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from Des mots en plein Furvent

Sting, c'est quand même un gars qui n'a rien pour lui. Il est beau-gosse, a une voix bien comme il faut, a fait partie d'un groupe qui a cartonné (et qui était plus que bon, il faut le noter. Car cartonner ne veut pas forcément dire être bon. Bon dans le sens musicalement bon, pas commercialement bon.), a une carrière solo plus qu'honorable, a tout de même tourné dans Quadrophenia, Dune et Kaamelott, et en plus il sait jouer de la basse, pas n'être qu'un simple bassiste non, jouer de la basse. Rien que ça. Peut-on dire qu'il a raté sa vie ? Je le pense...

Pochette mythique pour ce Bring on the Night (Live), Je la revoie très bien se distinguer parmi les nombreux disques que possède mon géniteur. Et quand il nous laissait choisir un album pour le repas du soir, je ne sais pourquoi nous ne choisissions jamais cet album, lui préférant à coup sûr Supernatural de Santana.

Savoir s'entourer, pour produire de l'émotion musicale est un talent, un don pour certain. Je pense notamment à Steven Wilson (Porcupine Tree, n'est-ce pas un sacré rassemblement de bons musiciens ?), mais surtout à Michael League avec son label et surtout ce Snarky Puppy qui, il y a de cela quelques années, est venu ébranler mon monde musical pour rebattre les cartes et ouvrir des lignes d'horizons jusqu'ici masquer par la saturation des guitares et la double-pédale à outrance.

Avec ce Bring on the Night, Sting montre qu'il sait digérer les styles, faire se côtoyer des grands noms tout en leur laissant de la place, un terrain d'expression pour former un groupe, un vrai bon groupe.

Le bonhomme est tout de même capable de te produire des hits magnifiquement calibrés pour faire un succès commercial tout en proposant également des morceaux aux structures plus complexes, aux passages venant ravir tout amateur de notes. Un sacré bonhomme de la musique, naissons-nous tous égaux sur cette terre ?

Dans ce subtil mélange de mots, s'entrecroisant pour former des phrases, des émotions, un pong, j'ai remarqué le mot vibrato. Je suis relativement déçu, car je voulais balancer un bon Céline Dion, tant pis.

Plus sérieusement, je suis plutôt d'accord avec jnb, le vibrato gache souvent, ruine parfois. SAUF ...

Vous vous attendiez vraiment à un avis tranché, net et précis, finement simple ? En tant qu'adepte de la secte des oui-mais et membre honorifique par intermittence du culte de la virgule, je ne pouvais m'arrêter à cela. D'ailleurs il ne faut jamais s'arrêter, plus de mal à repartir par la suite. Il faut se lever les fesses, ou faire bouger ses jambes.

Donc le vibrato, oui parlons-en du vibrato. Si c'est pour faire tenir une note bancale pendant quelques secondes de plus afin de créer de un subterfuge d'émotion alors non, il faut bannir le vibrato. Si c'est une technique pour essayer de surchanter, d'aller au-delà de ses capacités, l'intention est louable, mais c'est encore non. En revanche si c'est dans une démarche où la voix est véritablement intégrée comme instrument, faisant partie du tout et non venant se poser dessus pour faire joli, car il faut une voix, alors là oui. Et qui sont les grands artisans de cette mouvance (dont beaucoup ici-bas en France, dirait que ce n'est pas de la musique.) ?

Je change de sujet, mais je connais un gars qui a horreur des lives, je connais une fille aussi qui n'aime pas trop ça. Alors oui c'est sûr qu'un live si c'est pour entendre Indochine te refaire à l'identique ses trucs avec un simple “ÇA VA TOUJOURS LE STADE DE FRANCE ????” de temps en temps, oui effectivement ça ne sert à rien (tout comme les albums studios dans ce cas de figure bien précis). En revanche, lorsque l'essence même de la musique réside dans la cohésion d'un groupe, dans la magie d'un collectif alors un live n'est plus une simple reproduction d'un album.

Mais avant de vous livrer ce ping, je me permets de vous mettre en appétit avec ces chants. Le Trio Joubran ayant sorti un morceau avec Alireza Ghorbani, un musicien iranien, je vous laisse savourer ce somptueux mélange de modernité, d'héritage culturel, de transmission.

Alireza Ghorani & Le Trio Joubran

La larme à l'oeil, le pavillon aux aguets j'aurai pu proposer le live de Dhafer Youssef au festival Jazz sous les Pommiers, mais cela aurait été un peu trop facile il faut bien se l'avouer.

Alors quoi de mieux qu'un bon live par un bon power trio tout droit venu du Canada. De surcroît il faut préciser que le live en question est un bootleg, adoubé par le groupe tant il est phénoménal.

Mansfield, Massachussetts. Au soir du vingt-trois juin 1997, le groupe se présente face à la foule pour une date de la tournée Test For Echo. Le public est prêt pour presque trois heures de magnificence musicale. Le groupe n'est peut-être plus à son apogée pour les fans de la première heure, mais il n'en demeure pas une pointure du rock, trop souvent méconnu.

Les trois compères vont venir chatouiller les oreilles des mélomanes avec leurs mélodies imparables, les cymbales sublimement placée d'un feu Neil Peart, la voix reconnaissable de Geddy Lee, son jeu de basse, et la guitare inclassable d'Alex Lifeson.

J'aime toujours ces petites variations dans les morceaux que proposent les groupes en live, j'aime également entendre la joie incommensurable du public, se prenant au à chanter.

Le combo Dreamline/Limelight me fout la patate à chaque fois, je crois que ces deux morceaux font partie de mon top pour partir au boulot, seul le long de la Loire, admirant les reflets du soleils levant sur le coteau et sur la belle endormie. Il m'arrive aussi de regarder la route, je vous le promets.

Driven me berce toujours autant, ma tête ondulant de gauche à droite (ou de droite à gauche ?).

Red Barchetta immortalise le rock prog des années 80, on pense que ce rock-là est simple, mais la réalité est bien différente. Et pourtant, ça passe facilement, y compris pour les non-amoureux du progressif.

Closer to the Heart me fait penser à Led Zepp, à chaque fois.

Et puis on y trouve pêle-mêle un morceau de vingt minutes, des morceaux sentant bon le Hard-Rock/Métal, un instrumental absolument dantesque, huit minutes de batterie.

YYZ referme la prestation sur une explosion, ça va à cent à l'heure, ça bifurque, repique, zig-zag, accélère, ralentit, braque, part en marche arrière, et on ne voit pas passer les quatre minutes

Un incontournable à n'en pas douter pour tout amoureux de rock qui se respecte.

Bonne écoute

https://musicbrainz.org/release/53bf833c-9066-41a0-a85c-1a89183d1a7e

 
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from jnb

Pong Musical – Sting and The Blue Turtles – Bring On The Night

Ouhhh là là... Frank Zappa Himself... Si ça c'est pas un truc à me déstabiliser... Quand l'homme au pansement frontal m'a Pingué ça, je me suis dit « Oh là là (oui, je sais, je me répète ; mais on n'est pas dans un concours littéraire...) (Quoique précédemment c'était Ouh là là et là c'est Oh là là , donc techniquement y'a pas répétition...), Zappa... Moi j'ai un vinyle qui se nomme « One Size Fits All ». Bien. Juin 75. Très bon album, dense, du Jazz-Rock, plutôt du Rock-Jazz à mon sens. Des ruptures de rythmes qui changent toute les cinq mesures. Un premier morceau, « Inca Roads », dont le solo a été enregistré live à Helsinki, puis qui a été injecté en studio dans le morceau. Des pointures derrière lui. Mais le Furventesque m'a un jour conseille d'écouter Sheik Yerbouti, qui ne m'a pas plu. Trop dense, trop touffu, trop dans tous les sens. Le truc qui m'a toujours plu dans cet album, par contre, c'est la pochette. Important les pochettes, important.

Mais Over-Nite Sensation est un album qui m'a bien régalé. La proximité du son, de la période avec « One Size Fitts » ? Sans aucun doute.

Zappa ? Un mec aussi doué pour savoir s'entourer que Miles Davis. Sur ces deux albums tu trouves, dans le désordre, un type aux claviers qui a joué avec Miles Davis, entre autres, un bassiste copain d'enregistrement de Jean-Luc Ponty, violoniste Français, et oui madame, un Chester Thompson, roi des baguettes, que j'ai personnellement myself vu jouer avec Genesis en 1978, son solo de batterie en duo (?) avec Phil Collins a été un grand moment...

Et il y un autre gars qui a fait le coup du « je prends des très très bons et ça devrait le faire ». Sting, pour son premier album solo après Police, s'est entouré de très très bons, des mecs qui ont un CV long comme un kilo de spaghetti mis bouts à bouts... Je sais personne ne ferait ça, surtout pas Mr Félix, c'est juste une image pour vous aider à imaginer le pedigree des musiciens. Le résultat c'est un album studio, « The Dream Of The Blue Turtles », que personne n'attendait. Puis les gars se sont dit, « Bon, c'est bien joli un petit album studio, mais si on se faisait une petite tournée ensemble ? » . Le gars Sting, pas très à l'écoute parfois,mais pas pingre, a remis une tournée de rosé vu qu'ils étaient justement en train de fêter la fin de l'enregistrement au célèbre Bar des Sports de Jean-François. Bon, là je suis pas certain de l'anecdote, mes sources sont un peu foireuses, mais ça aurait peut-être pu se passer comme ça... Bref, le groupe est parti en tournée. Et c'est le Live de cette tournée que je propose à vos oreilles avides, mais sans doute bien souvent remplies de douces notes. Et d'un peu de cérumen à l'occasion.

Ça commence par un petit arpège, grosse caisse/charleston et la voix, nasalement feutrée, bien connue, qui tient la note sans aucun vibrato. Et moi j'aime pas trop le vibrato. Sauf chez Neil Young. Je sais, je suis un homme de contradictions... Mais revenons à ce premier morceau, ça groove rapidement, c'est joyeux, on sent que le piano a envie de partir gambader, et ça tombe bien, parce qu'à un moment il saute par dessus la clôture aux environ de 4mn30 pour que vous visualisiez bien l'endroit où la clôture s'est retrouvée survolée par un piano bien dodu et qui est parti folâtrer comme un malade dans les hautes herbes vertes. Et là on se dit qu'on se retrouve en face de sacrés bons clients, parce que la basse et le piano ne sont pas non plus mauvais .., et puis un petit passage où ça rappe, merci Mr Marsalis..

« Consider Me Gone » : Clavier, basse et batterie tissent un petit rythme qui pousse ton pied, ou au moins un de tes doigts, à tapoter nonchalamment. La fin n'est pas mal non plus. Les cuivres de Mr Marsalis commencent à squatter une partie de ton cerveau...

« Low Life » commence assez faiblement, et se réveille agréablement pour en fait donner un morceau tout à fait correct.

« We Work The Black Seam », ou comment faire pour garder les oreilles ouverte grâce à un enchaînement de courtes parties bien différenciées.

« Driven To Tears » débute avec une batterie qui invite le public à frapper des mains en rythme, d'ailleurs c'est tellement bien fait que le public frappe dans ses mains, à peu près en rythme ?, faut pas oublier qu'on est à Paris, une fois encore les instruments dansent ensemble, fausse fin, puis reprise dont on aurait tort de se priver. Arrivé à ce point du disque on arrête de se creuser la tête pour savoir qui est le meilleur des musiciens présents sur scène.

« The Dream Of The Blue Turtle/Demolition Man » : ben on a la réponse : le meilleur est …...le groupe.

« One World (Not Three)/ Love Is The Seventh Wave » montre ce qu'on peut faire avec des voix quand on ne s'appelle pas jnb. L’ambiance reggae est bien sympa, la basse bien ronde comme il sied, la batterie déborde de contre-temps comme il sied itou. Et les fesses bougent, où à tout le moins frémissent.

« Moon Over Bourbon Street » Une contrebasse, une voix, une charley, puis un clavier, et un sax magique donnent un morceau culte. Qui le mérite.

« I Burn For You » est le genre de morceau envoûtant dont les basses et la batterie sur l'outro me filent des frissons à chaque écoute.

« Another Day » Le son de la grosse caisse pendant l'intro me scotche à tous les coups. Une fois de plus le groupe est un régal pour les oreilles. Le piano introduit bien tout ça.

« Children Crusade » offre encore une fois un terrain de jeux formidable pour le sax de Mr Brandford. Le groupe se démène pour le pousser le plus loin possible, et il relève le défi le ch'ti gars, il tutoie les Dieux, ouvre une porte sur le paradis musical.

« Down So Long » Une fois de plus le Swing, le Groove, appelez ça comme vous voulez suinte de partout. L'approche Jazz sur un Blues est magique. Banalité...

« Tea In The Sahara » Envoûtant, comme un conte des mille et une nuits, de longs passages avec peu de notes, des instruments discrets, on joue avec le silence, et c’est sacrément agréable...

Bonne écoute.

 
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from Des mots en plein Furvent

1er janvier: Des voitures incendiées, des feux d'artifices ratés, des humains alcoolisés. Et au beau milieu de ça Jean-Mi, qui se demande pourquoi il devait comme chaque année se farcir le premier repas de l'année, avec un mal de crâne, chez sa belle-mère. Déjà vingt ans qu'il mangeait tous les ans du pain de poisson, une pintade trop cuite et une buche d'une semaine... Putain d'année qui commence.

14 février: Jean-Mi est stressé. Le Buffalo Grill est réservé pour 19h45, il a enfilé sa plus belle chemisette, s'est fait une belle moustache à la José B, il s'est même mis du Drakkar Noir (échantillon subtilement mis dans la poche au Mammouth d'Avrainville). Il est prêt le Jean-Mi, prêt à en mettre pleins les yeux à la Mauricette. Prêt à lui faire la cour, pour lui prouver son amour. Seul souci, Mauricette n'est pas à la maison ce soir. Elle n'a d'ailleurs pas, et ça Jean-Mi ne l'a pas remarqué, fait de lessive ni passer l'aspirateur aujourd'hui. Alors il attend, dans le salon, il s'offre un petit verre et se replace la raie au milieu du crâne.

15 février: Jean-Mi se réveille à 15h, un mal de crâne digne d'un mauvais pain de poisson lui explose la tronche. Il remarque devant lui un post-it. Mauricette est partie, Jean-Mi est désemparé. Comment vais-je faire pour aller au boulot demain sans slip repassé moi ?

22 février: l'A320 fait son premier vol d'essai au-dessus de Toulouse, les riverains sont émerveillés par cette prouesse de l'homme. La terre elle, continue de pleurer, un peu plus fort chaque jour.

30 mars: Foutue soirée, il n'y a vraiment pas de justice dans ce monde. Jean-Mi avait enfin décidé de se reprendre en main, il avait commencé à courir un jour sur deux, entrepris d'apprendre à cuisiner pour éviter de s'enfiler des cordons-bleus tous les jours avec une variation hebdomadaire nouilles/riz. Ouais, Jean-Mi était sur la bonne voie. Pour la première fois depuis le départ de Mauricette il avait décidé d'aller se confronter au monde dans une soirée organisée par un collègue de boulot. Il était arrivé un peu en avance, chemisette fraichement achetée, bouteille sous le bras. À cette soirée il avait rencontré Émilie, une jeune cadre dans la finance dont il avait tout de suite su qu'elle était faite pour lui. Il faut dire qu'elle ressemblait à s'y méprendre à Mauricette, y compris dans les passions et l'expertise de la table à repasser. Il n'eut malheureusement pas le temps d'appliquer ses techniques de dragues fraîchement apprises dans un bouquin, la belle avait disparu au bras d'un plus jeune, en polo.

6 mai: Jean-Marie, alias l'enflure borgne, continue ses discours nauséabonds. La petite Marine, majeure depuis moins d'un an (et encartée FN depuis moins d'un an), acquiesce bêtement tout en ayant un peu honte quand même. Une honte qui disparaitra assez rapidement.

8 juin: Trente-huit ans après la parution de son roman, deux ans se sont écoulés depuis l'histoire. La novlangue était une vision prémonitoire.

** 21 juin:** Notre gars arpente les rues, se laissant happer par la douceur de vivre un jour de fête de la musique, merci Jack ! Il s'arrête pour tantôt savourer un bon rock, tantôt une chorale. Qu'il fait bon vivre dans ce doux pays. Cela lui amène un peu de gaieté, lui qui a mal démarré l'année.

6 juillet: Life

3 août: Sujet du tout premier pong musical de jnb.

10 août: Il fait chaud, très chaud. Jean-Mi se décide à partir à la mer. Faut bien se faire plaisir de temps en temps. Alors notre ami démarre sa ZX, et part. La route est un plaisir, du monde mais ça roule relativement bien tout de même. Il s'allonge sur le sol, savoure le dernier Marc Levy. En poche le bouquin, faut pas non plus trop engraisser la vache à lait. Jean-Mi déballe l'alu de son sandwich jambon-mayo, un délice. Et, alors que tout allait bien, sa journée vira au cauchemar. Il revit Mauricette, au bras d'un beau jeune homme, et décida alors de rebrousser chemin. Hors la ZX se plaisait bien sous les embruns et refusa de démarrer. Deux heures plus tard, la dépanneuse arriva et Jean-Mi commença son long périple du retour entre attente au téléphone, voiture de loc' défaillante et train annulé. Jean-Mi eu juste le temps de s'écrouler vingt minutes sur le canapé avant de devoir partir au boulot. Quelle journée !!!

13 septembre: L'insatiable Jean-Marie remet le couvert, un détail dira on au vu de son pédigrée aussi charger qu'une 405 (voiture de l'année) sur le chemin de la Grande Motte en plein mois de juillet.

15 octobre: À l'époque il avait une chevelure magnifique, et il sortait son deuxième album, Surfing with the Alien,

24 octobre: Jean-Mi est au bout du rouleau. Décidément ne pas travailler avec un slip bien repassé est vraiment inconfortable au possible. Alors il fait de son mieux, ses patrons en ont assez et le remercie.

20 novembre: Premier lancement réussi de la fusée Arianne 2, on me dit que la terre pleure toujours.

3 décembre: Une bien belle année pour notre gars, il faut dorénavant penser à se relever. La raie toujours impeccablement placée au milieu du crâne, Jean-Mi part pointer à l'ANPE, un changement de vie s'impose pour pouvoir tourner la page. On lui propose beaucoup de choses, seul un faible nombre retiennent son attention. Il lui faudra quelques jours avant de pouvoir poser sa réflexion. Et c'est ainsi qu'il se rasa le crâne, laissa tout en plan pour aller se réfugier dans les montagnes, avec pour seul ami un canif. Nul n'eut plus jamais de nouvelles de lui, on dit que parfois il se laisse voir, furtivement entre deux pins. On dit qu'il a perdu la tête suite à cette sombre année 1987, alors si jamais vous le croisez, rappelez-vous son histoire. Rappelez-vous qu'un homme sans slip court à la déchéance.

15 décembre: début des travaux du tunnel sous la Manche. Dicton d'une vieille dame : “On est peut-être pas les plus intelligents, mais on est toujours pas plus con que les Anglais.”

 
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from Des mots en plein Furvent

Que ce soit du petit gimmick à la guitare dès le début de l'album, du I know what I like and I like what I know  ou encore du solo de Firth of Fifth, de l'incroyable The Battle of Epping Forest, l'album Selling England by the Pound est un petit bijou, tout comme Foxtrot d'ailleurs. Et vu les gaillards derrières les instruments ce n'est pas étonnant.

Comme le dit jnb, il est intéressant de s'intéresser à l'évolution technologique entre ces deux albums. La qualité du son, de sa restitution est tout de même incroyable. On sent bien qu'à l'époque ça bougeait plus que vite.

Genesis est une pierre angulaire du rock, un monument ayant inspiré beaucoup de rejetons, d'autres groupes. Alors le choix est une nouvelle fois difficile. Pourquoi ne pas partir alors sur un homme et non un groupe ?

Quand je pense à Genesis je pense à Peter Gabriel, désolé mais Phil Collins c'est Tarzan et Another Day in Paradize en musique en 4°. Quand je pense à Gabriel, je pense à un grand malade, un artiste pour sur. Je pense à quelqu'un de complexe, pétri de talent et qui sait s'entourer pour créer de magnifiques morceaux.

Alors ce sera Frank Zappa. Un autre magicien savant s'entourer, mais quel Zappa ? Mmmh, vous avez pris un jour de repos ? Ça risque d'être long vu la discographie du monsieur. Et je dois faire un aveu, ce ping est également une découverte pour moi.

Il y a plus de dix ans j'avais écouté l'album Hot Rats, conseillé dans un bouquin sur l'histoire du Rock ou les meilleurs albums par années je ne sais plus. En tout cas il était rangé sur le meuble tv à côté des synthés, mais ça vous en avez sûrement rien à faire. Je n'avais pas accroché, en même temps je n'accrochais qu'aux groupes beuglants, il fallait de la violence, de la violence et de la violence. Et entre ces couches de saturations des groupes comme Dream Theater, Porcupine Tree, Pain of Salvation, Ark venaient me rappeler que la musique c'était aussi un art, un vecteur d'émotions hors-paire.

J'ai donc entrepris l'écoute de quelques albums du moustachu et, ce fut une claque. J'ai d'abord commencé avec Zut Allure, un album plus rock que les autres. Puis j'ai glissé vers The Grand Wazoo, avec ces cuivres à gogo et ces parties partant dans tous les sens, un grand album à n'en pas douter. Il y eut aussi Apostroph' et enfin Over-Nite Sensation.

L'album s'ouvre avec Camarillo Brillo, une parfaite synthèse bridouzienne de l'Amérique avec un grand A. Un morceau me faisant instantanément penser à un film où le mec s'appelle Forest, Forest GUMP. La construction est classique, efficace et plus je tends l'oreille, plus je suis fasciné par ces cuivres, ces accompagnements sur le deuxième refrain. Je n'arrive pas à comprendre le génie derrière cela. Comment peut-on avoir ces idées. Dans tous les cas, le morceau est brillant, donne la banane lorsque tu pars au boulot, longeant la Loire et ces pécheurs (Salut Jéjé !).

Avec I'm the Slime on a même le droit à Tina et les Ikettes qui, entre deux trois uppercuts d'Ike, viennent pousser la chansonnette. Il parait d'ailleurs que ce dernier trouvait ça merdique, au point de refuser que sa femme et les Ikettes soient créditées sur l'album. Un pamphlet contre les médias de masse, sur du funk groovy, qui te fait remuer l'arrière-train machinalement.

Dirty Love nous emmène dans des contrées un peu salaces, avec un son de clavier comme les aime Stevie Wonder, et de la guitare dantesque avec un usage de la wah wah impeccablement exécutée.

Fifty/Fifty possède un défaut, le chant de Ricky Lancelotti, j'ai beau me concentrer je ne vois aucune musicalité là-dedans. En revanche, si on arrive à occulter la voix la musique est, quant à elle, un pur délice. Un jeu de batterie génial, une basse qui te rappelle que cet instrument n'est pas là pour faire de la figuration, un George Duke qui se déchaîne derrière son clavier, et même un beau solo de crin-crin électrique.

Zomby Woof entame le trio gagnant de l'album, ça groove sévère, tout en comportant des éléments free-jazz, demandant des écoutes successives pour en savourer toute l'ingéniosité. Encore une fois, la guitare est excellente. Le début du morceau devait être un sacré défi à jouer, et en live ça devait être un régal, pouvant être accéléré, ralentit à l'excès pour chauffer l'auditoire.

Dinah-Moe Humm est de nouveau une belle chanson salace sur un fond musical guilleret. On sent que les musiciens ne sont pas des débutants. Ça joue plus que bien, c'est carré, précis, y compris lorsque ça part dans tous les sens. Montana

Montana est le dernier morceau, une histoire de cow-boy voulant aller élever du fil dentaire dans le Montana. Des paroles bien Zappaïennes, portées par une composition musicale toute en progression. Commençant tranquillement, envoûtant l'auditeur avec les cuivres, un petit clavier discret et une basse donnant le ton. La guitare vient nous délivrer un p***in de solo après deux minutes. M. Zappa n'est pas n'importe qui tout de même. Et après cela les choeurs partent dans les aiguës, les cuivres s'emballent et le morceau se finit en apothéose.

Frank Zappa me replonge dans cette effervescence musicale des années 60-70, une frénésie sentant bon la liberté, l'expérimentation et le plaisir de jouer. Une production musicale ne demandant qu'à être sur scène et jouer, jouer, et encore jouer. La demi-heure de l'album passe à une vitesse folle et un seul choix s'offre à nous lorsque l'écoute est terminée, relancer la machine pour un second tour.

Si vous n'avez pas apprécié l'aventure, j'ai bien peur de ne rien pouvoir faire pour vous. Il vous reste bien ce sulfureux, et rebelle, Michel Sardou. Mais autant vous prévenir tout de suite, ça risque d'être bien pâle à côté de Frank Zappa. En plus Sardou n'a pas de moustache.

Bonne écoute.

https://musicbrainz.org/release/c9d40e99-57ec-42ae-9818-125914d0ddf6

 
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from jnb

Tranches de vie. Robert.

Le lac... S'il y avait quelqu'un qui le connaissait ce lac, c'était bien Robert. Ça faisait 34 ans qu'il y venait chaque jour. Le soir ou le matin, ça dépendait de son roulement à l'usine. Une semaine il voyait le jour se lever, une semaine il voyait le jour se coucher sur ce maudit lac. À force de faire le tour, il avait créé un sentier où l'herbe ne repoussait plus, où la terre était si tassée qu'on aurait dit un beau bitume tout neuf. La pluie ruisselait sans jamais transformer en boue cette piste qui courrait dans le bois autour de lac. Il y avait un endroit où les fesses de Robert avaient créé la même chose que ses pieds.

Très souvent Robert se demandait ce que sa vie aurait pu être sans cette maudite matinée de 1987. Il aurait continué ses virées du week-end avec ses copains d'enfance. Il aurait trouvé une copine, puis ils auraient vécu un peu ensemble, se seraient mariés, auraient fait construire une maison dans le nouveau lotissement, à côté de ses copains d'enfance. Ils se seraient donné des coups de main pour construire des garages, des ateliers, des clôtures, des poulaillers, se seraient échangé des plants de tomate, de courgette, auraient comparé leurs productions, auraient pesté contre les limaces (les loches), les escargots, lapins, pucerons et autres calamités, auraient changé des amortisseurs, auraient démonté des têtes de delco ensemble, auraient passé leur vie ensemble. Et puis il aurait eu des enfants. N'aurait pas trop su comment se comporter avec eux. Aurait résisté à l'envahissement des consoles, ordis et autres téléphones portables. Aurait été dépassé par toute cette technologie. Puis s'y serait mis. Comme tous les autres. Il n'était pas plus con que les autres.

Mais sa vie ne s'était pas déroulée comme ça. Tout ça à cause d'un matin brumeux de 1987.

Chaque jour il revoyait ce matin là. Chaque jour il retournait au lac pour enfin montrer aux autres qu'il n'était pas si con que ça, contrairement à ce que tout le monde croyait. Il savait très bien ce que les autres pensaient. Il le voyait dans leurs yeux. Et chaque jour il leur répondait, expliquait ce qui s'était réellement passé. Aussi fou que cela puisse paraître. Mais pour l'instant il leur répondait dans sa tête, il se répétait les phrases qu'un jour il leur dirait avec sa bouche et ses cordes vocales. Et pour pouvoir leur dire il lui fallait des preuves. Alors chaque jour il retournait au lac. Il était le seul à y aller. L'accès n'était pas facile. Il fallait marcher un long moment dans une forêt mal entretenue, les ronces déchiraient les vêtement, griffaient les mains, le visage, la mousse et l'humidité rendaient le sol glissant et certains passages étaient vraiment casse-gueule. Robert avait pris soin de changer chaque jour d'itinéraire, de ne surtout pas créer de sentier. Il voulait être seul autour de ce lac. Les autres n'avaient pas besoin de savoir ce qu'il y faisait. De toute façon, dans toute la région, personne n'avait envie d'aller voir ce lac. Surtout avec ce dingue de Robert qui y traînait chaque jour. À l'usine, dans le village, tout le monde évitait de le croiser. Il foutait les chocottes. Même sans savoir ce qu'il avait fait, il était glaçant, il mettait vraiment mal à l'aise, on ne comprenait pas ce qu'il marmonnait à longueur de journées.

Robert le savait, tirer sur des humains avec un fusil ce n'était pas bien. Même s'ils étaient déjà morts et empalés sur une tringle à rideau... . Deux coups. Pan !! Pan !! Moins d'une seconde entre les deux. Et tu avais beau dire que tu avais cru voir un ours ça ne changeait rien à l'affaire. Affaire qui bizarrement n'eut pas de conséquences judiciaires pour lui.. Tirer sur un mort ne semblait pas être trop grave en fait... Mais le mensonge de l'ours lui restait en travers de la gorge. C'était sorti comme ça, sa tête était complètement vide, et en réponse à une question le mensonge était sorti comme ça, sans même qu'il l'eut préparé, sans même s'en rendre compte, et comme tous les autres il avait été surpris. Mais comment revenir en arrière ? Pour passer pour un triple con vu qu'on le considérait visiblement déjà comme un con ? Alors il avait continué à mentir. C'est comme sur l'autoroute, une fois que tu y est entré il est très dangereux de faire demi-tour ou marche arrière. Alors tu continues en espérant que la prochaine sortie est proche. Mais Robert n'avait jamais trouvé cette sortie..

Quand Robert eut récupéré son fusil, il alla le mettre au râtelier en dessous de celui de son père. Qui était lui même en dessous de celui du grand-père de Robert. Il y avait une quatrième place sur le râtelier. Mais Robert savait qu'elle resterait éternellement vide. Il n'avait pas retouché à un fusil depuis. Parfois, mais toujours à l'automne, il revoyait son grand-père et son père graisser leur fusil, regarder le canon, une extrémité vers la lumière du plafond, l'autre extrémité collée à l’œil, l'autre œil étant fermé avec en prime un visage grimaçant, le passage de la brosse à l'intérieur, l'odeur de l'huile de protection, il la sentait comme si ils étaient dans la pièce, lui tout petit, eux sérieux, et puis la confection des cartouches, en carton s'il vous plaît, pas ces douilles en plastique qu'on trouvait dans les champs, jetées par ces nemrods du dimanche, un peu de poudre noire versée à la dosette, les amorces, les bourres, les plombs... La grande boîte contenant tout ces trésors étaient sur son armoire, il n'avait pas besoin de l'ouvrir pour tout sentir, pour tout ressentir... À la même époque de l'année il y avait aussi les bruits de la vendange, les aller-retours pour surveiller le jus de raisin qui bouillonnait gentiment, les cliquetis du pressoir... Toute cette nostalgie lui plaisait, cela arrêtait son esprit qui tournait en boucle... Et c'était bon.

Robert avait installé des capteurs de mouvement, des appareil photo qui prenait régulièrement des photos, des caméras qui filmaient en permanence. Tout ça bien caché dans les arbres. Rien ne pouvait lui échapper de tout ce qui se passait sur toute la surface du lac. Il avait des logiciels spéciaux pour traiter la masse de données récoltées par tout son matériel. Pas con le Robert. Loin d'être con le Robert. Très loin d'être con...

Le coup de l'ours était un peu tiré par les cheveux, mais bon c'était passé... Pouvait-il leur dire ce qu'il avait vu ? Un grand cou, des mâchoires énormes prêtes à se refermer sur la viande devant elles, des petit yeux fous, une vitesse de déplacement incroyable, comme un crotale sur le sable du désert, sauf que c' était dans l'eau, dix, vingt fois plus gros qu'une anguille, qu'un serpent, les seuls mots qui lui venaient à l'esprit étaient Monstre du Loch Ness ou Dragon... Va dire ça aux flic et tu passes pour un con, et tous les autres l'auraient su... Alors il avait dit : « Ours » . Mais il arriverait à avoir l'image... Ce n'était qu'une question de temps. Et du temps il en avait. Ça lui prendrait peut-être des années, mais il aurait l'image. Ouaip, c'est certain, il l'aurait...

 
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Il fallait la voir pour comprendre cette beauté simple. Une coccinelle remontant une feuille dans un plant de courgette, gravissant cette infime étendue verte qui, pour sa réalité, était un véritable périple.

Ses sens en alertes, elle explorait le vaste monde d'un matin de juin. Une de ces heures où le soleil commence à se lever, où l'on ressent encore cette fraîcheur caractéristique, appelant la chaleur de l'été.

Dans la nature il fallait être un chasser ou alors se faire discret et explorer le monde en douceur. C'était un peu comme une forêt sombre, chaque chasseur étant caché derrière son arbre, vivant sa vie sans trop faire de bruits, histoire de ne pas se faire remarquer et attirer la foudre. En revanche dès qu'une proie daignait sortir le bout de son nez, il n'y avait nulle sommation, le coup était rapide, instinctif, sans autre issue qu'une mort certaine.

Elle ressentit brusquement un infime frémissement dans l'air et, grâce à la rapidité de son système nerveux, elle n'eut même pas le temps de penser, ses ailes se déployèrent et elle parti, en faisant des zigzags aériens dont seuls les insectes ont le secret, afin d'explorer une nouvelle contrée.
Quelques millièmes de secondes après la botte de Jérome s'écrasa sur le sol encore humide du potager, laissant pour l'espace de quelques heures, une empreinte ferme sur ce lopin de terre.

Jérome aimait aller dans son potager le matin, humant cette fraîcheur de juin, les effluves d'odeurs venant lui chatouiller les narines. Il aimait prendre le temps, seul avec la terre, de bichonner ses légumes. Non pas qu'il puisse nourrir un régiment avec sa production non, notre homme était passé à autre chose. Il essayait, à son maigre niveau, de respecter la terre et de cultiver simplement. Joliment aimait-il à dire.

Ce ne fut pas toujours ainsi, au début il suivit le mouvement, motocultant comme un dératé, semant de la graine industrielle en veux-tu en voilà, il balançait des pesticides et des engrais à la pelle. La mode, à cette époque, c'était la productivité, à tout prix, quitte à faire du mal au sol, à se faire du mal à soi.

Il avait changé, était-ce parce que le monde allait mal et essayait globalement de changer lui aussi ? Était-ce par une pensée égologique, se disant que les autres faisaient bien ce qu'ils voulaient mais que plus jamais lui ne suivrait cette mouvance malsaine ? Il ne s'attardait que rarement sur les raisons du changement, préférant se concentrer sur les actions plutôt que la réflexion.

Cette dernière affirmation est d'ailleurs erronée car, travailler respectueusement la terre demandait de la réflexion. De l'observation dans un premier temps puis de l'analyse pour au final en tirer des conclusions et des potentiels axes d'amélioration.

En bannissant le motoculteur Jérome avait repris la fourche, pendant un temps du moins, car son dos le rappela vite à l'ordre, et les souvenirs camptocormiques des vieux du village aussi. De plus il eut vent des méfaits de ces pratiques, retourner la terre cassait son écosystème. En brisant les différentes strates du sol il réduisait à néant le travail acharné de ses esclaves naturels, les vers de terre. Il en profitait également pour remonter à la surface les graines des mauvaises herbes et se voyait rapidement envahi par ses colons verts sans foi ni loi.

Il acheta donc un drôle d'engin, une grelinette. Les actions d'un simple ameublissement couplé avec une aération des strates avaient eu des effets bénéfiques pour son potager. Les mauvaises herbes étaient plus facilement déracinables et il y en avait significativement moins. Ce sol aéré était également plus intelligent dans l'utilisation de l'eau et les légumes le remerciait pour ce cadeau.

Le secret, se plaisait-il à penser, résidait dans le fait d'être déjà bien câblé dans sa tête pour pouvoir prendre soin de son bout de terre. Il fallait réussir à accepter les échecs, pouvoir se réjouir des petites victoires, affronter le temps et ses méandres.

L'eau étant un élément essentiel, sacré même, il fallait également l'utiliser à bon escient. Jérome avait donc installé des pots en terre cuite, enfoui au sol entre ces légumes. L'objectif était de pouvoir offrir à la terre une absorption lente, par capillarité, un apport régulier, en douceur. Cela permettait également aux insectes de venir s'y noyer et ainsi aux oiseaux de venir se délecter de ces offrandes et d'une eau fraîche, plutôt que de venir picorer les légumes gorgés d'eau.

Il avait également laissé deux bandes aux extrémités de son potager, sur la longueur. Deux bandes qui accueillaient de la végétation, des fleurs sauvages. L'année suivante ces bandes seraient utilisées pour la culture et une partie de l'actuel potager servirait à accueillir cette flore sauvage. Les insectes aimaient venir s'y réfugier, observant à l'abri des regards le monde extérieur. Cela permettait également de les garder à distance des cultures, simplement, naturellement.

Jérome était fier, car son potager était le reflet de ses valeurs, de ses convictions. Et pour une première année de potager raisonné, les résultats étaient encourageants.

Il observa alors le soleil se lever, venant caresser de ses rayons les feuilles d'aubergines, les fleurs de tomates. Notre ami respira profondément, accroupi au milieu de cette jungle verte. Il avait de la chance, il le savait, et c'est pourquoi il en profitait et aurait un plaisir certain à offrir les surplus de légumes aux autres.

C'est la tête dans les nuages que nous quittons Jérome, d'ailleurs ce dernier n'aura certainement pas remarqué qu'alors qu'il prenait soin du sol, soin de l'environnement, la coccinelle était revenue visiter ses courgettes. Cette dernière ayant compris que l'homme n'était pas un danger, qu'il veillait sur elle, un allié dans cette forêt sombre.

 
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Pong Musical – Genesis – Foxtrot ou Selling England By The Pound ?

Des choeurs, une production léchée, des violons sautillants, un basson, des pizzicati, des cuivres, des petites percus genre castagnettes, des rythmes bien complexes, des mélodies accrocheuses, des flûtes, des guitares crunchy, jouées en étouffant les cordes du poignet (désolé, ça doit bien avoir un nom cette technique, le Furventesque doit bien savoir ça lui...), des guitares éthérées, bon ça commence fort cet ActIV !!! Et c'est comme ça tout au long de l'album. Mention spéciale à The Line, qui met de l'humidité dans les yeux (ça je sais comment ça s'appelle, mais je trouve plus poétique de parler d'humidité plutôt que de...non je ne le dirai pas..).

Hier a explosé dans mes neurones une phrase bizarre : « Quand je serai mort, la musique va me manquer. » Je ne suis pas allé réfléchir trop longtemps à tout ce que cette phrase pouvait soulever. Je suis retourné à l'écoute de cet act IV. J'en était à A Night On The Town, c'est à dire que j'avais déjà quelques délices musicaux dans le centre du plaisir, que j'avais atteint un niveau d'imprégnation musical tel que toutes les parties de mon cerveau disponibles étaient dédiées à l'écoute et la dégustation , plus rien n'existait autour, j'étais à l’intérieur de la musique, et p***** que c'était bon !!!

Alors que répondre à tout ce déferlement de sons, de notes, d'endorphines ? Je vous passe tout le cheminement qui m'a emmené vers ces deux albums, mais c'est parti de la seconde minute de Rebirth. Selling England By The Pound ? Foxtrot ? Comment choisir ? Sachant que choisir c'est éliminer.. Très peu pour moi. Jamais su faire ça, moi. Sauf en politique où parfois il faut savoir éliminer. Même si c'est en se bouchant le nez... Mais là on se bouche pas le nez. Parce que si vous faites vraiment attention, vous vous rendrez compte que votre rythme cardiaque s'apaisera malgré les trois cafés que vous venez d'ingurgiter il y a à peine une heure, et alors vos inspirations se feront plus profondes, un sourire béat, ou idiot, et je fais la différence car je suis bien conscient que j’appartiens à la seconde catégorie, et là, si vous êtes en train de vous boucher le nez, ce qui en soi relève d'une attitude qui frôle le ridicule en écoutant de la musique, bref inspirer profondément par la bouche ne produit pas du tout le même effet que par le nez. Inspirer fortement par la bouche ressemble plutôt à un examen médical alors que par le nez... et bien c'est pas du tout pareil.

Donc : Foxtrot ou Selling England By The Pound ? Lequel ai-je le plus écouté ? Sans doute Selling England, d'accord : Mais pour quelle raison ? Et bien parce que je viens d'une autre époque. Que je vous raconte. J'aime bien raconter. Et même si tout n'est pas toujours rigoureusement exact, c'est quand même une partie de moi que je vous livre. Une partie de ce qui vit en moi, une partie de ce que ma mémoire a engrangé au fil tu temps. Et à l'époque étrange où la découverte du vaste monde se résumait pour moi à des virées en Peugeot 103 propulsé par un mélange d'huile et d’essence que tu trouvais dans d'étranges machines où, après avoir introduit une pièce dans la fente, il fallait actionner un levier pour pomper (d'où le nom pompe à essence, ah que c'est beau la vie quand tout s'explique...) le précieux mélange, bref la découverte du vaste monde se résumait à des virées en 103 à la recherche du continent féminin, ce pays de cocagne et de félicités, et, surtout, donc, la découverte musicale. Bref, la glorieuse époque du vinyle. L'époque où une angoisse apparaissait après tout achat d'un disque : y aura-t-il beaucoup de craquements ? Et Foxtrot craquait. Beaucoup. Beaucoup trop. Inécoutable. Et il a fallu batailler beaucoup pour l'échanger ! Et j'en ai obtenu un autre. Qui craquait. Moins, peut-être mais il craquait quand même beaucoup plus que la moyenne. Bon, comparé à d'autres catastrophes mondiales, ce n'était pas grand chose. Mais pour moi c'était un drame. Et à ce moment je ressentais un abattement m'écraser, la sensation d'avoir été floué, d'avoir été privé d'une écoute de qualité. Moi, je n'entendais que les craquements... Mais je l'écoutais quand même parce que Foxtrot est un foutu bon album. Toujours avec le sentiment que le monde est injuste, que je ne méritais aucunement pareil traitement de la part des puissances supérieures.

Selling England commence avec Peter Gabriel, a cappela, qui nous demande : Can you tell me where my country lies ? Alors que la production de Foxtrot semble terminer une ère, celle de Selling England semble en ouvrir une autre : les instruments ont une clarté et une puissance qui n'existait pas dans Foxtrot, les sons sont travaillés, nouveaux. Une année d'écart seulement...
Après le sympathique et gentillet I Know What I Like, arrive le classique Firth Of Fifth : intro au piano célèbre, construction du morceau complexe, avec un enchaînement de parties où les instruments se déchaînent, et d'autres où le calme d'une flûte traversière vous scotche, où une partie de guitare vous transporte d'une rive à une autre. More Fool Me est un autre sympathique et gentillet morceau qui vous dépose au sommet d'une colline d'où vous assistez à l'arrivée d'une armée qui va se livrer à une bataille dans la forêt d'Epping. Nouveau morceau sympathique et gentillet, avant le plus consistant The Cinema Show. L'album se termine avec une reprise du thème développé dans le morceau d'ouverture.

Oui mais Foxtrot, dès la première seconde, vous cueille avec des accords dignes de l'entrée d'un roi dans une cathédrale. Sous les accords vient s'insérer une petite polyrythmie bien sympathique. Pour ne pas oublier la qualité des musiciens... Ce que confirme Time Table. Autour du piano, se construit un morceau mélodieux comme on les aime, mais loin d'être racoleur ou sans intérêt. Get 'Em Out By Friday nous raconte une bien belle histoire avec un enchaînement de grands plaisirs musicaux construit autour d'un thème soutenu par les claviers, comme bien souvent dans tout l'album. Can Utility And The Coastliners est un autre exemple de ces morceaux complexes, à l’architecture flamboyante, pleine de dentelles et de colonnades bien solides qui s'élancent vers les cieux pour nous faire toucher du doigt ce à quoi peut bien ressembler le paradis musical. Et ça fonctionne. Pour moi. Et, j'en suis persuadé, pour vous aussi. Horizons est une petite pièce musicale à la guitare qui allie la simplicité et l'élégance. Et l'album se termine avec Supper's Ready. Je renonce à parler de ce morceau, si ce n'est pour dire qu'il me laisse sans mots. C'est pas peu dire... Sauf que les montées des claviers vous emmènent tout en haut de la montagne, là où l’air est rare mais d'une pureté infinie.

Alors Foxtrot ou Selling England ? Pas facile à faire comme choix... Il faut écouter, encore et encore. Et puis encore une fois. Après réflexion, moi c'est sans doute Foxtrot. Mais sans les craquements... Au CD, donc.

Bonne écoute.

 
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from Des mots en plein Furvent

C'était toujours accompagné d'une douce mélopée que notre ami Pat-surnoms rentrait chez lui après une dure journée de travail/glande. En général il se plaisait à écouter ces musiciens aux cheveux longs, jadis, du moins pour la plupart, car dorénavant les crânes étaient quelques peu clairsemés, tous comme les rangs d'ailleurs, le poids de l'âge, la roue du temps...

Il arriva donc devant chez lui et rencontra la-do dièse-ré-fa-ré-do dièse-fa.

...

Aurais-je oublié de vous préciser que, pour ne pas compromettre l'existence des protagonistes, la direction des services sec...la direction de son service m'a gentiment demandé, sans aucune violence ou coups dans les parties avec un fouet en crin de cheval, de remplacer ces prénoms par ce que je voulais, tant que ce n'est pas des prénoms. Et vu que l'homme à la cagoule m'ayant poliment demandé ce service avait un accent chantant, je me suis dit qu'il serait sympa, pour lui rendre hommage en quelque sorte, de remplacer les prénoms par des notes. Les pistes sont brouillées, du moins je crois, j'espère, et tout d'un coup je ne suis plus sûr de rien.

Et pourquoi ne pas protéger Pat' alors ? Il est trop tard j'en ai bien peur ...

...

la-do dièse-ré-fa-ré-do dièse-fa était une jeune femme tombée trop tôt dans le monde de la police surnaturelle. C'était d'ailleurs le mot juste vu de la situation, une telle intelligence dans la police, surnaturelle. Elle en était encore qu'au début de sa carrière et pourtant sa vie avait complètement basculé ce soir où elle tomba sur Pat'.

Marcher dans les rues désertiques d'un mois glacial de janvier avait quelque chose d'envoutant. Se sentir seul et puissant, foulant le pavé de toute sa détermination, après une journée plan-plan, commencer son deuxième service, celui qu'on tait pour ne pas éveiller les craintes du monde, de la masse grouillante, laissant le soleil réchauffer sa solitude d'homme. Pat' rencontrait pour la première fois cette étrange personne, au nom sentant bon l'intervention divine.

  • Bonjours, vous êtes bien M. Pat ?
  • Oh là ma ptite dame, je vous arrête tout de suite, Auxerre-Sochaux va bientôt commencer, il paraît même que Guy Roux a fait une nouvelle pub pour Cristaline, un peu osé de ce que j'en ai entendu. Je ne veux pas rater ça alors désolé mais pas ce soir.
  • M., sans vous manquer de respect, je suis envoyé par mi-la_la dièse_si-ré-la_la dièse_si-ré, je crains que vous n'ayez le choix que de m'accompagner.
  • Rhoooo, ils peuvent pas me laisser tranquille une soirée, ils commencent à me courir ces cravateux de mes deux. C'est où ?

L avait annoncé la couleur, direction le lac des trois tringles. D'ailleurs il est utile, hypothétiquement, pour l'histoire de préciser que notre ami Pat' connaissait bien ce lac, son nom venant de l'affaire ayant défrayé la chronique en 1987. Trois corps retrouvés empalés sur une tringle à rideau, flottant au beau milieu du lac. C'était Robert qui avait alerté les enquêteurs, ayant d'abord cru à un ours, il avait vissé sa gapette sur son crâne, et fait feu de tout bois avec son fusil. Il s'avéra que ce n'était pas un ours, bien naturellement. La chasse à l'ours ce n'est que pour les montagnards, les gens de la plaine doivent se contenter des faisans élevés dans le seul but que de se faire exploser la tronche par des moustachus aux fusils bien trop bruyants.

Bref, une fois arrivé, ils ouvrirent l'enveloppe cachetée que M. Y avait remis à L. Le lac paraissait étrange ces derniers temps, une fine pellicule gluante s'était formée à la surface, puis de la mousse commençait à apparaitre un peu partout sur la ligne d'eau et alors que les deux comparses finissaient de lire le document, ils furent pris à la gorge par une odeur des plus insoutenables.

Heureusement que Pat' s'écomonisait discrètement en journée, du moins il le pensait, ce qui lui permettait de réagir avec rapidité une fois la nuit tombée. Il se pinça le nez, de la main gauche, une prouesse pour un gaucher contrarié s'il vous plaît, couru vers l'étang et plongea sa main restante dans l'étrange mixture qu'était devenu ce vieux trou d'eau. Il en ressortit quelque chose ressemblant à de la compote.

L quant à elle, était reparti fouiller le coffre de la camionnette, arrivant avec une mallette près de Pat' elle lui demanda s'il avait déjà une idée sur la nature de ce phénomène.

  • Doucement, doucement, je n'ai pas eu le temps de prendre le gouter au boulot, trop de corps aujourd'hui, comment veux-tu que je sois opérationnel aussi rapidement.

Tout en gloutonnant son chocobn goût fraise Pat' observait L installer son petit atelier de biologiste. C'était fou ce que la technologie pouvait faire maintenant, des fioles pliables en passant par des micro-stations d'analyse bactérienne en kit, Pat' était un peu largué tant c'était devenu facile. Il fut un temps ou l'analyse reposait bien plus sur l'instinct que sur la science. Il était d'ailleurs courant à l'époque de se planter complètement car, l'instinct n'est pas chose innée pour l'homme. Le flair, ça sent rarement très bon, ça pue même, un peu comme cette mixture que Pat' tenait dans les mains d'ailleurs.

Le verdict tombât rapidement, du C3H8NO5P encore une sombre histoire de déjection industrielle agroalimentaire. La police surnaturelle avait pour but de surveiller les éléments dérogeant aux lois de la nature et à son bon fonctionnement. Et oui mes petits pères, le surnaturel c'est beau dans les bouquins, en vraie c'est moche, et ça pue bien trop souvent. C'est souvent causé par l'humain d'ailleurs.

Avec cette sombre histoire de pandémie mondiale les grosses cylindrées du monde industriel avaient perdu beaucoup d'argent, du moins c'est ce qu'ils martelaient dans les médias. Il fallait donc, car il le faut, enclencher la deuxième et produire encore plus vite et plus rentable pour s'en mettre pleins les poches. Il était courant alors d'avoir recours à des produits bien nocifs, tuant les mangeurs de culture et les mauvaises herbes.

Ces gars-là ne reculaient devant rien, et puisque les contrôles, autrefois prévus et anticipés, était devenus impromptus il fallait toujours avoir une solution rapide pour faire disparaitre les preuves du méfait. Le plus souvent l'homme ne se cassait pas trop la tête et envoyai toute la merde dans des étendus d'eau, dans les nappes phréatiques ou encore là ou tout un chacun détourne le regard, n'osant affronter la réalité. Puis l'entreprise ressortait du placard son équipe (brain-washée) de green-washing et s'ensuivait un matraquage éco-responsable, proactivement tourner vers le respect de la terre et toutes ces conneries. Et le lambda, trop occupé à survivre dans cet étrange monde n'y voyait que du feu, achetant sans vouloir se méfier, s'en pouvoir affronter la réalité.

Ainsi tournait le monde, et Pat' n'en était que plus dépité à chaque nouvelle intervention surnaturelle. Alors, lorsqu'il rentra chez lui, une fois la paperasse administrative laissée à L, il alla se faire un lait-fraise, enleva délicatement ses chaussettes, appuya sur play et laissa One Hour By The Concrete Lake venir chatoyer ses oreilles.

Il repensait à ce tueur fou du potager, lui au moins il faisait ça de façon propre, la résilience on appelait celà de nos jours. Pas de C3H8NO5P non, du bon compost humain, certainement bourré de perturbateurs endocriniens et de malbouffe sur-traitée, qui permettait aux légumes de poussés librement...

 
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Tranches de vie: L'inspecteur et le médecin légiste..

Depuis toujours il avait aimé classer. D'abord observer, chercher la case, et, s'il ne savait pas, émettre des hypothèses, ce qu'il appelait hypothèser, chercher et trouver la solution, puis ranger dans la bonne case, ou en créer une nouvelle si besoin, et quand la chose était enfin rangée il éprouvait une paix intérieure qui l'envahissait par vagues concentriques en partant d'un point qu'il situait, grâce à l'observation de Pat'thanatos dans ses lentes explorations, proche de la rate.

Il avait commencé par des pierres trouvées ça et là alors qu'il allait d'un point à un autre. Il ne cherchait pas, non, les objets à classer croisaient son chemin, c'est tout, et il éprouvait alors le besoin de s'en saisir et de les classer. Il n'allait pas dans les brocantes, les marchés aux puces ou les vide-greniers à la recherche de l'objet rare. Il laissait ça à ceux qui soignaient leurs névroses avec des collections qui finissaient par les envahir et les étouffer jusqu'à en mourir intérieurement.

Après les pierres il était passé tout naturellement aux timbres, ce qui n'a rien d'original. D'ailleurs original n'était pas un qualificatif qui lui allait... La collecte de timbres s'était effondrée avec l'essor des mails et des envois groupés pour les factures. Celle des fèves, grâce à l'originalité de la confédération des boulangers-pâtissiers fonctionnait bien les trois premiers mois de l'année. Celle des pin's, elle, semblait se tarir.

Mais ce qui l'agitait le plus intérieurement, c'était le type qui était devant lui : une énigme pour lui ce Pat'thanatos. D'autres l'appelaient autrement, mais pour lui c'était Pat'thanatos . Une énigme, donc. Le gars ne parlait jamais de lui. Et en tant que policier il savait que la plupart des gens parlent d'eux. Toujours. Dans une conversation, tu avait souvent deux personnes, ou plus, qui parlent, mais très rarement au moins une personne qui écoute. Raconter ses vacances, ses enfants, ses beaux-parents, sa vision politique, ok, mais pourquoi écouter les vacances des autres, leurs enfants, leurs beaux-parents, leurs avis politiques ? Aucun intérêt.

Les seuls éléments de sa vie que l'on connaissait, c'était son amour du foot et de la musique country. C'était pas difficile à voir : un type d'un certain âge, enfin d'un âge proche de la retraite, qui se baladait toujours vêtu d'un maillot de foot et coiffé d'un magnifique Stetson vissé sur la tête, même pendant qu'il officiait en tant que médecin légiste. Il avait autant de maillots de foot (enfin des maillots publicitaires) que de couvre-chefs. Des maillots anglais véhiculant les logos de banques, de compagnies aériennes, de marques de voitures,de sites de paris sportifs, même de plus en plus des maillots avec des idéogrammes chinois intrigants, des idéogrammes qui disaient peut-être « celui qui me lit est un idiot », va savoir, ils ont peut-être le sens de l'humour ces chinois qui achètent des clubs de foot comme d'autres achètent une Audi pour montrer qu'ils ont réussi dans la vie. Des maillots allemands, espagnols, italiens, et même des français, alors qu'il disait souvent : « En france on a la meilleure équipe du monde, mais les joueurs jouent à l'étranger. Résultat : le chanpionnat m'emmerde. » Question Stetson, il y en avait aussi beaucoup : des durs, des mous, des à bords droits, d'autres à bords tombants, dans une infinité de variations beiges.

Il ne parlait donc jamais de lui. Exclusivement de foot et de son idole : Willie Nelson. Mais aussi de Merle Haggard, Emmylou Harris, Linda Ronstadt, Garth Brooks, Charlie Daniels ou Vince Gill. Et de plein d'autres, adeptes ou nom de la pedal-steel, du violon ou de l'harmonica. Mais toujours de la bonne vieille six cordes acoustique. Si on ne voulait pas passer une journée entière dans cette morgue où il faisait froid et dont l'odeur typique de désinfectant et de corps dont la vie est partie pénétrait vos vêtements et enrobait vos cheveux, si bien que l'inspecteur à chaque fois qu'il y allait, c'est à dire assez souvent, et sans doute pas mal de fois dans cette affaires de corps enterrés dans un potager, bref à chaque fois il repassait chez lui prendre une douche avec shampooing, et mettait toutes ses fringues dans la machine à laver sans passer par la panière dédiée au linge sale, et lançait un programme à haute température, en surchargeant le compartiment à adoucissant pour chasser cette putain d'odeur, donc si on ne voulait pas passer sa journée à écouter Pat'thanatos dérouler, il fallait l'interrompre rapidement.

Ne sachant rien, l’inspecteur hypothésait. Pat'thanatos était un type brillant, avec des connaissances étendues et une intelligence vive. Ses observations et ses déductions étaient parfois surprenantes, mais s'avéraient toujours justes. Dans le cas du gars Raphaël, alors que l'inspecteur pensait qu'il avait d'abord été tué, puis que le meurtrier avait placé un hérisson mort dans sa bouche pour signer son crime ou envoyer un message, le légiste avait dit d'entrée de jeu : « Vu l'état de décomposition du corps et celui du hérisson, le hérisson est mort après le corps. Le hérisson a dû entrer et se coincer les piquants dans les mâchoires, et comme ce con n'a pas pu reculer, il est mort sur place. Pourquoi il est rentré ? Tu vas voir, on va trouver un fruit... » Et Pat'thanatos avait trouvé la pomme toute rabougrie dans ce qu'il restait de la trachée artère... Mais vu la position du corps, tranquillement allongé, le type n'était pas mort asphyxié. Sans doute une rupture d'anévrisme au niveau du cerveau... » Et quelques dizaines de minutes plus tard : « Bingo ! Une pomme !»

Brillant, c'est sûr. L'inspecteur hypothésait un type qui se rend compte que le médecin perd toujours, que la mort finit toujours par prendre ceux qu'il soigne. Par contre le médecin légiste redonne de la vie à ceux qui sont mort. Il redonne de la vie à un cadavre en parlant de ses derniers instants. C’est lui qui gagne dans son combat avec la mort.

C'était une hypothèse, mais l'inspecteur ne savait toujours pas dans quelle case ranger Pat'thanatos... Et une question restait : pourquoi ne parlait-il jamais de lui ?

 
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Pong musical – The Beatles – Album Rouge 1962-1966 et Album Bleu 1967-1970

Bon, je me cale le casque bien serré sur la tête, histoire qu'aucune note ne s'en échappe, non, tout pour mes oreilles, j'en profite aussi pour me caler dans mon fauteuil préféré, et j'appuie sur le bouton à déclencher les endorphines. Et puis, des sons étranges me parviennent, des voix s'époumonent dans le lointain, des guitares cachectiques tentent de se faire entendre... Bizarre, étrange... C'est pas du tout ce que m'avait promis le Pain Of Salvation fan, les fans doivent dirent POS d'ailleurs, comme les vieux comme moi disaient ELP, BBA, par exemple... Il a du se prendre les cheveux dans le tapis le Furventesque, s'éclater la tête sur le coin de la cheminée qui cheminait en ce jour humide de printemps qui ressemblait à un jour d'hiver humide...Le second morceau me balance la même bouillie.

Je suis déstabilisé. La petite blague dure un peu longtemps je trouve... Et puis je trouve au fin fond de ma perplexité une idée qui passait par là, qui a sans doute vu ma tronche défaite, et devant tant de désarroi me souffle que peut-être, je dis bien peut-être, le problème vient de moi, bien que généralement le problème vienne des autres, pas de moi, c'est bien connu. Bon, je vous la fais courte : toujours bien insérer la prise mini jack dans l'orifice prévu.

Et ensuite j'ai vécu un très bon moment musical. Les endorphines sont venues en quantité importante. Et je me suis demandé pourquoi je connaissais Transatlantic, pourquoi je connaissais aussi Spock's Beard ou Dream Theater et pas POS (je peux, je suis fan...) ? Le nom ? Pain Of Salvation m'aurait évoqué un truc genre souffrance de la rédemption judéo-chrétienne ? Je vous ai déjà parlé de ça à propos de Mastodon, mais bon, on juge bien les humains sur des a-priori, pourquoi pas le style d'un groupe sur les mêmes a-priori ?

L'ondulé capillaire avait raison : c'est riche. Les parties puissantes alternent avec d'autres d'une délicatesse éthérée, et tout s’écoule fluidement, tout semble simple et évident, juste et à sa place. Bon, je vais pas vous faire l'article, l'anti-fan sardouien vous l'a déjà fait. Un seul reproche : pourquoi ne pas m'avoir donné ça il y a dix ans ?

Pong donc. Remedy Lane / Penny Lane (Penny Lane is in my ears and in my eyes...). C'était d'une évidence imparable...

Si tu es né dans les années soixante, tu a toujours vécu avec les Beatles. Au début, tout minot c'était avec la radio, entre deux « variétés françaises » mais piquées outre manche ou atlantique, et honteusement dénaturées, adaptées avec un mauvais goût issu des bals musettes, bref, parfois arrivait un ovni musical avec des arrangements surprenants, des sonorités nouvelles. Là où en France on collait des violons calés sur la mélodie, les Beatles te balançaient des passages d'orchestre symphonique, des empilement de parties complexes, des cuivres, des violoncelles, des chœurs immenses et plein d'instruments originaux. Mais faut pas croire, les radios passaient peu les Beatles à cause de toutes les Stars Françaises...

Je connaissais pas de personnes ayant des albums avant qu'en 74 je puisse me copier les 54 morceaux des albums rouge et bleu. Qui sont des compilations, que des classiques dans l'ordre de parution. Ce qui permet de mesurer l'évolution des compositions... Et j'ai écouté. Distraitement ou attentivement, ça dépendait. Parce que tu peux écouter en musique de fond, des mélodies toujours divertissantes, ou attentivement, et là tu entres dans un monde de découverte infini : je défie quiconque de tout avoir repéré et d'être lassé de redécouvrir le petit contre chant de la flûte dans The Fool On The Hill ou l'utilisation d'une guimbarde... A Day In The Life : une petite cinquantaine de musiciens, pas moins de cinq pianistes différents sur cinq pianos différents... enregistrement du 19 janvier au 22 février...

Le gros problème avec les Beatles c'est qu'on connaît trop, donc on n'écoute plus. Mais moi j'ai eu la chance de ne pas trop connaître ces 54 morceaux, donc j'ai écouté, attentivement, avidement, gourmandisement. Et je continue.

Bonne écoute.

 
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