les parents n'ont pas de sexualité, c'est bien connu. Enfin si, mais les autres parents, pas les miens. C'est sans doute pour ça qu'a été inventée la théorie de l'immaculée conception. Pour ça et pour d'autres choses, peut-être, je ne suis pas spécialiste de religion. Pas plus que spécialiste de quoi que ce soit, d'ailleurs, juste curieux de tout. Mais pas de la sexualité de mes parents. Ce qui m'amène à proposer à ma progéniture de ne pas lire le prochain paragraphe. De directement passer au suivant. Ou, si la tentation risque d'être trop grande de carrément fermer cette page, de détruire l'écran de l'ordi ou du téléphone, d'exploser la box à coups de marteau, de masse, de pierre (le minéral, pas un copain qui par malheur s’appellerait Pierre, avec un p majuscule), de faire vœu de chasteté numérique, bref la tentation est un poison, c'est bien connu... Mais rendez-vous plus loin si vous voulez...

...donc les synthés de Tangerine Dream, dans le Live qui s'appelle Encore, quel curieux hasard dont je prends conscience pour la première fois en écrivant ces lignes, sacré travail de Psychanalyse à faire bien évidemment, bref ces synthés me renvoient à un sentiment de plénitude, un relâchement, une zénitude, comme seuls on en connaît après une séance de jambes en l'air particulièrement longue, épuisante et satisfaisante. Quoi ? C'est tout ? Rien de plus ? Pas de noms ? Pas de détails ? Pas d'images, de positions évoquées, décrites ? Ben non, désolé, c'est une partie intime de ma vie, des souvenirs que je tiens bien au chaud en moi, des moments privés vécus dans ma chambre où la tapisserie psychédélique orange des années soixante dix se mariait bien avec mes posters...

...coucou les enfants, vous revoilà ? J'en suis ravi.

Mais parlons plutôt de Live Herald. J'avais acheté le 23 décembre 77 et beaucoup aimé l'album studio qui le précède, « Motivation Radio ». Alors quand l'occasion s'est présentée le 13 mars 78 de faire Poitiers – Limoges à 5 dans une 4L pour aller voir Steve Hillage, et bien je ne l'ai pas ratée. Je ne me souviens plus si j'ai acheté Live Herald avant de le voir en concert ou après. En tout cas c'est exactement ce concert que j'ai vu. Ça commence fort avec cette descente de guitare, ce petit moment planant avant d'attaquer le riff bien Rock de « Salmon Song ». Vous n'aurez  pas longtemps à attendre pour vous évader tranquillement avec la guitare et les synthés qui vous tisseront un petit tapis douillet sur lequel vous pourrez vous allonger pour aller faire un petit tour... Petit le tour, parce qu'il faudra vite revenir pour goûter à nouveau de cette guitare à l'accent Rock Le second morceau commence calme, avant l'arrivée d'un combat de Moog contre guitare avec une batterie et une basse qui font bien leur boulot pour mettre en valeur cet affrontement, cette association de moments planants et de moments rock. Le troisième morceau « Castle In The Clouds » introduit en douceur le « Hurdy Gurdy Man » piqué à Donovan, la guitare se lance dans un très bon solo, avant que le morceau n'aille titiller le public, le poussant à remuer un peu et battre des mains, la suite n'est qu'une montée infernale de la guitare, du rythme, avant une explosion finale.

Bon, je vais pas vous décrire chaque morceau... Sachez seulement que c'est de la guitare Rock, mais pas seulement, qu'il y a des moments avec des synthés et séquenceurs bien planants, mais pas seulement, que ça tire même un peu sur le progressif, mais pas seulement. L'utilisation de nombreuses pédales d'effets, de bande pré-enregistrées, l'attention apportée au son, à l'équilibre, la qualité des musiciens, dont, cocorico, un français à la guitare rythmique, Christian Boulé, et, cocorico à nouveau, Miquette Giraudy au triturage des claviers et séquenceurs, en font un disque intemporel, bref c'est de la très bonne musique.

Petit message pour les puristes. Les trois premières face du Vinyle étaient enregistrées Live, la quatrième face était constituée de quatre morceaux studios. La ré-édition CD ne concerne que la partie Live. Les quatre morceaux studio se trouvent sur le CD « Open ».

En ce qui concerne Big Scenic Nowhere, ça restera attaché à la traversée du désert du Pistoléro, comme Tangerine Dream est attaché à.... eh, vous croyiez que j'allais vous le dire ? Secret je vous ai dit....

Bonne écoute.

 
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from jnb

Panique !!!!

Oh oui, panique !!! Pas comme Widespread Panic, excellent groupe aussi célèbre à l'Est de Brest que méconnu à l'Ouest. Par contre à Brest même, là j'avoue que je sais pas... Free Somehow, Earth To America et Dirty Side Down... Entre autres. Si ça c'est pas des bons albums, alors je m'engage à me faire l'intégrale de Dick Rivers sur une semaine... C'est vous dire si je suis téméraire... Mais je ne prends aucun risque en fait.

Bref panique parce que ce matin, comme chaque matin depuis le début du mois, je cours chercher mon pain quotidien, ma nourriture du jour, et là un rapide (c'est bien là le problème) coup d’œil me suffit pour me dire : « Ah.... », ce qui en fait est la traduction rapide de « Merde, l'a pas eu le temps de s'y coller le Coco, C'est toujours la proposition de Rage Against The Machine... Bon ben je vais me refaire un thé et je reviendrai plus tard. » Et je suis revenu, plusieurs fois jusqu'à la découverte de la faille temporelle : le 15 décembre était à la fois le J-10 et le J-9 !!! Deux propositions la même date, mais pas le même J. Alors en ce moment même j'ai les Winery Dogs dans les oreilles avant d'aller voir Haken...

Voilà, c'est tout ce que j'avais à dire pour aujourd'hui.

 
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from jnb

Pong musical : Ose – Adonia

Bon, alors là je suis embêté. Je suis désolé de le dire, mais je n'ai pas accroché... Alors je me suis accroché et j'ai écouté une nouvelle fois, puis encore une autre …. Et je n'ai toujours pas été conquis. Attendez, attendez, je dis que je n'ai pas été conquis, je ne dis pas que je ne le suis pas maintenant.... Je me suis dit que si le Furventesque me tendait cette perche musicale, je pouvais m'y accrocher. Cette perche ne pouvait que être solide, que m'y suspendre me ferait passer d'un rivage à un autre, et que derrière ce rivage se cachait un pays de vallées et de collines que je ne connaissais pas, un pays que Zéphyrin voulait me présenter.

Alors j'ai continué à écouter, et surtout j'ai arrêté de faire autre chose en même temps. Pas de mots fléchés, pas de mots croisés, pas de sudoku. Bref tous ces trucs sensés stimuler l'irrigation de mon cerveau afin de préserver ses fonctions malgré l'âge qui avance et qui réduit progressivement le nombre de neurones en état de fonctionner. Bon, je dis ça, mais en fait c'est plutôt que ça m'amuse de le faire. Pas d'objectif « Prévention de la Déchéance » derrière tout cela... À ce propos, j'ai récemment entendu que les dernières choses qui restent quand un cerveau croise Mr Alzheimer, et bien ce sont les émotions et la mémoire musicale...

C'est vrai que la mémoire musicale....Je vous ai déjà dit qu'il y a quelques années (décennies) j'enregistrai les vinyles des copains sur des K7 ? Oui, je vous l'ai dit... Ceux qui suivent s'en souviendront, ceux qui ne sont pas attentifs n'ont qu'à mieux réviser leurs leçons. Or donc il y avait trois problèmes principaux : Le premier, inévitable, était les craquements dus aux poussières, aux saphirs pour les « tourne-disques », ou diamants pour les « chaines », qui dérapaient en créant une belle rayure qui produisait un joli « clac-clac-clac » régulier de quelques secondes ou dizaines de secondes, ou au bras de lecture qu'on posait et reposait devant LE tube de l'album, et qui là encore pouvait laisser une trace en forme de « clac »... Le second, dû au réseau électrique, était la sonnette de l'épicerie d'à côté : à chaque fois que la porte s'ouvrait, et se fermait...., il y avait un joli parasite qui s'enregistrait. Donc, si on me prêtait un disque pour l'après-midi seulement, ce qui était assez courant, j'enregistrais un vinyle et des parasites plus ou moins nombreux selon la fréquentation de l'épicerie. Le troisième, était dû à mon tourne-disque : avant d'avoir ma chaîne (Dual, une marque Allemande...), j'ai tout enregistré en mono... Si vous vous attardez sur le mixage des années soixante, vous verrez que la mode était souvent de tout mettre au milieu, et les solos d'un seul côté... Si bien que j'ai en mémoire des chansons des Beatles sans les solos de droite, ce qui fait que quand je les écoute maintenant je suis surpris de leur présence... Comme je suis surpris de l'absence de craquement ou de parasites sur les premiers albums entrés dans ma mémoire musicale... Bref, si dans quelques années je vous soutiens que tel morceau des Beatles n'avait pas de solo de guitare, ce ne sera pas une manifestation de mauvaise-foi, ce sera juste les prodiges de la mémoire musicale...

Donc j'ai écouté et j'ai réussi à entrer dans la contrée qu'on voulait me faire visiter. Le Theremin du premier morceau avec un vibrato diablement efficace, la trompette, mais aussi les sons sur la fin du troisième morceau ont eu besoin de plusieurs écoutes pour qu'enfin je rentre dans cet étrange univers. L'étrangété de la voix, l'originalité des sonorités, la lenteur me sont alors apparues comme des éléments d'un paysage, certes différent, mais agréable et apaisant, propice aux divagations de l'esprit... Une bien belle proposition encore une fois. Déstabilisante, je l'ai déjà dit, mais qui vaut le coup de persévérer.

Alors à mon tour de proposer : quand, pour décrire Eos, Furvent Ier a parlé de nappes de synthé et de contrées désertiques, je me suis dit que j'avais ce qui conviendrait pour mon Pong. Plusieurs albums, plusieurs groupes, pouvaient convenir, mais c'est « Ose » qui s'est imposé avec l'album « Adonia ». Album de 1978, typique de ce que pouvait alors être ce qu'on appelait « Musique Planante ». Des synthés, des synthés et encore des synthés. Ce que détesteraient peu après les Punks.

Des synthés, oui, mais pas ceux des années 80, pas les DX7 de chez Yamaha avec leurs sonorités pré-réglées qu'on entend sur tous les tubes de cette époque, non, là c'est des Moog à foison, des ARP, des Oberheim, des synthés où les sons sont travaillés, profonds. Des synthés tous pleins de boutons, de curseurs et de petites lumières qui clignotent. Et puis une guitare. Le tout composé et orchestré par un français qui était aussi journaliste à « Best » ou « Rock & Folk », les deux magazines indispensables pour s'informer en cette époque lointaine et pré-internet. Un album où l'on prend son temps : les thèmes sont développés aussi longtemps que nécessaire, les intros prennent leur temps d'introduire, les couches se superposent lentement, avec précision. Un album à écouter « de préférence allongé, un casque sur les oreilles et en fermant les yeux », comme le dit le minot.

Bonne écoute à vous.

 
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from jnb

Pong Musical : Emerson, Lake and Palmer - Brain Salad Surgery

Ohhh : Pain Of Salvation !! Si je connais ?? Euhhh, disons que le boîtier...vide..., je le connais bien... Bref, disons que le boîtier (vide) m'a regardé durant de nombreuses années essayer de produire de la musique sur mon clavier. Boîtier posé sur l'étagère de gauche quand je suis au piano, de droite quand on regarde la fenêtre... Encore une preuve de la théorie de la relativité. L'album, c'était « Remedy Lane ». Jolie pochette.

Je savais que Pain Of Salvation était un membre de la confrérie des Métalleux. Facile à deviner : le Furventesque était un grand écouteux de Métal. Oh bien sûr, son oreille s'égarait souvent vers des classiques du monde Rock, mais elle revenait toujours à son port d'attache. Là où il se sent bien, au chaud, à l'abri, dans son monde, entouré de ses amis qui jouent en Drop D... Métallerie, certes, mais quel Death ? Progressif ? Rugueux ? Grandguignolesque ? Mélodique ? Mystère pour moi...

Jusqu'à aujourd'hui : maintenant je sais : (on peut mettre deux fois deux points dans une phrase ? Je sais pas trop en fait : ça fait bancale, je vois bien, en même temps ma pensée me dit de mettre deux fois deux points, alors je fais. Point.) : Pain Of Salvation fait partie des bons groupes, de ceux qui te font un album qui se révèle meilleur à chaque écoute. Souvent les albums conseillés par l’échevelé me font cette effet. Il me faut quelques écoutes pour en tomber très amoureux. Et à chaque fois c'est pareil, immanquablement je tombe très amoureux.

Moi, ça me convient, ce type de comportement antédiluvien : un album : une écoute, deux écoutes, trois écoutes, quatre écoutes, etc , etc... Bon, je sais, je me suis encore laissé aller au coup des deux fois deux points. Je sais pas ce qui m'arrive, ça me vient comme ça ce soir... Bref, autant actuellement la musique peut dégouliner à flot des tuyaux de l'internet, autant elle était rare dans les années 70. 1970, pas 1870... Et l'esprit non distrait pas tout un tas d'écrans à cause que il n'y avait qu'un écran noir et blanc à la maison. Il y avait bien des écrans de montre ou de réveil, mais c'est pas la même chose. Essayez pas de m'embrouiller... Bref l'esprit libre pouvait revenir encore et encore sur un album, bien le presser pour en recueillir toutes les gouttes musicales. Il était alors temps de passer à un autre. Inconsciemment je fonctionne encore comme ça, et avec un album comme « Panther » c'est ce qu'il faut.

Premier morceau : il suffisait d'attendre une minute, et la voix est venue me cueillir histoire de bien me faire comprendre que l'émotion allait être présente dans cet album... Et tous ces sons, tous ces sons... Second morceau : une petite guitare slidée et après une intro au marteau pilon, on reste dans du lourd. Troisième : un son envoûtant, vocoder utilisé juste ce qu'il faut, batteur qui nous promène et qui est d'une précision... Quatrième : intro au piano, on peut penser à Riverside avec la voix, la guitare cousine avec Pettrucci, la basse s'amuse avec le batteur, et au final c'est un morceau à écouter encore et encore. Déjà j'ai la langue qui pend et je bave. Et je ne suis qu'à la moitié de l'album... Sans savoir que la suite hausse le niveau, si c'est encore possible... Et Bien si. Excepté un intermède façon BO de western des années 70. On y revient toujours... Keen To A Fault trouverait bien sa place dans Six Degrees... Panther est digne d'un grand Peter Gabriel : travail du son, des rythmes, des breaks. Un tube pour moi. Species commence comme un bon Led Zep, et se terminera aussi en me rappelant « In My Time Of Dying ». Et je défie quiconque d'écouter le piano d' « Icon » sans que les mélodies ne pénètrent bien loin dans sa mémoire musicale.

Au total ? Encore une petite perle, un album qui m'apporte quelque chose de nouveau à chaque écoute. Le pied quoi.

Bon, à mon tour maintenant. Allez les petits n'enfants, on s'assoit en arc de cercle devant Papy Jnb et on écoute son histoire.

Or donc, en ces temps reculés, Sir Keith avait un dragon qui crachait des flammes comme mille forges réunies, comme jamais un volcan n'avait fait, et qui … euh.., non, je me trompe. Je reprends : Or donc, en ces temps reculés, à côté des vinyles et des K7 C60 et C90 (les C120 sont apparues plus tard) on trouvait des K7 enregistrées, au même prix que les vinyles si mes souvenirs sont bons, mais sur ce coup là mes souvenirs ne valent pas grand chose. L'avantage : tu pouvais l'écouter sur un lecteur portable. À part ça : rien. La bande finissait toujours pas s’emmêler ou se casser, le son des lecteurs portables était plûtot nul et la pochette était une feuille de papier avec des photos minuscules, des textes si petits qu'ils te donnaient un avant goût de la presbytie... Et il fallait à chaque fois se battre pour replier le papier comme il l'était au début, sous peine de ne plus pouvoir le mettre dans le boîtier... Bref, le Vinyle offrait un bien meilleur son et plus d' heures à jouer avec les pochettes, à lire encore et encore le nom des musiciens, du producteur, des studios, les textes parfois, les photos souvent.

La seule que j'ai achetée, c'est « Brain Salad Surgery » d' Emerson Lake and Palmer ou ELP. Je crois que « Panther » flirte souvent avec le progressif, ce qui m'a donné envie de vous parler d' un ancêtre du genre : Emerson (Keith), Lake(Greg) and Palmer(Carl). Soit trois musiciens présentés comme un des premiers « SuperGroupe ». Gros argument marketing de l'époque. Moi je les définirais plutôt comme un Power Trio, sauf qu'à la place de la guitare tu mets un clavier, enfin plein de claviers. Et le claviériste c'est Keith Emerson, un mec habité et déjanté, le roi de tous les Moog pas encore sortis, qui martyrisait son Hammond sur scène en y plantant des couteaux, en le secouant dans tous les sens, en le jetant à terre. Un comportement de Guitar Hero, mais avec un clavier...

Ça commence avec « Jerusalem », morceau un peu grandiloquent peut-être... Puis vient « Tocata ». Long instrumental, musicalement il y a de quoi se mettre sous l'oreille. Là encore de nombreuses écoutes révèlent toujours un petit passage passé inaperçu la fois d 'avant... Ensuite une petite douceur, faut bien faire son beurre en passant à la radio. Mais c'est quand même une bien belle chanson. Ensuite on a un OMNI... Objet Musical Non Identifié. Je comprends toujours pas...

Et on arrive à Karn Evil 9. Morceau en trois parties. La première étant elle-même divisée en deux parties. Le morceau était trop long pour tenir sur une face... Que ceux qui aiment les claviers se préparent à un petit feu d'artifice... Le mélange des sons sortants des différents Moog et de ceux plus classiques du Hammond ont vraiment très bien vieilli. La basse et la batterie sont à peu près au même niveau...

Bon, je cause je cause, mais j'en étais où de mon histoire, moi ? Ah oui : Or donc, en ces temps reculés, Sir Keith avait des Moog qui crachaient du feu, un Hammond, et divers pianos et clavecins qui les accompagnaient . Sir Greg, fidèle compagnon, se tenait toujours à ses côtés, prêt à faire vrombir son bâton de Tonnerre. Sur l'autre flan, non moins fidèle compagnon, Sir Carl était considéré dans le royaume entier comme le Maître des Tambours de Guerre, tambours grondants et déroulants capables de terrasser n'importe quel ennemi. Tous les trois étaient si redoutables, qu'après leur passage on devait fréquemment avoir recours à de la « Brain Salad Surgery » pour se remettre. Voilà. Fin de mon histoire.

Ah non, je vous ai pas dit pourquoi il faut écouter ELP : parce que c'est énergique, mélodieux, très bien construit : Bref, c'est de la Bonne Musique. Vrai fin de mon histoire.

 
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from jnb

Pong Musical : Pink Floyd – Relics

Ouah, Riverside !! Moi aussi j'aime cette voix ; pas de vibrato, seulement la note juste qui se prolonge, pas d'effets pour cacher une légère approximation. En fait tu as des sons simples, tu entends chaque musicien clairement, pas d'empilement d'instruments, des mélodies accrocheuses, des morceaux bien construits, on ne s'ennuie pas.Tiens, si j'étais pas un brin écolo responsable de mon empreinte carbone j'irais bien faire de la 2X2 voies, le régulateur à 110, avec l'autoradio à un volume tel que tu es une boule de musique qui se déplace dans la nuit....

Et puis, arrivé à la dernière note je laisserais un peu de silence pour redescendre un peu, et alors mes neurones seraient prêts à recevoir avec l'attention et le respect requis, ben oui devant la création artistique, et ici c'est de l'art, aucun doute là-dessus, on doit faire l’effort d'écouter les oreilles grandes ouvertes et reconnaissantes du bonheur offert par des musiciens qui se sont décarcassés pour offrir une création aboutie, polie, dans le sens polir un objet, pas être poli comme avoir une bonne éducation, je précise pour que vous ne soyez pas perdus dans mon explication un peu alambiquée, je le reconnais... bref cet album mérite qu'on soit respectueux et attentif quand on se le met entre les oreilles, là où sont produites les endorphines, …. et moi je pourrais conduire comme cela jusqu'en Pologne, mais c'est pas possible, à partir de chez moi la seule 2X2 file vers l'ouest, pas vers l'est, tant pis je ferrais comme si...

Je crois, non, je suis certain, qu'on peut mettre Riverside au niveau des groupe déjà sélectionnés par le gars qui furvente dans sa tête comme Opeth ou Ayreon par exemple. La référence à Steven Wilson est aussi évidente. C'est vous dire s'il y a du niveau. Du niveau, mais surtout du plaisir à entendre la pureté de la voix et des sons, la complexité, malgré une apparence de simpliciré, la complexité donc des compositions.

Si je devais mettre une note, je mettrais bien 6 sur 6. Oui, je sais, habituellement on note sur 5. Et pourquoi donc ? Moi je trouve que la base 6 (6,12,18,24,...) est aussi jolie que la base 5 (5,10,15,20,...).

Bon, un peu d 'explications sur mon choix Ponguesque : Le titre « Under The Pillow », le nom du morceau, pas la musique, est direct allé percuter la case où il y avait écrit « A Pillow Of Winds »... Puis le son du clavier a confirmé mon choix : dès la première note, un son que Richard Wright aurait pu choisir, idem à 1mn 20. Donc c'était décidé, ce serait Pink Floyd, mais il y a-t-il encore quelque chose à découvrir pour des personnes aussi cultivées que le Furventesque ex-chevelu ? «  The Dark Side... », « Meddle », « Wish You... » ?

Intermède « Souvenirs, Souvenirs » : Je me souviens de la sortie de « Wish You Were Here », assis par terre en rond autour d'un tourne disque, la rallonge qui part du garage, et Baloo (oui, il était un peu rond...pas tant que ça en fait...) qui pose le disque tant attendu... Une écoute, deux écoutes...Avant cet après midi, devant le garage assis sur les graviers, il y avait bien une pelouse mais la rallonge était trop courte..., bref, avant cet après midi j'étais vierge de cet album, de ces nappes de synthé, du thème au clavier Moogesque ou Moogien, c'est comme vous voulez, des guitares aux sonorités venues directement du paradis, c'était l'été, la musique entrait doucement en moi, c'était bon... Fin de l'Intermède.

Alors je me suis dis, Jnb mon ami, quel est l'album que peu de personnes connaissent parce qu'à cause de sombres péripéties judiciaires il a été en vente peu de temps ? En plus avec au moins deux pochettes différentes ? Que personne n'avait dans ses vinyles, sauf au moins un copain qui m'avait permis de le casseter (Alain certainement...) ? Un album que j'ai écouté et réécouté en faisant mes leçons, ce qui explique mes résultats au lycée peut-être.... C'est une Compil des premiers albums, avec des inédits ou face B de 45 tours, sortie pour faire attendre car l'enregistrement de « Meddle » trainait trop en longueur pour la maison de disque qui avait envie de continuer à gagner de l'argent, mais retirée de la vente pour des raisons qui me restent obscures (by clouds....évidemment, ah ah ah).

Ça commence avec «Arnold Layne », court morceau bien sympa, mais sans grande particularités.

Ce qui n'est pas le cas d' « Interstellar Overdrive ». Long morceau, ou les collages de guitares construisent des couches qui dialoguent avec des couches de clavier, une basse qui avance, se retire, puis revient, une batterie qui n'est pas utilisée pour un rythme uniquement, mais le plus souvent pour être un instrument, ça ressemble à de longues impros, la direction est commune, mais chacun suit son chemin. Ce qui, à y réfléchir, est une histoire condensée des cinq musiciens de Pink Floyd. Il n'y a que le mixage qui soit insupportable. Pas la répartition des instruments, ce qui était fréquent à cette époque, mais la fin du morceau me donne la nausée à chaque fois. Physiquement.

Suit « See Emily Play ». Une des mélodies qui me met le plus de bonne humeur. Je ne sais pas exactement pourquoi, mais c'est un morceau que j'ai aimé dès la première écoute et dont je ne me suis jamais lassé.

« Remember A Day », avec ses descentes de Toms, ses parties de piano, ses glissandos de guitares qui créent une atmosphère étrange, ses voix, est un morceau que je n'ai jamais entendu à la radio. Ce qui ne signifie pas grand chose parce que parmi les morceaux que j'aime, il y en a beaucoup qui restent rarissimes sur les ondes. Mais c'est un morceau complexe qui mérite d'être porté par les amis du gars qui furvente, slamine, etc .

« Paintbox » est une petite chanson encore une fois bien agréable, écrite dans les années 66/67... Quand on compare avec les chansons françaises de l'époque...

« Julia Dream » est une autre illustration du fossé qui nous séparait alors...

« Careful With That Axe, Eugène » est la version studio, assez plate en fait, non carrément plate comparée à la version live parue sur Ummagumma » qui, elle, file réellement des frissons. Il faut absolument écouter la version d'Ummagumma, la tension qui monte, l’explosion, le relâchement puis enfin l'apaisement.... Je crois que mon père, en entendant ce morceau joué à fond sur ma chaîne Dual, a définitivement été convaincu que je ne connaissais rien à la musique, qui comme tout un chacun le sait, commence avec Verchuren et se termine avec Yvette Horner... je comprends son point de vue...

« Cirrus Minor » s'ouvre sur des chants d'oiseaux, des guitares, une voix traînante, un orgue typiquement Richard Wrightesque, morceau envoûtant, calme, apaisé avant les guitares saturées, le traitement rock plus classique de « The Nile Song ».

« Biding My Time », je ne connaissais pas avant de retrouver, grâce aux logiciels chers à l'homme qui a les cheveux dans le vent, l'album dont je vous cause aujourd'hui. Je ne l'avais pas enregistré. Il faut dire qu'à cette époque, une K7 C90, c'est à dire de 90 minutes, permettait d'enregistrer deux albums pour le prix d'un demi album. Donc si tu avais toujours soif de musique comme moi, il était rentable de copier sur C90. Mais une C90 c'est deux faces de 45 minutes, et Relics par exemple faisait 49 minutes. Donc il fallait sacrifier un morceau au moins, et assez long.... Tu pouvais aussi acheter des C120 , deux fois une heure, dans ce cas pas de problème, mais c'était plus cher, et surtout les C120 avaient la fâcheuse habitude de voir leur bande s'enrouler, se coincer, se froisser, se casser, et alors direction la poubelle avec une grosse colère parce qu'il fallait retourner chez le type qui t'avait prêté l'album, luis demander de te prêter à nouveau, parfois il l'avait échangé avec un mec que tu ne connaissais pas, bref des trucs à te compliquer la vie. Alors vive la C90 !! Mais il fallait sacrifier... Bien sûr tu pouvais enregistrer le morceau en trop sur l'autre face. Mais alors il ne te restait que 40 minutes pour un autre album ! Mais surtout j'avais des principes : un album par face !! Bref, « Biding My Time », commence très Jazz cool pour se terminer dans un truc plus Blues Rock. Très bon morceau. Dommage qu'il ait été obligé de passer à la trappe et rejoindre le cimetière des morceaux sacrifiés à cause des K7 trop courtes..... Je sais pas si les K7 existent toujours, mais les dernières que j'ai achetées, étaient des C90 + 4... C'était déjà mieux...

Le dernier morceau, « Bike », est un morceau de Syd Barret, expérimentation sonore qui le caractérise assez bien en fait.

Si vous lui laissez sa chance en l'écoutant plusieurs fois, je suis certain que « Relics » va se faire une petite place en vous et vous enrichira de morceaux, de sonorités, de mixages d'une époque qui a participé à la grande aventure de la musique qu'on aime, Oh Yeah !!

Bonne écoute.

 
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